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Cinéma

Dancer in the dark

Découvrez notre critique de Dancer in the Dark, le film musical inclassable et émouvant de Lars Von Trier avec Björk.

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## L'histoire de Dancer in the Dark

Selma, née en République tchèque, s'installe aux États-Unis. Mais une maladie héréditaire la rend peu à peu aveugle : son fils est également condamné à subir le même sort s'il n'est pas rapidement opéré.

Réalisation : Lars Von Trier
Scénario : Lars Von Trier
Musique : Björk

Acteurs :
* Selma : Björk
* Kathy : Catherine Deneuve

Pourquoi aller voir ce film ?

Il est enfin sorti, ce film tant attendu... On n'aura jamais autant parlé d'un film avant de l'avoir vu que de Dancer in the Dark. La Palme d'Or 2000 est donc sur les écrans depuis quelques semaines. Une Palme d'or pas comme les autres, puisque c'est la première à réaliser un tel succès en salle.

Le Festival de Cannes se serait-il débarrassé de son image « intello », bref, de ne récompenser que des films chiants ? Chiant, Dancer in the Dark le sera peut-être pour vous, si vous êtes du genre à courir vers tous les films de Schwarzie et à scrupuleusement éviter tous les autres (ne rigolez pas, je connais des gens comme ça).

Et pourtant, quels que soient vos goûts, il faut voir Dancer in the Dark, tant c'est un film inclassable, différent et beau.

Une tragédie musicale et visuelle

Il relate, on l'aura compris, le destin d'une jeune femme, Selma, un destin qui ne l'a pas épargnée, tant sa vie est faite de souffrances. Mais il y a là également un choix personnel : « Peu importe de souffrir ou non, tant que la générosité guide nos actes », semble nous dire Lars Von Trier, qui achève avec ce film sa trilogie sur le martyr des femmes.

Pour incarner cette femme martyre, un peu sadique aussi, qui mieux que Björk, la chanteuse islandaise à la voix si particulière, pouvait endosser ce rôle ? Une voix si légère, un visage mutin qui semblaient n'avoir jamais été ceux d'une autre que Selma. Le prix d'interprétation de Cannes 2000 crève l'écran, sans aucun doute, tout comme les jeux d'acteur.

Quant à la réalisation, Lars Von Trier manie la caméra comme nul autre : à l'épaule la plupart du temps, la couleur et la brutalité de ses images nous font ressentir, au plus profond de nous-mêmes, la douleur de Selma. Aériennes, tournoyantes, les 100 caméras des scènes musicales semblent nous libérer, subitement, de cette oppression. Comme les rêves chantés de Selma rendent ses escapades sublimes, la musique de Dancer in the Dark est le dernier élément qui rend le film incomparable et majestueux, justifiant pleinement sa Palme d'Or.

Une structure cinématographique controversée

Un dernier point enfin, concernant la classification de Dancer in the Dark, si quelque classification était nécessaire. Comédie musicale en premier lieu, le film fait pourtant passer bien plus que les morales, souvent gaies, des autres « musicaux » qu'admire Selma. Sa construction ferait plutôt penser, en fait, à celle d'un film X. Oh blasphème, qu'a-t-il osé dire ? Je pèse mes mots et je les explique : maintes fois fait-on la connaissance de personnages secondaires, peu importants pour l'histoire, mais qui joueront, un peu plus tard, le partenaire de Björk lors de ses rêves chantés. Tel des figurants dans les films pornographiques, ils sont uniquement présents pour assouvir le personnage principal : on les introduit, on les utilise, puis on ne les revoit plus. L'alternance partie jouée, partie chantée, fait écho à celle : partie jouée, partie cul.

Ma comparaison s'arrête là, bien sûr. Lars Von Trier, Björk et Catherine Deneuve, meilleure qu'elle ne peut l'être, font le reste.

Dancer in the Dark : notre avis

Dancer in the Dark est encore à l'affiche, chose rarissime pour un film scandinave. Pour soutenir le cinéma indépendant, le cinéma différent, pour être émus comme peu de réalisateurs peuvent nous émouvoir, courez voir Dancer in the Dark.

Pour vous convaincre, voici le site officiel du film, la filmographie de Lars et de nombreux ouvrages le concernant.

Filmographie de Lars Von Trier

  • 1984 - Element of Crime
  • 1987 - Epidemic
  • 1991 - Europa
  • 1994 - The Kingdom 1
  • 1996 - Breaking the Waves
  • 1997 - The Kingdom 2
  • 1998 - Les Idiots

Publications

Des publications et numéros spéciaux sur l'œuvre de Lars von Trier paraîtront à l'automne :

« LARS VON TRIER » entretiens avec Stig Björkman
Édition de l'Étoile - 8 septembre 2000 - 198 F
Collection Albums - 240p format 20x23 - 133 photos et doc N/B

« DANCER IN THE DARK » le scénario du film
Édition de l'Étoile - 6 octobre 2000 - 69 Frs
Collection « Petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma »

Numéro Spécial

Magazine Zoo - octobre 2000

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benjamin.hanau
Benjamin Hanau @benjamin.hanau
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