Trois mille deux cent cinquante-cinq courts-métrages. Un seul thème en trois mots : « La beauté ». Quatre mois et demi de création pour des centaines de réalisateurs qui n'avaient qu'une contrainte — cent quarante secondes chrono. Le Nikon Film Festival n'est pas un festival de plus coincé entre deux avant-premières parisiennes. C'est la plus grande compétition de courts-métrages en France, et sa seizième édition dévoile une sélection qui se projette le 9 avril dans vingt-neuf cinémas à travers le pays, pour le prix d'un café étendu.

3 255 courts-métrages sur « La beauté » : ce que cache le record de participation du Nikon 2026
Quand le CNC annonce un chiffre comme 3 255 films en compétition pour une seule édition, on ne parle plus d'un concours étudiant ni d'un événement de niche. On parle de la plus grande compétition de courts-métrages en France, loin devant n'importe quel autre rendez-vous du genre sur le territoire. Le concept fondateur reste d'une simplicité désarmante : deux minutes vingt sur un thème imposé, ouvert à tous, sans limite d'âge, sans obligation de matériel professionnel. C'est cette absence totale de barrière à l'entrée qui explique le volume. Le thème de cette seizième édition, « La beauté », a été dévoilé dès juillet 2025 — un luxe de temps rarement accordé aux participants d'un concours de ce calibre, et qui a clairement nourri la créativité des candidats. Pour mesurer l'échelle démesurée du Nikon, le César 2025 : comment voir tous les films nominés gratuitement avant la cérémonie offre un bon point de comparaison avec les circuits classiques.
De zéro à 3 255 films : un calendrier pensé pour maximiser la création
Le calendrier explique une bonne partie du phénomène. Les inscriptions ont ouvert le 15 septembre 2025 et se sont closes le 15 janvier 2026 à 15 h pile. Quatre mois et demi pour concevoir, tourner, monter et livrer un film de 140 secondes maximum — c'est à la fois très court et suffisamment long pour qu'une idée germée un soir d'automne devienne un projet fini en plein hiver. Le thème « La beauté », en trois mots, offre un terrain d'interprétation vertigineux : beauté esthétique bien sûr, mais aussi beauté cruelle, beauté de la laideur, beauté éphémère, beauté algorithmique. Autant de portes d'entrée qui expliquent pourquoi des milliers de créateurs ont franchi le pas sans hésiter. Un détail souvent ignoré : aucune exclusivité n'est imposée aux participants. Un réalisateur peut soumettre son film au Nikon et le diffuser simultanément sur d'autres plateformes ou le présenter à d'autres festivals. Cette liberté retire l'un des freins classiques qui dissuade les créateurs de s'engager dans des concours fermés, et elle explique pourquoi le nombre de projets explose chaque année.

198 projets retenus, 5 sections, une même exigence
Passer de 3 255 à 198, c'est un ratio de sélectivité qui frôle les 6 % — plus sélectif que beaucoup de formations d'excellence. Les 198 projets retenus se répartissent en cinq sections distinctes, chacune avec sa propre logique et son propre public. La compétition officielle accueille 50 courts-métrages et 8 mini-séries au format 6 épisodes. La section Regard des Femmes réunit 40 films et 3 mini-séries réalisés uniquement par des femmes. Le Tremplin, réservé aux équipes amatrices, en compte 40 films et 2 mini-séries. Enfin, une sélection SensCritique vient compléter ce dispositif avec ses propres critères. Cette cartographie est essentielle pour comprendre ce qu'on va voir sur grand écran : on ne se retrouve pas face à un bloc homogène de films « festival », mais face à un panorama de talents aux profils radicalement différents — de l'étudiant en première année de cinéma à la réalisatrice qui tourne déjà professionnellement, en passant par le passionné du dimanche qui n'a jamais touché une caméra avant ce projet.
Les règles du jeu en deux minutes vingt : ce que le règlement autorise vraiment
Le règlement officiel de la seizième édition impose des cadres stricts mais raisonnables. La durée doit être comprise entre 120 et 140 secondes, générique inclus. La résolution minimale est de 1080p, ce qui signifie qu'un smartphone récent suffit largement. Le film doit être en français ou sous-titré en français pour être éligible à la compétition nationale. Une nouveauté notable cette année : l'utilisation d'intelligence artificielle doit être déclarée dans le formulaire d'inscription et mentionnée dans les crédits du film. Ce n'est pas une interdiction, mais une transparence — le Nikon ne fuit pas devant les outils numériques, il demande simplement que le spectateur sache ce qu'il regarde. Ces règles, consultables sur la FAQ du festival, montrent que l'événement cherche à évoluer avec son époque sans perdre son exigence.
