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Cinéma

La Chute du Faucon Noir

Ridley Scott signe un film de guerre intense et réaliste sur la bataille de Mogadiscio de 1993, où une opération de 45 minutes s'est transformée en cauchemar pour les soldats américains.

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Ce film retrace la bataille de Mogadiscio, marquée par la plus longue présence de troupes américaines sur un théâtre d'opérations depuis la guerre du Vietnam. Le 3 octobre 1993, 120 soldats d'élite de l'armée américaine ont été parachutés en Somalie afin de capturer deux des plus proches lieutenants de Mohamed Farrah Aidid, chef de guerre somalien qui faisait vivre un enfer à la population. L'opération, qui semblait simple, devait durer une heure au plus. Elle s'est pourtant éternisée et soldée par un terrible fiasco, dont l'épisode le plus spectaculaire fut le crash de deux hélicoptères UH-60 Blackhawk. Le bilan humain fut catastrophique : 19 Américains morts, 73 blessés et des centaines de victimes somaliennes. La Chute du Faucon Noir retrace avec un grand réalisme cette opération.

La bataille de Mogadiscio : le contexte historique

L'intervention américaine en Somalie, placée sous l'égide des Nations unies, avait un but louable : mettre un terme aux affrontements tribaux qui décimaient le pays et à la famine qui ravageait l'Afrique de l'Est. Près de 300 000 personnes sont mortes, en partie à cause de la famine, mais aussi parce que des chefs de guerre comme Aidid confisquaient la nourriture fournie par les organismes humanitaires et tuaient leurs compatriotes en s'appropriant les colis de médicaments.

En capturant deux proches d'Aidid, les États-Unis espéraient désorganiser le clan à la base. La mission devait durer 45 minutes. À 14h49, les hommes recherchés sont repérés dans le centre de Mogadiscio. Les forces américaines entrent en action. Des Rangers et des soldats de la Delta Force sont acheminés dans la capitale somalienne par hélicoptère. Ils se rendent jusqu'au bâtiment visé, interviennent et font prisonniers les deux leaders du clan et 21 autres personnes.

Mais des affrontements avec des miliciens locaux retardent le repli des troupes américaines. Un hélicoptère Blackhawk est touché et s'écrase à quelques centaines de mètres du lieu où les autres soldats sont regroupés. Pour venir au secours des hommes qui se trouvaient dans l'appareil, des forces au sol s'engagent dans les rues labyrinthiques de la capitale somalienne et deviennent à leur tour la cible de la population locale. Un autre Blackhawk est ensuite abattu, ce qui complique encore la tâche des Américains qui n'ont plus qu'une seule règle : ne laisser aucun des leurs derrière eux, mort ou vivant.

Piégés dans cette ville qu'ils ne connaissent pas, une centaine d'hommes tentent alors d'échapper à la vindicte populaire qui les considère comme des ennemis et veut les massacrer. À 6h30 le lendemain matin, les forces américaines réussissent à se réfugier dans un stade sous le contrôle des Nations unies.

Ridley Scott : un réalisateur au service du réalisme

La guerre est une chose terrible. Filmée de près par un cinéaste aussi talentueux que Ridley Scott — réalisateur d'Alien, Blade Runner, Thelma et Louise et Gladiator —, elle prend une tournure encore plus dramatique, car nous sommes nous-mêmes plongés en plein cœur du drame.

Le film relate l'intervention avortée d'un groupe de militaires américains pris au piège dans une ville somalienne hostile. Le scénario, basé sur le livre éponyme, fait évidemment référence à la bataille de Mogadiscio qui avait défrayé la chronique en 1993 lorsque le cadavre d'un soldat américain avait été traîné dans les rues.

L'histoire, fondée sur des faits réels, se déroule durant cette intervention américaine en Somalie dans les années 1992-1993. Elle raconte un épisode particulièrement éprouvant tant pour l'armée somalienne du général Aidid que pour les soldats américains. Un raid est décidé par le général américain, destiné à faire des prisonniers parmi les têtes dirigeantes d'Aidid. Ce qui était prévu comme une opération rapide et relativement aisée se transforme vite en enfer. Mille Somaliens seront tués et dix-neuf soldats américains y laisseront leur vie.

