Affiche officielle du film Zootopie 2 avec plusieurs personnages animaux devant une skyline urbaine.
Cinéma

Zootopie 2 : le film événement qui conquit les jeunes adultes

Avec 1,7 million d'entrées, Zootopie 2 séduit les jeunes adultes grâce à son duo mythique, ses thèmes matures et la viralité de Nick Wilde sur TikTok.

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Alors que l'industrie cinématographique mondiale cherche encore ses marques après une période incertaine, un film d'animation vient de faire l'effet d'une bombe dans les salles obscures françaises. Ce n'est pas simplement un retour réussi, c'est un véritable événement culturel qui dépasse largement le cadre du film pour enfants. En quelques jours à peine, la métropole animalière de Disney a prouvé qu'elle n'avait pas perdu une miette de sa superbe, bien au contraire. Ce succès flamboyant cache une réalité fascinante : le public n'est plus celui de 2016, et le film a évolué pour rencontrer les attentes d'une génération de jeunes adultes qui a grandi avec le premier opus.

Loin d'être une simple suite destinée à occuper les mercredis des écoliers, ce nouveau volet s'impose comme le blockbuster incontournable de cette fin d'année 2025, captivant tant par son ambition narrative que par sa résonance inattendue avec la culture internet contemporaine. Décryptage d'un phénomène qui a grandi plus vite que ses propres spectateurs.

Affiche officielle du film Zootopie 2 avec plusieurs personnages animaux devant une skyline urbaine.
Affiche officielle du film Zootopie 2 avec plusieurs personnages animaux devant une skyline urbaine. — (source)

1,7 million d'entrées : le retour fracassant d'un duo mythique

Le chiffre a de quoi faire tourner la tête de n'importe quel directeur de salle de cinéma : 1,7 million de spectateurs en seulement sept jours. En France, le box-office de ce début d'année 2026 affiche des couleurs éclatantes, porté par une performance hors norme du studio Disney. Ce démarrage cataclysmique ne se contente pas de battre des records, il réécrit la donne d'un marché souvent chancelant. Pour se rendre compte de l'ampleur du phénomène, il faut le remettre en perspective avec les performances récentes et historiques du marché hexagonal.

Un démarrage 2025 inégalé

Dans un paysage audiovisuel où la fréquentation des salles peut parfois sembler erratique, Zootopie 2 a fonctionné comme un électrochoc. Avec ses 1,7 millions d'entrées enregistrées lors de sa première semaine d'exploitation, le long-métrage signe non seulement le meilleur démarrage de l'année 2025, mais il surclasse également son propre aîné. À titre de comparaison, le premier Zootopie, sorti en 2016, avait réuni 1,56 million de spectateurs sur la même période. On aurait pu craindre une certaine usure de la marque ou une lassitude du public après près d'une décennie d'attente, mais c'est l'inverse qui s'est produit : l'appétit est plus vorace que jamais.

Cette performance intervient dans un contexte 2025 où seulement cinq films ont réussi à franchir la barre symbolique du million d'entrées. C'est dire si la concurrence était rude et si l'exploit de Judy Hopps et Nick Wilde est remarquable. Bien sûr, l'animation reste un genre roi en France, comme l'avait prouvé Vaiana 2 l'année précédente avec des scores encore plus élevés en semaine une. Toutefois, la nature du public de Zootopie 2 semble plus transversale. Si Vaiana touchait incontestablement le cœur de la cible familiale, le film de Disney séduit ici une tranche démographique beaucoup plus large, incluant massivement les adolescents et les jeunes adultes sans enfants, phénomène plus rare pour ce type de production.

Neuf ans d'attente pour une nostalgie intacte

Neuf ans, c'est une éternité dans l'industrie du divertissement, surtout pour une franchise destinée à la jeunesse. En 2016, le premier Zootopie était non seulement un triomphe commercial avec plus d'un milliard de dollars de recettes mondiales, mais il avait aussi décroché la statuette dorée de l'Oscar du meilleur film d'animation. Il était légitime de se demander si la magie pouvait opérer à nouveau, presque dix ans plus tard, alors que le paysage médiatique et culturel avait radicalement changé.

