Coralie Fargeat présentant le trophée de The Substance à Cannes 2024.
Cinéma

The Substance en odorama à Paris : l’expérience cinéma la plus dégoûtante du siècle

Vous pensiez tout connaître de The Substance ? Préparez-vous à le sentir. Alors que la projection odorama à Chicago fait un carton, on décrypte ce phénomène qui mêle body horror et cinéma immersif…

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L’annonce a fait l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux : une projection en odorama de The Substance, le film choc de Coralie Fargeat, allait permettre aux spectateurs de littéralement sentir les scènes les plus gores du long-métrage. Le concept est simple mais terriblement efficace : une carte à gratter numérotée, des odeurs synchronisées avec l’écran, et un malaise olfactif garanti. Mais attention, cette expérience unique n’a pas encore posé ses valises à Paris. Alors que les cinéphiles parisiens rêvent déjà de humer la Substance, faisons le point sur ce phénomène qui mêle body horror, histoire du cinéma et gastronomie immersive. 

Coralie Fargeat présentant le trophée de The Substance à Cannes 2024.
Coralie Fargeat présentant le trophée de The Substance à Cannes 2024. — Kevin Payravi / CC BY-SA 4.0 / (source)

The Substance sent le soufre : le buzz de la séance Odorama explose sur les réseaux

L’information a surgi fin juin 2026 comme une décharge électrique dans la communauté des amateurs de cinéma d’horreur. Le MUBI Fest Chicago annonçait une projection exceptionnelle de The Substance en odorama, et les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur Twitter, Instagram et TikTok, les posts se sont multipliés, mêlant excitation et dégoût anticipé. Certains internautes ont immédiatement commencé à spéculer sur les odeurs qui seraient reproduites : le sang, la nourriture, la fameuse Substance verte. D’autres, plus pragmatiques, ont demandé si une version parisienne de l’événement était prévue. 

Demi Moore, Margaret Qualley et la réalisatrice Coralie Fargeat au TIFF 2024.
Demi Moore, Margaret Qualley et la réalisatrice Coralie Fargeat au TIFF 2024. — Jay Dixit / CC BY-SA 4.0 / (source)

Le buzz a pris une ampleur telle que même les médias généralistes s’y sont intéressés. Konbini a titré son article avec un avertissement sans équivoque : « Si vous êtes en train de manger, posez votre fourchette. » Bloody Disgusting, le média américain spécialisé dans l’horreur, a confirmé les détails de l’événement : une séance unique au Salt Shed de Chicago, le 11 juillet 2026, dans le cadre du MUBI Fest. Chaque spectateur recevrait une carte à gratter avec des cases numérotées, correspondant chacune à une odeur spécifique du film.

Ce qui rend cette annonce particulièrement virale, c’est le mélange de provocation et d’innovation. L’odorama n’est pas un simple gadget marketing : c’est une façon de pousser l’expérience immersive jusqu’à ses limites les plus extrêmes. Et avec The Substance, un film qui joue déjà sur le malaise viscéral, l’ajout de l’odorat promet de transformer la salle de cinéma en véritable chambre des supplices sensoriels.

Une carte à gratter pour revivre les scènes les plus gores

Le principe est d’une simplicité redoutable. Chaque spectateur reçoit à l’entrée de la salle une carte cartonnée, divisée en plusieurs cases numérotées. Pendant la projection, un chiffre apparaît en incrustation à l’écran au moment clé d’une scène. Le spectateur gratte alors la case correspondante, libérant une odeur soigneusement conçue pour correspondre à l’action. 

