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Cinéma

La colline a des yeux

Alexandre Aja signe un remake oppressant de La Colline a des yeux, mêlant horreur brutale et critique sociale acide sur le nucléaire. Un film qui marqua les esprits en 2006.

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Afin de fêter son 25ème anniversaire de mariage, Big Bob Carter (Ted Levine) emmène sa femme Ethel (Kathleen Quinlan) voir l'endroit de ses rêves : le désert. La petite famille au grand complet suit le vieux couple. Même Doug Bukowski (Aaron Stanford) suit son beau-père malgré leurs disputes incessantes.

La famille s'arrête à une petite station-service. Là, des événements bizarres mais sans conséquences se produisent. Dix kilomètres plus loin, la famille est victime d'un accident de la route plus ou moins prémédité. Derrière les collines et le sable, le désert abrite des individus étranges et violents qui ne vont pas tarder à s'attaquer à la famille Carter-Bukowski...

Remake et contexte du film d'horreur

Les remakes sont légion ces dernières années. Entre Massacre à la tronçonneuse, La Maison de cire et Amityville, c'est au tour de La Colline a des yeux de retrouver une seconde jeunesse. Exit Wes Craven à la réalisation qui laisse sa place à Alexandre Aja, le Français qui nous donna le film Haute Tension.

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Une critique sociale sur le nucléaire

L'histoire n'a pas changé d'un pouce. Une famille qui se retrouve accidentellement dans le désert, dans une zone d'essais nucléaire militaire, et se retrouve confrontée à des sortes de « mutants ». Là où le film de Wes Craven se contentait de décrire une simple histoire, Alexandre Aja développe toute une réflexion critique sur le nucléaire et cela se ressent dès le générique. Des images d'explosions nucléaires de toutes les époques nous sont montrées sur une ballade des années 50. Le disque se raye et l'on voit les conséquences du nucléaire sur les hommes : déformations, maladies, etc. Mais cela continue dans le film. La scène où un personnage chante l'hymne américain avec un drapeau à ses côtés est lourde de sens. Comment peut-on faire des essais nucléaires dans une zone habitée sans que personne ne soit au courant ? Pourquoi sur des civils ? Au fond, les Américains patriotes deviennent dès lors des moutons que l'on promène allègrement en leur faisant miroiter une certaine vision des choses alors que la vérité est tout autre. L'Amérique en prend un coup...

Esthétique et effets spéciaux

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Esthétiquement parlant, le film ressemble au remake de Massacre à la tronçonneuse avec le procédé du jeu de lumière. Ici, la lumière joue un rôle important dans les scènes en journée en donnant un aspect ancien à la pellicule comme si celle-ci était abîmée. Lorsque les personnages entrent dans une maison, la lumière de l'extérieur est le seul éclairage utilisé et donne ainsi une impression d'horreur permanente. Mais dans les scènes de nuit, l'éclairage se fait uniquement à la lampe torche sans une avalanche de lumière. Une réussite de ce côté-là. Les maquillages et les effets spéciaux sont vraiment excellents, à tel point que l'on peut être dégoûté par ce qui se passe à l'écran.

Les clichés du film d'horreur

Malheureusement, quand on dit film d'horreur, on parle forcément de ses codes. Ainsi le film pèche en développant quelques clichés du genre : un héros invincible, des moments de surprise avec une musique adéquate, un frisson final et un happy end. En ce qui concerne la musique, elle reste parfois discrète pour laisser les bruitages du moment faire office de « frissons naturels » auprès du spectateur.

Distribution et jeu d'acteurs

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Les personnages sont peu creusés psychologiquement parlant, mais ces derniers retranscrivent à merveille leurs sentiments grâce à des acteurs qui s'impliquent. Aaron Stanford, vu dans X-Men 2 et 3 dans le rôle de Pyro, donne une belle démonstration de son talent. Changeant son physique, l'acteur est plus que crédible dans son rôle. Ted Levine, de la série Monk, fait une apparition sympathique. Les autres personnages sont tout aussi bons en participant à l'angoisse permanente du film.

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Conclusion : un remake qui marque les esprits

Voilà enfin un film d'horreur aux nombreuses qualités mais possédant quelques défauts mineurs qui renoue avec le travail de Roméro, à savoir un long métrage se servant d'une histoire fantasque afin de mener une critique (parfois acide) sur la société. Au milieu de tous ces remakes à la réalisation chancellante que l'on nous assène, préférez celui-ci qui vous fera réfléchir en plus de vous faire sursauter.

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mister_cool
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