
Né le 18 décembre 1946 à Cincinnati en Ohio, Steven Spielberg déclare être né avec une caméra collée sur l'œil. Tout a commencé lorsque sa mère en offrit une à son père, mais il fut vite consterné par l'usage qu'il en faisait.
« Mon père était un très mauvais cinéaste ! Et j'étais obligé de visionner ses films, répétant continuellement : "Seigneur, ta caméra n'est pas assez stable... Cela ne rime à rien !" Aussi, un jour, il m'a tendu la caméra et m'a dit : "C'est toi qui t'occupes de la caméra, dorénavant. C'est toi qui filmeras." Cela a commencé de cette façon. »
Les débuts d'un génie du cinéma
Il n'a pas eu une scolarité très brillante, ce qui lui a fermé les portes de nombreuses écoles de cinéma en Californie. Cela ne l'a pas empêché d'écrire ses propres scénarios dès l'âge de 13 ans. L'année suivante, il réalise son premier court-métrage Escape to Nowhere sur le thème de la Seconde Guerre mondiale, thème que l'on retrouvera à maintes reprises. En 1964, âgé alors de 18 ans, il réalise Firelight avec 500 $. Son premier film diffusé en salle (une seule...) lui rapportera 100 $ de bénéfices.
Duel et Les Dents de la Mer : les premiers succès

C'est en 1971 que Steven se fait vraiment remarquer avec Duel. Initialement destiné à la télévision, le film se voit doté de scènes supplémentaires et sort finalement sur grand écran avant d'arriver dans les salles obscures européennes. Il ne tardera pas à recevoir plusieurs récompenses, dont le Grand Prix du Festival d'Avoriaz.
Grâce au succès de ce film, Spielberg se voit confier la réalisation de Sugarland Express en 1974, mais il n'arrive pas à convaincre le public. Cela ne l'empêche pas de prendre sa revanche l'année suivante en réalisant Les Dents de la Mer, une consécration précoce puisqu'il n'a que 29 ans. Le film est un triomphe et dépasse les espérances des studios. Deux ans plus tard, le réalisateur se confirme avec Rencontres du 3ème type, qui le place en tête des meilleurs réalisateurs à Hollywood.
Indiana Jones : une saga légendaire

En 1980 paraît 1941, un échec total, tant du côté des critiques que de celui des spectateurs. Il faut dire que parodier l'attaque surprise de Pearl Harbor, il fallait oser, quand on sait à quel point les Américains sont susceptibles... D'ailleurs, il revisitera ce thème plus sérieusement avec L'Empire du Soleil en 1987.
Passons aux choses sérieuses avec la création, aux côtés de son grand ami George Lucas, d'Indiana Jones. C'est en 1981 que ses premières aventures voient le jour dans Les Aventuriers de l'Arche Perdue, dont le succès est si retentissant que ses créateurs lui écriront et réaliseront deux autres volets : Indiana Jones et le Temple Maudit en 1984 et Indiana Jones et la Dernière Croisade en 1989. À noter que la présence de Sean Connery dans ce dernier est exceptionnelle dans un film de Steven, étant donné qu'il n'emploie que rarement des acteurs aussi célèbres.
E.T. : le film emblématique de Spielberg

L'année suivante, en 1982, Spielberg réalise, selon moi, le plus beau film de sa carrière : E.T., l'histoire d'un extra-terrestre oublié sur notre planète qui se lie d'amitié avec Elliot, un jeune garçon de 10 ans.
« E.T. a été un succès non seulement parce qu'il s'agissait d'un très bon film, mais parce que le monde était prêt à recevoir un film pacifique de ce genre. L'espoir régnait, et E.T. a profité des bénéfices économiques d'un pays florissant. »
Il réalise par la suite deux projets plus personnels : La Quatrième Dimension en 1983 et La Couleur Pourpre en 1985. Ce dernier permet à Spielberg de faire reconnaître ses talents de réalisateur auprès des critiques, qui le nomineront 11 fois aux Oscars.
Persévérant dans les œuvres personnelles, il réalise en 1989 Always (Pour toujours). Cela faisait 9 ans que ce projet lui tenait à cœur : adaptation du roman de Victor Fleming, Un homme nommé Joe, notre cher réalisateur voulait un scénario solide pour être par la suite fier de la comparaison.
Quelques années plus tôt, en 1985, Steven avait acheté les droits de l'histoire de Peter Pan. Il en profite pour mettre en scène en 1991 la suite du héros dans Hook, la revanche du capitaine Crochet.
Jurassic Park et La Liste de Schindler : deux chefs-d'œuvre

En 1993 vient le film qui bat le record (précédemment établi par E.T.) des recettes aux USA : Jurassic Park, qui raconte l'histoire d'un scientifique qui clone des dinosaures à partir d'une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé.
La même année, Spielberg réalise La Liste de Schindler, son film le plus récompensé internationalement et celui qui le touche de plus près, Steven étant lui-même d'origine juive. Il a d'abord proposé à Roman Polanski de réaliser ce film, mais celui-ci a refusé, le projet ne lui semblant pas assez personnel. Ce dernier n'attendra pas plus longtemps que 9 ans pour mettre en scène le récit de Wladyslaw Szpilman, Le Pianiste, Palme d'or à Cannes en 2002.
Il faut ensuite attendre 1996 pour découvrir la suite de Jurassic Park, Le Monde Perdu. Ce film a détenu le record des recettes lors de son week-end d'ouverture, engrangeant plus de 92 millions de $ en trois jours... Il fut battu par Harry Potter à l'école des sorciers puis par Spider-Man.
Amistad et Il faut sauver le Soldat Ryan

