Image 1
Essais

Au revoir maman !

Une nouvelle sombre et troublante qui plonge dans l'esprit brisé d'un tueur hanté par son passé. Entre traumatismes d'enfance et folie meurtrière, découvrez une descente aux enfers.

As-tu aimé cet article ?

Image 1
Image 1

Il venait de tuer cette inconnue, et alors ? Après tout, elle l'avait bien cherché avec ses airs de pétasse ambulante. C'est vrai, elle le méritait. Il en était sûr, il le pensait, il l'espérait. Merde, pourquoi l'avait-il tuée ? Personne ne le savait, à part lui peut-être ! C'était la deuxième de la journée. Il l'avait vue s'approcher avec cette jupe si courte, ce décolleté si plongeant, ces bottes de cuir si hautes, cette dégaine si méprisante. Elle lui ressemblait tellement. D'ailleurs, n'était-ce pas elle ? Non, c'était impossible. Elle était morte noyée dans un étang ; on avait parlé d'un suicide, mais lui savait que ce n'était pas vrai. C'était plutôt une crise de folie. Une de plus !

Il tenait encore le flingue dans sa main tremblante et pâle. Il se rendit soudain compte qu'il devenait fou. Pourquoi l'avait-il tuée ? Il ne le savait pas. Il était seul, désespéré, les larmes lui montaient. Il pleurait encore et encore. Il lâcha son flingue, s'assit contre ce mur froid et terne, comme lui. Qu'était-il devenu ? Le tueur le plus recherché de l'État ! Où allait-il ? Nulle part, c'était sûr ! D'où venait-il ? Il voulait l'oublier.

Il se souvint alors de cette grande fête où maman avait invité plein de monde, où toutes ces femmes le touchaient, lui apprenaient les joies de la vie... Papa n'était pas là pour le voir, il était parti le jour de sa naissance, mais maman disait qu'il serait fier de son fils s'il le voyait se comporter si gentiment avec sa mère. Il avait alors 12 ans ! Ces réunions se passaient de plus en plus souvent. Il y avait même parfois des caméras qui venaient de plus en plus fréquemment et qui permettaient à maman de remplir son corset de billets.

Puis, tout s'accéléra. Un jour, les fouets et les menottes apparurent. C'en était trop : il se rendit compte que ce n'était plus un jeu comme disait maman. Non, c'était mal, il le savait. Il essaya de refuser, mais elle le frappa jusqu'à ce qu'il cède. Toutes ces dames qui lui prenaient son sexe, qui le léchaient, le trituraient, l'obligeaient à en faire sortir une mousse blanchâtre qu'ensuite elles s'amusaient à lui faire lécher. C'était la pire chose qu'il ait jamais goûtée. À chaque fois, il se retenait de vomir.

Et puis des hommes vinrent. Ils le prirent dans la salle de bain, le déshabillèrent, le touchèrent, le violèrent, le souillèrent, le trahirent. Il n'osait plus sortir, il était seul, misérable, détestable. Plein de choses mauvaises tournaient dans sa tête, qu'il essayait d'énloigner. Il pleurait souvent dans son lit. Pourtant c'était un homme, mais il ne pouvait se retenir. Il n'osait jamais se doucher avec les autres garçons après le foot. C'était le petit garçon qu'on rackettait, qu'on plaignait, qu'on frappait, le souffre-douleur de tout le collège.

Puis vint ce jour d'été où, avec maman, ils partirent se baigner dans cet étang. Elle resta sous l'eau, la tête tenue par sa main d'adolescent. Quand elle ne respira plus, il fut soulagé.

Et aujourd'hui, le voilà, perdu contre ce mur, les yeux fermés, en position fœtale. Il a le flingue dans sa bouche, un trou taché de sang dans la gorge. Son corps est tout contre sa dernière proie, toute aussi nue, toute aussi fragile, toute aussi blanche, toute aussi raide, toute autant morte que lui !

As-tu aimé cet article ?
enzomydog
enzomydog @enzomydog
12 articles 0 abonnés

Commentaires (4)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires