Accrochez-vous, cinéphiles, car nous sommes face à un monstre. Sorti en décembre 2025, Dhurandhar n’est pas juste un film, c’est un événement. Réalisé par le visionnaire Aditya Dhar, ce thriller d’action a non seulement pulvérisé les box-office, mais il a aussi redéfini les codes du cinéma d’espionnage indien. Avec une distribution de rêve menée par un Ranveer Singh plus intense que jamais, et une intrigue qui puise dans les réalités géopolitiques les plus sombres, le film nous plonge dans les bas-fonds de Karachi pour une décennie d’infiltration. Attention, cet article est une analyse profonde, et oui, il y aura des spoilers.
Le contexte ambitieux d’Aditya Dhar
Aditya Dhar n’est pas n’importe qui. Après le carton critique et public d’Uri: The Surgical Strike en 2019, la pression était immense pour la suite. Mais Dhar ne fait pas les choses à moitié. Au lieu de proposer un simple film d’action, il a conçu Dhurandhar comme le premier volet d’un diptyque monumental. C’est un choix audacieux dans une industrie qui privilégie souvent le “one-shot” à la saga planifiée, hormis quelques exceptions notoires.
Dhurandhar marque une évolution stylistique majeure pour le réalisateur. On s’éloigne de la propagande militaire pure et dure pour entrer dans un thriller d’espionnage psychologique, sombre et complexe. L’échelle de la production est vertigineuse, nécessitant une reconstitution minutieuse de Karachi et une gestion de narration sur dix ans. Ce n’est pas simplement une question de budget, c’est une question de vision. Dhar veut montrer le prix de la patrie, pas seulement la gloire de la victoire. Il construit ici un monde où l’ombre prime sur la lumière, où chaque information a un coût humain exorbitant.
Une distribution d’élite au sommet de son art

La force du film repose indéniablement sur ses acteurs. Ranveer Singh, connu pour son énergie débordante et ses rôles charismatiques, opère ici une transformation radicale. Il incarne un agent des services de renseignement indiens (R&AW) qui doit laisser son ego à la porte pour devenir une ombre. Sa performance est contenue, nerveuse, absolument captivante. On le sent dévorer de l’intérieur, partagé entre son devoir et l’humanité qu’il doit étouffer pour survivre.
Mais Ranveer n’est pas seul. Sanjay Dutt apporte sa gravité naturelle à un rôle qui semble être celui d’un mentor ou d’une figure d’autorité complexe. Akshaye Khanna, quant à lui, est une valeur sûre du cinéma indien qui excelle dans les rôles de vilains ou de personnages ambigus. Sa présence dans le film, et particulièrement sa mise en avant dans la promotion de la suite, suggère un antagoniste charismatique et cérébral. On trouve aussi R. Madhavan et Arjun Rampal, deux acteurs qui savent tenir l’écran. La complicité entre ces vétérans et la jeune star Sara Arjun, sans oublier le toujours excellent Rakesh Bedi, crée une alchimie rare. Chaque scène d’interaction est électrique, portée par un jeu d’acteur qui refuse le mélodrame facile pour le réalisme brut.
Une plongée dans les abysses de l’espionnage
L’intrigue de Dhurandhar est ce qui rend le film si unique. Nous suivons une opération du R&AW qui s’étale sur une décennie entière. Loin des fusils étincelants et des danses exotiques (même s’il y en a, c’est Bollywood tout de même), le film nous montre la réalité de l’espionnage : l’attente, la paranoïa, l’isolement.
L’infiltration des bas-fonds criminels et politiques de Karachi est le cœur du récit. Ce n’est pas une India vs Pakistan simpliste. C’est une exploration de la ville, de ses ruelles, de ses corridors de pouvoir obscurs. L’agent incarné par Singh doit devenir pire que les criminels qu’il traque, ou du moins, adopter leurs codes. C’est là que le film devient profondément intéressant : il pose la question de l’identité. Quand on joue un rôle trop longtemps, qui sommes-nous vraiment ?
L’inspiration réalité
Ce qui rend le film terrifiant, c’est sa base “réaliste”. Inspiré par des incidents réels et des conflits géopolitiques, le scénario colle à la peau de l’actualité. On ressent que ces opérations ont peut-être vraiment eu lieu, ou qu’elles sont techniquement possibles. Cette authenticité donne une tension dramatique constante. On ne sait jamais ce qui est une mise en scène et ce qui est un genuine renseignement. La frontière entre vérité et mensonge est le thème central, comme le suggère la tagline du film : “Là où la loyauté a un prix… et où la vérité peut tuer.”