Le film montre les difficultés et les horreurs d'une guerre où le combat ne se déroule pas simplement dans les airs mais au sol contre des ennemis embusqués dans les maisons ou sur les toits. Certaines scènes de grands blessés sont presque insoutenables. D'autres scènes de soldats agonisants, voyant leur famille orpheline, sont particulièrement touchantes. Le soin extrême mis à récupérer les combattants blessés souligne le prix de la vie humaine. Le Faucon noir est un hélicoptère américain qui sombre au sol après avoir été touché par des roquettes somaliennes.

Tournage au Maroc et adaptation fidèle

Tourné au Maroc — la Somalie étant encore à l'heure actuelle un pays trop dangereux pour un tel tournage —, le film de Ridley Scott s'inspire d'un livre de Mark Bowden, un journaliste du Philadelphia Inquirer, qui a enquêté pendant plusieurs années sur cette opération présentée par les médias comme un fiasco militaire.

Un film d'hommes sans héros

C'est un film d'hommes, où les femmes sont réduites au rang de figurantes. Il n'y a pas de héros, et aucun des acteurs n'est plus mis en valeur qu'un autre, qu'il s'agisse de Sam Shepard, d'Ewan McGregor, de Tom Sizemore ou d'Eric Bana. Ils ne sont unis que par le sens de leur mission et par une solidarité qui leur interdit de laisser un des leurs en terrain ennemi. Mais au-delà de ces quelques valeurs, La Chute du Faucon Noir est surtout un film qui souligne l'absurdité de la guerre.

Évitant les habituels poncifs du genre, Ridley Scott signe avec La Chute du Faucon Noir un film de guerre sans fard mais à l'esthétique soignée.

La force principale du film est de ne pas prétendre être autre chose qu'un film de guerre. Il suit les préparatifs de la mission considérée comme bénigne, puis les 24 heures d'enfer qui vont suivre pour une centaine de soldats américains pris en étau par plusieurs milliers d'ennemis.

Scott ne s'attarde pas à nous présenter les habituels adieux à la copine et défilés sous les drapeaux de l'Académie. La présentation des personnages est rapide, évitant les profils habituels du genre : ne vous attendez donc pas à suivre les aventures héroïques d'un bataillon modèle composé d'un officier renfrogné qui assumera son devoir jusqu'au bout, d'un dur à cuire qui se sacrifiera et trouvera par la même rédemption, d'un idéaliste qui sauvera la vie d'un prisonnier et d'un lâche qui se révélera le héros du jour.

Certes, La Chute du Faucon Noir, film de guerre au premier degré, n'a pas la portée idéologique d'Apocalypse Now, la poésie de The Thin Red Line ou la psychologie de Full Metal Jacket et Platoon. Cependant, il ne tente à aucun moment de se déguiser derrière un patriotisme démagogique ou une pseudo-analyse des personnages (voir Saving Private Ryan).

Une esthétique visuelle au service de l'action

Le réalisateur joue plutôt la carte du réalisme. Le film est violent et nerveux, et n'aurait été qu'un énième film de guerre si ce n'était pour sa photographie artistique et sa vision didactique. Ridley Scott réutilise les tons bleus-gris saturés qu'il avait utilisés au début de Gladiator. En offrant une représentation réaliste et esthétique de la violence, il parvient à susciter l'intérêt du spectateur jusqu'à la fin. Le long métrage est sûrement voyeur, mais son aspect documentaire prévaut.

L'interprétation est volontairement effacée. Si la distribution compte quelques têtes connues comme Ewan McGregor, Josh Hartnett, Sam Shepard et Tom Sizemore, aucun acteur n'en fait trop ou ne tente d'éclipser ses collègues. La raison est claire : sous leur harnachement, tous les soldats sont identiques et ont été entraînés à réagir de la même façon en combat. Vous ne verrez donc pas Tom Sizemore torse nu avec un collier de munitions autour du cou et une mitrailleuse à la main (heureusement !). Hartnett et McGregor sont assez discrets, tandis que Sam Shepard arrive à exprimer l'effroi grandissant de la situation avec de simples expressions du visage.

Enfin, lorsque l'on sait que le film est produit par Jerry Bruckheimer à qui l'on doit Pearl Harbor, on apprécie d'autant mieux que le film ne s'égare jamais de son sujet.

Une expérience cinématographique intense

Si La Chute du Faucon Noir est un film mineur, il n'en est pas moins une expérience forte. Ridley Scott sort l'artillerie lourde sous le regard bienveillant de son producteur. Retrouver le réalisateur de Blade Runner, Alien et Gladiator dans l'écurie ayant produit les Michael Bay, Dominic Sena et autres Simon West pouvait inquiéter. Mais le film démontre qu'un sujet fort peut parfois avoir raison des pires antécédents et autres mauvais penchants.

