
"Princesse Mononoke" n'a pas fait beaucoup de bruit en France et n'y a pas rencontré le succès escompté malgré des critiques élogieuses. Pourtant, ce film est un chef-d'œuvre signé Hayao Miyazaki. Il est impossible de ne pas citer son studio, Ghibli, qu'il a fondé avec Isao Takahata (à qui l'on doit "Le Tombeau des lucioles"). Il faut savoir que sur l'archipel nippon, le film a explosé au box-office, devançant même "Star Wars : Episode 1" !
Une animation d'exception
Quand je suis entré dans la salle de cinéma, je m'attendais à voir un bon film, rien de plus, juste un bon moment. Puis la première scène commence et je lâche mes pop-corns : c'était extrêmement bien animé, un niveau qu'on n'avait vu que dans le merveilleux "Akira" d'Otomo. La qualité graphique du dessin animé est tout simplement merveilleuse ; on s'aperçoit à quel point les dessinateurs ont travaillé (sachant que Miyazaki a réalisé 90 % des dessins !!).
Dès le début, une scène d'action désormais anthologique nous est présentée. Le jeune héros, Ashitaka, est poursuivi par un énorme sanglier dévoré par une mystérieuse maladie. La scène est à l'image du film : excellente !!! Le film vous prend déjà aux tripes !
Le scénario et l'univers du film
"Princesse Mononoke" se déroule dans le Japon féodal, en pleine guerre civile. Les humains se battent entre eux, mais aussi contre les dieux de la forêt, d'immenses animaux doués de parole. Touché par l'un de ces dieux devenu fou, Ashitaka doit trouver l'esprit de la forêt pour être sauvé. Au cours de son voyage, il découvre le village des Forges et sa dirigeante, Dame Eboshi, mais aussi l'ennemie de celle-ci : la princesse Mononoké, une humaine adoptée par la déesse louve.
Bilan : défauts et qualités de l'œuvre
Malgré une excellente histoire, une superbe musique (composée par Joe Hisaishi, qui a aussi signé celle de "L'été de Kikujiro") et des images d'une beauté rare, le film présente deux défauts. Le premier est que le héros est trop niais : c'est vraiment le bon gars qui se laisserait tuer pour une fourmi !! Le deuxième défaut est le message de paix un peu appuyé laissé par Miyazaki à savoir "la nature c'est bien, faut pas la détruire, nous humains" et autre "faites l'amour pas la guerre" !!
Attention toutefois, le film ne fait pas toujours dans la dentelle et les têtes volent, ce qui donne des scènes assez drôles où, d'une flèche, le héros tranche la tête d'un samouraï !!!
Qui est Hayao Miyazaki ?
Hayao Miyazaki est un Japonais âgé d'une soixantaine d'années. Il a commencé par faire des épisodes de séries animées pour enfants au début des années 80. Auparavant, il dessinait des mangas qui n'avaient pas trop de succès. Il est fan de Paul Grimault (le magnifique "Le Roi et l'Oiseau"), ce qui influence ses envies de faire des films.
Il réalise quelques pilotes de série puis "Laputa, le château dans le ciel", un succès qui permet à Miyazaki de commencer une brillante carrière. Il réalisa par la suite "Nausicaä", qui fut malheureusement grandement coupé lors de sa sortie vidéo en France, une version que Miyazaki trouve d'ailleurs honteuse. Puis arrive "Mon Voisin Totoro", une superbe fable où des petites filles déménagent avec leur père près d'une forêt où vivent les Totoros, d'étranges créatures fort sympathiques.
Après le succès de ce dernier, Miyazaki change complètement de registre et imagine une histoire se déroulant en Italie sur la mer Adriatique au milieu du XXe siècle. Cela donne "Porco Rosso" qui, bien qu'étant pas mal, se révèle décevant. Puis, en deux ans, il réalise le chef-d'œuvre "Princesse Mononoké" qu'il avait annoncé comme son dernier film. Mais le plaisir (et le compte en banque) redonne toujours envie de recommencer. Alors c'est dit : Miyazaki prépare un nouveau film où une petite fille voit ses parents se transformer un jour en cochons !!! Mais on a le temps de le voir arriver, sachant que "Princesse Mononoké" nous est parvenue en février dernier alors qu'il était sorti en 1997 au Japon...