Plus tard, deux films d'apparence moins commerciale arrivent : d'abord Amistad, qui reprend après La Couleur Pourpre le thème du racisme et de l'esclavage, dénonçant par la même occasion les fautes historiques des Américains. Le second, c'est le film qui a le plus fait parler de lui en 1998 : récompensé par 5 Oscars, il s'agit de l'inoubliable Il faut sauver le Soldat Ryan. Montrant les horreurs de la guerre, ce film est aussi un hommage à la mémoire des soldats américains et européens disparus.
Après la fin du tournage, Steven se consacre à la production et au développement de sa société DreamWorks, qu'il a fondée avec Jeffrey Katzenberg et David Geffen, et à qui l'on doit notamment Fourmiz, Shrek et plus récemment Spirit, l'étalon des plaines.
A.I., Minority Report et projets récents

Son retour à la réalisation sera marqué par A.I. Intelligence Artificielle dont les avis sont très partagés... on adore ou on déteste !
Aussitôt le tournage de A.I. terminé, Spielberg enchaîne avec Minority Report, adapté de la nouvelle de Philip K. Dick. C'est Tom Cruise qui sera en tête d'affiche, normal quand on sait qu'il est à l'origine du projet.
Après une courte période de science-fiction, Steven Spielberg revient à la réalité avec Arrête-moi si tu peux (Catch Me If You Can), dans lequel il met en scène pour la première fois Leonardo DiCaprio, ainsi que Nathalie Baye, et où il retrouve Tom Hanks. Ce film est inspiré de l'histoire vraie de Frank Abagnale, escroc-caméléon qui détourna quelques millions de dollars.
Très attendu également, le quatrième volet de la saga Indiana Jones devrait commencer en 2005, lorsque George Lucas en aura fini avec Star Wars. D'ici là, Spielberg pourra s'occuper de la production de Jurassic Park 4 et de Tintin, dont on ne connaît pour l'instant ni le réalisateur ni l'acteur principal.
Les collaborateurs fidèles de Spielberg

Voilà, j'en ai fini avec sa filmographie, aussi longue qu'impressionnante et remplie de succès. Bien évidemment, Monsieur Spielberg ne fait pas tout seul : à part Duel, qui était à l'origine destiné à la télévision, toutes ses œuvres sont accompagnées de la sublime musique du maestro John Williams. En plus du même compositeur, Steven conserve le même directeur de la photographie depuis La Liste de Schindler, Janusz Kaminski, également réalisateur à ses heures (Les Âmes Perdues). Auparavant, il a collaboré entre autres avec Allen Daviau (E.T....) et Douglas Slocombe (Les Aventuriers de l'Arche Perdue...).
Depuis peu, il s'est mis à produire des séries télévisées. On connaît bien évidemment le célèbre Band of Brothers, mais plus récemment aux USA, une nouvelle série nommée Taken a fait son apparition. Celle-ci relate les histoires de plusieurs familles ordinaires confrontées à des phénomènes paranormaux. Encore de la science-fiction me direz-vous, certes, mais c'est toujours tellement bien fait...
Spielberg scénariste et producteur
En plus de la réalisation, comme Monsieur Spielberg aime toucher à tout, il a écrit les scénarios de Sugarland Express, Rencontres du 3ème type et A.I., qu'il a tous trois mis en scène, ainsi que ceux de Poltergeist et Les Goonies, réalisés respectivement par Tobe Hooper et Richard Donner.
Enfin, la liste de films la plus longue après celle des réalisations est celle des productions. Steven a notamment confirmé le talent de Robert Zemeckis dont il fut le producteur exécutif de la trilogie culte Retour vers le futur ainsi que de bon nombre d'autres films. Il a aussi aidé Joe Dante en endossant la même responsabilité pour Gremlins et L'Aventure Intérieure.

Les récompenses et Oscars de Steven Spielberg
Finalement, Steven Spielberg a été nominé pour l'Oscar du meilleur réalisateur en :
- 1977 pour « Rencontres du 3ème type »
- 1981 pour « Les Aventuriers de l'Arche Perdue »
- 1982 pour « E.T. l'extra-terrestre »
Il n'en a obtenu que deux :
- 1993 pour « La Liste de Schindler »
- 1998 pour « Il faut sauver le Soldat Ryan »
Cela dit, cela n'a pas empêché ces quelques films (et bien d'autres d'ailleurs) d'obtenir de nombreuses récompenses (Golden Globe, etc.).
Ça y est, c'est fini, ou presque, puisque l'on compte sur ce grand monsieur pour continuer à créer et à raconter toujours plus d'histoires comme lui seul sait le faire : merci Steven Spielberg pour nous avoir tant fait rêver.
Découvrez la bande-annonce de Arrête-moi si tu peux et son site officiel
Pour encore plus d'infos sur ce génie du cinéma, je vous conseille fortement de faire un tour sur le site très complet de Docteur Jones : www.spielberg.fr.st