
Adam et Ève étaient mariés depuis dix ans déjà et avaient un petit garçon âgé de sept ans qui se nommait Quentin.
Dès qu'ils s'étaient vus, ils avaient tout de suite compris qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Adam et Ève traversaient une période de problèmes financiers. Ève travaillait à mi-temps pour s'occuper de son petit chérubin, Quentin, et Adam avait perdu son emploi il y a quelques mois.
Quentin étant leur unique enfant, il attirait toute l'attention de sa mère, qui le chérissait plus qu'il ne le fallait, au point d'en faire un enfant roi, un enfant pédant.
L'approche de Noël et les difficultés financières
Nous étions à deux semaines de Noël. Cette année, le mois de décembre était particulièrement rude et tous les trois n'arrivaient pas à se débarrasser de leur rhume, car faute de moyens, ils ne mettaient pas le chauffage dans l'appartement.
Adam avait bien dit à Ève de ne pas acheter de cadeaux de Noël pour Quentin. Il avait décidé que cette année, Quentin se contenterait de mandarines et de fruits secs, tout comme lui lorsqu'il était enfant.
La tentation d'Ève au magasin de jouets
Mais ce jour-là, Ève ne put s'empêcher de s'arrêter en passant devant un grand magasin de jouets, de penser à la mine réjouie qu'afficherait son petit chérubin en voyant ce beau camion de pompiers qui avait été mis en avant dans la vitrine.
Alors, Ève poussa la lourde porte du magasin et entra en ayant en tête de n'acheter que ce camion rouge vif.
Mais une fois dans les rayons, elle succomba au désir de voir son cher petit ange sourire et acheta, en plus du camion de pompiers, un kit de parfait petit chimiste et une grosse peluche d'ours brun – l'animal favori de Quentin.
La découverte des lettres de relance
Une aubaine pour elle : Adam devait aller chercher Quentin à l'école aujourd'hui, ce qui lui permettrait de rentrer à l'appartement avant eux et de cacher les jouets.
Elle eut amplement le temps de cacher tous les présents car Adam et Quentin rentraient à pied, car ils avaient déjà été obligés de vendre leur voiture.
En attendant leur retour, elle s'installa aussi confortablement qu'elle le put dans un gros fauteuil qui commençait à s'éventrer et dont les ressorts lui labouraient le dos.
Son regard s'attarda sur le courrier qu'elle venait de rentrer il y a tout juste cinq minutes et dont elle avait oublié de regarder le contenu car elle s'était avant tout dépêchée de tout cacher. Elle saisit donc la pile de courrier et l'ouvrit.
Elle tomba sur plusieurs lettres de relance pour des factures impayées, une missive de la banque leur indiquant le montant de leur déficit et un mot du propriétaire de l'appartement qui menaçait de les expulser d'ici peu.
Ève fut tout à coup prise de remords à s'en mordre les doigts. Elle n'aurait pas dû succomber.
L'expulsion et la chute
Adam et Quentin arrivèrent et elle oublia tout car elle s'empressa d'aller préparer le goûter de son chérubin. Ève se garda bien de dire à son époux les écarts qu'elle avait commis l'après-midi même.
Dans la soirée, Adam reçut un appel téléphonique du propriétaire qui les menaçait d'expulsion s'ils n'avaient pas payé d'ici une semaine les quatre mois de loyers non réglés.
La semaine passa et ils ne purent pas payer ne serait-ce que la moitié de leur dette car Ève avait dépensé l'argent en faisant les achats de Noël.
C'est donc en sanglots qu'ils se retrouvèrent à la rue la veille de Noël.
Adam avait découvert le subterfuge d'Ève et lui en voulait car ils auraient peut-être pu négocier avec cette somme qui leur restait et qu'il lui avait pourtant fait la morale !
C'est ainsi que le chaos commença.
La descente aux enfers
Quentin leur avait été enlevé et ils se retrouvèrent dans un squat. Ils manquaient cruellement de nourriture et avaient très froid.
C'est en tentant de faire abstraction de tout cela qu'ils commencèrent à se droguer, tout comme les personnes avec lesquelles ils se trouvaient.
Ils commencèrent « doucement » avec de la cocaïne et c'est en retrouvant le corps meurtri et inerte d'Ève au coin d'une rue que l'on diagnostiqua qu'elle prenait du « crack ».
Adam est sans doute mort lui aussi de froid, de faim, ou d'une overdose.
Le sort de Quentin
Quentin, lui, se trouve dans une famille d'accueil avec plusieurs autres enfants. Il ne sait pas ce que sont devenus ses parents et espère toujours les voir venir le chercher la veille de Noël, tout comme le jour où il les perdit.
La fête de Noël, qui incarnait le serpent, poussa Ève à dépenser l'argent – ou à croquer dans la pomme – et ils furent chassés de leur jardin clos où ils vivaient heureux.