Pourquoi neuf chiens reposent-ils dans un tombeau de babouins ? Que font brebis, taureaux, éperviers et poissons aux côtés d'un Viking incinéré ? Et si Caligula n'avait jamais voulu faire consul son cheval ? L'archéologue roumain Cătălin Pavel publie le 3 juin 2026 chez Flammarion un essai de 416 pages, « Les animaux et nous : une enquête archéologique ». Loin des traités de philosophie, ce livre plonge dans les ossements, les artefacts et les rites funéraires pour exhumer une vérité que les textes ne disent pas : notre histoire est indissociable de celle des bêtes. Pour les étudiants de BTS qui planchent sur le thème « Les animaux et nous », cette enquête pourrait bien devenir la matière la plus vivante du programme.

La tombe aux babouins : l'enquête qui commence sous nos pieds
L'ouverture du livre frappe par son étrangeté. Pavel décrit une sépulture égyptienne où neuf chiens ont été enterrés avec des babouins. Pourquoi une telle association ? La réponse n'est ni dans les papyrus ni dans les fresques. Elle se trouve dans l'agencement des os, la position des corps, les résidus de pollen et de nourriture. C'est toute la méthode de l'auteur : lire l'archive muette du sol, celle que les historiens négligent et que les philosophes ne consultent pas.
Le résumé officiel, publié sur Lagalerne, pose trois questions qui fonctionnent comme des teasers. Caligula voulait-il vraiment faire consul son cheval ? Pourquoi un Viking est-il incinéré avec un bestiaire complet ? Que signifie cette tombe de babouins ? Chaque interrogation ouvre une piste que l'archéologue suit avec la rigueur d'un détective.
Ce qui frappe d'emblée, c'est la manière dont l'enquête résonne avec le thème du BTS. Le programme scolaire aborde la question animale sous un angle philosophique et littéraire. Pavel propose une version radicalement différente. L'os contre le texte. La poussière contre le concept.
Caligula, le Viking et les neuf chiens : les mystères qui ouvrent l'enquête
Le premier chapitre du livre fonctionne comme une galerie des horreurs et des merveilles. Caligula, empereur romain réputé fou, aurait voulu nommer son cheval Incitatus consul. Pavel démonte cette légende avec précision : les sources antiques sont tardives, partiales, et aucune preuve matérielle ne confirme cette prétendue folie. Ce que l'archéologie révèle, c'est une instrumentalisation politique du cheval, un symbole de pouvoir plus qu'un caprice.
Le Viking incinéré avec brebis, taureaux, éperviers et poissons est encore plus frappant. Pourquoi tant d'espèces différentes ? La réponse tient dans la cosmologie nordique : chaque animal correspond à un dieu, à un monde, à une fonction dans l'au-delà. Mais Pavel ne s'arrête pas à la symbolique. Il examine les ossements calcinés, mesure la température du bûcher, reconstitue le geste rituel.
Les neuf chiens dans la tombe de babouins posent la question la plus troublante : et si les animaux étaient enterrés non pas comme des objets, mais comme des sujets ? L'archéologue roumain suggère que ces chiens avaient un statut particulier, presque humain. Une hypothèse qui bouscule notre vision de l'Égypte ancienne.
Comment le BTS « Les animaux et nous » rencontre l'archéologue
Le parallèle entre l'enquête de Pavel et le programme de BTS n'est pas artificiel. Chaque année, des milliers d'étudiants doivent réfléchir à la question animale à travers des textes de Prévert, de Montaigne, de Derrida. Mais ces lectures, aussi riches soient-elles, restent dans le domaine du discours. Pavel apporte ce qui manque : la preuve matérielle, l'exemple concret, l'histoire vraie.
Imaginez une dissertation sur le statut de l'animal dans les sociétés anciennes. Les étudiants citent généralement des textes philosophiques. Avec « Les animaux et nous », ils peuvent convoquer une tombe viking, un sacrifice de taureau à Troie, un cimetière de chiens en Égypte. La matière devient vivante, palpable.
Pavel ne se contente pas de décrire. Il raconte. Chaque chapitre est une enquête qui se lit comme un polar. Le livre a été salué par Livres Hebdo pour son « érudition et humour ». Une combinaison rare qui pourrait bien faire de cet essai le compagnon idéal des révisions.