Pourtant, l'attente n'a pas éteint la flamme, elle l'a alimentée. Scénaristiquement, Zootopie 2 reprend l'histoire quelques jours seulement après les événements du premier volet. Cette continuité temporelle offre un sentiment de confort immédiat aux spectateurs : Judy Hopps et Nick Wilde retrouvent leur uniforme sans transition, reprennent leur service de police, et leur dynamique fonctionne immédiatement. C'est une nostalgie maîtrisée qui opère dès les premières images, transformant une attente de près d'une décennie en une impression de continuité absolue pour le public. Le duo mythique a vieilli, certes, mais il a grandi avec nous, et c'est là toute la clé de ce succès intergénérationnel.

Nick Wilde sexy : quand TikTok transforme le renard en idole

C'est sans doute l'aspect le plus surprenant et le plus discuté de la sortie du film : la transformation de Nick Wilde, le renard roux au mauvais passé, en véritable icône de la Gen Z. Sur TikTok et d'autres réseaux sociaux, les vidéos compilant les moments les plus marquants du personnage cumulent des dizaines de millions de vues, accompagnées de musiques sensuelles et de commentaires enflammés. Ce phénomène dépasse largement la simple fanaterie habituelle autour des personnages Disney ; il révèle un changement profond dans la consommation de l'animation par les jeunes adultes.

Le phénomène des "thirst traps" à fourrure

Impossible d'ignorer la viralité du hashtag #NickWilde sur les plateformes actuelles. Ce qui n'était au départ qu'une blague de communautés de fans a explosé au grand jour pour toucher le grand public. Le personnage a même été sacré "personnage Disney le plus sexy" dans plusieurs classements viraux, concurrençant des héros humains bien charpentés. Ce qui fascine dans ce phénomène, c'est l'appropriation du personnage par les jeunes adultes qui s'éloignent radicalement de l'intention enfantine originelle du studio.

Analysons le personnage sous cet angle : Nick Wilde cumule tous les codes du séducteur irrésistible. Il possède ce charme arrogant, cette désinhibition, et ce style vestimentaire cool qui rappellent les "bad boys" des séries télévisées des années 1990 et 2000. Son sourire en coin et sa fluidité verbale lui permettent de naviguer dans les situations avec une aisance déconcertante, créant une dynamique de séduction étonnamment efficace, bien que le personnage soit un animal anthropomorphe. On ne regarde plus le "héros pour enfants", on consomme un "crush" fictionnel de manière ironique mais souvent très assumée.

Nick Wilde en smoking et Judy Hopps en robe jaune dans un cadre nocturne extérieur.
Nick Wilde en smoking et Judy Hopps en robe jaune dans un cadre nocturne extérieur. — (source)

Psychologie de l'anthropomorphisme : pourquoi ce désir ?

Au-delà du simple aspect visuel, ce phénomène soulève des questions psychologiques intéressantes sur l'anthropomorphisme. Comme l'ont analysé plusieurs experts culturels, ces personnages animaux sont des "terrains de projection idéaux". Contrairement aux acteurs de chair et d'os, ils sont totalement débarrassés des contraintes humaines du désir réel. Ils n'ont pas d'âge précis qui bloquerait une attirance, pas de corps normé par les standards de beauté de la mode, pas de complexe physique réaliste. C'est un désir libéré des inhibitions sociales.

Ces classements "sexy" fonctionnent surtout comme des "blagues collectives" et un "imaginaire commun" pour une génération, celle des 18-25 ans, qui a grandi avec ces images. Ils disent moins "je désire réellement un renard" que "nous avons grandi avec les mêmes récits, les mêmes héros, et nous réinvestissons notre nostalgie avec une distance critique et adulte". C'est une façon de reprendre possession d'un univers de l'enfance pour le détourner en objet de culture pop mature, transformant un héros Disney en mème séducteur global.

Thérapie et romance : une intrigue qui assume l'âge adulte

Si l'attrait physique des personnages peut expliquer la frénésie sur les réseaux sociaux, la fidélisation du public en salle repose sur une structure narrative solide qui ose aborder des thèmes résolument adultes. Zootopie 2 ne se contente pas d'être une succession de gags visuels et de chutes spectaculaires ; il s'ancre dans une réalité émotionnelle complexe qui parle directement aux préoccupations relationnelles des jeunes adultes d'aujourd'hui.

