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Cinéma

Love Actually

Avec son casting d'exception et son scénario enchevêtré, Love Actually revendique fièrement son titre d'ultime comédie romantique.

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Film français, américain, irlandais, britannique (2002). Romance, Comédie. Durée : 2h 10mn.
Date de sortie : 03 Décembre 2003
Avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Laura Linney, Emma Thompson
Réalisé par Richard Curtis

Love Actually est-il vraiment l'ultime comédie romantique ?

Vous avez sans doute remarqué qu'au bas des affiches des salles obscures ou à la fin des bande-annonces, les marketeurs n'hésitent pas à en remettre une couche avec des formules du type "l'aventure continue" ou "ce qui a commencé doit finir". La plupart du temps, ces petites phrases ne sont que foutaises, de simples inventions publicitaires pour attirer quelques spectateurs supplémentaires. Pour Love Actually, l'affiche proclame qu'il s'agit de "l'ultime comédie romantique". On est en droit de se poser la question et de douter. Pourtant, je crois bien que c'est la première fois où je suis entièrement d'accord ! Oui, Love Actually est LA comédie romantique par excellence. Pourquoi ? Eh bien...

## Une intrigue multiplexe autour de l'amour

Une fois n'est pas coutume, un petit mot sur l'histoire... qui n'en est pas vraiment une, puisque Curtis ne nous propose pas une unique love story, mais plusieurs histoires d'amour vécues à travers une vingtaine de personnages, tous plus ou moins liés les uns aux autres. Qu'il s'agisse d'un écrivain cocu, d'un jeune garçon de 10 ans, d'un quadragénaire frustré ou même du Premier ministre britannique, tous passent au crible. Leurs destins vont être confrontés à ce même et étrange sentiment humain : l'amuuuuurrrrrrrr...

Un casting d'exception au service du film

Par quoi commencer ? Peut-être par la belle brochette d'acteurs que Curtis nous livre ici. Car c'est aussi le point fort du film : le casting. L'affiche donne le ton et n'omet pas de mettre en avant les têtes d'affiche pour interpeller le cinéphile lambda : "Hein ?! Mais c'est quoi ce casting de fou ?!" Eh oui... Bien sûr, Hugh Grant est de la partie. Après 4 Weddings and a Funeral, Bridget Jones's Diary ou encore Notting Hill, Curtis et Grant se retrouvent de nouveau. Depuis le temps, une grande complicité les lie, à l'image de cette interview, mythique pour moi, à la télévision française, où Grant, suite à une question sur son sex appeal, affirme que notre président et notre Premier ministre n'ont rien à lui envier. "Ils sont très beaux. D'ailleurs, Richard, si tu devais coucher avec Chirac ou Raffarin, lequel prendrais-tu ?" Tout bonnement excellent ! Grant, pour revenir un peu à lui, joue comme d'habitude : très bien ! Il ne fait certes pas partie des grands acteurs de ce siècle, loin de là — je vois déjà les plus pointilleux crier au scandale — mais avec lui il n'y a jamais de surprises. Il est tout à fait indiqué pour ce genre de comédie, même si, selon lui, il ne trouve pas que "l'amour est partout" comme voudrait le faire remarquer Richard Curtis. On note par ailleurs que c'est la toute première fois où Curtis ne tourne pas exclusivement en Angleterre : Marseille fait partie du décor.

Autre pointure, et non des moindres, Liam Neeson. Ais-je vraiment besoin de vous rappeler sa filmographie ? Schindler's List, Star Wars Episode I : The Phantom Menace pour les plus célèbres, mais aussi K-19 ou Hantise, et également l'apparition éclair dans Gangs Of New York (le père de Léo). Je dois dire que le nom de Neeson ne me serait pas venu rapidement à l'esprit pour un film comme celui-ci. J'avoue mon erreur et mon aveuglement : Neeson convient tout à fait. D'autant plus que ce n'est pas vraiment de lui dont il s'agit, mais plutôt de son fils, touché de plein fouet par l'amuuuuurrrr...

Laura Linney nous fait également l'honneur de sa présence. Truman Show, Mystic River, David Gale, Les Pleins Pouvoirs d'Eastwood... Laura commence vraiment à se forger un nom. Et c'est mérité, au vu du talent dont elle fait preuve, une fois de plus, ici.

### Alan Rickman et Rowan Atkinson en guests stars

Surtout ne pas oublier Alan Rickman, connu mondialement par les chères têtes blondes pour être un professeur dans Harry Potter. Oui ? J'entends bien... On me souffle que son nom est "Rogue", ou "Snape" en V.O. Mais il est aussi connu des plus vieux pour être le Shérif de Nottingham dans "Robin Hood", faisant face ainsi à Kevin Costner. Là aussi, rien à redire. Peut-être le personnage le plus marrant en fin de compte, du moins le plus subtil.

