
Maître de la réalisation, Stanley Kubrick s'illustre une nouvelle fois dans son domaine et nous démontre son talent, ainsi que sa vision résolument anti-militariste.
Full Metal Jacket : un film en deux parties distinctes
Le film débute par l'instruction des troufions, futurs GI, au camp d'entraînement où le sergent Hartman inculque le savoir-vivre d'un vrai combattant.
Ensuite, la vie du soldat commun près du front, une partie presque documentaire : un soldat dans son quotidien. Cette période précède en fait l'apocalypse finale.
Un massacre, identique à la réalité : l'offensive du Têt démontre la violence présente dans les films kubrickiens. Une horreur causée là par une Vietcong qui tuera « Blanche-Neige », coéquipier du narrateur qui est aussi un soldat.
Un manifeste anti-militariste marquant
Représenté comme un tyran, une sorte de dictateur aux expressions particulières, le sergent occupe alors la première partie du film.
« Tu es du Texas ? Alors tu es soit un suceur de nœuds soit un taureau ! Tu ressembles pas trop à un taureau, alors je dirai que tu suces les nœuds ! Alors t'es un suceur de nœuds ? T'aimes t'en prendre partout ! »
« Qui est le fumier de communiste qui a dit ça ? »
Des répliques qui pimentent le début du film, une représentation assez particulière des camps d'entraînement américains. On y apprend tout de même l'historique des plus grands snipers, ces personnes qui se placent sur les tours et qui tirent sur tout ce qui bouge.
Pourquoi ce film de guerre est-il incontournable ?
On reconnaît alors le film de Kubrick, qui s'attache plus au supplice des soldats et à la stupidité de l'armée, qu'à un réel film réaliste sur la guerre du Vietnam.
La fin, le fait de voir l'escouade chanter « Mickey Mouse » en chœur, juste après avoir vu la jambe de « Blanche-Neige » (surnom donné à un soldat noir) voler en éclats après une rafale de balles de kalachnikov. Cette atmosphère spéciale à Kubrick est retrouvée dans Orange mécanique : mettre une musique drôle, sympathique, sur un fait horrible. Très bien fait pour cette année 1987.
En n'oubliant pas bien sûr le fait que les Américains aient perdu cette guerre. Tout au long du film, des insinuations merveilleuses ponctuent ce film.
L'héritage culturel de Full Metal Jacket
Nombre de choses se sont inspirées de ce film, par exemple « Full metal casquette », titre d'une bande dessinée de Kid Paddle, ou Cochons de guerre, jeu qui arbore sur le devant de la boîte le casque qui est aussi l'affiche du film où il est écrit :
« Born to Kill » (à traduire par « Né pour tuer », pour ceux qui ne parlent pas anglais).
Un film exceptionnel, à voir et à revoir. Une merveille, réalisé par un maître. Peu importe qui vous dira quoi sur ce film, c'est à vous de fixer votre opinion.
Je finirai par : « Si t'as les couilles d'insulter notre putain de Marie du Christ, tu peux devenir chef de ce groupe de troufions, Blanche-Neige ! »
P.S. : Vincent D'Onofrio campe le rôle de « l'officier baleine », martyr de tous, qui finira par se suicider. Il a été récemment vu dans New-York : Unité spéciale.