L'industrie du cinéma peut être impitoyable, et l'année 2025 l'a prouvé une fois de plus avec la chute retentissante du remake Blanche-Neige de Disney. Pourtant, Rachel Zegler, l'actrice au centre de la polémique, ne se laisse pas abattre. À seulement 23 ans, la jeune étoile se prépare à un nouveau départ avec le tournage imminent de She Gets It From Me, une comédie dramatique indépendante qui marque un changement radical de cap. Alors que les spectateurs s'interrogent sur sa capacité à rebondir après un échec public de 205 millions de dollars, Zegler semble prête à prouver que son talent va bien au-delà des remakes de blockbusters et des guerres culturelles sur les réseaux sociaux.

Le traumatisme Blanche-Neige : un naufrage médiatique
Il est impossible de parler de l'actualité de Rachel Zegler sans évoquer l'éléphant dans la pièce : le remake en prise de vue réelle de Blanche-Neige. Sorti début 2025, le film devait être le fleuron de la stratégie de Disney, mais il s'est rapidement mué en cauchemar marketing et financier. Avec un budget avoisinant les 336 millions de dollars, le long-métrage n'a rapporté que 205 millions de dollars au box-office mondial, entraînant des pertes estimées entre 115 et 170 millions pour la Maison de la Souris. C'est l'un des plus gros flops commerciaux de l'histoire récente des remakes Disney.
Ce résultat désastreux ne doit rien au hasard. Bien avant sa sortie en salle, le film était devenu une épine dans le pied de la studio, victime d'une tempête médiatique parfaite. Dès l'annonce de sa distribution en 2021, Zegler a été la cible de critiques virulentes en raison de ses origines colombiennes, certains puristes estimant qu'elle ne correspondait pas à la description "blanche comme neige" du conte original. Mais la situation a dégénéré lorsque l'actrice a commencé à s'exprimer publiquement sur sa vision du personnage et sur la politique.
Des tweets au scandale international
La controverse a atteint son paroxysme lorsque les prises de position politiques des actrices ont éclipsé le film lui-même. En août 2024, suite à la diffusion de la première bande-annonce, Rachel Zegler a publié un message sur les réseaux sociaux remerciant les fans, agrémenté d'un "Free Palestine" (Libérez la Palestine). Cette phrase, anodine pour certains, a déclenché une onde de choc dans un climat géopolitique déjà tendu. Au même moment, Gal Gadot, qui interprète la Méchante Reine et qui est israélienne, faisait l'objet de critiques pour ses proclamations pro-Israël. Soudainement, un conte de fées pour enfants s'est retrouvé embarqué dans le conflit du Moyen-Orient.
En parallèle, de vieilles déclarations de Zegler refaisaient surface dans les médias conservateurs. Elle avait notamment qualifié l'intrigue amoureuse du film d'animation de 1937 de "bizarre", citant un prince qui "littéralement harcèle" l'héroïne. Elle avait aussi affirmé que cette version originale était "datée" concernant le rôle des femmes. Ces commentaires ont été repris, sortis de leur contexte et présentés comme une preuve que l'actrice "détestait" le matériel source. Des titres accrocheurs ont parlé de "diatribe woke", transformant la promotion du film en champ de bataille idéologique.
La critique cinématographique écrasante
Lorsque le film est enfin sorti, la critique n'a pas été clémente. Le film a obtenu un score accablant de 39 % sur Rotten Tomatoes. Beaucoup de critiques, comme Wendy Ide de l'Observer, l'ont qualifié de "terriblement gênant". Le problème fondamental résidait dans le fait que le film ne savait pas quel public il visait : il tentait d'être une révérence pieuse envers l'animation de 1937 tout en cherchant à être une subversion moderne et féministe. Ce tiraillement a abouti à une œuvre incohérente qui n'a satisfait personne, ni les défenseurs de la nostalgie, ni ceux qui réclamaient une modernisation radicale.
Le contexte du box-office de 2025 était également particulier. Si d'autres remakes comme Lilo et Stitch ou Comment dresser votre dragon ont connu des succès phénoménaux cette même année, Blanche-Neige a souffert de son statut de "victime du moment". Comme le soulignaient plusieurs analystes, il aurait fallu un film véritablement magique pour surmonter autant de négativité avant même sa sortie. Malheureusement, le résultat final était tout sauf magique.
Une tempête sous un crâne jeune
Vivre cette avalanche de critiques à l'âge de 23 ans est une épreuve psychologique devastatrice. Rachel Zegler, qui avait pourtant connu un envol spectaculaire avec West Side Story de Steven Spielberg en 2021, s'est retrouvée propulsée au centre d'un cyclone qui dépassait largement sa personne. Selon des rapports récents, Disney a dû mettre en place des mesures de sécurité drastiques pour l'actrice, allant jusqu'à lui fournir un expert en réseaux sociaux pour gérer les communications et faire face aux menaces de mort qui pleuvaient sur sa tête.