Une narration fragmentée et efficace
Dhurandhar joue sur la temporalité. En sautant d’année en année, on voit l’évolution de la mission et la dégradation psychologique des protagonistes. Ce n’est pas linéaire, ce qui force le spectateur à être attentif. C’est un choix de réalisation brillant qui maintient l’engagement du public. On ne reconstitue le puzzle complet qu’à la fin, et quel choc que de voir toutes les pièces s’emboîter avec une précision chirurgicale. C’est ce rythme soutenu qui empêche le spectateur de regarder sa montre, malgré une durée de visionnage qui s’annonce conséquente, typique des blockbusters modernes.
Une bande originale qui vibre au rythme du suspense
On ne peut pas parler de Dhurandhar sans évoquer son chef-d’œuvre musical. C’est ici que Shashwat Sachdev intervient pour sa seconde collaboration avec Aditya Dhar après Uri. Et disons-le tout de suite : le gars a frappé un grand coup. La bande originale n’est pas juste là pour faire joli; elle est le pouls du film.
Ce qui est absolument fou, c’est le succès historique de cet album sur les plateformes de streaming. Pour la première fois dans l’histoire du cinéma de Bollywood, chaque piste de la bande originale s’est classée simultanément dans le Top 200 mondial de Spotify. C’est une performance statistique hallucinante qui prouve que la musique du film a transcendé les frontières du cinéma pour devenir un phénomène culturel à part entière.
Une symphonie de tension
Sachdev a compris une chose essentielle : dans un film d’espionnage, le silence est aussi lourd que le bruit. Les compositions oscillent entre des thèmes patriotiques vertigineux, utilisant des instruments traditionnels indiens sublimés par des arrangements électroniques modernes, et des ambiances plus sombres, presque oppressantes, qui collent à l’atmosphère des bas-fonds de Karachi. Quand l’écran est noir ou que le héros se tait, la musique parle pour lui. Elle raconte la peur, l’adrénaline et le devoir. C’est rare de voir une B.O. aussi intégrée à la narration sans jamais devenir envahissante.
Le paradoxe des interdictions et du piratage
L’un des aspects les plus fascinants de la sortie de Dhurandhar concerne sa réception géopolitique. Le film a été purement et simplement interdit de sortie en salle dans plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Une décision administrative qui, ironiquement, a probablement attisé la curiosité du public plutôt que de l’étouffer.
Mais l’anecdote la plus incroyable vient du Pakistan. Officiellement, les films indiens sont bannis outre-frontière depuis 2019. Pourtant, Dhurandhar a fait une percée fulgurante dans le pays, non pas grâce aux cinémas, mais grâce au piratage numérique. On rapporte que le film aurait comptabilisé environ deux millions de téléchargements numériques piratés en une seule semaine au Pakistan.
Une victoire culturelle paradoxale
Devenir le film le plus piraté d’un pays où votre œuvre est officiellement interdit, c’est une forme de victoire bizarre, n’est-ce pas ? Cela souligne une réalité que le cinéma politicard oublie souvent : le public ne se soucie pas des frontières politiques quand il s’agit de divertissement de qualité. La soif de narratives fortes dépasse les conflits diplomatiques. Pour Aditya Dhar et son équipe, c’est la preuve ultime que leur histoire résonne universellement, même si les droits d’auteur en prennent un coup. Cela démontre aussi à quel point l’intrigue, centrée sur les services de renseignement pakistanais et indiens, titille l’imagination des spectateurs des deux côtés de la barrière.
Un box-office historique pour une surprise de fin d’année

Rétrospectivement, il est facile de dire que Dhurandhar était un succès assuré. Pourtant, fin 2025, l’industrie ne savait pas trop à quoi s’attendre. Le thriller d’action réaliste, sombre, sans les codes habituels de la comédie romantique ou du masala, est toujours un pari commercial risqué. Mais le pari a été gagné haut la main.