Cătălin Pavel : le chercheur qui a troqué la pioche contre la plume
Qui est l'homme derrière cette enquête ? Cătălin Pavel n'est pas un philosophe de cabinet ni un écrivain qui survole le sujet. C'est un archéologue de terrain, formé dans les plus grandes universités du monde, qui a passé des années à genoux dans la poussière de Troie, Milet et Gordion.
Né en 1976, Pavel a suivi un parcours doctoral et postdoctoral à Oxford (Hertford College), Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l'Institut archéologique Albright de Jérusalem, l'Université de Hambourg et le New Europe College de Bucarest. Il a participé à des fouilles en Roumanie, Allemagne, France, Angleterre, Maroc, Israël et surtout en Turquie, où il a travaillé sur le site de Troie de 2005 à 2010. Aujourd'hui maître de conférences à l'Université Ovidius de Constanța, il continue de fouiller et d'écrire.
Son précédent essai, « L'Archéologie de l'amour » (Éditions de l'Aube, 2022), appliquait déjà la méthode archéologique à un sujet universel. Le résultat avait été salué pour sa capacité à rendre l'intime accessible, à faire parler les vestiges du passé pour éclairer nos émotions présentes.
De Troie à Oxford : l'archéologue globe-trotteur
Le parcours de Pavel donne envie de voyager. Après un doctorat à Oxford, il enchaîne les post-docs à Jérusalem et Hambourg, participe à des fouilles sur trois continents, enseigne à Bucarest, Cluj et Atlanta. Chaque étape enrichit sa vision de l'archéologie, non pas comme une science poussiéreuse, mais comme une discipline vivante, connectée aux questions contemporaines.
Son passage à Troie est particulièrement significatif. Travailler sur le site légendaire d'Homère, c'est toucher du doigt la frontière entre mythe et réalité. Pavel y a appris à lire les strates, à distinguer les vestiges d'un sacrifice de ceux d'un repas, à comprendre comment les animaux accompagnaient les humains dans la guerre comme dans la paix.
Cette expérience de terrain donne à son écriture une authenticité rare. Quand il parle d'un os de chien, il sait exactement de quoi il parle. Quand il décrit un rite funéraire, il a vu les cendres, touché les ossements, mesuré les angles.
Après « L'Archéologie de l'amour », l'archéologie des bêtes
Le style de Pavel est reconnaissable entre mille. Érudit sans être pédant, drôle sans être vulgaire, il parvient à rendre l'archéologie intime et accessible. Ses livres ne sont pas des catalogues de découvertes, mais des récits où le chercheur est présent, avec ses doutes, ses intuitions, ses coups de génie.
« L'Archéologie de l'amour » avait déjà montré sa capacité à traiter un sujet universel avec une méthode rigoureuse. Il y explorait les vestiges de la séduction, du mariage, de la rupture, à travers les âges et les cultures. Le résultat était un livre qui parlait à tout le monde, sans jamais sacrifier la précision scientifique.
Avec « Les animaux et nous », Pavel va plus loin. Il ne s'agit plus seulement de comprendre les humains à travers leurs artefacts, mais de comprendre comment les animaux ont participé à nous façonner. La thèse est audacieuse, mais elle repose sur des preuves solides.
Ce que les os disent de nous (et que les livres ne racontent pas)
Le cœur de l'enquête de Pavel réside dans sa méthode. Là où les philosophes comme Vinciane Despret ou Dominique Lestel analysent des textes et des concepts, l'archéologue fouille des ossements, des artefacts, des dépotoirs. Il ne lit pas ce que les humains disent des animaux, mais ce qu'ils font avec eux. La différence est radicale.

Les textes mentent, ou du moins, ils ne disent qu'une partie de la vérité. Les poèmes de Prévert magnifient la relation homme-animal. Les traités de chasse médiévaux idéalisent le rapport de force. Les écrits des colons justifient l'exploitation. Mais les os, eux, ne trichent pas. Un squelette de chien avec des marques de boucherie raconte une histoire que les chroniques préfèrent taire.