Dans une interview donnée en juin 2025 suite à l'échec du film, Zegler a brisé le silence pour la première fois. Elle a révélé que la thérapie et un traitement médicamenteux avaient été nécessaires pour traverser cette période sombre. Elle a affirmé qu'il y avait "pires choses" que de voir sa carrière menacée pour avoir parlé en faveur des Palestiniens, montrant ainsi qu'elle gardait ses convictions, même au prix de son image publique.
La misogynie culturelle en jeu
De nombreux observateurs, comme la critique de cinéma Kelechi Ehenulo, ont analysé le traitement infligé à Zegler comme un cas d'école de misogynie culturelle. Les actrices issues de minorités, comme Zegler qui est latine, deviennent souvent des cibles privilégiées pour les vagues de haine en ligne. Ce n'était pas seulement une question de politique ou de cinéma, mais une attaque contre sa légitimité à exister dans l'espace public. Le fait que les propos de ses collègues masculins ou d'autres actrices blanches dans des situations similaires provoquent moins de réactions virulentes ne fait que renforcer ce sentiment d'inégalité de traitement.
La pression exercée sur les jeunes stars d'aujourd'hui est immense. Contrairement aux générations précédentes qui étaient protégés par des studios qui contrôlaient l'image des stars via des contrats stricts, les acteurs d'aujourd'hui sont censés être "authentiques" sur les réseaux sociaux pour créer de l'engagement. Mais cette authenticité devient une arme à double tranchant dès lors que leur opinion diverge de celle d'une partie du public. Zegler a payé le prix fort pour cette nouvelle donne médiatique.
She Gets It From Me : le pari de la renaissance
C'est dans ce contexte tendu que Rachel Zegler prépare son grand retour sur les plateaux. Le tournage de She Gets It From Me doit débuter très prochainement, officiellement le 23 février 2026, dans le New Jersey. Ce nouveau film représente bien plus qu'un simple nouveau rôle ; c'est une tentative stratégique pour redéfinir son image et se détourner des blockbusters toxiques pour se tourner vers un cinéma plus intime et personnel.
Il est crucial de comprendre que choisir ce projet est une décision audacieuse. Après un flop majeur, de nombreux acteurs chercheraient à se sécuriser en rejoignant une franchise déjà établie ou en acceptant un rôle dans une comédie grand public légère. Zegler, elle, opte pour un film indépendant, basé sur une histoire vraie, loin des paillettes de Disney. C'est une manière de dire à l'industrie et au public qu'elle est avant tout une comédienne cherchant des défis artistiques, et non simplement l'égérie d'un marketing agressif.
Une distribution de choix et un réalisateur prometteur
Pour réussir ce retour, Zegler ne sera pas seule. Elle sera entourée d'une distribution solide qui devrait rassurer les critiques et les spectateurs sceptiques. Marisa Tomei, lauréate d'un Oscar, interprétera Charlotte, la mère biologique du personnage principal. La présence d'une actrice de ce calibre apporte une crédibilité instantanée au projet. On retrouvera également Ed Helms (connu pour The Office et The Hangover) et Nat Wolff (Adolescence, Stella Megastar), ce qui suggère un équilibre entre drame et comédie.
La réalisation est confiée à Julia von Heinz, une cinéaste allemande qui s'était fait remarquer précédemment avec Treasure. Son style, souvent empreint d'humanisme et de sensibilité, semble parfaitement adapté pour traiter ce genre d'histoire familiale complexe. Le scénario est signé Jay Reiss, auteur renommé pour la pièce The 25th Annual Putnam County Spelling Bee. Cette équipe en place laisse présager un film soigné, porté par l'écriture et le jeu d'acteur plutôt que par les effets spéciaux.
Un synopsis qui promet l'émotion
Alors que de quoi parle vraiment She Gets It From Me ? L'histoire s'articule autour de Nicky, interprétée par Rachel Zegler. Le film commence lors de la fête de fiançailles de la jeune femme. C'est un moment de joie et de célébration, mais qui va rapidement déclencher une quête identitaire bouleversante. Au cœur de ces festivités, Nicky décide de partir à la recherche de sa mère biologique, Charlotte, qu'elle n'a jamais connue.
La découverte de Charlotte, interprétée par Marisa Tomei, est loin d'être une réunion au cliché hollywoodien. Cette mère s'avère être une ancienne punk rocker ayant lutté contre la toxicomanie. Le film, basé sur une histoire vraie, promet d'explorer les liens complexes entre mère et fille, les secrets de famille et la rédemption. Pour Zegler, c'est l'opportunité de jouer un rôle plus mature, loin de la candeur de Blanche-Neige ou de la tragédie innocente de Maria dans West Side Story. C'est un rôle qui exige de la nuance et de la profondeur, ce qui pourrait permettre au public de la voir sous un nouveau jour.

Stratégie de comeback : pourquoi la comédie dramatique ?
