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Cinéma

Le Monde de Némo

Marin, un poisson-clown surprotecteur, parcourt l'océan pour retrouver son fils Némo. Découvrez notre critique du chef-d'œuvre de Pixar, entre émotion et humour.

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À la mort de sa compagne, Marin le poisson-clown se retrouve seul pour élever Némo, son fiston à la nageoire défaillante. Complètement flippé par l'océan et ses dangers, Marin surveille le moindre mouvement de son fils, quitte à l'étouffer complètement... Jusqu'au jour où Némo va se rebeller et filer en douce, avant d'être capturé par un plongeur et finir dans un aquarium ! Marin va alors parcourir l'océan et tout faire pour retrouver son fils, aidé par une bande de bêtes plus ou moins déjantées !

Le Monde de Némo : un succès phénoménal

Voici donc le fameux film qui a tout écrasé sur son passage, ne manquant pas de dépasser allègrement Neo et ses amis avant de devenir « le plus gros succès du film d'animation » devant Le Roi Lion. Après les deux Toy Story, 1001 Pattes et Monstres et Cie, le nouveau film de Pixar méritait-il donc ce succès ? Oui oui oui !!! Ce film est un pur bijou, magnifique esthétiquement, rythmé, émouvant, monstrueusement drôle... Bref : parfait !

Une merveille visuelle sous-marine

Dès l'ouverture du film, on en prend plein les yeux : les couleurs explosent sur l'écran et alors qu'on aurait pu craindre une tonalité générale dans le bleu, les graphistes de chez Pixar n'ont pas hésité à utiliser les couleurs les plus flashys. Les paysages sous-marins sont splendides, aussi bien dans leur esthétique que dans leurs tons. Évidemment, Nemo n'est pas Final Fantasy, et le but du film n'est pas de coller à la réalité, bien au contraire : les quelques humains que l'on voit sont très « cartoonesques » et les poissons ont des têtes et expressions humaines. Quant aux décors, ils s'inspirent de la réalité sans chercher une reconstitution précise... Mais qu'est-ce que c'est beau !

L'exploit technique de Pixar

Évidemment, depuis les premiers films Pixar, mais également Shrek ou L'Âge de glace, l'animation par ordinateur en elle-même ne surprend plus, et ses progrès, pourtant spectaculaires, ne sont plus aussi hallucinants pour le spectateur qu'il y a quelques années (Final Fantasy s'était légèrement lourdé en misant sur une esthétique absolument magnifique au détriment d'un scénario faiblard). Et dans Nemo, le rendu sous-marin, avec ses jeux d'ombre et de lumière, ou les mouvements des éléments en fonction des courants, sont très bien rendus. Difficulté technologique majeure, cette vision du monde sous-marin est pourtant magnifique. Et là où L'Âge de glace décevait par son utilisation d'énoooormes ordinateurs pour des décors pauvres voire moches, Nemo utilise pleinement toutes les potentialités de cette technologie.

L'art de sublimer les idées simples

Bon, les ordinateurs, c'est cool et ça fait des trucs mignons (« merveilleusement et hallucinamment magnifiques » serait le terme approprié en fait), mais quand il n'y a rien derrière, ça s'essouffle vite... Oui, mais Nemo est signé Pixar, et après quatre films très réussis, on commence à se dire qu'à l'instar d'un Miyazaki, tout ce que touche Pixar devient or... À cet égard, le court métrage diffusé en première partie de Némo (je ne sais pas si c'est le cas dans tous les cinémas) est très révélateur : Knick Knack, réalisé en 1986, est assez « simple » dans son graphisme... mais complètement ouf dans son histoire ! Un petit bonhomme de neige, enfermé dans une boule de neige souvenir d'Alaska va tout faire pour s'évader de sa prison de verre (des simples coups donnés au verre, à la méga explosion à coups de dynamites) : une idée toute bête, et pourtant génialement exploitée.

Un scénario classique magnifiquement exécuté

C'est ça la touche Pixar : trouver constamment une petite idée, souvent à partir de détails, et la rendre géniale ! Parce qu'il est évident que le scénario de Nemo n'a rien d'original : un traumatisme initial, un kidnapping et une longue quête pour retrouver la personne aimée, on l'a déjà vu et revu. De même, l'ensemble baigne dans des valeurs, certes très défendables (courage, famille, amour, solidarité...), mais encore une fois peu originales a priori... Et pourtant ! Pixar offre un lifting décapant à toutes ces recettes et arrive à les adapter à notre époque avec succès. Il est impressionnant de voir à quel point, malgré le succès et la pression que doit subir le studio, Pixar arrive à se renouveler constamment et à développer de nouveaux concepts à la fois simples et terriblement efficaces.

