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Cinéma

Matrix Revolutions

Matrix Revolutions surpasse Reloaded mais n'égale pas le premier opus. Une conclusion décevante pour une saga qui avait pourtant bien commencé, malgré des effets spectaculaires.

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Si vous êtes accro à la saga et que vous ne voulez rien savoir sur le film, mieux vaut ne pas lire cet article... Je ne dévoile rien d'important, mais certains effets de surprise pourraient tomber à l'eau (j'dis ça après avoir lu un article juste avant de voir le film et qui, en une seule phrase, a failli me bousiller ma soirée, ARG !)

Le monde de Matrix : petite intro facultative

Internet est un univers fascinant... Imaginez, vous cliquez sur une icône, et un petit ordinateur basé à New York, Tokyo ou Sydney vous envoie instantanément ce que vous voulez. L'explosion de ce réseau a entraîné la formation de communautés, reflets plus ou moins réalistes de nos sociétés... Et France-jeunes est un très bon exemple avec ses alliances, ses « guerres », ses relations entre membres, etc. Un univers fascinant, aux possibilités infinies, mais qui peut faire peur : virus, sites plus ou moins illégaux, communautés souterraines aux pratiques plus que douteuses... Et cette interrogation face à la montée de l'intelligence artificielle : les machines auront-elles raison de l'humanité ?!

Cette thématique a souvent été abordée au cinéma, de « 2001, Odyssée de l'espace » à « Terminator », en passant par d'autres films moins recommandables. En 1999, « Matrix » sort sur les écrans l'air de rien et recycle tous ces éléments avec intelligence, en les adaptant à notre époque : jeux vidéo, mondes virtuels, peur de l'an 2000, mais aussi culture orientale, philosophie, religion... Un grand mix d'influences diverses, pour un film complexe, intelligent, franchement réussi et aux nombreux développements possibles. Bref, quand les Wachowski annoncent la mise en chantier (pharaonique) de 2 nouveaux (et ultimes à l'époque) épisodes, on ne peut que se réjouir !

Et voilà, « Matrix Reloaded » sort en mai 2003, après une campagne de communication monstrueuse, fondée sur le secret et la révélation d'informations au compte-gouttes... Certains adorent, d'autres sont dégoûtés, mais globalement, la passion n'est plus là : le film reprend les éléments du premier épisode en les gonflant à outrance, ne gérant plus subtilement du tout les influences de toutes sortes et assommant le spectateur de théories philosophiques vaseuses, d'effets spéciaux spectaculaires mais peu originaux, et d'explications emberlificotées que personne ne capte... Loin, très très loin de la finesse et de la complexité compréhensible (vous suivez ?!) du premier épisode. Bref, malgré les épisodes animés d'Animatrix, inégaux mais globalement sympas, le troisième volet de la trilogie effraie plus qu'il n'attire... Et l'on se demande si la quasi-absence de campagne de communication autour de « Matrix Revolutions » est un bon signe.

L'intrigue de Matrix Revolutions

Néo est coincé dans un univers parallèle, entre le monde des machines et le monde virtuel de la Matrice. Pendant ce temps, Zion, la ville tenue par les rebelles, est attaquée de toute part par une horde de machines : Morpheus, Trinity et leurs camarades vont devoir trouver, et vite, une solution pour faire revenir Néo dans le monde réel, sauver Zion et détruire la Matrice... Ce qui est loin d'être gagné, d'autant qu'une nouvelle menace apparaît : l'agent Smith, qui ne cesse de se multiplier de façon incontrôlable dans les différents univers...

Les points forts du film

Mode d'emploi : on va être clair : 1/ les qualités, 2/ les défauts ! Au lieu de dire à chaque fois « c'est bien mais..., c'est nul mais... », j'expose tout en bloc, et si vous avez l'impression que je me contredis, dites-vous plutôt que je nuance mon propos ! ;-)

Peut-être est-ce parce que je n'attendais plus rien de Matrix que le troisième volet m'a positivement surpris, mais globalement, « Revolutions » surpasse largement et étonnamment (les deux films ayant été tournés à la suite) « Reloaded »... Cependant, s'il a certaines qualités, ses défauts plombent lourdement le film qui n'arrive définitivement pas à la hauteur du premier épisode.