Le film a terminé l’année en “bang” absolu, détruisant tous les records majeurs du box-office lors de son exploitation en salles. C’est devenu un véritable juggernaut, une machine à cash qui ne s’est pas arrêtée de rouler pendant des semaines. Ce succès a validé la volonté de la production de viser une qualité internationale plutôt que de simplement chercher à séduire le marché local. Les chiffres ont parlé d’eux-mêmes : le public est prêt à payer cher pour voir du cinéma ambitieux, visuellement impressionnant et narrativement complexe.
L’attente frénétique pour la suite
Si vous pensiez que l’histoire s’arrêtait là, détrompez-vous. Dès la conception du projet, Dhurandhar a été pensé comme un diptyque. La bonne nouvelle, c’est que contrairement à beaucoup de suites hâtives, l’équipe n’a pas à courir après le scénario. Le film entier a été tourné avant la décision de le couper en deux parties. Cela signifie que la post-production de Dhurandhar 2 est déjà bien avancée, garantissant une cohérence visuelle et narrative sans faille entre les deux opus.
La stratégie marketing du teasing
La hype pour la suite est déjà à un niveau que l’on a rarement vu. D’après les dernières informations, le teaser officiel du deuxième volet devait être dévoilé fin janvier 2026. Et la rumeur court qu’il mettrait en scène Akshaye Khanna de manière proéminente. Si cette information est vraie, l’hystérie des fans va atteindre des sommets. Khanna, qui joue un rôle pivot dans l’intrigue, est l’un des acteurs les plus respectés de Bollywood. Le voir mis en avant dans la promo suggère que le personnage qu’il incarne a un rôle bien plus important qu’il n’y paraît dans ce premier volet, ou que la seconde partie se concentrera sur une nouvelle dynamique dans laquelle il sera central.
La sortie de Dhurandhar 2 est prévue pour mars 2026, soit seulement quelques mois après la fin de l’exploitation du premier. C’est une stratégie audacieuse, type Avengers ou Star Wars, qui garde l’élan populaire. Aditya Dhar ne nous laisse pas respirer, et c’est exactement ce que nous voulons.
Conclusion : Un nouveau standard pour le thriller indien
En somme, Dhurandhar est bien plus qu’un simple film d’action. C’est une déclaration d’intention d’Aditya Dhar et de ses acteurs. Ils ont prouvé que le cinéma commercial indien pouvait être intelligent, visuellement stupéfiant et culturellement pertinent sans sacrifier l’entertainment. Entre la performance brute de Ranveer Singh, la musique immersive de Shashwat Sachdev et une intrigue qui ne prend pas les spectateurs pour des enfants, le film marque un tournant.
Alors, est-ce que c’est le film parfait ? Probablement pas, il a quelques longueurs inévitables compte tenu de l’ampleur de la tâche. Mais c’est le genre de film dont on ressort en secouant la tête, impressionné par l’ambition déployée à l’écran. Avec la suite qui pointe déjà à l’horizon et promet de clore ce chapitre historique avec encore plus de brio, une chose est sûre : nous n’avons pas fini d’entendre parler de Dhurandhar. Si vous n’avez pas encore vu ce monstre du cinéma, courez vite, car spoilers ou non, c’est une expérience qu’il faut vivre soi-même.
Le contexte ambitieux d’Aditya Dhar
Aditya Dhar n’est pas n’importe qui. Après le carton critique et public d’Uri: The Surgical Strike en 2019, la pression était immense pour la suite. Mais Dhar ne fait pas les choses à moitié. Au lieu de proposer un simple film d’action, il a conçu Dhurandhar comme le premier volet d’un diptyque monumental. C’est un choix audacieux dans une industrie qui privilégie souvent le “one-shot” à la saga planifiée, hormis quelques exceptions notoires.
Dhurandhar marque une évolution stylistique majeure pour le réalisateur. On s’éloigne de la propagande militaire pure et dure pour entrer dans un thriller d’espionnage psychologique, sombre et complexe. L’échelle de la production est vertigineuse, nécessitant une reconstitution minutieuse de Karachi et une gestion de narration sur dix ans. Ce n’est pas simplement une question de budget, c’est une question de vision. Dhar veut montrer le prix de la patrie, pas seulement la gloire de la victoire. Il construit ici un monde où l’ombre prime sur la lumière, où chaque information a un coût humain exorbitant.
