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Cinéma

Le Cercle (The Ring)

Découvrez pourquoi "Ring" ("Ringu"), le film d'horreur japonais de Hideo Nakata, glace davantage le sang que son remake américain. Une plongée dans l'univers dérangeant de la J-Horror.

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Année 2002 — "The Ring" sort sur les écrans aux États-Unis. Ce film américain réalisé par Gore Verbinski retrace l'histoire d'une journaliste, Rachel Keller, menant l'enquête sur la mort mystérieuse de sa nièce, décédée après avoir visionné une cassette vidéo maudite suivie d'un appel téléphonique sinistre...

Je n'en dis pas plus, mais sachez que le scénario n'est rien de moins qu'une copie conforme d'un film japonais. Les différences se situent dans le budget (dollars obligent...), les acteurs (l'héroïne devient blonde, bien entendu...) et quelques nuances culturelles difficiles à transposer dans un contexte américain.

Ring (Ringu) : le film J-Horreur original

Année 1998 : "Ring" ("Ringu"), réalisé par Hideo Nakata, sort au Japon. Adapté d'un roman écrit en 1991 par Koji Suzuki, le film connaît un immense succès et devient un véritable phénomène de société. Deux suites ont vu le jour : "Ring II" et "Ring 0: Birthday". Cette "nouvelle peur venue d'Asie" obtient même le Grand Prix du Festival international du film d'horreur de Bruxelles.

La figure effrayante de Sadako — une jeune fille aux longs cheveux noirs — devient un déguisement de terreur très répandu dans les collèges nippons.

Ce film est sorti en France il y a deux ans, mais s'est fait très discret, sans affiches ni battage médiatique. Je suis allée le voir dans une petite salle du Grand Écran de Place d'Italie, en version originale sous-titrée. Et je peux vous assurer que ce film m'a glacé le sang.

Pourquoi l'horreur japonaise est plus effrayante que le remake

Le fait que ce film soit japonais nous plonge dans un monde à la fois très différent du nôtre et pourtant très semblable. La réalisation diffère des films d'horreur auxquels nous, Occidentaux, sommes habitués : la caméra reste souvent figée, avec énormément de plans fixes tout au long du récit.

Ce qui frappe le plus, c'est la façon dont cette légende moderne s'inscrit dans les traditions japonaises. L'histoire s'inspire des récits des théâtres Nô et Kabuki, ainsi que des figures de sorcières et de spectres omniprésentes dans le cinéma japonais.

Ce qui dérange et terrorise, c'est la façon dont l'irrationnel investit le réel, presque naturellement. L'occulte est présent, comme si ces personnages avaient toujours vécu avec un respect pour l'étrange et la présence diffuse des morts. Fantômes, visions de l'au-delà et malédictions terrorisent et tuent, mais leur existence n'est jamais remise en doute.

Faut-il voir l'original avant le remake américain ?

Je conseille vraiment à tout le monde de voir ce film en version originale (la langue japonaise ajoute au film sa dimension particulière) avant de mettre les pieds dans une salle pour voir "The Ring".

J'avoue avoir une très mauvaise opinion du remake américain, par principe : je ne comprends pas qu'on soit incapable d'apprécier et de diffuser un film dès qu'il ne s'inscrit pas dans notre culture. Je trouve absurde de refaire exactement la même histoire en "américanisant" le concept...

Cela dit, je ne qualifierais pas ce remake de navet — d'une part, je ne l'ai pas encore vu, et d'autre part, j'ai lu des critiques affirmant que cette version américaine avait réussi à rester "fidèle sans copier". Je n'en suis pas convaincue, mais bon...

Après "Ring", j'ai vu d'autres films japonais aux ambiances étranges et ils me font toujours le même effet. J'ai peur, je l'avoue. C'est inexplicable... Je crois que l'absence d'action, le silence et la suggestion sont bien plus effrayants que l'étalage de sang et d'effets spéciaux.

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luna_scorpio
luna_scorpio @luna_scorpio
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