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Cinéma

Le retour du Roi

Dernier volet de la trilogie Le Seigneur des Anneaux, Le Retour du Roi est un spectacle éblouissant. Mais attention à l'indigestion : 3h20 d'images grandioses, parfois lourdingues !

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En 2 ans, Peter Jackson aura donné au monde entier sa vision du livre culte de Tolkien « Le Seigneur des Anneaux » : trois films énormes, une quête fabuleuse pour détruire l'anneau unique, et une réussite éclatante au final. Quand je dis « éclatante », c'est surtout en comparant l'ampleur du projet et le résultat final, très réussi... mais pas exempt de défauts. Si j'ai bien vu les deux premiers (4 étoiles pour le 1, un peu lourd à la fin, et 5/5 pour le 2, lui très bien), je suis loin d'être un fan hardcore. Je n'ai pas lu les livres, donc ma critique sera surtout celle d'un spectateur lambda — parce qu'on va pas me faire croire que les 6 millions de spectateurs ont tous lu le bouquin !

Où en est-on dans l'histoire ?

D'un côté, les méchants débarquent en masse dans le Gondor et veulent détruire définitivement Minas Tirith, la capitale. Vu la taille très réduite de l'armée des hommes, ils ne sont pas loin d'y parvenir ! À moins qu'Aragorn se motive à reprendre sa place sur le trône — le fameux « retour du roi » donc.

De l'autre côté de la montagne, Frodon gravit des sommets, descend des vallées, traverse des grottes... Bref, se galère horriblement pour atteindre le volcan et détruire l'anneau qui commence sérieusement à lui faire perdre la raison. Accompagné de Sam, son fidèle compagnon, et de Gollum qui part de plus en plus en vrille, il va tenter de surmonter les difficultés qui l'attendent.

Un film pensé pour les fans

Premier constat : ce dernier chapitre reste dans la lignée des précédents, donc si vous avez kiffé avant, vous aimerez maintenant. Sinon, passez votre chemin. Deuxième constat : ce film est un film de fan pour les fans, les autres risquent d'être un peu à la traîne. L'action démarre sur les chapeaux de roues, et si vous n'avez qu'un vague souvenir des chapitres précédents, vous allez être largués — et j'ai été largué ! Une connaissance des protagonistes est recommandée pour se plonger à fond dans Le Retour du Roi... sinon, on regarde, on trouve ça joli, mais on capte rien, surtout quand la petite elfe court toute seule dans la forêt après diverses hallucinations en disant qu'elle va mourir.

Une mise en scène spectaculaire

Néanmoins, cette confusion ne gâche pas le plaisir de se replonger dans l'univers du Seigneur des Anneaux : combats énormes et violents, décors majestueux, images magnifiques, réalisation explosive. On en prend plein la vue ! Esthétiquement, c'est toujours très beau : Minas Tirith, la ville verticale construite à flanc de montagne, est magnifique, et Peter Jackson en profite pour la filmer sous tous les angles. Les décors naturels sont encore une fois à couper le souffle : grandes plaines, montagnes enneigées, roches volcaniques, cavernes obscures... de tout, et en abondance !

Mais là encore, comme pour La Communauté de l'Anneau, il ne faut pas craindre l'écœurement ! Jackson semble lui-même en admiration devant ses images et en rajoute des tonnes : les montagnes sont très hautes, les grottes très sombres, les méchants immondes vivent dans un pays tout pourri alors que le monde des hommes est beau. On est en plein conte — c'est pas péjoratif — et Jackson y va à fond ! Le ciel est chargé de nuages avec des percées de lumière, la musique s'emballe régulièrement, il y a des gros plans de personnages rayonnant de bonheur avec un joli flou autour d'eux, des ralentis à gogo, des cascades merveilleuses... C'est joli, mais un peu chargé, voire ultra-lourdingue. Dès que Frodon franchit une étape, il se retrouve face à un obstacle encore plus gros que le précédent. C'est épuisant.

Rythme et longueurs : le revers de la médaille

De plus, il paraîtrait — suprême sacrilège — que Jackson n'aurait pas scrupuleusement suivi le récit original, en zappant notamment un combat entre Saroumane et Gandalf... Pourtant, le film prend largement son temps et développe des scènes qui n'auraient certainement pas lieu d'être dans des films classiques (les films de 3h20 ne sont plus légions à Hollywood !). Le revers de la médaille est flagrant : certaines longueurs subsistent, la conclusion est interminable, et le film a un rythme assez bizarre.

On passe de très longues périodes assez molles à des scènes hyper intenses, avec certaines ruptures décevantes. Attention, SPOILERS ! La mort du très méchant sorcier sur son dragon est bouclée en une demie seconde, alors que le spectateur s'attend à un climax hallucinant de suspense ! De même, la conclusion de la bataille de Minas Tirith avec l'armée de fantômes dure elle aussi quelques minutes, alors qu'on l'attendait depuis un bail !

Finalement, heureusement que le réalisateur a pris certaines libertés avec le roman... et peut-être aurait-il dû en prendre plus. Car un roman et un film n'ont pas le même but et ne jouent pas sur les mêmes sensations. Une traduction trop fidèle d'un livre à l'écran révèle tout l'écart entre les deux mediums.

La passion de Jackson sauve le film

Cependant, et c'est de là que Le Seigneur des Anneaux tire toute sa force, Jackson traite son film avec une réelle passion qui l'empêche de sombrer dans le ridicule. Oui, tout cela est surchargé, limite kitsch — quand Frodon se réveille et que ses amis débarquent au ralenti avec des sourires niais, violons à fond, flou Harlequin et tout le tremblement, fallait oser — mais il souffle sur le film le vent des plus grandes épopées qui rend Le Retour du Roi très agréable à regarder.

Les scènes de combat, là où Jackson semble le plus à l'aise, sont très impressionnantes. Les plans s'enchaînent, des plus classiques au cœur de l'action aux plus ébouriffants, en suivant les pierres catapultées ou les dragons en plein vol. Jackson aime son film et ça se sent ! La séquence où l'on voit Legolas s'en prendre à un gros éléphant — un mammouth ?! — est particulièrement trippante !

Le jeu des acteurs et les effets spéciaux

Les acteurs justement ! Fidèles à eux-mêmes, ils sont bien, et particulièrement Elijah Wood (Frodon) dont le visage si particulier est très bien utilisé. Ian McKellen (Gandalf) en impose aussi à mort, alors que Viggo Mortensen semble un peu écrasé dans son personnage et ne le met pas spécialement en valeur — lors de son couronnement, il a l'air particulièrement coincé, le pauvre.

Quant aux effets spéciaux, rien à dire : c'est grand, c'est très beau, c'est très bien fichu (Gollum, Gollum, Gollum !), du très bon travail quoi !

Verdict final

Bref, Le Retour du Roi reste un film très généreux, décrivant merveilleusement bien un univers très dense. Ses défauts découlent quasi-nécessairement de ses qualités. Un film qui ravira les fans et comblera certainement les autres, s'ils n'ont pas peur de l'indigestion...

NB : Ne vous méprenez pas ! Malgré ma critique qui insiste peut-être trop sur les aspects négatifs, j'ai bien aimé le spectacle, et je pense que la trilogie est une réussite exceptionnelle, alors que le pari était loin d'être gagné. Mais en sortant de la salle, je n'ai pu m'empêcher d'être déçu, alors que je n'avais lu que des trucs dithyrambiques (oui, ça existe ce mot) sur le film... Donc voilà, j'aime beaucoup l'ensemble, mais j'avais envie d'être chiant !

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cypher22
cypher22 @cypher22
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