Affiche alternative du film The Substance (2024) avec un design graphique mettant en avant une seringue.
Affiche alternative du film The Substance (2024) avec un design graphique mettant en avant une seringue. — (source)

On imagine sans peine les senteurs qui pourraient être reproduites. L’odeur du poulet rôti qu’Élisabeth prépare dans sa cuisine, alors que son monde s’effondre autour d’elle. Le sang et le liquide amniotique qui accompagnent la naissance de Sue. Et surtout, cette question qui taraude les fans depuis la sortie du film : la Substance a-t-elle une odeur ? Le composé vert fluo qui permet à Élisabeth de créer sa version plus jeune, Sue, est au cœur du mystère olfactif du film. Les chanceux qui assisteront à la séance de Chicago auront enfin la réponse.

Konbini prévient : l’expérience n’est pas faite pour les estomacs fragiles. L’odeur du sang, de la chair en décomposition et des fluides corporels promet de transformer la séance en véritable épreuve. Mais c’est justement ce qui attire les amateurs de sensations fortes. L’effet viral est tel que les billets pour la séance se sont arrachés en quelques heures.

Le film choc de 2024 remet une couche dans l’actualité

The Substance n’est pas un film comme les autres. Présenté au 77e Festival de Cannes en 2024, il a remporté le Prix du scénario et a divisé la critique entre ceux qui y voyaient un chef-d’œuvre du body horror et ceux qui ne supportaient pas sa violence graphique. Avec Demi Moore et Margaret Qualley dans les rôles principaux, le film raconte l’histoire d’Élisabeth Sparkle, une star hollywoodienne licenciée à cause de son âge, qui se voit proposer une substance miracle capable de créer une version plus jeune d’elle-même. 

L'actrice Indira Varma lors du Festival international du film de Toronto 2024.
L'actrice Indira Varma lors du Festival international du film de Toronto 2024. — Jay Dixit / CC BY-SA 4.0 / (source)

Le succès commercial a été au rendez-vous : plus de 77 millions de dollars de recettes mondiales, un chiffre impressionnant pour un film d’horreur français produit et distribué par MUBI. Mais ce qui frappe, c’est la longévité du phénomène. Deux ans après sa sortie, The Substance continue de faire parler de lui, preuve que son sujet – la pression sociale sur le vieillissement des femmes, le culte de l’apparence, la transformation du corps – reste brûlant d’actualité.

La réalisatrice Coralie Fargeat assume pleinement l’héritage trash et transgressif de son film. En acceptant cette projection odorama, elle s’inscrit dans la lignée des cinéastes provocateurs qui n’hésitent pas à bousculer le spectateur dans son confort. Le body horror, ce sous-genre de l’horreur qui joue sur la transformation et la déformation du corps humain, trouve ici son prolongement naturel : pourquoi se limiter à l’image et au son quand on peut aussi faire appel à l’odorat ?

Odorama, Polyester et Smell-o-Vision : la longue histoire du cinéma qui se respire

L’idée d’ajouter des odeurs au cinéma n’est pas nouvelle. Depuis les débuts du septième art, des inventeurs et des cinéastes ont tenté de faire appel à notre nez pour enrichir l’expérience visuelle. Mais ces tentatives ont souvent tourné court, pour des raisons techniques ou financières. L’odorama, version low-tech du cinéma olfactif, a connu un destin particulier : popularisé par John Waters dans les années 1980, il revient aujourd’hui sur le devant de la scène grâce à The Substance

Demi Moore dans une scène du film The Substance de Coralie Fargeat.
Demi Moore dans une scène du film The Substance de Coralie Fargeat. — (source)

Les premières expériences de cinéma odorant remontent aux années 1950 et 1960, avec des systèmes comme l’AromaRama et le Smell-o-Vision. Le film Scent of Mystery (1960) utilisait un système complexe de diffusion d’odeurs synchronisées avec l’image, mais les problèmes techniques étaient nombreux : les odeurs se mélangeaient dans la salle, certaines étaient trop faibles, d’autres trop fortes. Le public n’a pas suivi, et l’expérience est tombée dans l’oubli.