Prunelle, Florrange, Omnivision : les 50 films de la sélection qui valent le détour au cinéma
Les chiffres impressionnent, mais les films font vibrer. La sélection officielle dévoilée le 26 mars 2026 porte des titres qui sentent le vécu, le risque, l'écriture sans filet. « Prunelle » de Camille Charavet, « Florrange » de Camille Sayah et Sohan Berneron, « Omnivision » d'Ericsson Blaser, « À l'abri des regards » de Gauthier Azalbert, « Toute en beauté » de Shérazade Khalladi, « Lorsque règnent les chiens » d'Axel Zeltser — ces noms ne diront rien au grand public aujourd'hui. C'est précisément le point. Le Nikon Film Festival est construit pour que le public découvre ces voix avant qu'elles ne soient rattrapées par l'industrie. Certains de ces réalisateurs viennent d'écoles de cinéma moins connues, d'autres de l'autoproduction pure, d'autres encore d'un parcours totalement autodidacte. Ce sont eux, les talents de demain — pas des figures installées, mais des créateurs en train de se trouver publiquement, sous les yeux de deux heures de cinéma.
Camille Charavet et Shérazade Khalladi : deux regards féminins sur le thème imposé
Deux réalisatrices illustrent particulièrement bien la force de la section Regard des Femmes. Camille Charavet signe « Prunelle », un titre qui évoque immédiatement la fragilité, le détail organique, une beauté miniature qu'on ne voit qu'en s'approchant. Son approche s'inscrit dans une tradition du cinéma du corps et de l'intime, un format où chaque plan compte quadruple quand on ne dispose que de 140 secondes. Shérazade Khalladi propose « Toute en beauté », une formulation plus frontale qui joue sur le décalage entre l'expression consacrée et le traitement cinématographique qu'on lui réserve. Leurs approches du thème « La beauté » divergent probablement autant que leurs parcours, mais c'est exactement ce qui rend la séance Regard des Femmes indispensable : on y trouve des regards féminins sur la beauté qui ne passent par aucun filtre institutionnel. Pas de comité de lecture, pas de case éditoriale à cocher — juste une caméra, une idée, et deux minutes vingt pour frapper fort.
Gauthier Azalbert, Axel Zeltser et les formats décalés de la compétition officielle
La compétition officielle ne se résume pas à la poésie contemplative. « À l'abri des regards » de Gauthier Azalbert et « Lorsque règnent les chiens » d'Axel Zeltser suggèrent des récits plus sombres, où la beauté pourrait se nicher dans des interstices inattendus — la beauté d'un plan craqué, d'une situation de tension, d'un mouvement animal capturé au vol. « Omnivision » d'Ericsson Blaser pousse encore plus loin l'expérimentation formelle, avec un titre qui évoque la saturation visuelle, l'excès d'images qui caractérise notre époque. « Nos plus beaux moments » d'Aurélien Leleux adopte un angle plus nostalgique, jouant sur l'ambivalence entre le souvenir et la réalité. Ce qui frappe dans cette sélection, c'est l'hétérogénéité assumée. On passe d'un film intimiste tourné avec un smartphone à un projet visuellement travaillé porté par une petite équipe technique, sans jamais sentir que le jury a privilégié un esthétisme lisse.
Des profils atypiques qui ne passeraient pas les filtres des festivals traditionnels
Ce qui rend ces cinquante films véritablement intéressants, c'est la diversité des parcours derrière chaque titre. Le Nikon n'exige pas de carte de presse ni de diplôme de La Fémis. Un lycéen de banlieue qui a emprunté un appareil photo à son père, une graphiste de trente-cinq ans qui n'a jamais touché à la mise en scène, un ancien stagiaire d'une chaîne YouTube qui décide de faire quelque chose de plus personnel — tous ces profils se retrouvent dans la sélection. Le format 2 min 20 agit comme un grand égalisateur : impossible de se cacher derrière un développement narratif long, impossible de compenser une idée faible par des moyens techniques hors de prix. Soit le film frappe dans les deux premières secondes, soit il disparaît. Cette brutalité formelle produit une sélection d'une intensité rare, où chaque court-métrage a été forgé par la contrainte plutôt qu'affaibli par elle.
