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Cinéma

Freddy contre Jason

Freddy et Jason s'affrontent enfin dans un slasher gore assumé ! Un choc des titans sanglant qui plaira aux amateurs du genre.

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1980

Vendredi 13 sort sur les écrans. On entend alors vaguement parler de Jason Voorhees, qui n'est encore que le fils d'une psychopathe... Malgré la qualité très contestable du film (!), les producteurs recentrent la saga dès le deuxième volet sur Jason, tueur quasi-immortel armé d'une énooooorme machette, qui va massacrer allègrement des ados innocents ! La dernière apparition de Jason sur les écrans remonte à l'été 2002, avec Jason X, film jouissif dans lequel le tueur se retrouvait dans l'espace !

1985

Les Griffes de la nuit débarque, marquant la naissance de Freddy Krueger, ancien tueur d'enfants qui, brûlé vif par des adultes, revient hanter les cauchemars des adolescents pour les charcuter horriblement ! Aperçu pour la dernière fois en 1994 dans Freddy sort de la nuit (septième volet de la saga Freddy !), film dans le film très réussi (par rapport notamment à ses prédécesseurs).

La rencontre de deux légendes du slasher

Faire se rencontrer ces deux figures mythiques du slasher est un vieux rêve dont les producteurs parlent depuis longtemps... Le problème principal étant que ce genre cinématographique est, sous ses apparences débilissimes, rarement réussi, et que la confrontation aurait pu rapidement tourner au bide intégral. Eh bien non ! Si Freddy contre Jason reste un film d'horreur gore, basique et limite kitsch, l'histoire utilise le meilleur des univers des deux tueurs pour un résultat trippant : ça gicle rouge, cool !

Sur Elm Street, plus personne ne se souvient de Freddy : sans cauchemar, le tueur n'a plus de force et ne parvient plus à commettre ses meurtres. Il va alors pénétrer l'esprit de Jason, enterré à Crystal Lake, et l'emmener sur Elm Street, histoire de massacrer quelques ados pour faire resurgir la terreur... Le problème surgit assez rapidement : une fois lancé, Jason ne s'arrête plus et ne laisse aucune victime à Freddy ! Les deux psychopathes vont alors se combattre, tout en massacrant un max de personnes !

Un slasher assumé avec tous les clichés du genre

Autant l'avouer d'entrée de jeu, Freddy contre Jason est un film basique, qui plaira très certainement aux amateurs du genre, mais risque de laisser froid les autres. Toutes les ficelles du genre sont utilisées et assumées (on voit une énorme paire de seins au bout de 5 minutes de film)... On a donc, en vrac : des ados débiles et caricaturaux (une blonde pas si conne, un beau gosse teubé mais en fait pas si con, un intello moche mais en fait pas si coincé...), des gens qui se baladent tout seul alors qu'ils savent qu'ils risquent de se faire charcuter, des litres de sang, du sexe soft, et une fin qui laisse la porte grande ouverte pour une suite (revoyez Scream, tous les clichés dénoncés dans le film sont dans Freddy contre Jason !).

Pourquoi le concept fait la force du film

Oui, mais ce qui fait la force d'un slasher, ce n'est pas le côté « artistique », c'est le concept !! Il suffit de comparer Halloween Resurrection (un slasher real TV : naze) et Jason X (Jason dans l'espace : génial) pour se rendre compte qu'une idée, même débile a priori, peut rendre un film gore très bon ! Et c'est le cas pour Freddy contre Jason : les deux monstres ont deux univers qui leur sont propres, très différents (Jason est brutal, ne meurt jamais, tue froidement dans le monde réel ; Freddy est hystérique, cynique et carbure à l'humour noir, et tue uniquement dans les cauchemars, de façon surnaturelle). Le choc entre les deux univers est ici très bien géré, et même si celui de Freddy est plus explosif et fait de l'ombre à Jason, le mélange est génial et se complète parfaitement.