Des personnages déjantés et attachants

Loin de la lourdeur que l'on peut reprocher à la grosse boîte qu'est Disney, Pixar ose : le bestiaire du Monde de Nemo ne ressemble à rien, et chaque héros a son handicap... En vrac : Marin est trouillard à l'extrême, Nemo a une nageoire atrophiée, on a droit à un poisson qui n'a aucune mémoire à court terme, une bande de requins qui souhaitent devenir végétariens, une tortue de 150 ans totalement djeun's dans sa tête... Bref, ça part vraiment en vrille et ça marche (et y a aussi des mouettes débiles, des crabes qui font du kung-fu, un banc de poissons indicateurs... arg ! c'est génial !). On s'attache très rapidement à tous ces personnages déjantés, tour à tour émouvants ou hilarants.

Dory, le personnage le plus drôle de Pixar

De même, cette faculté à raconter des histoires propre à Pixar est éclatante dans Nemo : sur une trame classique, les réalisateurs enfilent avec une facilité déconcertante de nombreuses scènes, chacune meilleure que la précédente. De l'action, avec de nombreuses poursuites dans l'eau ou dans l'air, de l'émotion, avec les rapports difficiles entre Marin et Dory, et surtout, une blague mortellement drôle toutes les 30 secondes ! Le personnage de Dory est certainement le personnage le plus drôle de Disney depuis longtemps (depuis toujours ?) et la séquence du dialogue avec la baleine est un énorme moment de déconnade. Mais le moindre détail, la moindre ligne de dialogue est prétexte à une blague : que ce soit l'étoile de mer collée à la vitre de l'aquarium, la crevette française, ou le passage dans les abysses, Pixar ne se relâche jamais et ne perd pas la moindre occasion de faire rire le spectateur.

Un rythme effréné du début à la fin

Une fois que le film commence, l'histoire démarre sur les chapeaux de roues et ne s'arrête pas une seule seconde. Les morceaux de bravoure s'enchaînent et le spectateur garde pendant plus d'1h30 un énorme sourire béat collé sur la figure. Les scènes d'action sont spectaculaires et ultra-rythmées, que ce soit au milieu d'un banc de méduses (spectacle subjuguant mais un chouilla dangereux), en nageant dans un courant marin à grande vitesse à dos de tortue, ou en volant dans le bec d'un pélican. Niveau rythme, Pixar ne débande pas une seconde (et le spectateur non plus).

Des valeurs transmises avec intelligence

Et si certains pourraient faire la fine bouche devant les valeurs sous-jacentes au récit, il faut reconnaître qu'elles passent quand même très bien, puisqu'elles découlent simplement du récit, et ne sont pas lourdement assénées aux spectateurs sans le moindre gramme de niaiserie... Et c'est toujours plus fun d'apprendre la tolérance à un enfant en lui montrant un poisson sympathique presque amputé d'une nageoire ou une amnésique optimiste qu'en lui présentant une beauté fatale (Pocahontas, trop dur pour toi). Et en étant moins con (« mouais, attends, Disney, c'est nul... »), on peut aussi reconnaître qu'on n'a pas souvent eu à faire à un tel étalage de bizarreries dans un dessin animé, et que des rapports conflictuels enfants/parents ont rarement été traités de façon aussi touchante.

Un grand classique de l'animation

Nemo est donc une merveille, d'autant plus surprenante que Pixar passe son temps à surpasser ses propres limites et à faire preuve d'inventivité... Même si les deux films sont difficilement comparables tant leurs différences sont grandes, je pense que Nemo surpasse Shrek : là où ce dernier optait pour une critique, réussie mais facile, de la maison Disney, Nemo ne rejette en rien son héritage, mais se l'approprie au contraire, n'en garde que le meilleur, et en fait une synthèse jouissive, aussi bien dans le fond que dans la forme. On ressort du cinéma 1h40 plus tard avec un grand sourire de pur bonheur. Le succès de Pixar est amplement mérité, et Le Monde de Nemo devient immédiatement un grand classique de l'animation...

J'suis ému. :'-)

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cypher22
cypher22 @cypher22
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