Nathan Ambrosioni président du jury : pourquoi un réalisateur autoprod incarne l'ADN du Nikon
Qui juge ces 50 films ? La réponse en dit long sur le positionnement du festival. Nathan Ambrosioni, président du jury 2026, n'est pas un vétéran de Cannes ni un réalisateur installé avec trois longs-métrages au box-office. C'est un jeune cinéaste français repéré très tôt, profondément attaché au format court et à l'autoproduction. Le choisir pour présider ce jury, c'est envoyer un message clair aux 3 255 participants : le Nikon Film Festival prend au sérieux ceux qui créent avec les moyens du bord, pas seulement ceux qui ont le bon réseau.
Un jeune cinéaste à la tête d'un jury qui parle la langue de la génération 18-25 ans
Le parcours d'Ambrosioni colle à l'ADN du festival comme une pellicule à son support. Lui qui a construit sa reconnaissance sur des formats courts et une autonomie de création rare, il comprend instinctivement ce que représente un film de 2 min 20 pour un réalisateur qui n'a ni budget ni équipe technique. Autour de lui, le jury Prix de la Critique mêle médias et cinéma d'une façon qui reflète l'écosystème réel des jeunes créateurs : Brigitte Baronnet d'AlloCiné, Julien Bouisset de L'OBS, Maya Boukella de Madmoizelle, Christophe Chauville de BREF, Simon Cherner du Figaro. Ce n'est pas un jury d'académiciens coupés du terrain — c'est un jury qui binge les courts-métrages en ligne, qui connaît les codes de BREF, qui écrit pour un public de 18-25 ans. La légitimité est là, mais elle est d'un autre ordre que celle des festivals traditionnels, et c'est exactement ce qui rend les délibérations du Nikon pertinentes pour les réalisateurs de la sélection.

Quatre nouveaux prix en 2026 : interprétation non genrée, photographie, scénario
L'édition 2026 introduit quatre nouveaux prix qui modifient subtilement la donne pour les candidats. Le plus marquant est le Prix d'Interprétation non genré, décerné dans chacune des deux compétitions (courts-métrages et mini-séries). Dans un paysage où les catégories d'acteur et d'actrice structurent encore l'essentiel des récompenses cinématographiques, ce signal est fort. Pour des réalisateurs émergents qui travaillent souvent avec des comédiens non professionnels ou des profils atypiques, cette ouverture change la façon de concevoir le casting. S'ajoutent à cela un Prix de la Photographie et un Prix du Scénario spécifiques à la compétition mini-séries, ce qui reconnaît que le format série en 6 épisodes demande des compétences différentes du one-shot de 140 secondes. Ces nouveautés, détaillées par Radio du Cinéma, montrent que le Nikon ne se contente pas de grossir — il affine son outil de repérage.
Un jury qui évalue l'audace plutôt que le polish technique
La composition de ce jury n'est pas anecdotique. Quand Christophe Chauville de BREF ou Maya Boukella de Madmoizelle évaluent un film de 2 min 20, ils ne le comparent pas à un long-métrage de cinéma d'auteur. Ils le comparent à ce qu'ils voient circuler en ligne tous les jours — les meilleurs contenus web, les séries courtes, les formats verticaux qui dominent la consommation des moins de 30 ans. Cette grille de lecture change tout. Un film au montage expérimental mais au propos puissant ne sera pas pénalisé pour ne pas ressembler à un « vrai » film. Un court-métrage tourné au smartphone avec une idée géniale peut l'emporter sur un projet visuellement propre mais narrativement creux. C'est cette philosophie d'évaluation qui fait du Nikon un festival fondamentalement différent des autres, et qui explique pourquoi ses lauréats sortent souvent de nulle part — ou plutôt, de l'endroit où la vraie création a lieu aujourd'hui.
Le 9 avril dans 29 cinémas CGR : où voir la sélection du Nikon Film Festival loin de Paris
Les films sont extraordinaires sur papier. Reste à les voir. Le Nikon Film Festival a pris un parti radical cette année : plutôt que de concentrer l'événement dans quelques salles parisiennes, il déploie la sélection dans 29 cinémas CGR à travers la France. Le 9 avril 2026 à 20 h, les courts-métrages de la compétition officielle seront projetés simultanément de Nantes à Strasbourg, de Montpellier à Lyon. C'est une logique de démocratisation totale qui rompt avec le modèle centralisé de la plupart des festivals de cinéma français.
