
Pourquoi Pluto Nash est une comédie sci-fi ratée
Des décors futuristes dignes de jouets pour enfants, des scènes d'action mal cadrées et des dialogues qui peinent à faire sourire : Pluto Nash manque même de s'asphyxier en plein désert lunaire. Ce film, sorti en 2002, tente de mêler science-fiction et humour, mais échoue sur toute la ligne. Même la Lune ne méritait pas un tel scénario.
Pourtant, sans trop d'à priori, le premier quart d'heure laissait espérer un bon moment de détente. Eddie Murphy étant la tête d'affiche, on pouvait s'attendre à un divertissement correct, dans la veine de ses autres comédies. Malheureusement, c'était sans compter sur une suite qui s'effondre rapidement. Plus le temps passe, plus l'absurde envahit l'écran sans jamais devenir réellement drôle. Les tentatives de humour tombent à plat, faute de rythme et de inspiration.
Des défauts de production lourds à supporter
Le problème majeur réside dans la mise en scène. Les échanges de tirs entre gentils et méchants, entrecoupés de tentatives de blagues ou de moments pseudo-romantiques, deviennent vite pénibles. Résultat : on décroche vite, sans trop de regrets. On ne perçoit plus que le son assourdissant des coups de feu accompagné d'une musique insensée qui ne colle pas à l'action. Les 1h33 du film paraissent alors interminables et l'on n'a qu'une hâte : que ce cauchemar se termine. Le manque de cohérence visuelle, avec des effets spéciaux datés et des "décors cheap", contribue grandement à cette sensation de malaise.
Casting cliché : Eddie Murphy et Pam Grier ne sauvent pas le film
Et ne comptez pas sur la présence furtive de Pam Grier pour remonter le niveau. L'icône du cinéma d'action semble totalement perdue dans ce rôle qui ne lui offre aucune véritable perspective. Certains se demanderont même ce qu'elle fait là, tant sa participation semble anecdotique et mal exploitée par les réalisateurs.
Quelques rictus sont cependant permis, grâce à Pluto Nash — un tout petit peu —, à son homme-robot Bruno et à l'un des méchants de service, atteint de strabisme. Ces personnages secondaires apportent une touche de légèreté bienvenue, mais cela reste bien insuffisant pour sauver le long-métrage. C'est un casting truffé de clichés où l'on retrouve, évidemment, une belle plante en quête d'aventures qui n'a aucune épaisseur narrative. Les inconditionnels d'Eddie Murphy apprécieront peut-être quelques-unes de ses mimiques, mais le talent de l'acteur est ici gaspillé. Quant aux autres, un conseil : mieux vaut attendre sa sortie en vidéo, ou simplement éviter ce navette spatiale.