Ainsi, l'alternance entre les meurtres de Jason et les agressions de Freddy dans les cauchemars (de plus en plus violentes, la peur de Jason redonnant des forces à Freddy) ne laisse aucun répit aux spectateurs (ni aux acteurs !) : quand ce n'est pas l'un qui poursuit des jeunes, c'est l'autre qui trucide violemment un jeune endormi... Le film ne s'essouffle pas une seule seconde, et on ne s'ennuie jamais.

Un scénario plus inventif qu'il n'y paraît

De même, loin de se reposer sur les films précédents, le scénario explore de nouvelles pistes intéressantes : Freddy ne vit qu'au travers de la peur qu'il engendre, et cette peur est décrite comme un virus. Si les gens qui se souviennent du monstre en parlent autour d'eux, les personnes « contaminées » vont flipper et donner plus de force au tueur... Le dilemme est donc de choisir entre isoler des jeunes innocents qui n'ont pour seul tort de connaître Freddy afin de préserver le reste de la société, ou d'être juste en les laissant en liberté tout en prenant le risque d'une nouvelle contamination (oui, je l'affirme, c'est une métaphore des dérives sécuritaires de notre société !!). De même, le fait que Jason soit associé à l'eau et Freddy au feu est utilisé à plusieurs reprises, et reste une très bonne idée du scénario dans l'affrontement des deux monstres.

La réalisation de Ronny Yu : talent et références

Du côté de la réalisation, Ronny Yu, qui a relancé il y a quelques années le mythe Chucky avec La Fiancée de Chucky, assure plus que le minimum syndical auquel on est habitué avec ce genre de film : là encore, il utilise toutes les ficelles du genre, mais avec talent. Le travail sur les lumières est très intéressant, notamment dans les scènes de cauchemars. On pourra regretter quand même quelques ralentis définitivement trop kitsch, mais l'ensemble est très réussi. Les deux combats des tueurs (l'un dans un cauchemar, l'autre dans le monde réel) sont très attendus, et ne déçoivent absolument pas !

Une esthétique gore assumée

Le parti pris du réalisateur est définitivement de tout montrer ! Si le début est plutôt sage (tout est relatif !), le film devient limite baroque sur la fin, avec des litres de sang, des corps éventrés, des tripes partout, bref, ça gicle ! Si cette option tue définitivement le suspense (hééééééé non, le film ne fait pas peur !), elle est toujours préférable à une fausse tension foireuse (cf. encore Halloween Resurrection qui se veut plutôt sobre mais foire quand même dans la peur). L'ensemble est donc ultra-violent.

Un autre aspect très positif du film est la volonté de ne pas tomber dans le « grand public » : outre l'aspect gorissime, le film n'a rien de politiquement correct, bien au contraire. Certaines scènes sont franchement malsaines, lorgnant vers l'inceste, la pédophilie, le meurtre d'enfants, la mutilation (j'adore détailler les trucs crades !), l'homophobie, ou le racisme ! Ça peut surprendre, mais on a évité le film d'horreur gentillet, cool !

Casting et bande-originale

Du côté des acteurs, pas grand-chose à signaler : gros seins et beaux gosses assurant un minimum (méchant mais réaliste). Ah si, une curiosité : la présence de Kelly Rowland, ex Destiny's Child, qui est certainement la pire actrice du film... Quant à la musique, elle est bourrine, donc colle au film, et on ne lui en demande pas plus !

Verdict : un excellent slasher pour les amateurs

Bref, Freddy contre Jason reste un pur slasher, mais un très bon slasher ! Donc à voir, tout en sachant ce que l'on va voir : du sang partout, des monstres dégueulasses, des ados débiles, pour beaucoup de fun !!

PS 1 : Télérama a mis 3 étoiles au film, en le qualifiant de « mélange sociologique et baroque très psy » ! D'où la question : avaient-ils fumé avant de voir le film ?!

PS 2 : j'adore ce film MAIS : si vous n'aimez pas les films d'horreur, fuyez !!

PS 3 : si vous faites partie de la tranche « boulets qui vont voir les films d'horreur entre potes pour se marrer comme des débiles en pourrissant définitivement le plaisir des autres spectateurs », je vous déteste. Attendez la sortie DVD et prenez pas la tête aux autres (bordel !)

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cypher22
cypher22 @cypher22
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