
Film britannique, allemand, américain (2002). Historique, Action, Drame. Durée : 2h 50mn. Interdit aux moins de 12 ans
Date de sortie : 08 janvier 2003
Avec Leonardo DiCaprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz, Liam Neeson, Brendan Gleeson
Réalisé par Martin Scorsese
Sortie attendue : un film repoussé plusieurs fois
Prévu en 2001, puis repoussé en 2002 pour ne sortir finalement qu'en 2003, le dernier Scorsese arrive enfin sur nos écrans. Ce film, acclamé par la critique, encensé par le public et bénéficiant d'une publicité conséquente, ne pouvait qu'être un régal pour mes beaux yeux de jeune homme musclé en pleine croissance et bâti comme un mulet — même Stallone n'en a pas une aussi... Oups, je m'égare. Enfin bref, tout portait à croire que j'aimerais ce film. Et ai-je aimé ? Oui... Mais ai-je vraiment aimé ? Oui... Sûr ? Oui... C'est votre dernier mot ?... Enfin, non.
Pour tout vous dire, je fais un article sur ce film, mais je ne saurais le noter ni dire si c'est une bonne ou une mauvaise production... Mais comme d'habitude, avant de plus détailler, penchons-nous (sans tomber bien sûr, comme dirait mon prof d'anglais) un peu plus sur l'histoire.
L'intrigue : New York, 1846
1846, New York, le quartier des Five Points... Les immigrés irlandais et les « natifs » américains se préparent à mener bataille pour décider du contrôle de ces cinq quartiers. Rassemblés en gangs, le meneur des Irlandais, le prêtre Vallon, est aussi le chef de celui des « Dead Rabbits ». Pourquoi « Dead Rabbits » ? Z'avez qu'à aller le voir, non mais... Enfin bon. Le leader des natifs quant à lui s'appelle William Cutting, mais son surnom, Bill « le Boucher », est plus parlant. Dans la bataille, le prêtre trouve la mort sous les coups de Bill. Son fils, témoin du meurtre, est remis entre les mains d'une maison de correction, où il passera les 16 prochaines années de sa vie. À sa sortie, il n'a bien sûr qu'une chose en tête : venger son père. Mais entre-temps, Bill est devenu une personne influente à New York, et les débuts de la guerre de Sécession ainsi que la ville telle qu'elle est aujourd'hui ne vont pas forcément l'aider dans sa tâche.

Martin Scorsese : un réalisateur emblématique
Bon, le résumé je vous l'ai fait court, parce que je ne veux pas tout dévoiler... Les autres critiques s'en chargent.
Un film de Martin Scorsese... Scorsese ? Tiens, c'est pas un réalisateur très connu lui ? Ah si... Martin Scorsese, qui est asthmatique comme moi (m'en fous, j'ai fait un lien comme ça), fait partie de ces réalisateurs très personnels, mais néanmoins extrêmement brillants de ce siècle, un peu comme un Kubrick, j'ose le dire... Scorsese crée ainsi un véritable engouement à chaque fois qu'un de ses films paraît. On le connaît entre autres pour son prometteur Mean Streets de 1973 avec Robert De Niro, son célèbre Taxi Driver (1976), son magnifique Raging Bull (1980, décrit par certaines critiques comme le meilleur film de la décennie), son très personnel mais non moins bouleversant Kundun, ou encore ses très mafieux Les Affranchis et Casino. Le bonhomme s'est ainsi déjà acquis une sérieuse notoriété à Hollywood, et compte parmi ses amis Robert De Niro. C'est d'ailleurs un peu lui qui le sortira de la dépression et de la drogue qui l'accablaient, en lui proposant le tournage de Raging Bull, la biographie d'un célèbre boxeur. Film qui connaîtra le succès qu'on lui connaît...