La Chute du Faucon Noir est sans doute l'un des films les plus surprenants qui soient récemment sortis des usines Bruckheimer. À l'origine du projet, une série d'articles et un livre écrits par Mark Bowden, journaliste du Philadelphia Inquirer parti enquêter en Somalie sur les lieux d'un drame survenu à Mogadiscio le 3 octobre 1993, lorsque des Rangers américains menaient une opération coup de poing visant à exfiltrer les proches collaborateurs du dictateur local Mohamed Farrah Aidid. Catapulté aux commandes, Ridley Scott est lui aussi un vieux cheval de retour puisqu'on lui doit un GI Jane patriotique.

Pour autant de bonnes que de mauvaises raisons, La Chute du Faucon Noir est un authentique film de genre. Mais de quel genre exactement ? Car le film de guerre, sporadiquement exploré ces dernières années par des cinéastes très différents, est surtout utilisé comme terreau fertile à la satire (Les Rois du Désert), la métaphysique (La Ligne rouge), le thriller (Stalingrad), l'aventure humaine (Saving Private Ryan) ou la controverse (L'Enfer du devoir). Les conflits, quels qu'ils soient, sont transformés en simples toiles de fond, créant parfois au sein de la narration un véritable déséquilibre.

Parmi ces « revivals » du cinéma militaire, le film de Ridley Scott apparaît comme le seul à se consacrer à un seul et unique fait d'armes, à détailler précisément et exclusivement les circonstances et les étapes d'une bataille isolée. Faisant abstraction des causes profondes du conflit, de l'historique de l'engagement américain à l'étranger, voire même du vécu très rapidement expédié de ses bidasses, il ne livre que les fioritures nécessaires à une implication efficace du spectateur dans l'action. Car une fois le coup d'envoi donné, le film se révèle dans toute sa dimension : un film de guerre totale, topographique, balistique, technologique et sanglant, un chassé-croisé destructeur et haletant où chaque minute marque un tournant stratégique de ce traquenard gigantesque où 19 soldats vont trouver la mort au terme de 16 heures de combat. Ridley Scott réussit avec un certain brio à traduire ce glissement d'une simple anicroche vers une catastrophe absolue.

Une mise en scène magistrale du combat urbain

Bien des options prises par le film seraient hautement contestables si Scott ne jouait pas autant à fond la carte d'une théorie des dominos scénaristique assez bien construite, voyant chaque action entreprise par l'armée pour sauver ses hommes et se retirer du champ de bataille engendrer un nouveau problème nécessitant plus de renforts, et causant toujours plus de dégâts et de morts.

On voudrait ainsi pointer du doigt l'absence totale de psychologie des adversaires des Rangers, voire même réactiver les arguments jadis avancés contre L'Enfer du devoir : comme dans le Friedkin, c'est toute la population, sans distinction entre oppresseurs et opprimés, qui surgit de toute part pour assaillir l'envahisseur américain. Mais à la différence du brûlot sus-nommé, La Chute du Faucon Noir accentue l'impersonnalité des autochtones et la subjectivité de la narration non pas pour appuyer une quelconque thèse, mais à seule fin de traduire à l'écran la perte totale de repères des Rangers, piégés dans une nacelle labyrinthique et tortueuse, harcelés par un adversaire à la volonté unique (les massacrer) et au nombre apparemment illimité. On n'est finalement pas très loin de la thématique carpentérienne, les vagues d'agresseurs évoquant épisodiquement New York 1997 ou Assaut.

Si l'on veut bien accepter qu'un drame réel soit métamorphosé en divertissement à grand spectacle, on pourra alors considérer La Chute du Faucon Noir comme un bon film de survie, un gigantesque climax guerrier entièrement construit autour de la paranoïa et de l'épuisement progressif des soldats.

Peu exploré au cinéma à l'exception notable de Salvador et Full Metal Jacket, le combat urbain trouve ici ses véritables lettres de noblesse. Scott s'emploie à nous perdre dans un dédale d'immeubles criblés et de rues dévastées tout en situant clairement ses personnages dans la géographie étroite de leur progression. Chaque rue, carrefour ou bâtiment devient un mini-enjeu très précisément agencé, un problème à résoudre soudain dynamité par un imprévu brisant net la cohésion renaissante des troupes.