C’est John Waters, le pape du cinéma trash américain, qui a ressuscité l’idée avec Polyester en 1981. Plutôt que de chercher une solution technique sophistiquée, il a opté pour le scratch-and-sniff : des cartes distribuées aux spectateurs, avec des cases à gratter. Le succès a été immédiat, et le film est devenu culte. Aujourd’hui, Coralie Fargeat reprend le flambeau, avec la même volonté de provoquer et de surprendre.

John Waters et le Polyester (1981), l’inspiration originelle

Polyester raconte l’histoire de Francine Fishpaw, une femme au foyer malheureuse qui sombre dans l’alcoolisme et la dépression. Le film est typique de l’humour scatologique et provocateur de John Waters, avec son actrice fétiche Divine dans le rôle principal. Les cartes odorama comportaient dix odeurs, allant de la pizza au gaz d’échappement, en passant par la rose et le skunk.

Sur les cartes de l’époque, un avertissement était gravé : « Do not scratch until you receive instructions from the film. » Une consigne que les spectateurs de The Substance devront également respecter. L’expérience était conçue comme un jeu interactif, où le public devenait acteur de sa propre répulsion.

John Waters a toujours revendiqué l’aspect populaire et accessible de son cinéma. L’odorama, avec ses cartes à gratter, s’inscrivait dans cette logique : pas besoin de technologie coûteuse, juste un bout de carton et un peu d’imagination. C’est exactement cette approche que MUBI a choisie pour The Substance, en privilégiant le côté artisanal et participatif plutôt que des installations high-tech.

La science du dégoût : pourquoi notre cerveau adore détester les odeurs au cinéma

Charles Spence, chercheur en psychologie expérimentale à l’Université d’Oxford, a consacré une partie de ses travaux à l’influence des odeurs sur notre perception du cinéma. Selon lui, l’odorat est un sens particulièrement puissant pour déclencher des réactions émotionnelles, car il est directement connecté au système limbique, la zone du cerveau qui gère les émotions et les souvenirs. 

Affiche alternative du film The Substance avec un effet de liquide vert sur le visage d'une femme.
Affiche alternative du film The Substance avec un effet de liquide vert sur le visage d'une femme. — (source)

Quand une odeur désagréable est synchronisée avec une image violente, l’effet est décuplé. Le cerveau associe l’odeur à la scène, créant une expérience immersive beaucoup plus intense que le simple visionnage. C’est ce que Spence appelle l’effet de synesthésie : la fusion des sens qui produit une réaction physique immédiate.

Les odeurs de nourriture sont particulièrement efficaces dans ce contexte. Le poulet rôti, par exemple, évoque le réconfort et la chaleur du foyer. Mais quand cette odeur est associée à une scène de body horror où un corps se décompose, le contraste crée un malaise profond. Le cerveau ne sait plus s’il doit apprécier l’odeur ou être dégoûté par l’image. Ce conflit sensoriel est au cœur de l’expérience odorama.

Le vrai du faux : la séance est à Chicago, pourquoi Paris n’est (pas encore) dans le coup

Il faut être clair : à ce jour, aucune projection odorama de The Substance n’est prévue à Paris. L’événement unique a lieu au Salt Shed de Chicago, le 11 juillet 2026, dans le cadre du MUBI Fest. Bloody Disgusting le décrit comme un « one-of-a-kind event », une expression qui ne laisse guère de place à l’interprétation. Les fans français qui espéraient sentir la Substance dans une salle obscure parisienne devront patienter.

Mais tout espoir n’est pas perdu. MUBI, le distributeur et producteur du film, a déjà organisé un festival à Paris en octobre 2025. La capitale française figurait parmi les onze destinations mondiales de cette édition, avec des projections, des rencontres avec des cinéastes et des ateliers immersifs. Rien n’empêche donc MUBI de renouveler l’expérience en 2027, si la demande est suffisamment forte.