Casting et jeu d'acteurs
Bon, c'est bien joli tout ça, mais le film ? Ben... le film est... spécial, y'a pas d'autre mot. Pas mauvais, mais pas exceptionnel non plus. Le jeu des acteurs par exemple est tout à fait honorable, même pour DiCaprio ! Mais même si Daniel Day-Lewis est exemplaire dans ce rôle très dur du Boucher, le trop-plein de second rôles fait que l'on s'y perd un peu au final... Cameron Diaz quant à elle n'est pas trop mal.
Pour les seconds rôles, sachez que le mec qui fait les poches au prêtre, au début du film, a aussi joué Hamish, le pote de Mel Gibson dans Braveheart et que le politicien omniprésent dans le film n'est autre que Zidler, le propriétaire du Moulin Rouge dans le film du même nom. Il y a aussi l'ami de DiCaprio que vous avez dû voir dans E.T., de Steven Spielberg ! Et oui, le gamin c'était lui (merci Flo). Ah oui, et le bras droit de Bill, le petit chauve teigneux, doit jouer le père de Billy dans Billy Elliot. Par ailleurs, si vous pouviez me donner des informations sur l'acteur jouant le rôle du chef de la police (à gauche du prêtre sur une des photos) (vu dans plein de films, mais lesquels ?) et sur le vieux bourgeois aux cheveux longs et gris que l'on voit de temps à autres, je vous en serais très reconnaissant...

Mise en scène et ambiance
La mise en scène est elle, à l'image du réalisateur : étrange ! Les musiques, signées Howard Shore, accompagnant les scènes de batailles sont volontairement mal choisies si l'on peut dire, et ne vous tireront pas la larme à l'œil en principe. Ces batailles sont très speed, très désynchronisées... La conséquence en est une impression de boucherie, thème qui revient tout au long du film avec le personnage de Bill. Les plans choisis sont très spéciaux aussi, et le film ne tombe dans le mélodrame qu'à la fin.
New York, ville natale du réalisateur, est un peu le leitmotiv de Scorsese... Beaucoup de ses films s'y déroulent ou y font allusion : Nicolas Cage joue ainsi un ambulancier à New York dans A Tombeau Ouvert, Taxi Driver nous raconte l'histoire d'un vétéran du Vietnam à New York, et son film confus qui le mena en dépression, New York, New York... ai-je besoin d'en dire plus ?

Un film semi-historique
Gangs of New York est aussi un film semi-historique, puisqu'une grande partie des faits sont vrais. Les terribles émeutes qui ravagèrent la ville, les gangs, la pauvreté, l'immigration florissante, la corruption, le recrutement militaire par la force, sont pour la plupart retracés avec une précision fort sympathique. Seuls les bateaux faisant feu sur la ville sont purement imaginaires ; les personnages aussi d'ailleurs, même si un « Bill le Boucher » a bel et bien existé si mes informations sont bonnes, mais n'a rien à voir avec celui du film.
Car Scorsese se veut fidèle à l'histoire pendant une bonne partie du film, mais prend soudainement des libertés vis-à-vis de cette histoire dans le dernier quart du film, ce qui n'est peut-être pas plus mal... quoique.
Verdict : trop de tout ?
Alors où pêche le film ? Eh bien un mot : trop ! Trop d'acteurs (plus de 100 rôles parlants), trop de scènes, trop de style dans un seul film... Ce mélange pourra peut-être paraître mangeable pour les plus indulgents, mais la soupe sera vite indigeste pour les autres.

Gangs of New York n'est pas un mauvais film : loin de là. C'est un long métrage filmé de manière très personnelle, ce qui n'est pas étonnant de la part de Scorsese, et qui retrace l'histoire de façon assez précise. Mais une chose est sûre : jamais la critique n'aurait dû l'accueillir de la sorte. Il ne mérite pas les acclamations que les critiques lui ont faites à sa sortie. Toutes unanimes, toutes stupéfaites devant un film qui ne mérite pas la moitié de la couronne de laurier dont on lui a fait part. Allez le voir, mais n'espérez pas trop : c'est peine perdue sur ces terres (pas pu résister non plus).