Dr Fuzzby : quand la police de Zootopia passe en thérapie

L'une des inventions scénaristiques les plus géniales de ce second volet est l'introduction d'une thérapie de binôme imposée à nos deux héros par la hiérarchie. Judy et Nick, malgré leur efficacité sur le terrain, peinent à gérer leurs émotions et leurs divergences de vue. Ils sont donc envoyés voir le Dr Fuzzby, un quokka qui sert de thérapeute conjugal à la police.

Ce ressort scénaristique résonne de manière étonnante avec la génération 18-25 ans, probablement la plus familière avec les concepts de santé mentale, de psychologie et de "communication bienveillante". Voir un film Disney intégrer des séances de thérapie, où l'on parle de "gestion de la colère" et de "dysfonctionnements de la communication", transforme le film en un "buddy movie" psychologique. Cela rappelle l'ambiance de Police Academy, mais avec une sensibilité résolument moderne. On rit des situations, mais on rit aussi de la justesse de l'observation des dynamiques de couple, même professionnelles. C'est une sophistication rare qui permet aux spectateurs adultes de ne pas s'ennuyer une seule seconde.

Une romance assumée qui tient le public en haleine

La critique du Figaro soulignait justement que cette suite était "plus romanesque". La dynamique entre Judy et Nick évolue ici du simple partenariat amical vers une tension amoureuse évidente, presque palpable à l'écran. Là où le premier film jouait sur le flou et l'ambiguïté, le second volet assume beaucoup plus ouvertement la possibilité d'une relation amoureuse entre la lapine et le renard.

Les réalisateurs ne cherchent plus à la sous-entendre par clins d'œil discrets ; ils la jouent carte sur table, multipliant les regards langoureux, les disputes jalouses et les moments de proximité qui tiennent le public en haleine. C'est cette maturité émotionnelle qui fidélise le public qui a grandi avec le premier film. À 20 ans, on ne veut plus seulement voir des amis sauver le monde ; on veut voir comment ils gèrent leurs sentiments. En offrant cette évolution naturelle de la relation, Zootopie 2 valide la patience de ses fans et leur offre une récompense sentimentale qu'ils attendaient depuis neuf ans.

Gary De'Snake et l'exclusion : la fable politique assumée

Tout comme le premier Zootopie utilisait le prisme des prédateurs et des proies pour aborder le racisme et les préjugés systémiques, ce second volet ne dévie pas de sa vocation politique et sociale. Au contraire, il élargit son propos pour questionner l'exclusion, l'intégration et la peur de l'autre à travers une nouvelle intrigue impliquant les reptiles, une classe d'animaux bannie et stigmatisée dans la métropole de Zootopia.

Le retour des reptiles : intégrer celui qui fait peur

Le cœur de l'intrigue de ce nouveau film repose sur l'apparition de Gary De'Snake, une vipère crotale au charme douteux doublée par Ke Huy Quan en version originale. Dans la "lore" du film, les reptiles sont illégaux à Zootopia depuis qu'un crime passé a été commis par l'un d'eux. Ils vivent dans l'exil, en dehors des murs de la ville utopique, nourrissant rancœur et envie de vengeance. Gary De'Snake s'infiltre donc dans cette société de mammifères parfaits, semant le trouble et la peur.

Image divisée présentant les protagonistes Judy et Nick et le nouveau personnage, le serpent Gary.
Image divisée présentant les protagonistes Judy et Nick et le nouveau personnage, le serpent Gary. — (source)

Ce choix d'antagoniste est loin d'être anodin. Comme l'ont souligné les réalisateurs, Disney ne peut pas se permettre de ne pas parler de la société actuelle sans décevoir son public. En réhabilitant le "méchant" traditionnel du conte (le serpent, depuis le Jardin d'Éden), le film interroge la stigmatisation. Gary n'est pas forcément le monstre que l'on croit ; il est souvent le produit d'une exclusion injuste. Le film force le spectateur à confronter sa propre peur : pourquoi est-ce qu'on a peur des serpents ? Est-ce inné ou construit ? C'est une métaphore puissante de l'intégration des populations marginalisées et des dangers de l'enfermement identitaire.

Optimisme contre cynisme : le duo Judy/Nick comme miroir politique

Au-delà de l'intrigue autour des reptiles, c'est la vision du monde portée par les deux protagonistes qui offre la plus grande richesse politique. Le scénario oppose explicitement deux philosophies : celle de Judy Hopps, l'optimiste convaincue que le bien finit toujours par l'emporter si chacun fait sa part, et celle de Nick Wilde, le pessimiste qui croit dur comme fer que les problèmes sont systémiques et insurmontables.