Reste que la situation actuelle est frustrante pour les cinéphiles parisiens. L’annonce de la séance de Chicago a créé un engouement considérable, et les réseaux sociaux bouillonnent de questions : « Pourquoi pas Paris ? », « Est-ce que ça va venir en France ? », « Qui peut organiser ça ? » Certains fans envisagent même de traverser l’Atlantique pour assister à l’événement, un voyage qui coûte plusieurs centaines d’euros.

Chicago, Salt Shed, MUBI Fest : le seul lieu et la seule date officiels

Le site officiel du MUBI Fest 2026 confirme que seules trois villes sont programmées cette année : Naples (Italie) du 3 au 5 juillet, Chicago (États-Unis) du 10 au 12 juillet, et Istanbul (Turquie) du 4 au 6 septembre. Paris n’apparaît pas dans la liste. Les organisateurs ont choisi Chicago pour plusieurs raisons : la ville est un bastion du cinéma indépendant américain, avec des salles emblématiques comme le Music Box Theatre et le Gene Siskel Film Center. Le Salt Shed, lieu de l’événement, est une ancienne usine de sel reconvertie en salle de spectacle, avec une acoustique et une ambiance uniques. 

Affiche du film The Substance avec un design rose et des visages superposés, indiquant les acteurs et les récompenses.
Affiche du film The Substance avec un design rose et des visages superposés, indiquant les acteurs et les récompenses. — (source)

La séance odorama est programmée le samedi 11 juillet à midi, heure locale. Les billets se sont vendus en quelques heures, preuve de l’engouement pour ce type d’expérience. Deadline, le média américain spécialisé dans le cinéma, a confirmé que la projection s’inscrit dans le thème « Better Together » du festival, qui met l’accent sur les expériences collectives et participatives.

Le choix de Chicago n’est pas anodin non plus d’un point de vue logistique. Le Salt Shed peut accueillir plusieurs centaines de personnes, ce qui permet d’organiser une séance unique sans avoir à multiplier les cartes odorama. La fabrication de ces cartes, avec leurs odeurs spécifiques, est un processus artisanal qui ne peut pas être industrialisé à grande échelle.

Le MUBI Fest Paris 2025 : un précédent qui fait espérer les cinéphiles français

En octobre 2025, MUBI a organisé la première édition parisienne de son festival. Pendant trois jours, les cinéphiles ont pu assister à des projections en avant-première, des masterclass avec des réalisateurs et des expériences immersives. L’événement a été un succès, avec des salles combles et un public enthousiaste.

Plusieurs arguments plaident en faveur d’une édition parisienne de l’odorama. D’abord, Coralie Fargeat est une réalisatrice française, et son film est produit par MUBI, une plateforme qui a des bureaux à Paris. Ensuite, la France est l’un des plus gros marchés européens pour le cinéma d’horreur et d’auteur. Enfin, le public français a montré son appétit pour les expériences immersives, comme en témoigne le succès de Wedding Nightmare 2 : expérience immersive, projection de sang et sorties cinéma, un autre événement horrifique qui a fait parler de lui.

Les signaux faibles sont encourageants. Sur les réseaux sociaux, des rumeurs circulent sur une possible projection odorama à Paris en 2027, peut-être dans le cadre du Festival du cinéma américain de Deauville ou de la Semaine du cinéma horrifique à Paris. Rien n’est officiel, mais l’appétit des fans est tel que MUBI aurait tort de ne pas en profiter.

De l’assiette à l’écran : pourquoi The Substance est un véritable festin olfactif

Si The Substance se prête aussi bien à l’exercice odorama, c’est parce que le film est littéralement truffé de scènes où la nourriture, le corps et les fluides occupent une place centrale. Coralie Fargeat a construit son univers visuel autour de textures, de couleurs et de matières qui appellent presque naturellement l’odorat. Le poulet rôti, le sang, la Substance verte : chaque élément du film a une odeur potentielle qui renforce l’immersion. 

