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Cinéma

Sweeney Todd : le démoniaque barbier de Fleet Street

Tim Burton signe un retour aux sources avec Sweeney Todd, une comédie musicale sombre et envoûtante portée par un Johnny Depp magistral. Vengeance, humour noir et esthétisme gothique au rendez-vous.

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Sweeney Todd : une histoire de vengeance dans le Londres victorien

Londres, fin du XIXe siècle. Après avoir purgé une détention de quinze ans dans un bagne étranger, Benjamin Barker (Johnny Depp) revient en ville. Il apprend que sa femme Lucy s'est donné la mort après avoir été violée par le juge Turpin (Alan Rickman). Sa fille a été adoptée par ce même juge, également responsable de l'injuste condamnation de Barker. Rempli de haine et de rancœur, Barker désire se venger.

Il rencontre la belle madame Lovett (Helena Bonham Carter) qui habite son ancienne demeure. Les deux se lient d'amitié. Barker aménage sa boutique et prend le pseudonyme de Sweeney Todd. Son but : se venger de Turpin. Pour cela, Todd monte un plan machiavélique afin d'apaiser l'amertume qui le consume...

Tim Burton : le retour à l'esthétisme gothique

Trois ans après son « Charlie et la chocolaterie », Tim Burton est de retour. Exit cette fois les farces d'enfants et les couleurs vives. Le réalisateur revient aux sources : du noir, de l'esthétisme gothique, des personnages pas vraiment sympathiques, des situations macabres adoucies par un humour grinçant.

Burton reprend une comédie musicale jouée à Broadway, mais il la transpose à sa manière. C'est dans un Londres sale, lugubre et obscurci qu'on nous présente l'histoire de ce barbier. Le thème, vieux comme le monde, est abordé ici sous l'angle de la comédie musicale. Cela permet de prendre les faits les plus horribles à la légère — c'est de là que naît le décalage.

On nous montre des meurtres, des cannibales, des tueurs au rasoir, des actions peu recommandables, le tout en musique. Le spectateur est tiraillé entre l'envie de rire et celle d'éprouver de la peine. C'est un véritable spectacle qui se déroule sous nos yeux, un ballet décalé où un barbier chante en même temps qu'il égorge ses clients. On sent planer dans ce génie l'ombre de « Beetlejuice » ou des « Noces funèbres ». On reste là, ébahi, devant un spectacle savamment construit tant dans la forme que dans le fond.

Distribution et interprétation : des acteurs en pleine forme

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Parmi ce florilège de chants et d'égorgements, les personnages se dévoilent. Aucun n'est blanc, aucun n'est noir, chacun ayant des raisons d'être ce qu'il est. Mais au-delà de cette absence de manichéisme, il y a l'interprétation des acteurs qui portent le film.

Tous ont dû prendre des cours de chant ou de perfectionnement afin que le projet soit possible. Ainsi, Johnny Depp pousse la chansonnette tout en vivant son personnage et en lui donnant de la profondeur. Tous les autres acteurs sont habités par leur personnage respectif, que ce soit Helena Bonham Carter, Alan Rickman ou Timothy Spall. Un travail d'équipe qui fait de ce film une réussite.

Conclusion : du grand Burton

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« Sweeney Todd » marque le retour aux sources de Tim Burton : une comédie musicale sur fond de vengeance, remplie d'humour noir et d'un esthétisme personnel. Les acteurs sont formidables tant dans le chant que dans leur interprétation. Les fans de Tim Burton adoreront ce superbe spectacle avec une ambiance sombre qui colle à son esprit inventif. Du grand Burton !

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mister_cool
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