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Essais

And now ? (réflexions romancés ou non) (suite)

Je tremble, je crie, je supplie. Entre délires, dépendances et pertes, ces réflexions brutes explorent les tréfonds d'une adolescence en souffrance.

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Je voudrais, avant de continuer mon histoire, remercier ceux qui m'ont encouragée à la « publier »... Et m'excuser d'avance pour la légère difficulté que certains auront à tout comprendre (Pour vous aider : quand je parle d'« elle », c'est tout le temps la même personne, sauf dans le paragraphe 10... Et quand je dis « il », je parle de 3 personnes différentes, désolée de n'être plus précise)... Mais cela fait partie du jeu... Encore merci.
Je veux également embrasser la personne à qui je dédie tout ce fouillis... Mon Némo.

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Je tremble. J'aime être dans cet état. J'aimerais plus... J'aimerais que cette folie devienne moi. Je touche... Touche tout ce que je peux. Le plus de foi possible... Pour me rassurer que je ne délire pas. Me rassurer que je ne fais que simuler la folie. Alors pourquoi ? Comment en suis-je capable si je ne fais que semblant ? Une cellule blanche. Je hurle.
Je suis adossée contre un mur. Une jambe repliée et l'autre qui fait un va-et-vient comme pour caresser le sol, pour sentir ma peau s'irriter jusqu'à ce que je puisse sentir la moindre irrégularité que rencontre mon talon. J'ai mal, mon pied me brûle. C'est si bon de se sentir. Viens, sauve-moi. J'appelle Dieu ? Alors pourquoi ne vient-il pas ? J'appuie avec ma tête contre le mur derrière moi. Je le touche avec ma main... Je le caresse. Si doux... Si dur... Si sûr...
Mes muscles me font horriblement souffrir. Je suis fatiguée. Je voudrais fermer les yeux et rejoindre l'enfant qui est en moi. Mais je vais tout perdre. Si je m'endors, je vais retrouver mes cauchemars. Si je m'endors, ça veut dire arriver plus vite au lendemain. Si je m'endors, c'est atteindre le côté douloureux de la réalité.
Je gémis. Je revois son visage. Mon esprit me rattrape. Ses yeux sont plein de sang... Sur ma peau...
Le mien qui couvre mes draps.
- Meurtrière !
Les muscles de mes bras sont tendus. Je tends mes poignets vers le plafond puis devant moi. Vers Dieu... Vers lui dont j'ai ôté la vie également.
Tuez-moi. Tuez-moi tous pour mes ignobles péchés. Je ferme les yeux, serre les dents. Attendant le coup qui mettra fin à mon existence. Je pleure et le supplie.
- Fais vite. Allez...
Je lui en veux de ne pas m'achever. Tout de suite.
Mais je comprends. Me faire souffrir est tellement plus vengeur...
- Pitié... Emmène-moi...
La haine m'emplît... Pourquoi m'ignore-t-il ? Je frappe le mur... Mon poing rencontre un cadre. Des bouts de verre brisé tombent sur tout mon corps, j'en saisis un et lui tends.
- Prends-moi ! Emmène-moi au chaud !
Mais non, rien.
Je laisse retomber mes bras le long de mon corps faisant tinter le verre qui me recouvre. Je ramène mes jambes contre moi et je les serre. Je serre... Le verre coupe mes mains, mon ventre, mes jambes... Je passe mes doigts couverts de sang sur mes lèvres pour me faire belle, pour lui...
Mais personne ne vient... Ni Dieu, ni démons. Sauf bien sûr ceux qui me ramènent au réel... J'ai mal.
Je ne veux pas rentrer.