Affiche du film 'The Substance' : gros plan d'une femme au visage ensanglanté, le titre en lettres blanches.
Affiche du film 'The Substance' : gros plan d'une femme au visage ensanglanté, le titre en lettres blanches. — (source)

Le rapport du film à la nourriture est particulièrement intéressant. Élisabeth Sparkle, interprétée par Demi Moore, prépare un poulet rôti dans une scène qui mêle sensualité et dégoût. La nourriture est à la fois réconfortante et menaçante, comme si chaque bouchée pouvait être la dernière. Cette ambivalence est au cœur de l’expérience odorama : l’odeur du poulet rôti, agréable en temps normal, devient inquiétante quand on sait ce qui va arriver.

Les fans ont déjà imaginé ce que pourrait être un restaurant éphémère « The Substance » à Paris. Le concept serait simple : un menu inspiré des scènes du film, avec des plats noirs et rouges, des cocktails « Sue » à la couleur vert fluo, et une ambiance sonore et visuelle qui plonge les convives dans l’univers de Coralie Fargeat. Ce fantasme, qui circule sur les réseaux sociaux sous le mot-clé « the substance restaurant paris », montre à quel point le film dépasse le cadre de la simple projection pour devenir une expérience totale.

Les mystères olfactifs du film : sang, poulet et Substance

Plusieurs scènes de The Substance sont devenues cultes pour leur intensité viscérale. La préparation du poulet rôti par Élisabeth, avec ses gros plans sur la peau qui croustille et le jus qui coule, est un véritable festin pour les yeux. Mais qu’en est-il du nez ? L’odeur du poulet rôti, mélangée à celle de la solitude et du désespoir, pourrait être l’une des senteurs les plus marquantes de la séance. 

Affiche originale pliée du film 'The Substance' (120x160 cm), avec les noms de la réalisatrice Coralie Fargeat et des acteurs Demi Moore, Margaret Qualley et Dennis Quaid.
Affiche originale pliée du film 'The Substance' (120x160 cm), avec les noms de la réalisatrice Coralie Fargeat et des acteurs Demi Moore, Margaret Qualley et Dennis Quaid. — (source)

La naissance de Sue, la version jeune d’Élisabeth, est une autre scène clé. Dans un bain de sang et de liquide amniotique, le corps de Margaret Qualley émerge de celui de Demi Moore. L’odeur du sang, métallique et entêtante, se mêle à celle de la chair fraîche. C’est un moment de pure horreur corporelle, où l’odorat pourrait ajouter une dimension supplémentaire au malaise.

Et puis il y a la Substance elle-même. Ce liquide vert fluo, qui permet la transformation, a-t-il une odeur ? Les fans en débattent depuis la sortie du film. Certains imaginent un parfum chimique, comme un produit de nettoyage industriel. D’autres pensent à une odeur organique, presque végétale, qui évoquerait la putréfaction. La réponse sera donnée aux spectateurs de Chicago, mais les Parisiens devront attendre pour le savoir.

Un restaurant éphémère « The Substance » à Paris : le fantasme ultime des fans

L’idée d’un pop-up culinaire inspiré de The Substance fait rêver les fans. Imaginez un restaurant éphémère, installé dans une cave voûtée du Marais ou un entrepôt désaffecté de la Villette, où chaque plat serait une référence au film. Le menu pourrait commencer par un « Poulet d’Élisabeth », un poulet rôti servi avec une sauce verte qui évoque la Substance. En plat principal, un « Sue Tartare », un tartare de bœuf coloré au charbon végétal pour lui donner une teinte noire, accompagné d’une purée rouge sang.

Les cocktails suivraient la même inspiration. Un « Sue Spritz », à base d’Aperol, de prosecco et d’un sirop vert fluorescent, servirait dans un verre à pied avec une paille noire. Un « Élisabeth Sour », plus classique, évoquerait la nostalgie et la mélancolie du personnage. Le tout serait servi dans une ambiance tamisée, avec des projections du film sur les murs et une bande-son angoissante.