Nantes, Montpellier, Strasbourg, Lyon : la carte des 29 salles CGR
La liste des villes couvertes par les projections CGR est suffisamment dense pour qu'un spectateur dans presque n'importe quelle région de France trouve une salle à moins d'une heure de route. Nantes, Montpellier, Strasbourg, Lyon figurent parmi les plus grosses agglomérations équipées, mais on retrouve aussi des villes de taille intermédiaire qui n'ont généralement pas accès à ce type de programmation. La séance est unique — pas de rabattements, pas de seconde chance le lendemain. Il faut réserver à l'avance, soit via le site officiel du festival, soit directement sur les pages événementielles des cinémas CGR. Le Festival du Film Court de Lille : 19ème édition ! offre une logique de proximité comparable dans le nord de la France, mais le Nikon reste unique par son ampleur géographique — vingt-neuf salles simultanées, c'est sans équivalent pour un festival de courts-métrages.
Du Grand Rex aux salles de quartier : le même programme, des ambiances différentes
L'expérience parisienne mérite un détour à part. Le Grand Rex — plus grande salle de cinéma d'Europe — accueille trois séances spécifiques : le 13 avril pour la sélection Regard des Femmes, le 15 avril pour les courts-métrages de la compétition officielle, et le 16 avril pour la cérémonie de remise des prix. Le programme projeté est rigoureusement identique à celui des salles CGR de province, mais l'ambiance n'a rien à voir. Au Rex, on retrouve l'énergie d'une soirée d'avant-première avec les réalisateurs présents, les caméras, les applaudissements collectifs après chaque film. Dans un cinéma CGR de quartier, l'expérience est plus intime, plus proche de ce que vivent les spectateurs au quotidien — et c'est précisément ce qui rend ces projections provinciales si précieuses. Même programme, mêmes émotions, mais sans la pression du « événement people ». Pour un premier contact avec le festival, la séance CGR du 9 avril est probablement la meilleure entrée possible.
Pourquoi le 9 avril est la date à bloquer dans son agenda
Parmi toutes les dates du calendrier, le 9 avril est celle qui concerne le plus grand nombre de spectateurs. Les séances parisiennes du Grand Rex sont excellentes, mais elles s'adressent à un public déjà familier avec l'événement ou prêt à se déplacer dans la capitale. Le 9 avril, c'est le soir où toute la France découvre la sélection en même temps. C'est aussi le seul moment où les vingt-neuf salles CGR projettent le programme complet — après ça, plus rien jusqu'à la cérémonie du 16 avril, qui se concentre sur les prix et non sur la découverte des films. Pour quelqu'un qui n'a jamais vu un court-métrage du Nikon sur grand écran, c'est LA soirée à ne pas manquer.
5 € la séance et gratuit en ligne : décryptage des vrais tarifs du Nikon Film Festival 2026
Il faut être honnête sur les tarifs, car les sources se contredisent et le lecteur mérite la clarté. La participation des réalisateurs est gratuite — zéro euro, zéro obligation d'achat, un point que le règlement officiel souligne explicitement. Le visionnage en ligne des 3 255 films est lui aussi entièrement gratuit. En revanche, les projections en cinéma coûtent de l'argent. Mais le prix est si bas qu'il mérite qu'on s'y arrête.
Participation gratuite, visionnage gratuit en ligne : ce qui ne coûte vraiment rien
Trois éléments sont effectivement à 0 € dans cette édition. D'abord, l'inscription des réalisateurs : contrairement à certains concours qui exigent des frais de dossier ou des achats de matériel partenaire, le Nikon n'impose rien. Ensuite, la diffusion en ligne des 3 255 films, ouverte depuis le 30 janvier 2026 sur la plateforme du festival. N'importe qui, sans compte Nikon, peut visionner l'intégralité de la compétition chez soi. Enfin, le vote du public, ouvert à tous jusqu'au 26 mars. Ce volet gratuit est considérable pour les spectateurs qui ne peuvent pas se déplacer physiquement — c'est l'équivalent d'un festival de cinéma intégral disponible sur canapé, sans abonnement. Pour d'autres événements gratuits parisiens, le Festival PSPBB #4 : horaires, programme gratuit et accès Paris 20e propose une logique similaire d'accès ouvert.
