
Après avoir Réglé son pas sur celui de son père, Rémi Waterhouse revient sur nos écrans avec son second long-métrage où il décortique un véritable microcosme de notre société : une copropriété.
Une assemblée générale au cœur du récit
L'histoire se base sur une assemblée annuelle de copropriétaires… Ah, ces fameuses réunions qui durent une bonne partie de la nuit, au cours desquelles chacun y va de son petit souci personnel, souvent bien loin de l'ordre du jour ! À partir de là, le réalisateur nous invite à découvrir chaque protagoniste dans sa vie quotidienne après la réunion. Il joue ainsi avec le temps et la narration, se permettant des allers-retours temporels qui nous ramènent au bout du compte à l'assemblée, où l'on revient chaque fois avec plaisir, connaissant un peu mieux les personnages qui l'animent.
Une fantaisie immobilière plus qu'une comédie
Avec ce sujet en or, le spectateur — surtout le copropriétaire — reste malheureusement sur sa faim. En effet, le thème est loin d'être exploité à son maximum, tant il y aurait de points, drôles et dramatiques à la fois, à traiter. Rémi Waterhouse s'attarde davantage à décrypter les comportements, individuels et collectifs, de chaque habitant — de ses petites manies à ses fantasmes en passant par ses coups de gueule — qu'à jouer réellement sur les problèmes rencontrés lors d'une de ces réunions.
Un casting cinq étoiles sous-exploité
Chaque habitant du 28, rue des Oursins a pourtant un interprète de taille : notons, par exemple, la présence de Guillaume Canet, Wladimir Yordanoff (remarquable en président du syndic), Patrick Chesnais, Irène Jacob ou encore Jean-Pierre Darroussin. Mais les énormes possibilités qu'offrent tant les comédiens que la situation sont mal utilisées et l'on ressent vite une certaine lassitude. Peut-être un manque de scènes comiques à proprement parler…
Il est vrai qu'il s'agit d'une « fantaisie » immobilière et non d'une « comédie » immobilière. Une fantaisie « se dit des objets fabriqués qui s'écartent de l'ordinaire et dont la valeur réside principalement dans la nouveauté, l'originalité ». Le cinéaste réalise donc bien une fantaisie, le sujet étant traité pour la première fois au cinéma, de manière originale tant par le point de vue choisi, le jeu des acteurs que le système narratif… Et c'est peut-être là que le bât blesse : on s'attend à rire beaucoup, tant par le sujet que par les acteurs… et l'on sort de la salle déçu.
Une étude sociale plutôt qu'une satire
Rémi Waterhouse nous livre donc un second film qui s'apparente plus à une étude sociale de personnes qui tentent de vivre ensemble qu'à une réelle satire de la copropriété et de toutes les situations qu'elle peut engendrer.
Alors, pour ou contre cette « Fantaisie Immobilière » ? Le public votera…