
Alors que les X-Men sont dans les starting blocks pour leur retour sur grand écran le 30 avril (plus que quelques jours...), le moment est parfait pour revenir sur leurs débuts au cinéma en l'an 2000.
Le contexte : le retour des super-héros au cinéma
Petit retour en arrière : début des années 80, Superman sauve le monde au cours de nombreux films, mais ne déclenche pas la sortie d'autres longs métrages de super-héros. Début 90, Batman débarque : du monde sombre (et couronné de succès) de Tim Burton, le héros va peu à peu s'épuiser lors du troisième épisode, avant de se vautrer lamentablement au cours d'une quatrième aventure plus que ridicule. Les X-Men, à l'aube du XXIe siècle, allaient-ils donc relancer la mode des super-héros ? Eh bien oui, définitivement !
Le film explose les records dès son premier week-end d'exploitation, et finit autour d'un score plutôt exceptionnel, d'autant que ces héros sont très américains... Le succès de Spider-Man, puis de Daredevil (à une échelle bien moindre quand même...) viendront confirmer ce mouvement. Et les X-Men semblent prêts pour une nouvelle aventure qui découle directement du premier épisode !
L'intrigue : Magneto contre le Professeur X
Dans un camp de concentration, le jeune Eric découvre qu'il peut contrôler les métaux lors de sa séparation déchirante avec sa mère. De là naîtra également une méfiance, voire une haine, envers la race humaine, capable de toutes les violences. Plus tard, il croise la route de Charles Xavier, mutant lui aussi, capable de lire et contrôler les pensées d'autrui... La noirceur d'Eric, devenu Magneto, va l'amener à rassembler autour de lui trois mutants détestant la race humaine et prêts à tout pour la dominer. Au contraire, Charles Xavier, le Professeur X, fonde une académie destinée à éduquer les jeunes mutants rejetés de chez eux, et tenter de cohabiter pacifiquement avec les humains... Ce groupe, les X-Men, va rapidement s'opposer aux alliés de Magneto...
Bryan Singer : une réalisation maîtrisée
L'univers des X-Men est extrêmement riche, que ce soit dans le nombre de personnages ou de sentiments que chacun éprouve. Rendre cette richesse sur grand écran, faire vivre différents personnages extrêmement charismatiques sans les rendre fades était un pari risqué. À quelques détails près, Bryan Singer (Usual Suspects) réussit ce tour de force.
Sa réalisation est très belle, et ce n'était pas gagné vu que ce réalisateur était novice en matière d'effets spéciaux et que X-Men en est bourré. Cependant, loin de céder à la facilité de nous en mettre plein les yeux, Bryan Singer reste relativement sobre, en évitant de nous bombarder d'images spectaculaires. Évidemment, certaines scènes pètent dans tous les sens, mais le film ne se résume pas à cela uniquement. La rencontre entre Malicia et Wolverine est par exemple assez calme, mais plutôt impressionnante !
De plus, le réalisateur n'a pas hésité à glisser pas mal d'humour dans son film, histoire de montrer qu'il ne se prenait pas trop la tête non plus, et c'est très agréable ! Les relations entre Wolverine et Cyclope au sujet de Jean Gray sont le prétexte à des répliques cinglantes des deux personnages qui ne peuvent pas se voir.
Un casting 5 étoiles
La galerie d'acteurs conviés à participer au film est également spectaculaire : des connus (Ian McKellen, Patrick Stewart, Famke Janssen, Anna Paquin...) aux moins connus (Hugh Jackman, Halle Berry, Ray Park), ils sont parfaits dans leurs rôles respectifs. Ce film en a d'ailleurs propulsé certains sur le devant de la scène, tels Halle Berry qui a reçu un Oscar entre-temps, ou Hugh Jackman qui tourne sans arrêt depuis.