5 € au cinéma CGR, 5 à 9 € au Grand Rex : le calcul imbattable
Les projections physiques ont un tarif exceptionnellement bas. Dans les 29 cinémas CGR, la séance unique du 9 avril coûte 5 € — un tarif unique confirmé par les réseaux de salles. Au Grand Rex, les prix s'échelonnent entre 5 et 9 € selon la séance (13, 15 ou 16 avril). Pour mettre ces chiffres en perspective : une place de cinéma classique coûte entre 8 et 14 € en province, et entre 12 et 16 € à Paris. Le Nikon offre donc une séance complète de courts-métrages pour le prix d'un seul long-métrage en tarif réduit. Il n'y a pas de tarif étudiant spécifique annoncé, mais 5 € est déjà le prix d'une place étudiant dans la plupart des multiplexes français. Les festivals coréens gratuits Paris 2026 : programme et dates montrent qu'il existe des alternatives à 0 € dans la capitale, mais pour du cinéma français en salle, le Nikon est imbattable sur le rapport qualité-prix.
La contradiction entre « gratuit » et « 5 € » expliquée simplement
La confusion vient du fait que le site officiel du festival présente le Nikon comme « 100 % gratuit », tandis qu'un post sur le compte Threads du Nikon Film Festival précise que les projections au Grand Rex et dans les cinémas CGR ont un tarif de 5 à 9 €. En réalité, la gratuité concerne l'inscription des réalisateurs et la diffusion en ligne. Les séances en salle sont payantes, mais à un tarif si bas qu'il frôle le symbolique. La réservation est obligatoire dans les deux cas, soit via les sites des cinémas CGR, soit via festivalnikon.fr pour les séances parisiennes. C'est cette nuance qu'il faut retenir : le festival est gratuit quand on le vit chez soi, et quasi-gratuit quand on le vit en salle.
De CANNESERIES au CNC : comment le Nikon Film Festival lance des carrières au-delà du Grand Rex
Un festival à 5 €, c'est séduisant. Mais si les lauréats disparaissent après la soirée du 16 avril, l'événement reste un divertissement sans lendemain. Or le Nikon Film Festival a construit, édition après édition, un véritable pipeline professionnel pour ses lauréats. Ce qui se passe après le Grand Rex vaut autant que ce qui s'y déroule.
Les 8 mini-séries projetées au Palais des Festivals de Cannes le 23 avril
Le partenariat avec CANNESERIES est l'une des grandes nouveautés de cette seizième édition. Les 8 mini-séries de la compétition officielle — chacune composée de 6 épisodes courts — seront présentées le 23 avril 2026 de 14 h à 15 h au Palais des Festivals de Cannes. Penser qu'un créateur qui a tourné avec un smartphone peut se retrouver projeté dans la salle même où défilent les séries les plus attendues du marché international, c'est vertigineux. Ce pont entre le Nikon et CANNESERIES raccourcit considérablement le chemin entre la création amateur et la visibilité professionnelle. Pour des réalisateurs qui n'avaient jamais eu l'occasion de montrer leur travail à des acheteurs ou des programmateurs, cette projection cannoise est une porte d'entrée concrète dans l'industrie de la série.
Deux bourses de résidence du CNC, Canal+ en embuscade
Au-delà de la vitrine cannoise, les prix matériels donnent au Nikon une solidité institutionnelle rare pour un concours ouvert à tous. Le CNC soutient le festival depuis 2019 et offre deux bourses de résidence — l'une pour le Grand Prix, l'autre pour le Prix de la Mise en Scène. Ces bourses ne sont pas symboliques : elles permettent à un réalisateur de se consacrer à temps plein à l'écriture ou au développement d'un projet pendant plusieurs semaines, avec un accompagnement professionnel. Canal+ diffuse les lauréats depuis 2015 et pratique un pré-achat de projet, ce qui signifie que le gagnant repart non seulement avec un trophée mais avec un premier contrat de diffusion. Ces éléments, vérifiables sur la page Wikipédia du Nikon Film Festival, montrent que l'événement n'est pas qu'un concours esthétique — c'est une machine à repérer et à financer les auteurs de demain.