Rowan Atkinson est lui aussi... Mr Bean, pardon. Atkinson est donc présent, en tant que guest star de premier choix. Normal, peut-on dire, puisque c'est Curtis lui-même qui a créé le personnage de Mr Bean et a écrit une bonne centaine de sketchs pour lui.

Keira Knightley et la distribution secondaire

Suivent également Emma Thompson, Colin Firth, Bill Nighy (très drôle par ailleurs) et... (j'ai gardé le meilleur pour la fin)... Keira Knightley ! Comment ça, c'est qui ?! Mais enfin, Keira Knightley ! Keira quoi ! Bon, la fille de Pirates des Caraïbes et de Bend it like Beckham. Bon, je sais, elle n'est pas encore au top de la célébrité, mais autant vous y habituer les gars. À 18 ans à peine, la belle Anglaise croule sous les propositions de films. Quitte à prendre une belle fille, autant qu'elle sache jouer... et moi je suis tombé sous le charme depuis longtemps, vous ne pourrez plus me sauver.

## Une réalisation maîtrisée et rythmée

On l'aura compris, le casting est magnifique. Si on s'intéresse un peu plus au film en lui-même, on ne pourra pas vraiment faire beaucoup de reproches. Le concept d'avoir mêlé plusieurs personnages et histoires aurait pu être catastrophique : incohérences, temps morts, perfectibilité de certaines histoires... Mais il n'en est rien ! Tous les personnages ont, grosso modo, le même temps d'apparition à l'écran, Hugh Grant n'étant finalement pas si représenté que cela. Chaque personnage n'est pas décrit à fond, mais ils sont tous attachants et on évite ainsi les longueurs. C'est aussi ce qui m'a frappé : il n'y a aucune longueur. Pas de moments où l'on est impatients qu'une autre histoire commence, pas de passages descriptifs inutiles, rien de tout cela. Le rythme ne baisse jamais et malgré la durée qui frôle les deux heures, on ne les sent pas passer. Une réalisation exemplaire.

## Verdict : la comédie romantique parfaite ?

Le "hic", c'est que n'ayant vu aucun des films de Curtis à ma connaissance, je ne pourrais pas comparer celui-ci avec les autres. Une chose est néanmoins sûre : j'ai vu suffisamment de films, de comédies romantiques, pour juger si celle-ci est bonne ou mauvaise. Et c'est là que le bandeau "l'ultime comédie romantique" me revient à l'esprit. C'est vrai ! Ils n'ont pas menti sur ce coup-là ! Comment je n'y ai pas pensé plus tôt ! Plutôt que d'aller voir des dizaines de films tels que celui-ci, d'aller voir les "Un amour à..." et autres "Coup de foudre à Vitry-sur-Seine", pourquoi ne pas tout simplement regarder Love Actually et uniquement Love Actually ? Tous les bons éléments d'une comédie romantique sont présents, et le film est exempt des défauts qui les caractérisent. Je crois que oui, on peut dire que s'il n'y en avait qu'une à voir, ce serait celle-ci.

## Une bande originale sentimentale

Un mot aussi sur la B.O. Elle est d'excellente facture, avec des titres des années 80 comme "Jump (For My Love)" des Pointer Sisters mais aussi des succès plus récents, comme "Here with me" de Dido. Tous les grands standards sont abordés, à l'image de "All you need is love", mais à mon grand regret, les musiques originales du film ne sont qu'au nombre de deux sur l'album. C'est dommage, les thèmes sont merveilleux et le final nous tirerait presque une larmichette de l'œil. Euh non, c'est juste une poussière... J'te dis que c'est qu'une poussière ! Je pleure pas ! J'ai le droit d'avoir un cil dans l'œil, non ?

## Ce que dit la presse de Love Actually

Avant de vous laisser, une petite revue des critiques de la presse spécialisée (ou pas) pour appuyer mon enthousiasme...

Télé Ciné Obs
C'est sans doute pour ce genre de réussite que les Anglo-saxons ont inventé l'expression feelgood movie : un film où l'on se sent bien, dont les dialogues carillonnent aux tympans, et dont on ressort le cœur en montgolfière.

Le Figaro
Appliqué à faire le tour et le détour de tous les visages de l'amour, Richard Curtis vous en donne pour vos fantasmes : de l'émotion, de la cocasserie, un brin de cynisme, une cuillère d'absurdité, un peu de cruauté, une pincée de grands sentiments et un ou deux coups de foudre.

Première
La touche Curtis n'a rien perdu de son acuité (tout est bien vu, rien ne sonne faux) et de son efficace sensibilité (tout humain normalement constitué trouvera histoire à son pied et lâchera au moins une larme et quelques rires).

Le Monde
Le scénariste dispose d'une maîtrise suffisante de son écriture (...) se révèlent de formidables idées de comédies - et d'acteurs talentueux (Keira Knightley, Liam Neeson, Emma Thompson et Colin Firth sont impeccables) pour mener à bien son premier film.

En vous remerciant...

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fanfan
Maize ! @fanfan
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