
Avec Tenzin Thuthob Tsarong, Gyurme Tethong, Tulku Jamyang Kunga Tenzin, Tenzin Yeshi Paichang, Thencho Gyalpo...
Réalisé par Martin Scorsese
Kundun : une immersion dans le Tibet bouddhiste
Kundun n'est pas qu'un simple film... Scorsese réussit la prouesse de nous immerger totalement dans cet univers et cette culture si particuliers, tout en nous faisant réfléchir à la situation complexe du Tibet aujourd'hui.
Je ne ferai pas ici un résumé très détaillé, pour ne pas gâcher le film si certains d'entre vous souhaitent le voir — et je l'espère. Je vais plutôt proposer une critique, pas non plus très poussée, mais qui donnera, je l'espère, envie de découvrir cette œuvre.
L'histoire du Dalaï-Lama, de l'enfance à l'exil
Tout commence en 1937, lorsque des moines de Lhassa, capitale du Tibet, découvrent en la personne d'un enfant d'un peu plus de deux ans la réincarnation du 14e Bouddha de la compassion. Dès lors, son éducation sera prise en charge par ces moines, afin qu'il soit prêt à assumer cette vie spirituelle.
Le film retrace la vie du Dalaï-Lama sur quatre périodes, et donc quatre acteurs différents. De sa plus tendre enfance jusqu'à son âge adulte, Scorsese réussit un tour de maître en dirigeant à merveille les quatre interprètes, malgré leur jeune âge pour certains. On retiendra surtout la performance du plus âgé, qui incarne avec justesse la beauté et la sagesse de Kundun. Car le film se veut avant tout historique, et c'est un peu sous la forme d'un documentaire qu'on peut le percevoir.
L'invasion chinoise et la rencontre avec Mao
Après quelques difficultés durant son enfance, le Dalaï-Lama se trouve confronté à un problème politique majeur : l'invasion de son pays par les communistes de Mao. Ces derniers annexent le Tibet en 1959, à la suite de multiples violences et bombardements...
Le Dalaï-Lama se rend toutefois à Pékin pour rencontrer Mao. Mais ce dernier, en bon communiste, le rassure sans lui révéler tous ses desseins... Ce sera la seule et dernière fois où le leader tibétain et le dictateur chinois auront l'occasion de s'entretenir. En effet, la situation devenant de plus en plus critique, et les exigences chinoises devenues insoutenables, il s'exilera du Tibet en 1959, dans le plus grand secret, escorté de quelques fidèles serviteurs...
Une maîtrise entre image et musique
Kundun est devenu une référence en la matière. Les magnifiques plans accompagnés de la musique de Philip Glass forment un tout indispensable au bon déroulement du film. Précisons que le film n'a pas été tourné au Tibet — on le comprendra — mais au Maroc.
On peut tirer un grand coup de chapeau à Martin Scorsese, qui prouve qu'il peut changer de style sans aucun problème. C'est d'ailleurs là qu'on reconnaît les grands metteurs en scène... Mais il faut aussi saluer le script de Melissa Mathison, scénariste de E.T., qui propose là à Scorsese un scénario riche et unique, portant sur la vie d'un des personnages les plus marquants du XXe (et XXIe) siècle : le Dalaï-Lama.