
Contrairement à sa bande-annonce qui laissait présager un film d'action, La 25ème heure n'en est pas un. Ce long-métrage raconte les dernières 24 heures d'un dealer de drogue blanc à New York, avant son incarcération. C'est d'ailleurs une première pour Spike Lee : le réalisateur ne met ici en scène que des personnages blancs, à l'exception de la petite amie du héros – ou plutôt de l'anti-héros. Une histoire magnifiquement racontée grâce à deux éléments majeurs.
La patte Spike Lee : une réalisation artistique soignée
Le premier atout du film est sa réalisation très artistique : angles de caméra audacieux, grain de la pellicule, flashbacks sur la vie passée du personnage principal… Le deuxième point fort est le jeu des acteurs, criant de vérité et de naturel. Mention spéciale à Edward Norton et aux interprètes qui jouent ses amis.
Un rythme lent assumé
Cependant, ce film n'est pas exempt de défauts. Le rythme est lent si l'on n'accroche pas dès les 15 premières minutes, et le spectateur n'est pas à l'abri de certaines longueurs. De plus, l'action se déroule à New York, une ville marquée par les attentats du 11 septembre 2001. Spike Lee abuse parfois des symboles y faisant référence : des avis de recherche contre Ben Laden à l'inévitable Ground Zero – introduit de façon assez originale, je dois l'avouer. Le point le plus discutable reste l'utilisation à outrance des drapeaux américains, témoignant d'un patriotisme exacerbé.
Verdict : pour qui est ce film de Spike Lee ?
Bref, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, je ne pense pas que ce film fédérera les indécis. Je le conseillerai si vous appréciez les histoires et la façon de filmer du cinéma indépendant new-yorkais. En revanche, si vous cherchez un film d'action, passez votre chemin : La 25ème heure est loin de correspondre à ce genre d'attentes.