Des réductions concrètes pour les futurs participants qui veulent se lancer
Le festival ne récompense pas que les lauréats — il aide aussi ceux qui veulent participer l'année suivante. Côté avantages pratiques, le Nikon négocie des réductions significatives avec ses partenaires : SOS Ciné propose un pack de location matériel à 80 € HT par jour (boîtier, objectif, stabilisateur, micro), des musiques professionnelles sont disponibles à 30 € avec 80 % de remise, et We Are Scene offre 50 € de réduction sur les lieux de tournage avec le code NFF50. Ces offres, listées sur la page « Comment participer » du festival, montrent que l'écosystème Nikon va bien au-delà de la compétition elle-même. C'est un outil complet de production à petit budget, conçu pour que l'argent ne soit jamais un frein à la création.
Première séance Nikon Film Festival : le mode d'emploi pour préparer sa soirée
Toutes les informations sont là. Les films sont en ligne, les dates sont fixées, les tarifs sont clairs. Reste à transformer tout ça en une soirée réussie. Pour quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds dans une séance Nikon, voici les étapes concrètes à suivre avant de réserver.
Réserver avant le 9 avril et choisir la bonne ville
Première étape : vérifier quelle ville est la plus proche parmi les 29 équipées. Le site du festival liste l'intégralité des salles avec leurs coordonnées. Les séances uniques dans les cinémas CGR sont souvent complètes, surtout dans les villes de taille moyenne où l'événement attire un public curieux qui n'a pas d'autre occasion de voir ce type de programmation. La réservation passe obligatoirement par festivalnikon.fr ou par les sites des cinémas CGR — pas de billetterie sur place, pas de liste d'attente le soir même. Pour les Parisiens qui veulent prolonger l'expérience cinématographique, le César 2026 : où voir les lauréats et les blockbusters à petit prix ? pourra compléter la soirée.
Voter en ligne avant de se déplacer pour cibler ses coups de cœur
Trois mille deux cent cinquante-cinq films sont disponibles en ligne depuis le 30 janvier. Cinquante seront projetés au cinéma le 9 avril. La stratégie est évidente : utiliser la plateforme de visionnage pour trier avant de se déplacer. Le vote du public, ouvert à tous sans compte Nikon, permet en plus de participer activement à la compétition jusqu'au 26 mars. En regardant une vingtaine de films en ligne, un spectateur peut repérer ceux qui le touchent vraiment, identifier les réalisateurs dont il veut suivre la carrière, et arriver au cinéma le 9 avril en sachant exactement à quels moments de la séance il devra être particulièrement attentif. C'est la différence entre subir un programme de deux heures et vivre une soirée ciblée où chaque film résonne avec ce qu'on a déjà repéré chez soi.
Arriver en avance et se préparer à deux heures intenses
Deuxième étape le soir J : arriver en avance. Vingt minutes avant le début de la séance est un minimum, ne serait-ce que pour choisir une bonne place. Deux heures de courts-métrages, ça se vit mieux quand on est bien installé — surtout quand on sait que certains films vont frapper fort et qu'on ne voudra être distrait par personne. Les séances CGR attirent un public mixte : des cinéphiles curieux, des étudiants, des familles, parfois même des réalisateurs locaux venus soutenir leurs confrères. L'ambiance est décontractée mais attentive, très différente d'une séance de blockbuster où les gens parlent pendant les génériques. Au Nikon, chaque film est une surprise, et le public le sait.
Conclusion
Le Nikon Film Festival 2026 tient ses promesses, à condition de comprendre précisément ce qui est gratuit et ce qui ne l'est pas. Le visionnage en ligne des 3 255 films reste ouvert et gratuit jusqu'au 26 mars. Les projections physiques, elles, coûtent entre 5 et 9 € — un tarif dérisoire pour deux heures de cinéma qui pourraient révéler les réalisateurs qu'on retrouvera aux César dans cinq ans. Trois dates à retenir : voter en ligne avant le 26 mars, les projections CGR le 9 avril à 20 h, la cérémonie au Grand Rex le 16 avril. Cinquante courts-métrages pour 5 €, c'est le meilleur rapport qualité-prix du cinéma français cette année. Parmi ces cinquante réalisateurs, certains portent déjà des noms qu'on verra partout demain. Le 9 avril, c'est la dernière chance de les voir pour le prix d'un café étendu.