Un retour en force inattendu
À l'été 2024, alors que l'industrie du cinéma cherchait son prochain grand succès, Twisters a déferlé sur les écrans. Sortie en juillet 2024, cette suite du classique de 1996 a dépassé les projections et rappelé au passage que la formule du blockbuster catastrophe des années 90 avait encore de la ressource.

Avec un budget de 155 millions de dollars et 372 millions de recettes mondiales, le film a prouvé qu'il pouvait encore frapper fort.
Un budget plus lourd, des recettes à la hauteur
Twister (1996) avait coûté entre 88 et 92 millions de dollars. Sa suite a vu les choses en plus grand. Le film a surtout frappé fort lors de son week-end d'ouverture nord-américain, avec 80,5 millions de dollars - bien au-delà des 50 millions attendus. C'était le troisième meilleur démarrage de l'année 2024, une performance remarquable pour une suite que rien ne garantissait.
Ces chiffres se lisent toutefois avec prudence : un budget de production de 155 millions ne dit rien des frais de marketing, souvent du même ordre pour un blockbuster de cette ampleur, et le seuil de rentabilité en salles se situe donc bien au-delà du seul budget affiché.
Le casting : une étoile montante et une héritière du mythe
Difficile d'isoler une cause unique dans un résultat de box-office. Le casting a toutefois servi de vitrine. Glen Powell, acteur montant dont le profil s'est renforcé ces dernières années - il figure au générique de Top Gun: Maverick comme de Anyone But You - incarne Tyler Owens, le chasseur de tornades que la promotion présente comme "charmant et téméraire". La campagne marketing a largement capitalisé sur son charisme, et le consensus des critiques recensées par Rotten Tomatoes attribue d'ailleurs une bonne part du plaisir du film à cette présence. Que sa notoriété ait fait venir en salles des spectateurs qui n'auraient pas vu un film de tornades relève en revanche de l'interprétation : un box-office ne se décompose pas par motif de spectateur.
À ses côtés, Daisy Edgar-Jones apporte la gravité et la complexité nécessaires au rôle principal. Maura Tierney complète le tableau en rappelant l'esprit de la version originale, sans tomber dans le fan-service excessif. Surtout, le film se présente comme une suite autonome, conçue pour être suivie sans avoir vu Twister - un choix d'accessibilité assumé, qui élargit le public potentiel au-delà des seuls nostalgiques.
Une formule revisitée, pas copiée
Plutôt que de reproduire à l'identique la recette de 1996, Twisters la transpose dans le présent. Le réalisateur Lee Isaac Chung a intégré des éléments contemporains - à commencer par Tyler Owens, chasseur de tornades et vedette de YouTube - sans sacrifier l'essence du blockbuster catastrophe.
Cette approche de "standalone sequel" rend le film accessible à un public qui n'a jamais vu Twister, tout en réservant suffisamment de clins d'oeil aux fans de la première heure. Un équilibre délicat, et visiblement payant.
La critique : des éloges et quelques réserves
La presse a globalement bien accueilli le film. Lors des premières critiques, le score sur Rotten Tomatoes s'affichait à 75 %, sur une vingtaine d'avis recensés ; il a ensuite oscillé entre 76 % et 78 % au fil des publications. Certaines voix ont tout de même souligné un manque d'originalité dans les scènes d'action. La mise en scène de Chung, solide, reste ancrée dans les codes éprouvés du genre catastrophe.
Cette familiarité est aussi un atout : le grand public apprécie une formule connue, agrémentée de quelques éléments neufs.
L'héritage du mythe de 1996
Impossible de parler de Twisters sans évoquer l'ombre longue de Twister. Ce dernier, avec ses 494,5 millions de dollars de recettes mondiales, était le deuxième plus gros succès de l'année 1996 derrière Independence Day. Il avait redéfini ce que pouvait être un blockbuster de catastrophe, combinant effets spéciaux spectaculaires et émotion humaine.
Twisters capte une partie de cette magie. En s'inscrivant dans le même univers de l'Oklahoma et des tornades dévastatrices, le film honore ce legs tout en construisant sa propre identité. Le public, visiblement nostalgique des blockbusters épiques et accessibles, a répondu présent.

La météo du succès : des conditions réunies
Plusieurs éléments, sans qu'aucun ne suffise à lui seul, dessinent les conditions de ce démarrage :
- La nostalgie : vingt-huit ans sans suite avaient laissé le terrain libre et entretenu une attente diffuse.
- L'accessibilité : le format "standalone" était pensé pour élargir le public potentiel.
- Le casting : la campagne a misé sur le charisme de Glen Powell.
- La qualité technique : les effets visuels modernes, combinés aux cascades pratiques, offrent une expérience immersive.
- Le timing : une sortie en plein été, la saison idéale pour les blockbusters.
Un avenir orageux ?
Twisters a montré qu'une formule bien exécutée, même familière, pouvait encore remplir les salles. Reste à savoir si cette tempête était un phénomène isolé ou le signe d'un regain pour un genre que beaucoup disaient essoufflé par les reboots et les suites inutiles.
Le film a rempli son contrat commercial et dépassé les attentes de son ouverture. La suite de l'histoire ne s'écrira pas dans les salles mais dans les studios : c'est là que se décidera si Twisters ouvre la voie à d'autres blockbusters catastrophe, ou s'il reste un orage aussi spectaculaire qu'isolé.