
Certains penseront peut-être que je suis folle d'avoir autant souffert de sa mort. Après tout, ce n'était « qu'un chat ». Mais non, pour moi, il était tout. Je changeais de maison toutes les semaines, mes parents étant divorcés — ce dont je ne souffrais plus. Schumi était l'une de mes joies de vivre, ma motivation pour faire mes sacs. Je le retrouvais et il me faisait plein de câlins, de miaulements, comme pour me raconter sa journée. Tous les matins, il venait me chiper un petit bout de mon déjeuner. Tous ces petits riens m'ont fait m'attacher énormément à lui, d'autant que j'étais un peu déprimée à l'époque. Il avait une sœur, Flora, elle aussi adorable, mais un peu moins sociable que son frère.
C'était le vendredi 14 mars 2003. Je rentrais chez ma mère pour une semaine. En sortant de la voiture, elle m'annonce qu'elle n'a pas vu Schumi depuis ce matin. Je suis immédiatement très inquiète : je suis très « mère poule » avec mes chats. Je me mets à l'appeler dans le jardin avec le bruit de son jouet préféré pour l'attirer... mais rien. Par précaution, je vérifie dans toute la maison, puis retourne à mon point de départ, le garage, et décide d'aller voir dans la rue.
J'ai marché dix mètres, pas plus. J'ai tourné la tête à gauche, et je t'ai vu, là, étendu dans le talus... « Dis-moi que tu dors, mon bébé, dis-le-moi... bouge, je t'en supplie. » Mais tu ne bouges pas. Je te touche et je pleure. Tu es froid et raide. Depuis combien de temps es-tu là ? Je reste là, plusieurs longues minutes sur la rue, près de ton petit corps, à pleurer. Quelques voitures ralentissent en me voyant...
Mon frère m'a entendue pleurer et vient. Il prend mon Schumi et, avec ma mère, on décide de l'envelopper dans un de mes draps. Demain, on t'enterrera, Schumi. Tu me manques déjà. Je n'ai pas eu le temps de te dire à quel point je t'aimais, combien tu étais important pour moi.
À ce moment, ce jour-là, j'ai haï le monde entier — et encore plus les voitures ! Je suis sortie, je me suis assise sur la marche de l'entrée. À chaque voiture qui passait, je l'insultais très fort, intérieurement, comme pour te venger. Tu étais si petit, si mignon, et pourtant tu as payé le prix de la vitesse de ce chauffard.
On t'a enterré. C'était dur. Ta sœur Flora est devenue par la suite une petite chatte très câline et très joueuse. Non, elle ne t'a pas remplacé.
Tu me manques toujours autant. Tu es toujours là, dans mon cœur. Je pense toujours à toi...
À toi, mon bébé — 14 mars 2003
P.-S. : Si je n'ai pas mis sa photo, c'est parce que j'ai tenu à garder pour moi seule l'image de mon chat. Je tiens aussi à remercier ma meilleure amie, Joëlle, qui est venue ce soir-là pour me consoler, ainsi que mon « petit homme » (il se reconnaîtra) pour sa présence.
J'ai trois autres chats aujourd'hui. Je les aime énormément et je n'ose pas imaginer ce que ce sera quand ils ne seront plus là. Voilà, j'espère que le respect règnera sur cet article que j'ai beaucoup hésité à partager...