
Un émir arabe (Alexander Siddig) a accordé les droits de forage de gaz naturel à une compagnie chinoise au détriment de la grande firme Connex Oil. Suite à cet événement, la firme américaine rachète son concurrent et fusionne. Cette fusion ne semble pas en règle selon le Ministère de la Justice à Washington. Bennett Holiday (Jeffrey Wright) sera donc chargé de veiller au bon déroulement de cette opération quelque peu douteuse...
Parallèlement, Bob Barnes (George Clooney), vétéran de la CIA, doit remplir une dernière mission : éliminer l'émir arabe, le prince Nasir.
Enfin, Bryan Woodman (Matt Damon), expert en ressources énergétiques, participe à un gala organisé par Nasir. Lors de cette soirée, son petit garçon de 6 ans meurt accidentellement dans la piscine.
Tous ces personnages et événements vont interagir autour d'un même objet — le pétrole — et auront une incidence directe sur la vie d'un jeune Pakistanais employé par la firme Connex.
Une histoire donc loin d'être simple, où tous les acteurs agissent pour la même cause.

Une vision fascinante du pétrole et de la géopolitique
Il est vrai que l'on peut vite être perdu par tous les éléments distillés tout au long du film, ou même ne pas réussir à s'immerger dans l'histoire faute de clarté. Mais une fois cette étape franchie, le film se visionne avec un grand intérêt.
Il est passionnant de voir à quel point le pétrole — et ici le Golfe — fait interagir des acteurs aussi différents les uns des autres. Nous prenons conscience de la valeur de cet or noir ET de l'intérêt qu'il suscite.
Syriana est une fiction, mais une fiction hyper-documentée : une quantité impressionnante d'informations, une intrigue labyrinthique et un casting explosif.
Un thriller politique engagé et dénonciateur
Un film d'espionnage qui vaut le détour car, outre son éblouissante distribution, Syriana s'inscrit dans la tendance politique et contestataire qui agite le cinéma américain de la seconde ère Bush.
Autant de pièces d'un puzzle sophistiqué et captivant qui, à l'instar du récent Lord of War sur le business des armes, dénonce le règne du cynisme auquel carbure un monde sans foi ni loi.