
Ma rencontre avec les randonneurs en rollers de Paris
Qui aurait cru que Paris comptait une drôle de tribu dans ses rangs ?
Moi, je les ai rencontrés. Le jour où j'ai découvert que la vie dehors existait bel et bien… Je suis sortie de ma coquille.
Je me souviens : j'en avais assez d'être seule avec ma rentrée en tête, dans le côté obscur de mon 5 m². Alors, profitant d'un de ces derniers jours de septembre ensoleillé, je suis partie. J'ai chaussé mes rollers, verrouillé la porte et me suis rendue place de la Bastille, un dimanche après-midi, comme les autres, oserais-je dire à présent.
Un rassemblement de « bulots à roulettes » était déjà là. Ne sachant que faire, je me suis fondue dans la masse et me suis retrouvée comme un poisson dans l'eau.

Rando roller : l'encadrement par Rollers & Coquillages
À 14h30, le grand départ a sonné : la Criée. Les uns derrière les autres, en vrac, nous avons envahi les rues de Paris, formant une marée verte incroyable en ces lieux historiques. Encadrés par une cinquantaine de « Petits Hommes Jaunes » de Rollers & Coquillages qui calmaient les chauffeurs grognons sur leur navire à moteur et sauvaient des eaux les naufragés, nous découvrions tranquillement et d'un œil nouveau la capitale.
L'histoire de l'association Rollers & Coquillages
Au gré de nos pérégrinations, je me suis renseignée sur le mouvement. J'ai appris que les bigorneaux, têtes pensantes, étaient deux jeunes lurons : Olivier Husson et Emmanuel Jackson. En 1996, tout comme moi ce jour-là, ils avaient décidé de chausser leurs rollers dans Paris. Au cours de leurs balades, ils avaient rencontré des amoureux de la glisse sur le bitume et les avaient invités. Ainsi, cette simple promenade dominicale est devenue un rituel et les rangs des assoiffés de glisse se sont étoffés.
Au début, c'était un peu la « rando sauvage » : les bancs étaient indisciplinés. Heureusement, en 1997, très exactement le 19 décembre, une association de rollermen est née : Rollers & Coquillages. Cela a permis de structurer les randos roller qui rassemblent maintenant tous les dimanches plus de 15 000 randonneurs.
Rando roller du dimanche ou du vendredi : laquelle choisir ?
Le roller s'est imposé dans la capitale comme un sport de détente et de loisir pour tous. Le dimanche, c'est ouvert aux familles, aux jeunes et aux plus âgés, aux débutants… Le vendredi soir, c'est plutôt pour les mordus.
C'est fou comme le corps s'adapte à notre mode de vie. Du coup, je suis devenue une « accro » des débandades folles et furieuses depuis la gare Montparnasse, dès 22 heures.

Devenir bénévole : mon expérience de bigorneau
Toutefois, parcourir 20 à 25 kilomètres par rando n'est pas de tout repos ! Il vaut mieux avoir un corps solide. C'est pourquoi j'ai trouvé mon nid : je suis devenue, comme beaucoup de monde ici chez Rollers & Coquillages, un bigorneau.
À bientôt !