Scott évite l'écueil de la surcharge en ne cherchant pas à créer des scènes d'action mémorables : pas de faits d'arme inoubliables mais une poursuite continuelle et métronomique des massacres, un pilonnement ininterrompu où le maître-mot est « insécurité ». Le réalisateur peut ainsi pulvériser sous tous les angles les décors impressionnants d'Arthur Max (déjà en poste sur Gladiator) tout en poussant très loin la brutalité des échanges. Clairement décomplexé par ses excès cartoonesques de Hannibal, il se complaît par endroits dans le gore le plus vermeil, avec tripes dans la poussière et interventions chirurgicales réalistes. Conditionné par la logique cohérente de l'ensemble, le montage se fait moins surdécoupé qu'à l'accoutumée et parvient à véritablement « raconter » une histoire. Au final, le cinéaste cherche l'efficacité avant tout et puise pour ce faire dans le gigantesque vivier des images de la violence, se plaçant au croisement des actualités télévisées, du spectacle truqué et des jeux vidéo.

Le message politique du film

Et l'Amérique dans tout ça ? La défaite illustrée par La Chute du Faucon Noir apparaît avant tout comme celle d'une certaine politique d'interventionnisme. En choisissant un conflit où la population a oublié ses propres mésententes pour rejeter l'étranger, Bruckheimer et Scott semblent entériner un repliement des USA sur eux-mêmes, égocentrisme souligné par les causes profondes du carnage : sauver tous les Rangers piégés, sans exception, ne se battre que pour les siens sans regarder à la dépense en vies humaines. Un présupposé aussi bien vecteur de tension dramatique que d'idéologie. Voyez à ce titre la scène surprenante où des soldats courent se réfugier dans un stade sous les acclamations d'une foule les accueillant comme des marathoniens olympiques. Métaphore assez transparente sur le besoin impérieux de ne plus jouer, à l'avenir, que sur son propre terrain...

L'oiseau de la mort

Après le succès de Gladiator (2000), le cinéaste Ridley Scott ne s'est pas fait prier pour renouer avec le drame historique. Cette fois, Scott a fait dans le drame de guerre en signant l'explosif Black Hawk Down. La bonne nouvelle, c'est que, grâce au producteur Jerry Bruckheimer (Pearl Harbor) reconnu pour ses productions au mégabudget, ce perfectionniste de la reconstitution historique a pu ouvrir les cordons de la bourse à satiété. Scott offre aussi une belle occasion de revoir les acteurs Ewan McGregor et Ewen Bremner (Spud) réunis pour la première fois depuis leur inoubliable collaboration de l'époque de Trainspotting.

Ici, les deux complices incarnent des soldats américains qui ont vraiment existé et dont le destin prend un éclairage tout particulier avec les événements du 11 septembre. Ils se joignent à une distribution imposante qui saura répondre à la hauteur des attentes du grand public et de la critique, avec des noms comme Josh Hartnett (Pearl Harbor), Tom Sizemore (Saving Private Ryan), l'Australien Eric Bana (Chopper) et le Welsh Heartthrob Ioan Gruffudd (Hornblower).

Tous sont dirigés de main de maître par Scott qui s'est intéressé au putsch réalisé par Mohamed Farrah Aidid en Somalie, au début des années 1990. Après s'être proclamé roi et maître de la Somalie, Mohamed tyrannise son pays, laissant la population crever de faim. Il force l'armée américaine à s'impliquer en assassinant sans vergogne 24 casques bleus en poste. Ironie du sort, les Américains seront encore une fois victimes de leur sentiment de supériorité.

Le 3 octobre 1993, à Mogadiscio, une mission militaire de routine tourne au cauchemar. Irritée par la présence soldatesque américaine, la population somalienne, contre toute attente, se soulève pour appuyer leur bourreau. Aussitôt que les civils ont pris les armes, la situation s'est détériorée. Un hélicoptère Black Hawk, symbole de la puissance militaire américaine, tombe au combat, puis un deuxième. Surpris par cette opposition plus que farouche, les soldats sont rapidement en infériorité et encerclés. Ce qui s'annonçait alors comme une simple opération militaire allait s'inscrire comme l'un des pires fiascos américains depuis le Vietnam.

La force de Black Hawk Down réside dans la psychologie des personnages, dont la complexité vient ajouter une dimension importante à ce film d'action. Le film pourrait bien valoir à Scott et son équipe une place de choix dans la course aux Oscars.