Plusieurs salles parisiennes pourraient tenter le pari. Le Disclosure Day à Paris : le guide survie pour voir le film sans exploser son budget a montré que les expériences immersives autour du cinéma trouvent leur public dans la capitale. Un restaurant éphémère « The Substance » pourrait attirer les fans du film, mais aussi les curieux en quête de sensations fortes. Reste à savoir quelle marque ou quel chef osera se lancer.

En attendant l’odorama à Paris, voici comment organiser votre propre expérience sensorielle

Vous n’avez pas les moyens de vous offrir un billet d’avion pour Chicago ? Pas de panique. Il est tout à fait possible de recréer l’expérience odorama chez vous, avec un peu de préparation et de créativité. L’important est de synchroniser les odeurs avec les scènes clés du film, pour que l’immersion soit totale.

Le principe est simple : identifiez les moments du film où une odeur spécifique pourrait renforcer l’impact émotionnel. Préparez à l’avance des petits récipients ou des cartes à gratter maison avec les odeurs correspondantes. Pendant la projection, un ami (ou vous-même) déclenche les odeurs au bon moment. L’effet est garanti.

Bien sûr, l’expérience ne sera pas aussi parfaite qu’une projection officielle. Les odeurs maison sont moins précises que celles conçues par des professionnels. Mais le côté artisanal a aussi son charme : vous pouvez personnaliser les senteurs selon vos goûts, et organiser une soirée horreur entre amis qui restera dans les mémoires.

Où voir (et revoir) The Substance dans la capitale ?

Avant de vous lancer dans l’organisation de votre propre séance odorama, il faut d’abord vous procurer le film. The Substance est encore diffusé dans certains cinémas parisiens, notamment les UGC, les Pathé et les salles d’art et d’essai. Le site Offi.fr permet de trouver les séances en cours, avec les horaires et les tarifs.

Pour les étudiants, le Pass Culture est une excellente option. Il permet de financer une partie du billet, voire la totalité, selon le crédit disponible. Les séances en VO sont généralement plus nombreuses dans les cinémas du Quartier latin et des Batignolles. N’hésitez pas à vérifier les disponibilités sur les sites des salles.

Si vous préférez regarder le film chez vous, MUBI le propose en streaming sur sa plateforme. Un abonnement coûte une dizaine d’euros par mois, avec un essai gratuit de 7 jours. C’est l’occasion de (re)découvrir le film dans les meilleures conditions, avant de lancer votre propre expérience odorama.

Le guide du DIY Odorama : fabriquez votre carte à gratter pour une soirée horreur

Pour organiser votre propre séance odorama, vous aurez besoin de quelques ingrédients simples. L’objectif est de recréer les odeurs les plus marquantes du film : le sang, la nourriture, la Substance, la transpiration, l’hôpital. Voici comment procéder. 

Affiche de The Substance avec un maillot de bain rose sur fond coloré.
Affiche de The Substance avec un maillot de bain rose sur fond coloré. — (source)

Pour l’odeur de sang, mélangez du vinaigre blanc avec quelques gouttes de colorant alimentaire rouge et une pincée de sel. Le vinaigre donne une odeur acide et métallique qui rappelle le sang. Pour le poulet rôti, faites chauffer du thym et du romarin dans une poêle, ou utilisez de l’huile essentielle de romarin. Pour la Substance, le mystère reste entier, mais un mélange d’huile essentielle de menthe poivrée et de citronnelle pourrait donner un effet chimique et organique à la fois.

Pour la carte à gratter, utilisez du papier cartonné et découpez des petits carrés. Appliquez une fine couche de vernis colle sur chaque case, puis saupoudrez de bicarbonate de soude. Une fois sec, le bicarbonate forme une couche rugueuse qui se gratte facilement. Ajoutez quelques gouttes de votre odeur sur le bicarbonate, et laissez sécher à l’air libre.

