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Cinéma

Munich

Spiel Spielberg signe avec Munich un thriller politique haletant sur la vengeance du Mossad après la prise d'otages des Jeux Olympiques de 1972.

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5 septembre 1973. Munich. Pendant les Jeux Olympiques, des membres de l'organisation « Septembre Noir » prennent en otage 12 champions israéliens. Après une tentative de sauvetage ratée par la police allemande, les athlètes meurent. Cette tragédie résonna dans le cœur de beaucoup de personnes, et en particulier des Israéliens. Le Mossad décide de mettre sur pied une mission spéciale et périlleuse afin de venger ce drame.

L'organisation recrute Avner (Eric Bana), membre du Mossad depuis quelques années, et lui propose la mission suivante : tuer 12 personnes étant impliquées dans cette prise d'otages. Le jeune agent accepte et fait équipe avec 5 autres hommes pour le seconder : le Sud-Africain Steve (Daniel Craig), expert en conduite, Carl, spécialiste en armes de tout ordre, le Belge Robert (Mathieu Kassovitz), créateur d'engins explosifs, et l'Allemand Hans (Hanns Zischler), qui surveille les activités de l'équipe.

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Après son succès mitigé l'an passé avec « La Guerre des Mondes », adaptation cinématographique de l'œuvre littéraire de H.G. Wells, Steven Spielberg s'aventure dans le thriller, un territoire encore inexploré par le réalisateur.

L'histoire, basée sur des faits réels, est traitée avec finesse et sobriété. Spielberg ne prenant parti ni d'un camp ni de l'autre, nous avons donc une vision neutre du conflit. Le réalisateur va même jusqu'à mettre sur le même plan les terroristes palestiniens et les agents israéliens en dénonçant l'absurdité du terrorisme et du conflit israélo-arabe : quelle que soit la cause, les moyens utilisés ne sont pas justifiés par celle-ci. Vaincre le terrorisme en devenant nous-mêmes terroristes, une absurdité soulevée par le film.

Outre l'aspect politique du film, ce dernier vaut également le détour pour sa peinture des agents secrets. À mille lieues d'un James Bond qui ne se pose aucune question sur ses actes, le personnage d'Avner dépeint par le réalisateur est bien différent. En effet, l'agent secret est en conflit avec sa conscience. Plus il assassine, plus il se demande ce qu'il devient. Doit-il vraiment faire ça ? Y a-t-il un autre moyen de se venger ? Les personnes citées sur la liste sont-elles vraiment coupables ? Ce jeu de questions est posé tout au long du film. La descente aux enfers d'Avner est lente, au point même qu'il doute de tout et en particulier de sa sécurité. Spielberg a donné une véritable profondeur salvatrice à son personnage en des temps où les héros au cinéma n'en ont plus trop.

De plus, la réalisation est de très grande qualité. Spielberg voulant donner au public un thriller réaliste, ce dernier n'essaie plus de suggérer la violence comme dans le passé mais de simplement la montrer. Ainsi, certaines scènes sont choquantes et on se demande même si le réalisateur est bien Spielberg tant il ne nous a pas habitués à ce genre de film. Le réalisme forcené du film se ressent tout au long : bruits des coups de feu, bruits des explosions, dégâts causés par une bombe... Spielberg ne fait pas dans la demi-mesure et joue à fond la carte du réalisme en lorgnant légèrement sur « La Mémoire dans la peau » tout en donnant une certaine identité au film. Saluons au passage le grand effort du réalisateur afin de créer une ambiance seventies. Ainsi, la reproduction de certaines villes comme Paris est parfaite : voitures, affiches, tenues... On s'y croirait.

Mais résumer le film à son histoire et à sa réalisation serait réducteur. Les acteurs assurent devant la caméra et donnent d'eux-mêmes afin d'extraire du spectateur des émotions. Eric Bana s'en sort admirablement dans le rôle d'Avner. Il prête plus que son physique, mais aussi sa personnalité entière. Cet acteur a du talent qui n'a jamais été exploité jusqu'ici. Les autres acteurs sont de qualité et sont plus que crédibles à l'écran. Mention spéciale aux acteurs jouant dans la prise d'otages qui sont vraiment réalistes dans leurs personnages. Spielberg s'offre des caméos sympathiques comme Mathieu Kassovitz, le réalisateur français de « La Haine » et de « Gothika », Yvan Attal (une très brève apparition) et Geoffrey Rush (capitaine Barbosa dans « Pirates des Caraïbes »).

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Un film atypique dans la filmographie de Steven Spielberg mais qui marque enfin le retour du père de « E.T. ». Un thriller haletant et poignant sur le terrorisme, thème malheureusement d'actualité ces temps-ci.

Mossad : Organisation pour les renseignements et les affaires spéciales. L'une des cinq agences d'espionnage d'Israël. Le Mossad prévient toute attaque terroriste à l'extérieur du pays.

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mister_cool
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