Pavel utilise cette archive muette pour reconstituer une histoire alternative de notre relation aux bêtes. Une histoire faite de violence et de tendresse, de domestication et de résistance, de sacrifice et de compagnonnage.
Ossements, artefacts et dépotoirs : l'archive muette de nos relations animales
La méthode archéologique est simple dans son principe, complexe dans son application. Il s'agit de collecter, trier, analyser tous les vestiges matériels liés aux animaux : ossements, dents, cornes, poils, plumes, mais aussi outils, récipients, autels, sépultures. Chaque objet est une pièce du puzzle.
Les dépotoirs sont particulièrement précieux. Ce que les humains jettent en dit long sur ce qu'ils consomment, et donc sur leur rapport aux animaux. Un tas d'os de porc dans une ville médiévale indique une alimentation carnée régulière. Un amas de coquilles de moules suggère une cueillette côtière. Mais les dépotoirs révèlent aussi les tabous : l'absence de certains os peut signaler une interdiction religieuse ou une hiérarchie sociale.
Les tombes, elles, parlent du lien affectif. Un chien enterré avec son maître, un cheval inhumé avec son cavalier, un chat momifié comme un humain : ces pratiques funéraires témoignent d'une relation qui dépasse le simple utilitarisme. Pavel analyse ces sépultures avec une précision d'enquêteur, notant la position des corps, les offrandes, les signes de maladie ou de blessure.
Quand l'os remplace le concept : la revanche du concret sur l'abstrait
L'approche de Pavel est plus percutante que celle des philosophes pour une raison simple : elle ne laisse pas de place à la spéculation. Chaque affirmation est étayée par une preuve matérielle. Quand il dit que les chiens étaient considérés comme des membres de la famille dans certaines sociétés anciennes, il montre les squelettes enterrés dans les mêmes positions que les humains, avec les mêmes soins funéraires.
Cette méthode a été saluée par la critique. Livres Hebdo parle d'une « enquête pleine d'érudition et d'humour ». Le livre se lit comme un polar, avec des indices, des fausses pistes, des révélations. Chaque chapitre est une scène de crime où les victimes sont des animaux et les témoins, des ossements.
L'humour de Pavel n'est pas un artifice. Il naît de la confrontation entre le sérieux de la science et l'absurdité de certaines pratiques humaines. Comment ne pas sourire en apprenant que les Romains organisaient des combats de girafes ? Comment ne pas être troublé par le fait que les Égyptiens momifiaient les chats par millions ? L'archéologue sait que le rire est une porte d'entrée vers la réflexion.
« Les animaux et leur petit », version archéologue : un bestiaire choc
Le livre de Pavel est un bestiaire, mais pas celui que l'on offre aux enfants. Là où le fameux « Les animaux et leur petit » en PDF montre des images lisses de mamans ourses et de bébés phoques, Pavel présente des squelettes, des os brûlés, des artefacts de sacrifice. Le contraste est violent, mais nécessaire.
Le catalogue des espèces est impressionnant : chiens, chats, chevaux, baleines, hérissons, oiseaux, ours, brebis, taureaux, éperviers, poissons. Chaque chapitre est consacré à un animal ou à un groupe, et chaque histoire est une révélation. Le chien comme premier « outil » de l'homme, le cheval comme marqueur de pouvoir, la baleine comme fascination ancestrale.
Le livre original roumain, « Animalele care ne fac oameni » (Humanitas, 2021), a été nominé pour le Prix Monica Lovinescu 2023, qui récompense les meilleurs essais en sciences humaines. Il a également reçu le Prix de la Société d'Histoire de Roumanie. Ces reconnaissances prouvent que le livre n'est pas un simple ouvrage de vulgarisation, mais une contribution sérieuse à la recherche.
Du PDF pour enfants aux ossements : neuf espèces qui racontent notre humanité
Prenons le chien. Tout le monde connaît l'image du fidèle compagnon. Mais Pavel montre que le chien a été le premier animal domestiqué, bien avant le mouton ou la chèvre. Et cette domestication n'a pas été unilatérale : les chiens ont appris à lire les émotions humaines, mais les humains ont aussi appris à lire les comportements canins. Une co-évolution qui a modifié les deux espèces.