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Ils me rattrapent. J'hésite à me regarder dans une glace, de peur de les voir surgir de mon passé. Ils me traitent d'égoïste. Me regardent pleurer en souriant. Heureux que je souffre à mon tour. Et moi, désolée, je hurle pour leur donner raison.
Je vois les autres avec leurs illusions être touchés un par un et résister comme je l'ai fait. Je les regarde s'enfoncer peu à peu dans un combat que je vois pour eux perdu d'avance. Mais je n'ai pas le droit, pas le droit de leur dire que tout est perdu. Qu'ils n'ont plus qu'à accepter que leur enfance rose s'est envolée avec leur âge.
Et je les vois tomber. Ou fuir.
Car oui, les plus forts (ou les plus lâches ?) fuient, se mentent et prennent des drogues qui les mèneront à une demi-vie où la dépendance a pris la place du bonheur qu'ils crurent recevoir au début. Je voudrais que Dieu se réveille. Qu'il nous prenne tous et, puisque l'Homme est résigné à pécher, nous emmène tous dans le néant. Pas de paradis pour les pécheurs.
Mais n'est-ce pas lui qui nous a donné ce « don » qu'est l'esprit ? N'est-ce pas lui qui, effaçant la notion d'instinct, traça devant nous ce chemin appelé destinée ? N'est-ce pas encore lui qui nous a donné la capacité de nous faire du mal ?
Mentalement aux autres autant que physiquement à nous-mêmes. Les gens ont tellement peur de la mort.
Mais pourquoi ne pas simplement accepter qu'elle nous sauvera tous...

Perles rouges qui dansent sur ma peau.

Je me demande pourquoi je me fous tant de lui. Mon père, mon géniteur.
Hôpital psy. Une maison où les « fous » (que j'aime et déteste ce mot) ont créé leur propre société. Un monde où les étrangers ne sont pas ceux que l'on croit. Un monde où la simulation règne pour échapper au réel. Oui, il y a de vrais malades. Eux et leurs pathologies. Les crises et les pleurs. Les rires stridents qui provoquent la peur et le dégoût pour quiconque ne comprend leurs maux ni ne possède la clé de leurs esprits.
A-t-il sa place auprès d'eux ? Y ai-je la mienne ?
Parfois je sens leur souffle, la nuit, sur ma nuque, tout contre mon cou. Je les entends m'appeler, me dire de venir, d'aller les rejoindre. Mais ils ne sont pas tous d'accord. Pour certains, je ne suis qu'une simulatrice. Non, je n'ai pas ma place parmi eux. Lui, oui.

Ne pas tomber dans le néant. Résister à l'appel du sombre et de l'infini. Mon père m'a quittée il y a bien longtemps, bien avant d'être internée.
Je perds les gens auxquels je tiens trop facilement. Et leurs traces sur ma peau ne sont que le reflet de mon manque.

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Je plane totalement. Je vois la vie différemment quand je suis dans cet état. J'envie de tout toucher, tout caresser, sensuellement, tous les objets sur lesquels tombe mon regard.
Je pense à elle. Merde. Qu'est-ce que je voudrais qu'elle soit là. Toucher une table me donne des frissons dans tout le corps... Alors, je donnerais tout pour ressentir l'explosion que me donnerait le contact de sa peau, son corps. Nos sueurs.
Inaccessibles. Parties. Oui mais où ? Quand ? Comment ?
Irréalisable.
Elle dit que je suis défaitiste, que je baisse trop facilement les bras. Moi, je m'en fous.
Je l'aime.