Pendant la projection, désignez un maître du jeu qui déclenche les odeurs au bon moment. Vous pouvez aussi créer une playlist synchronisée avec les indices visuels : quand un numéro apparaît à l’écran (vous pouvez ajouter des incrustations avec un logiciel de montage basique), tout le monde gratte sa carte en même temps. L’effet de groupe renforce l’immersion et le malaise.

Conclusion : une odeur d’avenir pour le cinéma immersif à Paris ?

L’engouement pour cette séance odorama de The Substance révèle une tendance de fond : les jeunes cinéphiles ne veulent plus être des spectateurs passifs. Ils cherchent des expériences qui bousculent les sens, qui les sortent de leur zone de confort, qui les font vibrer littéralement. L’odorama, avec son côté artisanal et participatif, répond parfaitement à cette attente.

The Substance est devenu le symbole de ce cinéma qui se vit avec tous les sens. Le film de Coralie Fargeat, avec ses images choc et son propos sur le vieillissement et la pression sociale, trouve dans l’odorama un prolongement naturel. L’odeur du sang, de la nourriture et de la Substance elle-même ajoute une dimension viscérale qui manquait à l’expérience purement visuelle.

Si Paris a manqué le coche pour cette première, le signal est clair : le cinéma immersif a de l’avenir en France, et les jeunes cinéphiles sont prêts à le humer de près. En attendant que MUBI saute le pas et organise une projection odorama dans la capitale, la débrouille et la créativité des fans feront le reste. Organisez votre propre séance, partagez vos expériences sur les réseaux sociaux, faites savoir aux distributeurs que vous êtes demandeurs. L’odeur de la Substance n’a pas fini de titiller nos narines.

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Questions fréquentes

Où aura lieu la séance odorama de The Substance ?

La séance odorama de The Substance aura lieu au Salt Shed de Chicago le 11 juillet 2026, dans le cadre du MUBI Fest. Aucune projection de ce type n'est prévue à Paris pour le moment.

Comment fonctionne une carte à gratter odorama ?

Chaque spectateur reçoit une carte avec des cases numérotées. Pendant le film, un chiffre apparaît à l'écran lors d'une scène clé, et le spectateur gratte la case correspondante pour libérer une odeur synchronisée avec l'action.

Quel film a popularisé l'odorama dans les années 1980 ?

Le film Polyester de John Waters (1981) a popularisé l'odorama avec des cartes à gratter. Cette technique low-tech a inspiré l'expérience sensorielle autour de The Substance.

Pourquoi The Substance se prête-t-elle à une expérience olfactive ?

Le film regorge de scènes mettant en avant la nourriture, le sang et les fluides corporels, comme le poulet rôti ou la Substance verte. Ces éléments visuels appellent naturellement l'odorat pour renforcer l'immersion et le malaise.

Peut-on organiser une séance odorama chez soi ?

Oui, il est possible de recréer l'expérience en préparant des cartes à gratter maison avec des odeurs comme le vinaigre pour le sang ou du romarin pour le poulet. Il suffit de synchroniser les odeurs avec les scènes clés du film.

Sources

  1. On a trouvé la projo ciné la plus dégueu du siècle : The Substance, en odorama · konbini.com
  2. The Substance - Film 2024 - AlloCiné · allocine.fr
  3. bloody-disgusting.com · bloody-disgusting.com
  4. choosechicago.com · choosechicago.com
  5. deadline.com · deadline.com
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Emma Chabot @style-hunter

Mode, beauté, bien-être – je partage mes découvertes avec authenticité. Pas de partenariats cachés ici, que des vraies recommandations. Graphiste freelance à Lyon, je privilégie les marques éthiques et le DIY. Mon dressing est un savant mélange de friperies et de pièces durables. Je crois qu'on peut être stylée sans détruire la planète. Et si je peux t'aider à trouver ton style, c'est encore mieux.

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