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Cinéma

Requiem pour un massacre : L'enfance face à la guerre

Fliora, adolescent biélorusse, s'engage chez les partisans pour résister à l'occupant nazi. Dans ce film d'Elem Klimov, l'enfance affronte l'horreur de la guerre dans une œuvre d'une intensité rare.

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À l'occasion de la sortie DVD française de septembre 2007 de "Requiem pour un massacre" d'Elem Klimov, revenons sur une œuvre méconnue mais saluée par la critique lors de sa distribution en France en 1985. Titre racoleur et réducteur, "Requiem pour un massacre" (intitulé internationalement Come and See) est un nom fantoche qui masque l'essentiel d'un travail esthétique et dramaturgique d'une rare intensité. Un film qui secoue, déforme, informe et laisse sur le carreau... Une œuvre puissante abordant le conflit mondial sous un angle inédit. Le film permet également de découvrir l'histoire de ces "partisans", cousins des résistants français qui œuvrèrent en Biélorussie pour lutter contre les sbires d'Hitler.

L'histoire de Fliora, enfant engagé chez les partisans

Fliora, adolescent bondissant et aventurier, décide la fleur au fusil de s'engager dans les troupes partisanes. Ces résistants biélorusses œuvrent clandestinement contre l'occupant nazi, établissant leur fief dans les forêts près d'un village monopolisé et détruit par l'attirail militaire allemand.

Une vision métaphysique de la guerre

De nombreux films ont exploré le filon d'une jeunesse innocente perturbée, entravée, voire détruite par un conflit. Ici, Klimov renouvelle cette approche. Pas de pathos, mais de l'horreur à l'état pur. Tranchant et poétique, "Requiem..." vous secoue les tripes : giclées d'hémoglobine et obus tombés à l'aveuglette épousent la prose d'une image et d'une histoire sublimement travaillée.

Quand la guerre prend les traits du temps qui passe, d'une vieillesse monstrueuse agrippant puis rejetant l'enfance, le propos de Klimov se veut plus universel et métaphysique que propagandiste et racoleur. Alliance de grand spectacle et de contemplation discursive : L'Enfance d'Ivan et Apocalypse Now dans le même écran. Un "Ouradour à la russe" capturé par le viseur d'un cinéaste loué par Sokourov, le réalisateur russe aux quasi systématiques nominations cannoises.

Alors... curieux cinéphile ou spectateur épris de grand spectacle : Come and See !

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flosee
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