Une méditation sur la guerre ?

« Seuls les morts ont vu la fin de la guerre. » Le dernier film de l'auteur de Blade Runner commence par cette phrase de Platon et l'on se dit qu'il pourrait être une méditation sur la mort ou la guerre. Que nennie… L'attaque commando de l'armée américaine du 3 octobre 1993 à Mogadiscio pour capturer deux chefs de guerre et mettre fin aux affrontements en Somalie s'est soldée par un sanglant carnage et une misérable débâcle : elle réveille un nid de frelons — comme le fait remarquer le général interprété par Sam Shepard — c'est tout un quartier de Mogadiscio qui vient combattre les Américains ou bloquer les rues.

Le film est à la gloire de ces soldats hyper-entraînés et sur-endoctrinés qui se battent jusqu'au bout, non pour réussir une mission qui est d'entrée un lamentable fiasco, mais pour sauver les soldats encore coincés et les blessés, et même rapatrier les morts. Combats de rue et morceaux de bravoure, opération chirurgicale in situ, anecdotes et blagues de soldats, toutes les ficelles du film de guerre conduisent à un seul but : face aux morts, le capitaine courageux nous dit (puisqu'il s'adresse à un mort qui lui n'entend rien) qu'il y a un sens à aller se battre ainsi à l'étranger.

Que le spectateur n'attende pas d'en savoir plus sur le drame somalien. Quelques phrases expéditives en début de film sur le pourquoi du comment : éliminer un chef de guerre pour arrêter la guerre, comme si c'était si simple. Les Somaliens ne sont toujours que foule déchaînée, hommes d'affaires cyniques ou barbouzes miliciens. On nous annoncera finalement que plus d'un millier d'entre eux furent tués, mais on nous donnera la liste des 19 Américains morts au combat : l'Afrique reste le continent des morts sans noms. Ils resteront justement cet étranger pour qui l'on va combattre sans le connaître, car ce n'est pas lui qu'on défend mais une idée, la fameuse démocratie à l'américaine.

Tout le film converge vers cette idée sans jamais la critiquer, et l'image lui obéit autant que les dialogues : jamais une faille, parfaitement univoque, sans arrêt efficace et d'un classicisme irréductible malgré les acrobaties héliportées, tout comme la musique qui pèse des tonnes. À la différence d'un Coppola sur Apocalypse Now ou d'un Kubrick sur Full Metal Jacket, Scott filme avec efficacité mais sans originalité, seulement concentré sur son intention démonstrative. Pour qui n'est pas convaincu que l'armée américaine sauve le monde en intervenant en Somalie ou en Afghanistan, le film est d'un vide impressionnant. La nausée qu'il provoque ne vient pas de sa violence, qui n'a rien de bien nouveau, mais de sa malheureuse laideur.

Anecdotes de tournage

Matériel lourd

Dans un souci de réalisme, la production de La Chute du Faucon Noir a mobilisé d'importants moyens pour reproduire les combats de rue de Mogadiscio. Ont ainsi été transportés jusqu'aux lieux de tournage au Maroc : une quinzaine d'hélicoptères, des dizaines de blindés et de transports de troupes, un véritable arsenal militaire, ainsi que le plus grand système de prises de vue sur grue au monde.

Une équipe internationale

Bien que centré sur les déboires de l'armée américaine, le film a mobilisé une équipe des plus internationales. Outre deux acteurs britanniques (Ewan McGregor et Jason Isaacs) et un australien (Eric Bana), l'équipe des cascadeurs était majoritairement composée de Tchèques. Des Croates, des Canadiens, des Français et des Allemands étaient répartis dans différents départements. Quant aux comédiens incarnant les guerriers somaliens, ils ont été choisis parmi les étudiants de Rabat, où se déroulait le tournage. Ils étaient originaires du Niger, du Burkina Faso, du Ghana, de la Sierra Leone, de l'Angola, de Djibouti, du Sénégal et du Congo.

Entraînement militaire

C'est une habitude : pas de film de guerre sans entraînement intensif au préalable. Les acteurs ont participé aux exercices des vrais soldats sur différentes bases militaires des Rangers, des forces spéciales et de la très secrète Delta Force. Au programme : technique de combat rapproché, cours sur l'histoire des Rangers, maniement de radios, d'armes automatiques et des fusils M16-A2.

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legolas
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