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Culture

Mais pourquoi la vache qui rit rit ?

Plongez dans l'histoire délirante de Marguerite, une vache née d'une mère vierge en ex-Yougoslavie, devenue fluorescente la nuit et cible d'un complot villageois.

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Par simple mesure préventive, je ne vous conseillerai pas de lire les deux ramassis de mensonges que sont La folle épopée de Blandine et la véritable histoire de la vache qui rit. Ces deux textes sournois ne sont que pures machinations de leurs machiavéliques auteurs, au mépris du savoir et de la vérité. Si malgré tout vous n'avez pas suivi mon conseil et qu'il est, malheureusement pour votre culture générale, trop tard pour vous débarrasser de l'infect bourrage de crâne que vous ont fait subir ces deux histoires à dormir debout (ou assis, selon que vous soyez sur vos fesses ou non), sachez chers amis internautes qu'il n'est jamais trop tard pour connaître la véritable vérité vraie !

Ainsi, sans plus tarder, je vais m'adonner à cette lourde tâche qu'est le rétablissement de la vraie vérité véritable.

Les origines mystérieuses de la vache qui rit

Tout d'abord, il faut savoir que la vache qui rit n'était pas une vache ordinaire. Elle naquit en ex-Yougoslavie durant la famine de 1926 d'une vache vierge — ne me demandez pas comment, c'était aussi le cas de Jésus. La mère fut par ailleurs surnommée « la vierge Marguerite », ce qui n'influencera nullement le choix du nom de la vache qui rit.

Marguerite, de son vrai nom, fut par la suite importée en France où elle fut considérée comme une vache moyenne par un paysan moyen qui l'éleva au milieu d'un troupeau d'autres vaches moyennes. Sa vie morne et paisible de bovidé moyen aurait dû se résumer à la mastication de kilos de pelouse transformés soit en substances laiteuses, soit en bouses et flatulences au détriment de la couche d'ozone (car tout le monde le sait, le pet de vache est nocif pour la couche d'ozone), puis à la réunion nocturne inter-bovidés quotidienne à l'étable où elle était censée se reposer.

Une vache pas comme les autres

Or, au risque de me répéter, Marguerite n'était pas n'importe quel Bos primigenius taurus (vache si vous préférez — non, vous ne préférez pas, Bos primigenius taurus c'est bien mieux !). La nuit, par exemple, elle devenait translucide et une faible aura lumineuse la faisait briller dans l'obscurité. Ce n'était pas une mauvaise chose pour elle puisqu'elle ne dormait pas, ou presque jamais.

C'est d'ailleurs la nuit que la plupart des étranges phénomènes se produisaient. Ainsi, les quelques rares voyageurs nocturnes qui passèrent par là purent mirer d'un œil bovin (d'un œil sournois) l'étrange routine nocturne d'une vache insomniaque et fluorescente. La plupart de ces badauds hasardeux prirent leurs jambes à leur cou et ne revinrent jamais sur les lieux. Il faut avouer que voir surgir une vache lumineuse du néant peut en effet produire quelques troubles cardiaques et psychologiques.

Je ne pourrais vous faire une liste exhaustive des innombrables et démesurés pouvoirs de notre vache. Mais sachez qu'elle était capable de bien des choses, comme faire pleuvoir comme vache qui pisse, rien qu'en pissant, ou faire apparaître des vachettes — pas les petites vaches, mais les petits champignons laiteux et comestibles au chapeau d'aspect mat, jaune ou rouge brique...

Le secret du père Gustave

Bien sûr, notre brave paysan ne se rendait compte de rien, ou alors il ne voulait pas y croire. Peut-être était-ce dû à sa trop forte myopie ou à son amour pour le tord-boyaux. Toujours est-il qu'il ne raconta à personne les nombreuses fois où il vit en plein jour sa vache prendre une teinte rose-violacée et léviter au-dessus du troupeau tout en meuglant la chanson qui sera reprise plus tard par « Marcel et son Orchestre » : meuh, meuh meuh font les vaches, les vaches font meuh meuh...

Malheureusement, le voisinage n'était pas aussi indulgent que le père Gustave (c'est le nom de notre paysan) envers la vache miraculée. Si bien que très vite toute la petite communauté de Saint-Bourgfoin-les-Oies (c'est le nom du vaste village agricole de notre vache) fut au courant des étranges mœurs de Marguerite.

Le complot des paysans

Il y eut à ce propos plusieurs réunions secrètes où les paysans décidèrent de se débarrasser par tous les moyens de la vache transgénique qui se révélait être une nuisance commune à leur communauté. Mais ce n'était pas une simple réunion de paysans qui viendrait à bout de notre star du fromage. Cependant, si Marguerite était bâtie comme un bœuf, les autres vaches du troupeau elles, ne l'étaient pas autant.