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Il était tout dans ma vie. Je m'accrochais à lui pour m'en sortir. Il me disait « je t'adore » et je répondais présente à ses bras. Je ne peux pas dire meilleur ami. Mais disons le meilleur de mes amis. Je lui disais mes sourires, il était là pour me consoler de mes blessures.
Tous nos points communs nous ont fait nous éloigner l'un de l'autre.
Les traces sur ma peau ont cicatrisé peu à peu. Mais ce que je n'avais que trop ignoré m'a alors sauté aux yeux.
Lui aussi avait ses démons, ou plutôt son paradis. Son Ève s'appelait Amandine, son Éden Saint-Étienne... Mais lui ne serait jamais Adam... Trop faible... Trop d'obstacles...
Son héroïne.
Devenu accro à elle. Dépendance pour dépendance, il s'est mis à fumer, boire, fumer... Puis du « taz »... Puis enfin, coke, héro, LSD quand il arrivait à en toucher...
J'aimais me coucher à ses côtés écouter mon ange jouer dans son monde, nous laissant, lui et moi, pour un instant de fusion d'âme. L'amitié...
À présent. On ne peut plus se regarder en face. Il veut s'en sortir. Mais je ne vois en ses actes que de vaines tentatives de reporter sa dépendance sur quelqu'un d'autre. À présent, lorsqu'il quémande mes bras, je ne peux le regarder qu'avec dégoût. Lui, camé, à la recherche d'une drogue dont j'ai eu un mal fou à me séparer. Ses yeux me crient « AUDE-MOI ! »
Et je le voudrais tant...
Mais c'est comme si mon instinct me criait, plus fort que son regard, de ne rien faire, ni le prendre dans mes bras, ni même le plaindre. Alors, à la place, je le regarde crever de souffrance, seul, sur le sol gelé. Et lorsque, pour se relever, il me demande la main, je lui hurle dessus !
Il doit s'en sortir seul ! Sinon tout recommencera... Tout s'effondrera forcément un jour pour lui...
Je ne serai pas celle qui lui fera croire qu'on peut vivre heureux comme ça. Dépendant des autres. On en a besoin, bien sûr ! Des autres. Sinon, ça ferait bien longtemps que je serais partie. Et d'ailleurs, si un jour il décide d'accepter... Non... De s'accepter, je lui tendrai la main et l'aiderai à se relever avec une immense joie et un soulagement égal. J'ai enfin fini de croire que la vie est de rendre les gens autour de nous heureux. Alors je ne lui ferai pas croire à mon tour. Même si je sais que c'est ce qu'il attend de moi.
Vite, mon vieux ! Ouvre tes yeux et rends-toi compte du cinéma qui t'entoure et t'étouffe !

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Je voudrais rendre un hommage. Hommage à cet homme qui se fait de la tune sur ces jeunes ados dépressifs qu'il a l'air de pas mal connaître... Juste une note de sa voix déchirée me transporte... Je le sens en moi... Dans toutes mes veines... J'ai tellement mal... Mal au cœur... Je voudrais gerber cette douleur qui me poursuit depuis trop longtemps...
Je voudrais la prendre dans mes bras, je voudrais la sauver... Je voudrais écrire en elle que je l'aime... L'écrire sur mes bras... Puis m'en vouloir pour mon égoïsme...
JE T'AIME...

Se séparer de quelqu'un qu'on aime est horrible. On se sent seul, déchiré. On sent au fond que c'est mieux, mais on ne peut même pas raisonner. Puis vient le pire. Cette chose qui vous tue mille fois plus que le manque que vous éprouvez à ce moment. Car en fait, on se rend compte que cette personne qui était le centre de notre vie n'est pas irremplaçable et que, bien qu'elle nous manque terriblement sur le moment, on ne peut pas nier qu'au fond de nous, la blessure cicatrisera bien un jour et que de toute façon : « La vie continue, elle suit son cours et nous ne pouvons pas rater le train qui nous y ramène. »
Un père absent. Alcoolique. Une enfance douloureuse, une adolescence perdue, rejetée. Elle s'est accrochée à moi comme elle se serait accrochée à Dieu si elle avait eu la foi. Et cela, elle en souffrait. Elle souffrait d'être dépendante des autres. Et comme pour équilibrer cette dépendance, il fallait qu'elle se sente libre parfois. Comment lorsque toute notre personne ne dépend que de l'autre !? Trouver quelque chose qui, lui, ne nous déçoive jamais. Non, c'est vrai, l'alcool, il n'y a pas de soir où il vous fait la gueule, est de mauvaise humeur ou doit quitter la fête pour cause de parents trop sévères... Pas de frustration. Un verre et tout va mieux. Adieu culpabilité, adieu timidité, adieu renfermement sur soi, adieu mon corps que je hais, bonjour à cette liberté gratuite qui ne demande aucun effort. Ce bien-être, cette sécurité. Pouvoir être appréciée car pour une fois être tellement « open », tellement « cool ». Seul moment où l'on est vraiment bien. On ne se cogne plus à la vie. On n'en a plus rien à foutre. On est bien. Plus de barrières, plus de morale de merde.
LIBRE.

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aznoub
aznoub @aznoub
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