Ce conflit interne au duo est le miroir parfait du débat politique qui agite les jeunes adultes actuels. D'un côté, l'espoir en l'utopie, l'activisme et la croyance en un avenir meilleur ; de l'autre, la désillusion face à la crise écologique, les inégalités économiques et les divisions sociales. Le film ne tranche pas de manière binaire et moralisatrice. Il explore comment ces deux visions, malgré leurs contradictions, sont nécessaires pour avancer. Comme le souligne Jared Bush, l'accent est mis sur l'idée que "nos différences sont en réalité l'un des atouts les plus précieux dans une collaboration". C'est une leçon de politique pragmatique et douce, une fable moderne qui refuse le cynisme désabusé sans tomber dans le naïf béat.

Pascal Elbé, Jean Reno et Baptiste Lecaplain : le doublage français qui cartonne

Pour un public français souvent attaché à la qualité artistique de ses films, le doublage n'est jamais un détail. Il peut tuer un film ou, à l'inverse, l'élever au rang de chef-d'œuvre culte. Avec Zootopie 2, Disney a mis le paquet en proposant une distribution vocale qui ne ressemble pas à un casting de dessin animé classique, mais qui emprunte les codes du cinéma d'auteur et de l'humour contemporain.

Baptiste Lecaplain pour donner la réplique à un serpent

Le choix de faire appel à Baptiste Lecaplain pour doubler Gary De'Snake est sans doute le plus audacieux et le plus réussi de la distribution. Le comédien et humoriste, connu pour son one-man-show décalé et son jeu de scène physique, n'est pas la voix première à laquelle on pense pour un méchant Disney. Pourtant, c'est cette dissonance qui fonctionne si bien. Baptiste Lecaplain apporte un ton irrévérencieux, une forme de cool attitude et une diction traînante qui rendent le serpent à la fois terrifiant et drôle.

Le personnage sert ici de véritable véhicule pour la persona du comédien. Ce choix ancre le long-métrage dans le paysage de la comédie française moderne, s'éloignant des intonations formelles ou théâtrales que l'on retrouve parfois dans les doublages classiques. À chaque réplique cinglante de Gary, on reconnaît la signature de Lecaplain, créant un lien immédiat avec le public qui ne peut s'empêcher de penser "tiens, c'est lui !". C'est un gage de qualité et de divertissement qui rassure la tranche d'âge 18-25 ans : ce n'est pas un film pour bébés, c'est une comédie qui joue dans la cour des grands.

Les poids lourds du cinéma qui légitiment le blockbuster

Autour de ce duo central composé de Marie-Eugénie Maréchal (toujours aussi impeccable pour Judy) et d'Alexis Victor (Nick), le reste de la distribution est une véritable tour de garde française. On retrouve Pascal Elbé dans le rôle du Chef Bogo, ce qui confère une autorité naturelle et une gravité hilarante au chef de la police. Jean Reno prête sa voix rugueuse aux Officiers Chèvre et Bûcheron, ajoutant une touche de prestige et d'épopée indéniable.

Même les seconds rôles sont soignés avec le retour de Jean-Claude Donda pour Flash, le paresseux qui a fait rire tout le monde dans le premier film. Cet alignement de stars du cinéma français ne sert pas juste le marketing, il légitime le blockbuster. Il envoie un signal fort au public adulte : ce film est une œuvre d'art exigeante, réalisée par des passionnés qui ont voulu s'entourer des meilleurs. C'est ce souci du détail qui permet à Zootopie 2 de transcender le statut de "cartoon" pour devenir un véritable film de cinéma à part entière.

De Bullitt à Le Silence des Agneaux : les clins d'œil cinéma cultes

Pour le cinéphile compulsif, Zootopie 2 est un véritable jeu de piste regorgeant de références aux classiques du cinéma. Les réalisateurs ont clairement assumé leur statut d'amateurs de la grande histoire du 7ème art, semant leur film d'Easter eggs culturels qui passent souvent au-dessus de la tête des plus jeunes, mais qui ravissent les jeunes adultes cultivés. C'est une façon de signifier que ce film a été pensé et écrit pour eux.