Wolverine et Mystique : les stars du film
Un petit souci se pose cependant : 6 gentils principaux, et 4 méchants, ça fait énormément de personnages... Et même si le réalisateur prend pas mal de temps pour présenter ses personnages, certains mutants ont du mal à trouver leur place à l'écran : ainsi, Jean Gray ou Tornade restent en retrait, ainsi que Crapaud, un méchant d'apparence trop comique pour impressionner. Au contraire, Hugh Jackman, très charismatique dans un rôle central, laisse peu de place aux autres personnages, cela étant dû au scénario, mais également à l'acteur, très impressionnant dans ce rôle (et au physique totalement fantasmatique, mais c'est un avis très personnel...).
Outre Wolverine, un autre personnage écrase tout sur son passage : Mystique, du côté des vilains, qui peut prendre l'apparence de n'importe qui, et qui en abuse ! Ses apparitions sont toujours spectaculaires, et que ce soit la musique, son jeu ou son costume, en font un personnage très sensuel, charnel, limite sexuel (le mot est lâché !!) et qui détonne au milieu des autres personnages. Son combat avec Wolverine est très bien filmé, et très impressionnant.
Une introduction prometteuse pour X-Men 2
Mais ce défaut pourrait très bien devenir une qualité à la vue du second épisode : car si l'intrigue de ce film est relativement réduite, le temps d'exposition des protagonistes étant assez long, Bryan Singer a désormais à sa disposition un matériel génialissime pour sa suite : de nombreux mutants, tous très intéressants autant dans leur caractère que dans leur pouvoir, dont la présentation n'est plus à faire et qui pourront entrer directement dans le feu de l'action au cours du prochain film.
D'ailleurs, ce premier épisode pose de nombreux jalons quant à l'intrigue du second opus : il y est beaucoup question de guerre « mutants contre humains », les humains commençant à radicaliser leur position face aux mutants, eux-mêmes divisés entre pro et anti guerre. Cet aspect est déjà bien traité dans ce film : d'un côté, le professeur X et ses X-Men veulent à tout prix vivre en paix avec les humains, alors que Magneto est définitivement opposé à ces gens, désespéré par la race humaine depuis son enfermement dans les camps de concentration... Et entre les deux, Wolverine doute entre ces deux positions, à la fois extrémistes mais défendables, les humains ayant réellement peur des mutants et adoptant des attitudes de plus en plus agressives.
Le thème central : l'acceptation de la différence
Car le problème central du film est bien là : l'opposition entre les humains et « l'autre », celui qui est différent. Ian McKellen, homosexuel (si si !), disait d'ailleurs que cette « anormalité » (au sens strict, attention !! En dehors de la norme en gros, et je ne dis pas que la norme est une bonne chose, bien au contraire ! Voilà, on se détend) l'avait beaucoup aidé pour aborder son personnage dans le film. Car les mutants peuvent représenter toutes les minorités confrontées à la peur voire à la haine que leur propre différence peut engendrer... La scène du début, où l'on voit la déportation des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, n'est d'ailleurs pas innocente, et annonce bien le message du film.
Ce thème n'apporte d'ailleurs aucune conclusion à ce problème : les méchants restent convaincus que les humains vont devenir encore plus haineux à leur égard, tandis que les gentils veulent espérer en la paix, sans se rendre compte que le vent est en train de méchamment tourner en leur défaveur... La suite, au prochain épisode donc !!
Conclusion : un film introductif essentiel
J'ai donc beaucoup aimé X-Men, même s'il est évident que le film souffre de certaines lacunes, dues au nombre de personnages à présenter (c'est également le cas de Spider-Man, la moitié du film étant consacrée à la découverte et à l'apprentissage des pouvoirs par le héros). Cependant, ce film pose énormément de bases propices à faire du 2 un film totalement trippant : ainsi, ce premier film doit être vu comme une introduction au monde des X-Men, un épisode indissociable de sa suite et devant être vu comme faisant partie d'un tout et non pas comme un film qui se suffit à lui-même. Je ne saurai donc trop vous conseiller de (re)voir ce film avant de découvrir le deuxième épisode, qui arrive bientôt !