Photo de Sinclair en interview
Culture

Interview de Sinclair

Interview exclusive de Sinclair, le diablotin du funk français. Entre festivals, cinéma et vie personnelle, l'artiste se livre sans tabou sur sa carrière et son univers.

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Photo de Sinclair en interview

Si vous ignorez encore – est-ce possible ? – ce que le mot « groove » signifie, allez donc voir Sinclair sur scène et vous en aurez une idée plus que précise. Difficile de rater ce diablotin du funk, ce zébulon du riff de cuivre qui tue, car en été 2002, il était présent sur presque tous les festivals. Surdoué de la scène, où il exulte littéralement, Sinclair – alias Mathieu Blanc-Francard – est attachant par sa musique, mais également par une personnalité détachée d'un show-biz dont il est pourtant issu. Fils de Dominique, un des plus grands ingénieurs du son français, frère d'Hubert (alias Boom Bass), marié à la comédienne Emma de Caunes, Sinclair fait partie des happy few. Ce qui ne l'empêche pas d'avancer, tranquille...

L'été 2002 : Sinclair en marathonien des festivals

Vous avez participé à presque tous les festivals de l'été 2002, notamment aux Eurockéennes. Comment avez-vous abordé un tel marathon ?

La seule manière d'aborder le public, c'est de lui donner le maximum. Dans les gros festivals, il y a une sorte de pression. Comme tu te mélanges à d'autres groupes, à un public immense, tu te mets dans une situation de compétition assez étrange. En fait, franchement, je ne suis pas fan de la foule. Je suis un peu agoraphobe. C'est pour cela que je me mets sur scène au milieu, peinard.

Du cinéma à la musique : les projets de Sinclair

C'est pour cela que vous vouliez faire du cinéma au début ?

Comédien, réalisateur ou bien chanteur, cela participe du même domaine pour moi. En France, on est très méfiant vis-à-vis des gens qui s'éparpillent. Et je suis le mec le plus éparpillé du monde ! (rires) Mais j'approche du cinéma, en faisant la BO du dernier film de Guillaume Canet. C'est un exercice difficile, moitié chanson, moitié instrumentaux. C'est un peu dans le style de... All About Eve, de Mankiewicz – putain il va me tuer s'il lit ça ! Non, non, c'est une sorte de huis clos avec une personne qui en idolâtre une autre. Guillaume voulait des chansons en anglais, un peu dans le style Marvin (Gaye, ndlr).

Pourquoi Sinclair a changé d'avis sur chanter en anglais

À une époque, vous ne vouliez pas chanter en anglais...

C'est vrai, mais seuls les cons ne changent pas d'avis.

Victoires de la musique : le rapport compliqué de Sinclair

Dire que vous ne vouliez pas revenir aux Victoires de la musique et vous y retrouver l'an dernier, c'est le même principe ?

(Blagueur) L'histoire, elle est bien plus triste que ça, mon bon monsieur... Si je n'avais pas fait cette émission, je n'aurais pas fait de télé du tout. Déjà que tu passes difficilement à la radio, si tu ne passes pas du tout à la télévision, qu'est-ce qu'il te reste ? Tes yeux pour pleurer ou alors... Tu fais les musiques de films, de Canet. (rires) Le problème, c'est qu'on demande aux musiciens d'être malléables, de se fondre dans un format médiatique qui ne convient pas forcément. Le nombre de plateaux télé où je vais pour parler musique et où l'on m'interroge sur ma femme... Si tu refuses le jeu, on ne veut plus de toi dans les maisons de disques, sous prétexte que tu n'es pas « facile à travailler ». Pas facile à travailler ? Ça me rend dingue. Je connais le principe. Je l'accepte, sinon je ne ferais pas de disques.

L'étiquette « fils de, époux de, frère de » : comment Sinclair la vit-il ?

Parmi les clichés qui vous énervent, quel est celui qui revient le plus souvent : fils de..., époux de..., frère de... ?

Je m'en fous. Je préférerais que l'on dise de moi « auteur-compositeur de... musique ». Mais on vit là-dedans en ce moment. À la télévision, on nous montre une réalité complètement factice, qui distrait néanmoins, j'imagine... Ce côté Hollywood est rigolo. Avec mes potes, on rigole de se voir en photo dans les journaux, comme dans les pages de... ou en couv' de... Ma musique existait avant et continuera après.

Sinclair évoque Emma de Caunes, sa femme

Qu'est-ce que Sinclair pense de la comédienne Emma de Caunes ?

Elle me fait beaucoup d'effet. Je trouve que c'est une très bonne comédienne qui est un peu sous-employée par rapport à ses capacités. On lui propose toujours un peu les mêmes rôles... (Il se reprend.) Ouh là ! Mais je suis en train de parler de ma femme, là !

Les goûts musicaux de Sinclair

Vos goûts musicaux ?

J'adore les chanteurs qui t'assoient rien qu'avec leur voix. China, par exemple (fille de Dee Dee Bridgewater, ndlr), fait les chœurs sur mon dernier album, alors que c'est moi qui devrais faire les chœurs sur ses disques ! Sinon, j'écoute essentiellement de la musique anglo-saxonne. Des choses hors d'âge, je suis vintage à mort dans mes goûts, genre Marvin Gaye ou Al Green. J'écoute aussi des grosses daubes américaines actuelles, genre R&B, pour la voix.

Solidays et la prévention du SIDA

Vous étiez au festival Solidays (Solidarité SIDA), à Paris. On constate que les jeunes sont de moins en moins prudents. Comment l'expliquez-vous ?

Le sujet reste d'une cruelle réalité. Mais il ne fait plus la une des journaux. Du coup, on fait moins gaffe. D'où l'utilité d'entretenir une certaine vigilance avec des manifestations comme Solidays.

Site officiel de Sinclair

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magixguignol
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