L'hommage à Bullitt et la course-poursuite à San Francisco

L'une des séquences les plus spectaculaires du film est une course-poursuite effrénée dans les rues d'un quartier inspiré de San Francisco. Cette scène n'est pas un simple exercice de style technique, c'est un hommage direct et assumé à Bullitt, le film culte de 1968 avec Steve McQueen. La prise de vue, l'utilisation des virages époustouflants et l'atmosphère "noire" de la scène rappellent furieusement cette mythique séquence automobile.

Placer une telle référence dans un film d'animation généraliste montre une volonté de cinéphilie marquée. C'est une adresse directe au spectateur adulte : "ce film est fait pour vous, on connaît vos classiques, on les aime comme vous". Cela élève le niveau d'exigence du film et prouve que les réalisateurs savent manier le langage du cinéma d'action classique tout en utilisant les outils modernes de l'animation 3D. Ce n'est plus du divertissement "passe-partout", c'est un hommage à une époque dorée du cinéma d'action.

La pop culture comme second degré

Mais Bullitt n'est pas la seule référence présente à l'écran. Les spectateurs attentifs auront noté une référence visuelle saisissante au Silence des Agneaux avec l'ancien antagoniste Dawn Bellwether, désormais emprisonnée, qui se tient derrière une vitre de plexiglas exactement comme Hannibal Lecter dans le thriller de Jonathan Demme. On trouve aussi des clins d'œil au Shining avec un labyrinthe enneigé où résonne une musique inquiétante, ou encore au Parrain avec le personnage de Mr. Big qui reprend la gestuelle et l'aura du célèbre parrain de Francis Ford Coppola.

Cette accumulation de références crée une atmosphère de "Starsky et Hutch à poils", comme l'a souligné la critique, mélangeant le policier buddy-movie et l'horreur psychologique. Ce mélange de genres prouve que Zootopie 2 a grandi. Il assume son statut d'objet de culture pop complexe, capable de faire rire un enfant avec une chute de lapin tout en faisant sourire un adulte par une référence savoureuse à un thriller des années 90. C'est cette densité culturelle qui rend le film revisible et précieux pour un public jeune adulte en quête de contenu intelligible.

Conclusion : Le blockbuster qui a grandi avec nous

En définitive, Zootopie 2 réussit le pari exceptionnel de fidéliser la génération qui a grandi avec le premier volet tout en séduisant une nouvelle vague de spectateurs. Il ne s'agit pas d'un simple film d'animation supplémentaire dans le catalogue Disney, mais d'un véritable événement culturel qui marque l'année 2025. En cumulant les ingrédients du succès moderne — viralité internet maîtrisée avec le phénomène Nick Wilde, pertinence sociétale aiguë grâce à sa fable politique sur l'exclusion, qualité technique époustouflante et une nostalgie intelligente qui ne fait pas l'impasse sur la maturité — le film s'impose comme le blockbuster de référence pour les jeunes adultes.

Il démontre brillamment qu'on peut aimer Disney à 20 ans sans avoir à s'excuser. Le film a grandi plus vite que nous, intégrant les problématiques de la vie adulte — thérapie de couple, préjugés sociaux, désir complexe — dans un format qui reste joyeux et coloré. Zootopie 2 est la preuve qu'un blockbuster peut être à la fois un divertissement familial et une œuvre profonde, résonnant avec les angoisses et les espoirs d'une génération. Il est fort à parier que, tout comme son prédécesseur, ce film restera comme un classique moderne, témoignage vibrant de l'époque qui l'a vu naître. Si vous n'avez pas encore vu Ahsoka Tano : pourquoi son absence au cinéma sauverait Star Wars, vous savez que Disney sait désormais toucher tous les publics, et avec César 2026 : pourquoi Une bataille après l'autre va tout rafler, l'année cinématographique s'annonce passionnante.

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Julien Cabot @cine-addict

Je regarde des films comme d'autres font du sport : intensément et quotidiennement. Toulousain de 28 ans, je travaille dans un cinéma d'art et essai la semaine, ce qui me permet de voir gratuitement à peu près tout ce qui sort. Mon appartement est tapissé d'affiches et mon disque dur externe contient 4 To de films classés par réalisateur. J'ai un superpouvoir agaçant : reconnaître n'importe quel film en moins de trois plans. Mon compte Letterboxd est une œuvre d'art en soi, avec des critiques de 2000 mots sur des nanars des années 80.

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