Image 1
Cinéma

L'Armée du crime

Critique du film "L'Armée du crime" : un hommage émouvant aux résistants immigrés de la FTP-MOI, malgré quelques longueurs.

As-tu aimé cet article ?

Image 1
L'histoire du film "L'Armée du crime" se passe en 1941, après la rupture du pacte germano-soviétique. Missak Manouchian, émigré arménien communiste, entre dans la Résistance, à Paris, à la tête d'un groupe de travailleurs immigrés. Ils seront dénoncés et exécutés au mont Valérien en février 1944.

Un récit historique qui manque de rythme

Certes, le film apparaît long et les dialogues sont parfois plats. Cette nouvelle vision de la Résistance fait plutôt penser aux téléfilms des chaînes publiques. Sans être foncièrement mauvais, "L'Armée du crime" ne réussit pas toujours à maintenir le spectateur en haleine. Même s'il se regarde sans déplaisir particulier, il manque certainement de profondeur pour toucher. Les attentats sont bien maîtrisés, mais les sentiments semblent parfois tirés par les cheveux et certains personnages manquent de charisme (notamment Monique et Ivan Franek).

Le film prend un temps infini à présenter ces hommes. Notre intérêt pour eux et pour leurs actions se dilue avant que l'on ait pu en saisir les enjeux. Jamais le film ne convainc totalement, la faute à une mise en scène sans caractère qui veut trop s'effacer derrière l'histoire. Le cinéaste se contente de mettre bout à bout des faits sans jamais chercher à faire naître l'émotion chez le spectateur.

Des choix de réalisation discutables

Le film s'attarde trop sur les scènes de torture, même si elles dénoncent les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Il montre aussi des passages sans grande utilité, comme la compétition de natation. On aimerait voir plus de scènes d'action pour pimenter un peu le récit, ou davantage de moments sentimentaux entre les acteurs. La fin apparaît brusque avec le démantèlement du groupe.

L'insistance sur l'évidence de leur engagement, leur volonté et leur vie contrastée avec les risques insensés qu'ils prennent peut donner une impression de déjà-vu dans ce film sur la Résistance.

Un hommage vibrant aux héros immigrés

Mais ce film relate des faits historiques. Il rend hommage à la Résistance et plus particulièrement à ce groupe de jeunes étrangers — Juifs, Polonais, Espagnols, Hongrois, Roumains, Italiens — dirigé par Missak Manouchian, qui était lui-même Arménien. On y observe l'évolution de ce chef de groupe qui, au début de l'histoire, ne voulait mener que des actions pacifistes. Il fut ensuite dans l'obligation de commettre plusieurs attentats contre l'occupant (on le voir changé d'état d'esprit dans la scène de l'attaque à la grenade contre ce groupe de jeunes soldats allemands).

Si les scènes de torture sont parfois dures, elles sont masquées par des moments de joie et d'amitié, comme la scène de la piscine avec Monique et Marcel ou celle du retour de la compétition. Le film nous montre ces héros parfois méconnus ou oubliés de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il est un peu la mémoire de l'héroïsme de ces hommes et femmes immigrés qui se sont battus et qui sont morts pour leur France en devenant résistants.

Un témoignage nécessaire sur la police française

On découvre aussi tout au long du film que la police française a participé activement à des arrestations massives de Juifs, de résistants et à des actes de torture. Le film rend hommage aux FTP de la célèbre "Affiche rouge" sous la forme d'une "imagerie légendaire".

L'histoire est d'autant plus émouvante et captivante puisque le réalisateur, Robert Guédiguian, est à la fois arménien et communiste. Il rend un bel hommage à travers ce film à ces hommes et à cette femme qui ont tous été les martyrs de cette guerre et qui ont donné leur vie pour la France.

Conclusion : un film à voir malgré ses défauts

Malgré quelques longueurs et des scènes de tortures violentes, c'est un très bon film qui mérite d'être vu. Il nous rappelle l'existence de ces héros de la Résistance que nous avions parfois oubliés, mais qui ont lutté activement contre l'occupation allemande pour que leur France redevienne le pays libre des Droits de l'Homme comme ils l'auraient souhaité.

As-tu aimé cet article ?
clementlehenaff
clementlehenaff @clementlehenaff
5 articles 0 abonnés

Commentaires (0)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...