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Cinéma

No Man's Land

Un coup de matraque cinématographique : No Man's Land de Danis Tanovic transforme la guerre de Bosnie en comédie noire magistrale. Un bijou de scénario, couronné à Cannes 2001.

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Un coup de matraque : c'est tout ce que je peux dire de ce film. Tout le reste de cet avis ne fera que développer cette idée, mais c'est bien de cela qu'il s'agit : un coup de matraque, un éclair de génie, une frappe de titan. Appelez cela comme vous voulez, le résultat est là, il est beau et parfait, et s'appelle No Man's Land.

Pourquoi voir No Man's Land de Danis Tanovic ?

Réalisé par un cinéaste aux multiples casquettes — Danis Tanovic est également compositeur de la musique et scénariste — ce film s'impose comme l'un des meilleurs du millénaire. Malheureusement, peu de gens l'ont vu car seulement 50 salles en France l'ont diffusé. Pourtant, il s'était déjà fait remarquer en remportant le prix du meilleur scénario à Cannes 2001, largement mérité pour une fois. Ces 50 salles ont fait le bon pari puisqu'elles ont affiché un taux de remplissage exceptionnel. Si vous avez raté le film en salles, procurez-vous le DVD techniquement impeccable et aux bonus peu nombreux mais extrêmement instructifs.

L'intrigue : deux ennemis coincés dans un trou d'obus

Ciki et Nino, deux soldats ennemis durant la guerre de Bosnie de 1993. Qui ne voudrait pas savoir ce qui va leur arriver ? Pas moi, en tout cas. Même si je connais déjà l'histoire, je n'ai qu'une envie : retourner voir le film. Pourtant, je sais bien qu'un Casque Bleu français va essayer de les aider. Oui, je le sais puisque j'ai vu le film. Je sais aussi qu'ensuite les deux héros vont être, malgré eux, embarqués dans la tourmente médiatique qui devient de plus en plus pressante. Mais Nino et Ciki vont tenter tant que possible de survivre au cœur de cette guerre aux ravages horribles. Pour la suite, je sais ce qu'il se passe, mais je ne veux rien vous révéler.

Une critique acerbe de la guerre et des médias

Pourquoi tant d'éloges de ma part ? Parce que ce film est un bijou de scénario. Que dis-je, un diamant, un saphir, un rubis, une émeraude… et encore, c'est une litote ! En plus, le film est terriblement intelligent : ce qui aurait pu être un documentaire conventionnel sur la guerre de Bosnie se transforme en une comédie noire magistrale. Danis Tanovic (dont le film est le premier long-métrage bosnique de l'histoire de Cannes) prend du recul face aux événements. Il se moque de tout ce qui a trait à la guerre, et les médias s'en prennent vraiment plein la tête. L'ONU n'est pas en reste. L'humour n'est jamais lourd et, même s'il est noir, il n'est jamais immoral.

Danis Tanovic, servi par deux comédiens excellents, évite d'être bête et sournois ; il se contente d'être intelligent et malin. Deux qualités bien rares dans le monde du cinéma aujourd'hui. Quand, en plus, elles sont combinées avec une originalité hors pair, on se demande si on n'hallucine pas. Or, ce ne sont pas les aliens mais les Bosniaques qui, s'ils sont capables de réaliser de tels films régulièrement, pourront bientôt se vanter d'être la Nation du Cinéma.

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nozal
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