Happy Birthday est devenu le film égyptien le plus remarqué de 2025. Premier long-métrage co-écrit et réalisé par Sarah Goher, il a remporté trois prix au Festival de Tribeca 2025 puis le Grand Prix de la 14e édition du Festival international du film de Dakhla. L'Egypte l'a choisi comme soumission officielle pour l'Oscar du meilleur film international 2026. Son parcours explique pourquoi les plateformes internationales le regardent de près, même si aucune sortie en France n'est encore annoncée.

Un premier film qui rafle les prix
Sarah Goher signe son premier long avec Happy Birthday, un film égyptien de 2025 qu'elle a co-écrit avec Mohamed Diab. Le film est produit par Ahmed El Desouky pour SkyLimit Production, avec Jamie Foxx parmi les producteurs.
Le décollage est venu de New York. Happy Birthday a fait sa première mondiale au Festival de Tribeca le 5 juin 2025. Le jury lui a remis trois distinctions : meilleur film international, meilleur scénario international et prix Nora Ephron.
Quelques mois plus tard, le film a remporté le Grand Prix à Dakhla. Pourquoi le film égyptien "Happy Birthday" a-t-il décroché le Grand Prix à Dakhla ? Ce doublé Tribeca-Dakhla est rare pour un premier film arabe et africain. Il a ensuite poursuivi sa route en festivals, avec un passage par Gouna notamment. "Happy Birthday" : anatomie d'un Grand Prix mérité à Dakhla
De quoi parle Happy Birthday ? L'histoire de Toha
Happy Birthday suit Toha, une fillette de 8 ans qui travaille comme domestique au Caire. Elle sert une famille fortunée et s'occupe de Nelly, la fille de ses employeurs.
Toha veut une chose : organiser pour Nelly la fête d'anniversaire parfaite. Le projet, simple en apparence, révèle tout ce qui sépare les deux enfants. L'une grandit dans le confort d'un appartement bourgeois, l'autre vit de son travail dans la même maison.

Le film tient sur ce face-à-face intime. Il ne montre pas le Caire des cartes postales, mais celui des intérieurs, des cuisines et des chambres d'enfant où se joue la distance sociale.
Un casting entre visages connus et révélation
Le rôle de Toha est porté par Doha Ramadan. Autour d'elle, le film réunit des noms connus du cinéma égyptien : Nelly Karim, Hanan Motawie, Sherif Salama et Aly Sobhy.
Le choix de confier le centre du récit à une très jeune actrice est décisif. Tout passe par son regard, son sérieux et sa détermination à bien faire. Face à elle, les adultes incarnent un monde qui trouve normal qu'une enfant travaille pour une autre enfant.
Pourquoi le film touche autant : la fracture sociale du Caire
Happy Birthday aborde la fracture sociale au Caire à travers le travail domestique des enfants. C'est ce thème qui explique son écho en festivals et son potentiel auprès des plateformes à la recherche d'histoires ancrées et universelles.
Deux enfances dans la même maison
Le contraste entre Toha et Nelly rend l'inégalité concrète. Même âge, même ville, mais pas les mêmes droits, pas le même quotidien, pas le même avenir imaginé. Le film montre comment l'argent organise l'espace : qui dort où, qui sert qui, qui fête quoi. Cette proximité forcée rend l'écart plus visible que les statistiques.
Le travail des enfants, une réalité économique
En Egypte, le travail des enfants reste lié à la pauvreté, à l'informalité et au coût de la vie dans les grandes villes. Des familles envoient une fille travailler comme domestique pour compléter un revenu ou rembourser une dette. Les filles sont particulièrement exposées car le travail à domicile est peu visible et peu contrôlé.
Les autorités ont renforcé le cadre légal et multiplié les programmes de protection de l'enfance et de scolarisation, mais l'application est inégale. Le film ne donne pas de leçon. Il montre un système où chacun s'habitue à l'inégalité parce qu'elle arrange le quotidien des plus favorisés et répond à une urgence économique chez les plus pauvres. C'est aussi pour cela que le cinéma fonctionne ici comme un révélateur : il oblige à regarder une relation de travail que beaucoup préfèrent considérer comme une aide.
De Tribeca à Dakhla : un parcours qui ouvre les portes de l'international
Le parcours en festivals est l'indicateur le plus fiable pour un film sans distributeur français. Tribeca apporte la légitimité internationale et une couverture presse aux Etats-Unis. Dakhla confirme l'adhésion du public et des professionnels en Afrique et dans le monde arabe.
Cette trajectoire compte pour la suite. Un film distingué à Tribeca et primé à Dakhla attire les vendeurs internationaux, les sélectionneurs d'autres festivals et les acheteurs de plateformes. Le récit est clair, le sujet est lisible partout et le prix Nora Ephron, qui récompense une cinéaste, ajoute un angle fort pour la promotion.
Le festival de Dakhla lui-même a gagné en visibilité. Le festival de Cannes 2026 à Dakhla : le FIFID dévoile sa programmation africaine et arabe Cette montée en puissance aide les lauréats à être repérés au-delà du circuit régional.
Quand voir Happy Birthday en France et en streaming ?
Au 28 août 2026, Happy Birthday n'affiche aucune date de sortie en salles en France et aucune disponibilité en streaming ou en VOD. Les fiches de référence ne listent que le synopsis et le parcours en festivals.
La carte des Oscars 2026
L'Egypte a désigné Happy Birthday comme sa soumission officielle pour l'Oscar du meilleur film international 2026. La sélection ne garantit pas une nomination, mais elle place le film dans la course la plus regardée par les distributeurs. Une entrée dans la shortlist de décembre changerait immédiatement son statut commercial.
Pourquoi les plateformes peuvent se positionner
Les plateformes cherchent des films de festival capables de parler à plusieurs territoires sans perdre leur ancrage local. Happy Birthday coche ces cases : une histoire d'enfance forte, un sujet social lisible, des prix qui servent de label qualité et une coproduction qui facilite une diffusion internationale.
Reste la tension. Le film est célébré, mais il n'est pas encore accessible au public français. Son avenir dépendra des prochaines étapes : résultats de la campagne pour les Oscars, intérêt d'un distributeur en France et négociations pour une fenêtre streaming. Tant que ces accords ne sont pas signés, le bouche-à-oreille des festivals est son seul mode de diffusion.