
L'histoire du film
Deux inspecteurs de choc, Jean Reno et Vincent Cassel, enquêtent sur une série de crimes particulièrement sanglants.
Réalisateur : Mathieu Kassovitz
Produit par : Alain Goldman et Pierre Ange Le Pogam
Scénario : Mathieu Kassovitz et Jean Christophe Grangé
Directeur de la photographie : Thierry Arbogas
Musique : Bruno Coulais
Distribution principale
- Pierre Niémans : Jean Reno
- Karim Abdouf : Vincent Cassel
- Fanny : Nadia Farrès
Le réalisateur de La Haine nous présente son quatrième film. Il s'agit d'une adaptation du livre de Jean-Christophe Grangé : Les Rivières Pourpres.
L'intrigue narre deux enquêtes qui, a priori, n'ont rien à voir et se déroulent parallèlement. Entre des crimes dans une ville universitaire et un cambriolage dans la campagne du sud de la France, deux inspecteurs suivent leurs pistes respectives. Pour l'occasion, Kassovitz a réuni deux acteurs issus du clan Besson-Kounen-Kassovitz : Vincent Cassel et Jean Reno.
Avec ce film, Mathieu Kassovitz en a fini avec la « banlieue » pour s'attaquer à un nouveau registre : un film noir, plein de suspense.
« Les Rivières Pourpres a été un film difficile à faire, de par les éléments naturels face auxquels nous avons dû maintes fois plier l'échine (on ne se bat pas contre la montagne), mais aussi à cause (ou plutôt grâce) à la complexité du livre qui a inspiré l'histoire. » — Mathieu Kassovitz.
Le budget du film s'élève à 95 millions de francs.
N'oubliez pas... Nous sommes partout, nous sommes nulle part, nous sommes les maîtres, nous sommes les esclaves... Nous maîtrisons les Rivières Pourpres. (Sortie le 27 septembre...)
Site officiel : http://www.rivieres-pourpres.com
Gros plan sur Mathieu Kassovitz
Mathieu Kassovitz est l'un des jeunes talents les plus reconnus du cinéma français des années 90. Il y a deux Kassovitz : l'acteur, unanimement louangé, et le réalisateur, talentueux, controversé et provocateur.
L'acteur talentueux
Le comédien est doué. Il obtient le César du meilleur espoir (qu'il n'est pas allé chercher) pour son premier film avec Audiard. C'est encore avec Audiard (Un héros très discret) qu'il étonne tout le monde par sa facilité à glisser dans un rôle de fabulateur. Kasso a du charisme.
Dans Regarde les Hommes tomber, il est Frédéric et devient Johnny pour plaire à son mentor, Marx. Ce thriller psychologique est remarqué grâce à son style très singulier, connaissant un succès progressif et un bouche-à-oreille flatteur. C'est un nouveau réalisateur qui impose sa patte.
Après ce film, Kassovitz se réclamera plus auteur qu'acteur, affirmant que jouer n'est pas son métier principal. Il prend cependant un certain plaisir à narguer les médias et à participer amicalement aux films de ses copains : petite apparition dans La Cité des enfants perdus, clin d'œil chez Besson face à Bruce Willis, ou encore dans son propre film La Haine où il se transforme en skinhead le temps d'une séquence.
Le plus beau raccourci reste celui de Mon homme où il incarne un client de la prostituée jouée par Anouk Grinberg, qui sera sa seconde femme dans Un héros très discret. Dans cette œuvre multi-primée, son personnage, Albert Dehousse, est un rêveur, un menteur, un « petit malin ». Un héros qui manipule le spectateur : un jeune homme banal et timide cherchant à s'évader de son quotidien. Une prestation impeccable mais sous-estimée par le public.
Le réalisateur controversé
Très vite, M.K. est passé à la réalisation. Avec des courts métrages, en assistant... le cinéma l'intéresse dans son ensemble. Sa maîtrise s'étend à divers métiers comme le montage, l'écriture, et maintenant la production.
Son premier long métrage se nomme Métisse. Le film obtient une reconnaissance d'estime et critique, sans connaître un vaste succès public. Par son sujet, on le compare déjà à Spike Lee.
Il branche sa caméra sur la société actuelle, avec un regard « jeune », donc nouveau. Puis c'est La Haine, un film où l'improvisation existe peu. Le focus est mis sur la vie de trois jeunes de banlieue, un sujet rare dans le cinéma français qui n'a plus l'habitude de refléter sa société.
Avec 1 900 000 entrées en France, c'est un gros succès (phénomène de société) pour ce film en noir et blanc présenté (et primé) à Cannes, qui contient de multiples références au cinéma de Scorsese. Le film lance Vincent Cassel. Cette réussite césarisée lui donne une très grande liberté pour le projet suivant.
Cela donnera le long métrage adapté du court métrage homonyme de M.K., Assassin(s). Avec un monstre sacré, Michel Serrault. Budget conséquent. Marketing implacable.
Le film est en compétition à Cannes en 97. Il s'y fait proprement assassiner par la critique, et le public lui réserve un accueil froid. On lui reproche la surabondance de violence, le rythme, le scénario, sa maladresse, l'immoralité... La polémique enfle.
Pourtant, Kassovitz continue de montrer les revers de notre société : ici il arme la caméra vers la télévision et ses conséquences. Il explore le vide intellectuel d'une génération abrutie d'images. En France, on aime massacrer les gens qui réussissent, les jeunes qui grimpent trop vite. Une France conventionnelle qui s'enfonce dans un cinéma assez conformiste. Comme son pote Besson, il s'attire les désagréments de la presse spécialisée.
C'est donc avec Les Rivières Pourpres que M.K. nous revient aujourd'hui.