Un retour au monde réel bienvenu

La majorité de l'action se passe dans le monde réel, ce qui peut flipper vu l'esthétique peu originale et assez hideuse du monde réel, mais finalement, c'est une bonne idée : la plupart des lois physiques y sont encore en vigueur, contrairement au monde de la Matrice, et les Wachowski nous épargnent leur « bullet time » et leurs ralentis très très jolis mais très gavant de flammes et d'explosions. « Reloaded » reprenait tous les éléments du premier et les gonflait à l'extrême, « Revolutions » a le mérite d'explorer de nouvelles pistes dans le monde réel.

Des personnages secondaires qui prennent de l'importance

Ainsi, les personnages principaux des premiers épisodes sont plus en retrait, et même si Trinity et Néo sont assez présents, ils ne monopolisent pas l'action... Et Morpheus ferme enfin sa gueule. Des personnages secondaires ou nouveaux prennent au contraire de l'importance, comme Niobe (Jada Pinkett Smith) en capitaine couillu de vaisseau (et elle assure comme une bête !). Ces nouveaux personnages permettent de bien relancer l'action, et on évite le côté « Néo-superhéros-superinvincible-superfadasse » du deuxième volet... Évidemment, voir si peu Néo qui est censé être l'élu est un chouilla frustrant quand même... Heureusement, Trinity, l'agent Smith et le Mérovingien sont toujours là, et ces personnages sont toujours aussi intéressants.

Un scénario plus clair avec une touche d'humour

Le scénario est également plus clair que dans le deuxième épisode : moins de discours interminables, l'ensemble est linéaire, on est rarement paumé, et même si on loupe une phrase, le reste du film reste compréhensible. Évidemment, faut quand même garder ses petits neurones en connexion hein, on n'est pas devant « Bad Boys 2 » ! Les Wachowski arrivent même à introduire pas mal d'humour dans le film, ce qui manquait cruellement à l'épisode précédent qui avait tendance à se prendre la tête. Et encore une fois, c'est le français Lambert Wilson, en dandy cynique, qui vient tout faire péter : sa scène, qui arrive très tôt dans le film et reste trop brève, est hilarante et l'on sent que l'acteur se marre, beaucoup plus que les autres protagonistes qui semblent coincés dans leur personnage. Monica Bellucci quant à elle ne sert à rien... La pauvre, elle a gagné le rôle de plante verte à gros seins (oui, les plantes vertes ont des seins), et ça fait peine à voir (on va pas la plaindre non plus).

Un côté trash assumé et des effets spectaculaires

De plus, le film garde son côté « trash », là où on aurait pu craindre une politiquement-correctisation de la chose : quand ça flingue, ça saigne, des peaux sont lacérées, des yeux sont brûlés, y a des coups de couteaux... hummmmm ! Et là où « Reloaded » nous donnait une pitoyable scène de danse techno très esthétisante, « Revolutions » nous offre une virée dans une boîte SM remplie de protagonistes très « cuir et latex » à 2 doigts de partir en touze : cool !

Quant à la réalisation, tout est énoooooorme ! Certains effets sont splendides, notamment l'attaque de la ville de Zion par les sentinelles (d'une dizaine maxi dans le 1, on passe à plusieurs milliers dans cet épisode !). Tous ces robots volant dans tous les sens, se rassemblant de temps en temps en une monstrueuse tentacule, sont très bien réussis. De même, le premier combat, peu original, reste néanmoins assez nerveux et bref pour captiver le spectateur. Quant à la poursuite entre une horde de sentinelles et le vaisseau conduit par Niobe, elle constitue à mon avis la grande réussite du film : moins belle et spectaculaire que la poursuite de « Reloaded », elle est cependant rythmée à bloc et coupe le souffle au spectateur jusqu'à la dernière seconde.

