
Histoire
Jack est au bout du rouleau quand il rencontre Tyler Durden. Figure charismatique d'un monde sans repères, ce dernier pousse son nouvel ami à fonder avec lui un club qui permet à ses adhérents d'évacuer leurs frustrations en se battant à poings nus. Devant le succès remporté par le concept, d'autres "fight clubs" voient le jour, première étape d'une étrange opération menée par Tyler dont Jack se sent un peu écarté.
Réalisateur : David Fincher
Acteurs :
- Brad Pitt (Tyler Durden)
- Edward Norton (Jack)
- Helena Bonham Carter (Marla Singer)
- Meat Loaf (Robert "Big Bob" Paulson)
Une réalisation maîtrisée
Ce film est tellement riche qu'il est difficile de savoir par où commencer. Tout d'abord, il faut saluer le talent du génial réalisateur qu'est David Fincher, à qui l'on doit notamment le percutant et dérangeant Seven. Brad Pitt confirme dans Fight Club qu'il est un excellent acteur après sa prestation dans Seven et dans L'Armée des 12 singes, loin de son image de sex-symbol. Son acolyte Edward Norton est lui aussi époustouflant, et ajoute à son palmarès un rôle très complexe.
Philosophie et destruction
Ce film noir par excellence est empreint d'une philosophie anticonformiste et anarchisante, qui rejette notre société de consommation, dont les valeurs reines sont l'ultra-matérialisme et l'argent. Le Fight Club est une réaction contre ce système bien huilé, une explosion dans ses rouages, un désir de le détruire pour tout recommencer à zéro : un retour à la source, à la véritable nature humaine. Par ailleurs, le côté suicidaire des personnages, qui se shootent à l'adrénaline des combats, du sexe ou du voisinage de la mort, et les nombreuses scènes de nuit dans des décors industriels renforcent l'aspect destructeur du film.
Un humour noir et subliminal
L'humour est très présent et très noir : Marla fumant comme un pompier chez les tuberculeux anonymes, les nombreuses répliques sur les testicules, les ébats sexuels bruyants, les images subliminaires pornos dans les films Disney-like... Le procédé des images subliminales est d'ailleurs brillant, le film en étant lui-même truffé. Cela peut être vu comme une dénonciation de ce moyen utilisé dans certains messages publicitaires.
Des personnages à la marge
Les personnages sont tous atypiques, fêlés et défoncés, ce qui rend le film encore plus singulier. Mais ce qui frappe dans Fight Club, c'est justement les sentiments forts qu'il inspire, que ce soit à travers ses protagonistes ou ses scènes. Certaines sont touchantes, comme celles des réunions typiquement américaines de thérapie par le dialogue, avec le personnage attachant de l'obèse aux seins volumineux.
Une réussite technique
Techniquement, ce film est un pur chef-d'œuvre, avec notamment la scène fictive de la collision aérienne, les plans zoomant sur les objets pyrotechniques, la scène de la pièce tout droit sortie du catalogue Ikéa, et bien sûr la scène finale...
Un engagement contestataire
On comprend que ce film soit classé "interdit aux moins de 16 ans", de par sa violence omniprésente (mentale, physique, verbale...), son caractère ultra pessimiste est un appel pur et simple à la révolte, à la prise des armes contre le système, à l'anarchie... Il faut reconnaître que le film fait beaucoup réfléchir sur notre condition.
Sortie DVD
On attendait avec impatience le DVD sorti le 15 novembre, contenant 2 disques ainsi que de nombreux bonus.
Filmographie de David Fincher : Alien 3, Seven, The Game.