Le cheval, lui, raconte une histoire de pouvoir. Monter à cheval, c'était dominer, conquérir, s'élever au-dessus des autres. Les tombes de guerriers à cheval sont parmi les plus riches de l'Antiquité. Mais le cheval a aussi été un outil de travail, un moyen de transport, une source de nourriture. Pavel montre comment cet animal a façonné les sociétés humaines, de la steppe eurasienne aux plaines d'Amérique.
La baleine, enfin, incarne la fascination pour le gigantisme. Les ossements de baleines ont été utilisés comme matériaux de construction, les dents comme objets de prestige, l'huile comme combustible. Mais la chasse à la baleine a aussi été une activité risquée, presque mythique. Pavel raconte comment les sociétés anciennes percevaient ces monstres marins, entre peur et admiration.
« Animalele care ne fac oameni » : du Prix Monica Lovinescu à la traduction française
Le succès du livre en Roumanie n'est pas un hasard. Pavel a réussi à toucher un large public en rendant l'archéologie accessible et passionnante. La nomination au Prix Monica Lovinescu, l'un des plus prestigieux dans le domaine des sciences humaines en Roumanie, a confirmé la qualité de l'ouvrage.
La traduction française, réalisée par Jean-Louis Courriol et Florica Courriol, a été publiée chez Flammarion le 3 juin 2026. Le livre est disponible en précommande sur plusieurs plateformes (Fnac, Decitre, Cultura, Amazon) au prix de 22 euros pour la version brochée et 14,99 euros pour la version numérique. Avec ses 416 pages, il promet des heures de lecture captivante.
Le livre a également été traduit en turc grâce à une bourse Tandem du New Europe College, preuve de son rayonnement international. Pavel devient ainsi l'un des rares archéologues à toucher un public mondial avec une œuvre de vulgarisation scientifique.
Domination ou symbiose ? L'enquête qui renverse notre vision de l'Histoire
Le climax intellectuel du livre est la thèse de la co-évolution. Pavel ne voit pas la domestication comme une domination unilatérale de l'homme sur l'animal, mais comme une relation complexe, faite d'influences réciproques. L'animal n'est pas un objet passif de l'histoire : il a participé à « nous faire humains ».
Cette idée renverse le récit habituel. On nous a appris que l'homme avait domestiqué le chien, le cheval, le mouton. Mais Pavel montre que ces animaux ont aussi domestiqué l'homme, en modifiant son alimentation, ses déplacements, sa structure sociale. Le chien a permis la chasse en groupe, le cheval a accéléré les migrations, le mouton a fourni la laine qui a protégé du froid.
Cette perspective change tout. Elle replace l'animal au centre de l'histoire humaine, non pas comme un accessoire, mais comme un acteur. Et elle nous force à repenser notre place dans le monde vivant.
L'animal comme acteur de l'Anthropocène : et si c'était lui qui nous avait façonnés ?
Le terme « domestication » est trop fort, trop unilatéral. Pavel préfère parler de « co-habitation » ou de « symbiose ». Les humains et les animaux ont évolué ensemble, dans une relation qui a modifié les deux parties. Les chiens ont développé des capacités de communication avec les humains, mais les humains ont aussi développé des capacités de compréhension des chiens.
Cette co-évolution est particulièrement visible dans l'alimentation. La consommation de lait, par exemple, a modifié le génome humain. Les populations qui ont domestiqué les vaches ont développé la capacité à digérer le lactose à l'âge adulte, une mutation génétique qui n'existe pas chez les autres mammifères. L'animal a donc littéralement changé notre ADN.
De même, la domestication du cheval a transformé les sociétés humaines. Les peuples des steppes, qui ont appris à monter à cheval, ont conquis de vastes territoires et diffusé leur culture, leur langue, leurs gènes. Le cheval a été un moteur de l'histoire, au même titre que la roue ou l'écriture.
La Bête du Gévaudan, le loup-garou et l'ADN : quand l'archéologie met fin aux mythes
Le livre de Pavel éclaire aussi la genèse de nos peurs animales. La Bête du Gévaudan, par exemple, a terrorisé la France au XVIIIe siècle. Mais que sait-on vraiment de cet animal ? L'archéologie, combinée à l'analyse ADN, permet aujourd'hui de distinguer le mythe de la réalité.
