
C'est quoi l'histoire de Chicken Run ?
Ainsi commence Chicken Run, la dernière création des studios Aardman, qui avaient déjà réalisé Wallace et Gromit. Car il s'agit bien de « Chicken », pardon, de poules ici, et la patte qui dépasse est celle de Ginger, la rousse et meneuse, qui tente de s'évader. En effet, les poules de la ferme « Tweedy », les héroïnes du film, sont enfermées dans ce lieu, vouées à pondre des œufs le reste de leurs jours. Des jours qui risquent fort d'être compromis si la poule ne pond pas, Mrs. Tweedy ayant la hache très facile...
Qui est Rocky, le coq volant ?
Après maintes tentatives d'évasion et prêtes à abandonner, les poules voient néanmoins poindre une lueur d'espoir en la personne de Rocky, le coq volant, véritable Deus Ex-Machina... (à tourtes).
Celui-ci débarque un beau jour par la voie des airs, passant le plus simplement du monde au-dessus des barbelés tel un oiseau... Ginger le persuade alors de leur apprendre à voler, certaine de réussir cette fois-ci.
Des poules qui volent ? Quand elles auront des dents, allez-vous me dire...
Comment le film est-il réalisé en pâte à modeler ?
Eh bien justement, elles en ont des dents, les poules de Chicken Run, des dents... en pâte à modeler. Car vous imaginez bien que Nick Park, le génial créateur de cette basse-cour complètement folle, ne s'est pas amusé à élever toute une tribu de poules pour ensuite les faire jouer ! Non, son truc à lui, c'est l'animation image par image : des dizaines de poules en pâte à modeler, au bec amovible, qu'il déplace d'un rien entre deux photos et qui, lorsqu'on en réunit quelques milliers, forment... un film.
Un travail de titan que lui et ses techniciens abattent depuis des années, l'idée de Chicken Run étant née il y a plus de 5 ans ! Il fallait sans doute être britannique et s'associer, bon gré mal gré, à l'argent de DreamWorks SKG pour mener à bien ce projet.
Pourquoi faut-il absolument voir ce film ?
« Bien » est le mot. « Bien » pourrait être le seul qualificatif du film, s'il n'était pas, en plus de cela, drôle, rapide, bien réalisé, coloré, enthousiasmant et ensorcelant ! C'est tout. Ah non, il y a aussi des supers effets spéciaux, des décors si réalistes qu'on aurait envie de crier cocorico, et la voix de Mel Gibson.
Eh oui, les stars s'y mettent, une nouvelle qui laisse espérer un boom du film d'animation, qui ne sera peut-être plus la poule noire du cinéma dans quelques années. Après Wallace et Gromit, très populaire en Europe, et les quelques tentatives à la Michel Ocelot (comme Princes et Princesses), le grand public, et donc les studios américains, daigneront-ils tourner un regard vers ce mode d'expression très artistique, comme a bien voulu le faire DreamWorks ? Après tout, si dans leur insatiable quête du fric ils nous fournissent de tels chefs-d'œuvre ? Du moment que McDo et son McChicken ne font pas d'opération marketing... tout ira bien, bien donc, comme après avoir vu Chicken Run.
Comme si on avait été soigné de tous les maux, de toutes les angoisses, plus de « poulot, métropoulitain, dodo » (pas pondu de jeux de mots sur dodo, si vous en trouvez un, mailez-moi). On regrette juste d'avoir quitté ces petites poules anglaises, le genre de personnages avec qui on se sent bien et que l'on regrette plus tard lorsqu'ils sont partis : vers la liberté ou un destin plus sinistre ?