— « Oh la vache ! »

S'exclama le père Gustave quand il reçut une énorme vache en bois par la poste. Le présent venant d'un admirateur inconnu était adressé à l'attention du père Gustave. Ce dernier savait que son fromage avait conquis de nombreux clients, mais pas à ce point-là. Il installa quand même le ruminant de bois à côté des ruminants de chair.

Ainsi, les nombreuses maladies subtilement introduites chez notre vacher par on ne sait quel cheval de Troie se propagèrent et eurent vite fait de décimer la majeure partie du troupeau. Et, de mal en pis, il fallut qu'une de ces maladies infecte les pis de vaches. Ce fut une véritable épidémie. La plupart des survivantes ne pouvant plus sécréter de lait, le vacher se retrouva vite sur la paille.

De pis en pis, celui-ci ne gagnant plus assez pour nourrir ses vaches, dut non seulement faire manger de la vache enragée à ses vaches (je précise pour les plus incultes d'entre vous que cette expression signifie : faire endurer de nombreuses privations), mais en plus en sacrifier plusieurs à l'abattoir.

Bilan : 22 vaches périrent de maladies diverses, 6 vaches crevèrent de faim et 8 vaches furent envoyées à l'abattoir. De son magnifique troupeau, il restait tout au plus 8 vaches, les mieux bâties, au père Gustave. Marguerite bien sûr ne fut atteinte par aucune de ces maladies.

L'intervention de la SAVAPA

Les paysans, non contents de leurs bovicides, se réunirent de nouveau et finirent par se décider à dénoncer le père Gustave à la SAVAPA (Société Anti-Vache À Pets Atomiques), car les vaches du père Gustave étaient selon leurs dires de grandes pétomanes.

Un inspecteur de la SAVAPA vint donc rendre visite au père Gustave pour rendre compte de l'état de l'anus des vaches. Mais ce que ne savaient ni le père Gustave, ni l'inspecteur de la SAVAPA, c'est que le foin avait été préalablement bourré de laxatifs d'oies par le comité de Saint-Bourgfoin-les-Oies.

Ce fut un massacre, un carnage, je dirais même que ce fut vachement répugnant. Même Hercule n'aurait pu nettoyer la vacherie (l'étable) après l'inspection surprise (ou l'infection, entendez-le comme vous le sentez — l'entendez, pardon). Le laxatif fit un véritable ravage chez l'anus des ruminantes et les sinus de l'inspecteur qui finit son inspection à l'hôpital, la cloison nasale éclatée.

Heureusement pour Marguerite, celle-ci n'avait pas daigné brouter de ce foin de chafouin. Elle réchappa donc à l'abattoir, et fut bien la seule.

Alfred, le journaliste malchanceux

Alfred, jeune journaliste en herbe vivant à Cul-De-Sac, le bourg d'à côté, s'empressa d'aller interviewer le père Gustave et sa vache doublement miraculée. Seulement, le jeune Alfred parlait français comme une vache espagnole (c'est-à-dire très mal), ce qui poussa notre vacher — qui avait une dent contre ceux qui en avaient mais qui ne savaient pas s'en servir à bon escient — à avoir un bœuf sur la langue avec lui (c'est-à-dire se taire obstinément ! Faites comme mon ami François, lisez le petit Larousse tous les soirs plutôt que de vous faire enculer par le gros Robert — c'est une plaisanterie, bien sûr !). De plus, il ne voulait plus être la vache à lait de personne. Le jeune reporter des campagnes entreprit donc d'interroger notre vache...

La tragique fin du père Gustave

Plus tard, un chasseur s'écrasa sur la ferme, explosa, puis prit feu, tuant sur le coup le père Gustave (Oui, je sais, un chasseur ne peut exploser, sauf si c'est un avion, ce qui est le cas ici alors la ferme !). On ne retrouva dans les cendres que la dépouille de feu le père Gustave.

On ne revit plus jamais Marguerite.

Par contre, on retrouva Alfred quelques années plus tard. Celui-ci fut violemment mais involontairement mutilé par un chasseur (non, un chasseur, pas un avion). En effet, voulant interviewer le vilain petit canard, il s'était déguisé en volaille, ce qui ne fit pas long feu chez le palmipède, mais pas chez le chasseur qui lui fit feu vite. Il tomba dans la mare, puis dans le coma, puis mourut noyé.

On ne retrouva sur lui que quelques photos d'animaux, dont une de notre vache, à ce moment éprise d'un fou rire peu naturel chez nos amis les bovidés, mais pas chez notre bien-aimée Marguerite qui, rappelons-le encore une fois, n'était pas une vache ordinaire. Tiens, elle était tellement différente des autres mammifères broutants qu'elle s'était orné les oreilles de magnifiques boucles d'oreilles en carton-pâte.

Conclusion : le mystère reste entier

Donc, la vache qui rit rit, mais on ne sait toujours pas pourquoi...

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dark
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