Pavel montre comment les sociétés anciennes projetaient leurs peurs sur les animaux. Le loup-garou, le Ganipote charentais, la Bête des Vosges : ces créatures mythologiques sont nées de la rencontre entre des observations réelles (attaques de loups, maladies) et des croyances populaires. L'archéologie permet de retrouver les ossements, de dater les attaques, de comprendre le contexte social qui a fait naître ces légendes.
Cette approche est particulièrement utile pour déconstruire les mythes contemporains sur les animaux. Les peurs irrationnelles (les requins mangeurs d'hommes, les araignées mortelles) trouvent souvent leur origine dans des récits anciens que l'archéologie peut éclairer.
« Les animaux et nous BTS » : le livre de chevet dont tu as besoin
Au-delà de son intérêt scientifique, « Les animaux et nous » est un outil précieux pour les étudiants. Le thème du BTS est abordé de manière concrète, avec des exemples qui parlent à tous. Mais le livre va plus loin : il interroge notre rapport quotidien aux animaux, de l'assiette à la niche.
Comment regarder son chien après avoir lu que les chiens étaient enterrés comme des humains en Égypte ancienne ? Comment manger un steak après avoir appris que les bovins ont été sacrifiés pendant des millénaires ? Le livre de Pavel ne donne pas de réponses toutes faites, mais il pose les bonnes questions.
La lecture transforme le regard. On ne voit plus les animaux de la même manière. On comprend mieux leur histoire, leur place dans nos vies, leur rôle dans la construction de notre humanité. Et on réalise que la frontière entre l'homme et la bête est plus poreuse qu'on ne le croit.
Du programme scolaire à l'assiette : une enquête qui donne à réfléchir
Le livre de Pavel dépasse largement le cadre scolaire. Il interroge le véganisme, l'élevage intensif, la place du chien et du chat dans la famille moderne. Le cheval de Caligula devient une métaphore de notre tendance à humaniser les bêtes, à leur prêter des intentions humaines.
Pour les étudiants en BTS, le livre offre une matière riche pour les dissertations. Les exemples sont nombreux, précis, documentés. On peut citer la tombe aux babouins pour illustrer la complexité des rites funéraires, le Viking incinéré pour parler de cosmologie, le cheval de Caligula pour analyser les rapports de pouvoir.
Mais le livre est aussi une lecture personnelle, qui change le regard sur son propre animal de compagnie. Après 416 pages d'enquête, on ne regarde plus son chien de la même manière. On comprend mieux ses besoins, son histoire, sa place dans notre vie.
Ce qui change dans notre regard quand on lit « Les animaux et nous »
La force du livre de Pavel est de transformer le lecteur. On entre dans l'enquête comme on regarde un documentaire, et on en ressort avec une vision du monde différente. Les animaux ne sont plus des objets ou des compagnons, mais des partenaires d'évolution, des êtres avec lesquels nous avons co-construit notre humanité.
Cette prise de conscience a des implications concrètes. Elle nous pousse à repenser notre alimentation, notre rapport à la nature, notre place dans le monde vivant. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas seuls sur cette planète, que notre histoire est liée à celle des bêtes.
Et c'est peut-être la leçon la plus importante du livre : nous ne sommes pas des maîtres, mais des partenaires. Les animaux ne sont pas des ressources, mais des êtres avec lesquels nous partageons une histoire commune. Une leçon d'humilité, portée par une enquête archéologique passionnante.
Conclusion
« Les animaux et nous : une enquête archéologique » de Cătălin Pavel est bien plus qu'un essai savant. C'est une plongée dans l'histoire oubliée de notre relation aux bêtes, une enquête qui mêle érudition et humour, rigueur scientifique et art du récit. Pour les étudiants de BTS qui affrontent le thème au programme, c'est une mine d'exemples concrets. Pour les curieux, c'est une lecture qui transforme le regard. Après 416 pages, on ne regarde plus son animal de la même manière. On est plus humains, mais aussi un peu plus proches des bêtes.