Le choix de Rachel Zegler de se tourner vers ce type de production n'est pas anodin, il s'agit d'une véritable manœuvre de "rebranding". Dans l'univers impitoyable de Hollywood, après un flop aussi retentissant que Blanche-Neige 2025 : le fiasco à 170 millions de dollars, la clé est de changer la perception du public. Le public l'a vue comme une princesse Disney controversée ; maintenant, il faut qu'il la voie comme une actrice accomplie capable de porter des histoires d'adultes.
La comédie dramatique indépendante est souvent le terrain de jeu privilégié pour les acteurs cherchant à gagner en légitimité. Elle permet des performances plus subtiles qui sont souvent récompensées par les festivals et la critique. À 23 ans, Zegler a le temps devant elle, mais elle doit prouver qu'elle a la longévité nécessaire. Si She Gets It From Me fonctionne bien, cela pourrait ouvrir la voie à des rôles plus variés et prouver que l'échec de Blanche-Neige n'était qu'un accident de parcours et non la fin de son histoire.
S'éloigner de la "Cancel Culture"
L'angle du "comeback" est particulièrement pertinent pour la jeune génération de spectateurs, habituée aux controverses éclairs. En s'impliquant dans un projet qui n'est pas un remake massivement médiatisé, Zegler envoie un message : elle ne cherche pas la confrontation, mais l'art. Elle se détache des débats sur le "wokeness" ou les remakes pour revenir à l'essentiel : la narration d'une histoire humaine.
Cette stratégie permet aussi de faire taire les critiques qui l'accusaient de ne devoir sa carrière qu'à la machine marketing de Disney. En travaillant avec une réalisatrice comme Julia von Heinz et des vétérans comme Marisa Tomei, elle s'inscrit dans une lignée cinématographique plus respectable. C'est un moyen de se blinder contre les futures attaques en montrant que son talent est reconnu par ses pairs.
L'impact sur l'image de Disney et le paysage cinématographique
Il est fascinant de constater à quel point la trajectoire de Rachel Zegler reflète les difficultés actuelles de Disney. Le studio tente de naviguer dans une ère où la nostalgie ne suffit plus à garantir le succès, comme l'ont prouvé les récents échecs. La stratégie des remakes en prise de vue réelle, qui a longtemps été une vache à lait inépuisable, montre désormais des signes d'essoufflement critique, à l'exception notoire de quelques réussites comme Lilo et Stitch.
Disney se trouve donc à la croisée des chemins. Si le succès d'une ancienne "princesse Disney" dans un film indépendant vient à confirmer le talent de Zegler, cela pourrait paradoxalment renforcer l'image du studio qui avait misé sur elle, mais cela soulignerait surtout que l'actrice a su survivre malgré la mauvaise gestion marketing de l'adaptation. C'est une relation complexe : l'échec de Blanche-Neige peut devenir, à terme, une bénédiction déguisée pour l'actrice si elle réussit à s'en extraire brillamment.
Une leçon pour les nouvelles stars
L'histoire de Rachel Zegler servira probablement de cas d'école dans les écoles de cinéma et de marketing. Elle illustre les dangers d'une sur-exposition médiatique couplée à des prises de position politiques sur des projets familiaux universels. Cependant, elle illustre aussi la résilience nécessaire pour survivre à Hollywood. Contrairement à d'autres acteurs qui ont disparu après des scandales similaires, Zegler a su rester dans le jeu et obtenir des rôles intéressants.
Cette situation met également en lumière la responsabilité des studios dans la protection de leurs jeunes stars. Certains soutiennent que Disney aurait dû mieux la guider sur sa communication, alors que d'autres estiment qu'elle ne devrait pas avoir à censurer ses opinions. Quoi qu'il en soit, la dynamique entre une star, son studio et le public a fondamentalement changé, et She Gets It From Me sera le premier grand test post-crise pour voir comment cette nouvelle relation évolue.
Conclusion : Vers une nouvelle ère pour Rachel Zegler
Rachel Zegler est aujourd'hui à un point de bascule. Le tournage imminent de She Gets It From Me représente bien plus qu'une simple étape professionnelle ; c'est l'occasion d'une renaissance. Après avoir survécu à l'ouragan médiatique de Blanche-Neige, aux menaces de mort et à un échec au box-office de 205 millions de dollars, l'actrice démontre une résilience remarquable. En choisissant un projet indépendant, poignant et loin des blockbusters, elle mise sur l'authenticité et le talent pour reconquérir le public.
Si ce film parvient à capter l'attention des critiques et du spectateur, le souvenir du flop de Disney s'estompera probablement pour laisser place à une image d'actrice mature et versatile. L'industrie retiendra peut-être le naufrage de Blanche-Neige comme un moment charnière dans la "guerre culturelle" médiatique, mais la carrière de Rachel Zegler, elle, pourrait bien n'être qu'à ses débuts. L'avenir nous dira si ce pari audacieux de la comédie dramatique paiera, mais une chose est sûre : la jeune femme refuse de se laisser définir par ses échecs.