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Cinéma

Coraline

Découvrez l'adaptation troublante de Coraline par Henry Selick. Entre animation en volume et atmosphère inquiétante, ce film déjoue les attentes.

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Coraline est un conte noir écrit par l'Anglais Neil Gaiman en 2002, un auteur déjà connu pour des œuvres telles que Stardust ou encore American Gods.

L'histoire suit la jeune Coraline (et non pas CArOline), une petite fille qui vient d'emménager avec ses parents dans leur nouvel appartement. Celui-ci faisait jadis partie d'une grande maison, maintenant découpée en trois appartements : celui de Coraline et de ses parents, celui de Mr Bobo, un homme excentrique et d'apparence un peu fou qui prétend avoir un cirque de souris, et celui de Mrs Spink et Mrs Forcible, deux anciennes actrices de théâtre, dont la célébrité révolue reste leur plus cher souvenir.

Les parents de Coraline travaillent tous les deux à domicile : chacun dans son bureau, sur son ordinateur. L'action se déroulant pendant les grandes vacances scolaires, la jeune Coraline se retrouve donc "seule" chez elle, avec des parents qui sont plus souvent sur leur ordi qu'à s'occuper véritablement de leur fille.

Naturellement curieuse et exploratrice, Coraline ne tarde pas à découvrir, dans ce nouvel appartement, une porte "mystérieuse" qui ouvre sur... un mur de briques ! Mais voilà, mystérieusement réveillée en pleine nuit, la petite fille se rend compte que la porte ouvre sur un AUTRE monde, réplique presque identique de SON monde, à quelques détails près. CE monde abrite son AUTRE mère et son AUTRE père : contrairement à ses vrais parents, ceux-ci ont des boutons à la place des yeux (!) et sont disposés à s'occuper de Coraline, à grand coup de tendresse, de jeux, de câlins, de bisous et de bons repas !

Mais voilà, cela demande un sacrifice : Coraline devra se faire coudre des boutons à la place des yeux et qui plus est... Est-ce que toute cette perfection ne serait-elle pas trop... parfaite ?

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J'avais étudié Coraline l'an dernier, en première année de Licence d'Anglais (LLCE) et j'avais aimé ce conte, mais sans plus. Le récit est assez insipide et surtout factuel. C'est pas très approfondi dans sa façon de raconter, on va dire, bien que l'histoire soit plutôt intéressante. Un scénario, on doit bien le dire, assez peu original qui, une fois de plus, traitera d'une petite fille curieuse qui atterrit dans un autre monde : ça ne vous rappelle pas une certaine petite Alice ?

La façon de raconter de Gaiman (factuelle) n'est pas en soi un handicap car on accroche directement à l'histoire : on COMPREND les personnages, que ce soit Coraline ou ses parents.

La thématique de l'enfant découvrant un autre monde (qu'il soit "Autre monde", "Wonderland", "Neverland" ou encore "le pays d'Oz") n'est pas archaïque et dépassée et est encore "exploitable". C'est un sujet certes déjà exploité, mais pas toujours de la même manière. Gaiman est ingénieux dans le sens où son monde parfait devient d'un seul coup un monde inquiétant, lugubre, triste et même sadique.

Voilà très exactement ce qu'a compris le réalisateur Henry Selick dans son adaptation de Coraline. Son nom ne sera pas inconnu pour certains cinéphiles vu qu'il s'agit du réalisateur de L'étrange Noël de Mr Jack ou de James et la pêche géante.

Ce qu'a compris avec brio Selick, c'est cette capacité à faire jaillir le MAL profond qui se cache derrière le bon apparent.

Certes l'autre mère est une mère parfaite, elle fait des plats extraordinaires, est prête à consacrer son temps à Coraline, à jouer avec elle, etc. Mais qu'est-ce que cela cache-t-il ?
Certes l'autre père (dans le film en tous cas) est un jardinier hors pair, un merveilleux musicien, mais pourquoi est-ce que l'autre mère lui tape dans le genou quand il dit ce qu'il ne fallait pas dire ?
Certes cet autre monde est en apparence parfait, mais les apparences sont trompeuses... Alors quoi ?

Comment Henry Selick capture-t-il l'ambiance ?

Henry Selick retranscrit parfaitement cette atmosphère de "changement du tout au tout" (cf le beau jardin qui devient très vite menaçant pour Coraline) dans son film.

Alors oui, bien sûr, cette adaptation invente des nouveaux personnages (Wybie et sa grand-mère par exemple), retrasse carrément le scénario du livre (il n'y existe en effet pas de poupée-espion qui verrait comment "les enfants sont malheureux dans leur monde")... Mais qu'importe dans la mesure où l'adaptation s'inspire fortement du "concept" utilisé par le conte ? Je suis pro-adaptation-parfaite-fidèle-irréprochable, et pourtant là, je dois dire que ce n'est vraiment pas gênant.

Les grands thèmes de la solitude, de l'exploration, du "derrière des choses", etc. sont repris, alors que demande le peuple ?

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Outre tout cela, on ne peut pas passer à côté des magnifiques dessins ! Certaines salles de cinéma diffusent même Coraline en 3D. J'ai eu la chance de voir le film en VO ainsi qu'en 3D : c'était le premier film que je voyais en 3D (à part celui du parc de Disneyland... !) et franchement, c'est tout à fait réussi. Certains moments sont véritablement stupéfiants, comme par exemple le moment où l'autre mère punit Coraline et la met derrière la glace du miroir : l'effet 3D est scotchant.

Mais même sans voir le film en 3D, les dessins restent d'une très grande beauté et d'une finesse admirable. Beaucoup de couleurs, d'effets spéciaux... (Emportez vos lunettes si vous avez quelques soucis avec vos yeux... Tellement les couleurs et les contrastes s'avèrent parfois "violents" !!)

Que penser de la bande originale de Bruno Coulais ?

Les musiques, composées par Bruno Coulais, majoritairement, sont magnifiques, tout à fait féériques et oniriques. On reconnaît sans souci le compositeur (compositeur également des musiques de Microcosmos et Les choristes). Les compositions épousent parfaitement bien les actions (cf par exemple le cirque des souris).

Conclusion : Coraline est-il vraiment un film pour enfants ?

Alors voilà, Coraline est un film à voir, et un livre à lire... Même si je dois dire qu'on est beaucoup plus facilement fascinés et entraînés par le film ! (Ah, les images VS l'imagination...)

Ce film d'apparence enfantin (sujet traité, jeune héroïne et images en 3D) n'est pas réellement un film qu'on pourrait qualifier de "pour enfants".

On pourrait d'ailleurs faire le même parallèle avec Peter Pan et son Île de Neverland (du moins dans le LIVRE) : en apparence rieuse, joueuse et joyeuse, mais tout à fait inquiétante et dangereuse dès que les veilleuses sont éteintes...

Il y a assez peu de moments drôles, à part quelques moments qui prêtent à sourire légèrement, et comme je le disais précédemment, Selick tourne cette grande féerie qu'est l'autre monde et ses habitants en des cauchemars ambulants : certains enfants peuvent ne pas se retrouver là-dedans.

Encore une fois, Coraline est, à bien des égards, trompeur... !!!

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ginger_bread_woman
Clochette La rétameuse @ginger_bread_woman
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