Une production titanique
Ce qu’il faut comprendre, c’est que Dhar a refusé les facilités des plateformes de tournage habituelles en Inde pour aller chercher une authenticité brute. Pour recréer le Karachi des années 2010 et 2020, l’équipe a construit des décors gigantesques dans les déserts du Rajasthan et dans les studios de Mumbai, utilisant des technologies de projection de pointe (similaires au StageCraft utilisé pour The Mandalorian) pour donner au ciel cette teinte particulière, grise et lourde, typique de la météo côtière pakistanaise. Chaque détail compte : les panneaux publicitaires en ourdou, les modèles de véhicules en circulation à cette époque, jusqu’à l’architecture des ruelles étroites du quartier de Lyari. C’est ce soin maniaque du détail qui crée l’immersion totale. Dhar ne filme pas une carte postique, il filme un terrain miné.
Une distribution d’élite au sommet de son art

La force du film repose indéniablement sur ses acteurs. Ranveer Singh, connu pour son énergie débordante et ses rôles charismatiques, opère ici une transformation radicale. Il incarne un agent des services de renseignement indiens (R&AW) qui doit laisser son ego à la porte pour devenir une ombre. Sa performance est contenue, nerveuse, absolument captivante. On le sent dévorer de l’intérieur, partagé entre son devoir et l’humanité qu’il doit étouffer pour survivre.
Mais Ranveer n’est pas seul. Sanjay Dutt apporte sa gravité naturelle à un rôle qui semble être celui d’un mentor ou d’une figure d’autorité complexe. Akshaye Khanna, quant à lui, est une valeur sûre du cinéma indien qui excelle dans les rôles de vilains ou de personnages ambigus. Sa présence dans le film, et particulièrement sa mise en avant dans la promotion de la suite, suggère un antagoniste charismatique et cérébral. On trouve aussi R. Madhavan et Arjun Rampal, deux acteurs qui savent tenir l’écran. La complicité entre ces vétérans et la jeune star Sara Arjun, sans oublier le toujours excellent Rakesh Bedi, crée une alchimie rare. Chaque scène d’interaction est électrique, portée par un jeu d’acteur qui refuse le mélodrame facile pour le réalisme brut.
Le duel silencieux : Singh vs Khanna
Si vous êtes fan d’acting, vous allez vous régaler avec les scènes qui opposent Ranveer Singh à Akshaye Khanna. Ce n’est pas un duel de pistolets, mais un duel de regards. Il y a une séquence précise, dans un café glauque de la vieille ville, où les deux personnages s’assoient pour discuter “affaires”. Aucune musique, juste le bourdonnement d’un ventilateur de plafond défectueux. Khanna, avec sa calvitie et ses yeux perçants, joue l’officier corrompu fatigué par le système, tandis que Singh doit faire croire qu’il est un marchand d’armes sans scrupules. Le jeu de masques est fascinant : on voit Ranveer hésiter, micro-expression par micro-expression, tandis que Khanna le dévore avec un sourire en coin. C’est le genre de scène d’intimidation pure qu’on retrouve rarement hors des grands thrillers américains des années 70.
Une plongée dans les abysses de l’espionnage
L’intrigue de Dhurandhar est ce qui rend le film si unique. Nous suivons une opération du R&AW qui s’étale sur une décennie entière. Loin des fusils étincelants et des danses exotiques (même s’il y en a, c’est Bollywood tout de même), le film nous montre la réalité de l’espionnage : l’attente, la paranoïa, l’isolement.
L’infiltration des bas-fonds criminels et politiques de Karachi est le cœur du récit. Ce n’est pas une India vs Pakistan simpliste. C’est une exploration de la ville, de ses ruelles, de ses corridors de pouvoir obscurs. L’agent incarné par Singh doit devenir pire que les criminels qu’il traque, ou du moins, adopter leurs codes. C’est là que le film devient profondément intéressant : il pose la question de l’identité. Quand on joue un rôle trop longtemps, qui sommes-nous vraiment ?
La vie en double : Le poids psychologique
Le film s’attarde longuement sur ce que Dhar appelle “le syndrome de l’imposteur permanent”. Pour survivre à Karachi, l’agent de Singh doit se marier, avoir des enfants et vivre dans une communauté spécifique. Le film nous montre les fêtes d’anniversaire où il doit sourire tout en sachant que sa couverture pourrait sauter à tout moment.
Il y a une scène particulièrement déchirante (attention, spoiler mineur) où son “épouse” de couverture, jouée par une actrice surprenante en cameo, lui demande s’il l’aime vraiment.