Les défauts de Matrix Revolutions

Mais sitôt l'effet de (bonne) surprise passée (là, je parle pour ceux qui ont pleuré devant « Reloaded »), les gros défauts de ce dernier film reviennent au galop, et viennent gâcher notre plaisir : l'histoire se traîne assez régulièrement, et l'on n'échappe pas à des moments d'ennui. Ce qui est crispant, c'est que ces longueurs proviennent souvent de dialogues interminables, où les protagonistes tournent 10 ans autour du pot avant de sortir une pauvre parole qui aurait pu être balancée très rapidement. Cela aurait pu être acceptable si ces dialogues apportaient réellement quelque chose, mais c'est loin d'être le cas : c'est souvent creux et artificiellement long. Heureusement, le fait de substituer des personnages secondaires à des personnages principaux permet à Morpheus de passer au second plan... Et de se calmer sur ses théories pseudo-philosophiques au ras des pâquerettes. Les discours sur le libre arbitre et le choix de choisir son propre choix sont toujours bien présents, passent mieux que dans le film précédent, mais restent souvent assez lourds (au bout de 3 épisodes, on a bien compris l'idée).

Une mise en scène trop grandiose

Quant à la mise en scène, les Wachowski ont opté pour la solution « très très grand spectacle », et effectivement, « Revolutions » comporte deux scènes hyper spectaculaires, mais une fois de plus, les réalisateurs se sont enflammés au détriment du reste :

  1. Les 2 scènes sont tellement gigantesques qu'elles éclipsent les autres scènes moins spectaculaires, mais souvent plus subtiles
  2. Elles sont définitivement trop longues ! La première – l'attaque de Zion – est pourtant très bien réalisée et très impressionnante (ça sent la thune !!). Cependant, elle aurait gagné en efficacité en étant plus courte... Et avec une conclusion moins brutale.

Parce qu'en filmant un tel spectacle, il faut savoir en gérer l'issue ! Ce ratage est flagrant dans l'autre scène censée être spectaculaire et qui, à mon avis, plombe définitivement le film : le combat Néo–Smith. La caméra tourne dans tous les sens, les protagonistes se battent, s'évitent, décollent, vont dans le ciel, retombent sous terre, se frappent au ralenti, en accéléré, en plongée, contre-plongée... ARG ! Tout le mode d'emploi du parfait réalisateur y passe, et si certains effets sont très beaux, globalement, on sature très vite. Et là encore, la conclusion est toute bidon, d'autant qu'elle est censée être une des clés de la trilogie !

Une conclusion décevante pour la trilogie

Tiens, parlons-en de la conclusion : « everything that has a beginning has an end »... tu parles ! Effectivement, y a bien quelque chose qui se finit, mais c'est limite un détail ! Que les producteurs laissent une porte ouverte à une suite, pourquoi pas, mais là, rien ne se conclut, alors que le film est clairement vendu comme la fin de la saga... Certains personnages, et pas des moindres, sont complètement zappés, et l'on ne sait pas vraiment ce qu'ils deviennent. Ce n'est pas frustrant mais terriblement décevant !

Ainsi, si la forme est bien mais pas top, le fond est décevant : « Reloaded » ne servant pas à grand-chose du point de vue de l'histoire, se contentant de rajouter des tonnes de questions, « Revolutions » est censé éclaircir tous ces points, ce qui est définitivement trop pour un seul film. Beaucoup trop de points restent en suspens, et on a l'impression d'avoir affaire à un deuxième épisode de transition... Finalement, il aurait été préférable de ne pas soulever autant d'interrogations afin de conclure dignement et clairement la saga.

Bilan final de la trilogie Matrix

Jusqu'au milieu du film, j'étais plutôt content, allant jusqu'à envisager le 4 étoiles (incroyable !)... Mais la lourdeur du film et la conclusion toute pourrie m'ont bien calmé. Par rapport à « Reloaded », « Revolutions » atteint des sommets inespérés, mais on n'est encore loin du premier Matrix... C'est le risque des films faits les uns à la suite des autres : si l'un est naze, il y a de fortes chances que les autres le soient aussi. Un divertissement sympa, mais une « conclusion » très décevante pour ce qui aurait pu être une saga culte... En attendant la suite ?

Bilan : Matrix : 5/5, Reloaded : 1/5, Revolutions : 3/5 ==> bilan : 9/15, soit 3/5 par film, ce qui est bien mais pas top.

PS : pffffff, c'est long comme article, désolé... y a beaucoup de trucs à dire quand même !

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cypher22
cypher22 @cypher22
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