Montage graphique pour le film Une Bataille Après L'Autre
Cinéma

César 2026 : pourquoi Une bataille après l'autre va tout rafler

Entre triomphe aux BAFTA, critiques unanimes et casting cinq étoiles, le blockbuster de Paul Thomas Anderson s'impose comme le favori absolu pour le César du Meilleur Film Étranger.

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S'il ne devait y avoir qu'un seul film à retenir de l'année cinématographique 2025, ce serait sans conteste « Une bataille après l'autre ». Ce jeudi 26 février 2026, à quelques heures de la 51e cérémonie des César, la question ne semble plus être de savoir si Paul Thomas Anderson sera récompensé, mais plutôt de l'ampleur du triomphe qui l'attend. Après avoir écrasé la concurrence aux BAFTA dimanche dernier, le film débarque à Paris avec une aura quasi invincible, transformant la catégorie Meilleur Film Étranger en une formalité plutôt qu'en une véritable compétition.

Montage graphique pour le film Une Bataille Après L'Autre
Montage graphique pour le film Une Bataille Après L'Autre — (source)

De la soif de trophées aux BAFTA au raz-de-marée des César 2026

La dynamique est implacable depuis plusieurs semaines. Le long-métrage de Paul Thomas Anderson ne débarque pas à l'improviste sur les bords de Seine ; il arrive porté par une vague de victoires qui a redéfini toute la saison des récompenses. En balayant les concurrences britanniques et américaines, le film s'est imposé comme une machine de guerre redoutable, laissant les autres prétendants dans une position inconfortable de seconds rôles. L'effet de mode ? Absent. Il s'agit d'une reconnaissance unanime pour un cinéma qui parvient l'exploit de marier divertissement de masse et ambition artistique.

Ce raz-de-marée a trouvé son point d'orgue ce dimanche 22 février, lors de la cérémonie des BAFTA à Londres. Devant un parterre de stars réunies au Royal Festival Hall, « Une bataille après l'autre » a littéralement écrasé la compétition, transformant chaque nomination en victoire potentielle. Cette avalanche de récompenses a créé une psychologie de vainqueur quasi inévitable : aujourd'hui, imaginer les César sans le sacre du film de PTA relèverait de l'audace gratuite, voire du déni face à l'évidence de sa supériorité artistique et critique.

Six trophées qui changent la donne pour la cérémonie française

La soirée londonienne restera gravée comme le couronnement officiel de l'œuvre. Avec quatorze nominations au départ, le film était déjà sous les projecteurs, mais c'est la récolte de six trophées majeurs qui a scellé son destin de favori incontournable. En remportant le BAFTA du Meilleur Film et celui du Meilleur Réalisateur, Paul Thomas Anderson a envoyé un message clair à la planète cinéma : son œuvre est la référence absolue de cette saison 2025-2026.

Cette série de victoires a fonctionné comme un véritable électrochoc pour les autres prétendants aux César. Loin d'être une simple formalité protocolaire, ces récompenses britanniques ont validé la vision d'un auteur au sommet de son art devant ses pairs européens. Pour les membres de l'Académie des Arts et Techniques du Cinéma, le message implicitement transmis par les BAFTA est limpide : voter contre ce film reviendrait à s'isoler face à une communauté internationale unie dans l'admiration. La catégorie du Meilleur Film Étranger, traditionnellement lieu de surprises et de coups de cœur « arts et essais », risque fort de céder devant la force d'entraînement de ce blockbuster critique.

La catégorie Meilleur Film Étranger : une domination sans partage

Pourtant, la compétition aux César 2026 dans cette catégorie était théoriquement relevée. « Une bataille après l'autre » doit affronter des œuvres respectables, provenant de cinématographies diverses et reconnues. On trouve ainsi « L'Agent Secret » du Brésilien Kleber Mendonça Filho, le poignant « Black Dog » du Chinois Guan Hu, l'expérimental « Sirāt » de l'Espagnol Oliver Laxe, ou encore « Valeur sentimentale » du Norvégien Joachim Trier. Chacun de ces films possède ses partisans et a su séduire une partie de la critique internationale.

Cependant, face au mastodonte produit par Warner Bros, ces prétendants peinent à exister médiatiquement. Le film de PTA a ceinturé la conversation, capturant la lumière au point de laisser les autres dans une ombre relative. La domination est telle qu'elle en devient presque gênante : comment un film dramatique et intimiste peut-il rivaliser avec l'élan cinématographique d'une production aussi monumentale ? La visibilité dont jouit « Une bataille après l'autre », couplée à sa formidable dynamique de victoires, crée un écart psychologique quasi infranchissable pour les observateurs avertis.

175 millions de dollars : le pari fou d'un auteur au format blockbusters

Pour comprendre l'ampleur du phénomène, il faut revenir à la genèse du projet et aux chiffres vertigineux qui ont accompagné sa production. « Une bataille après l'autre » n'est pas un film comme les autres, ne serait-ce que par son coût de production estimé entre 130 et 175 millions de dollars. Cette somme en fait tout bonnement le film le plus cher de l'entièreté de la carrière de Paul Thomas Anderson. Pour un réalisateur habitué à des échelles plus intimistes comme « Phantom Thread » ou « Licorice Pizza », signer un tel chèque représentait un pari audacieux, voire franchement risqué, de la part des studios.

Cette somme colossale place l'œuvre dans la cour des superproductions estivales, celles qui comptent habituellement sur les effets spéciaux délirants et l'action effrénée pour remplir les salles. Pourtant, PTA n'a pas sacrifié sa singularité pour autant. Au contraire, il a utilisé cette manne financière pour repousser les limites de son style personnel, créant un hybride fascinant entre le cinéma d'auteur exigeant et le spectacle grand public. C'est cette alliance paradoxale qui fascine tant le public jeune, habitué aux blockbusters formatés mais avide de sens et de profondeur.

Paul Thomas Anderson et le Vineland de Thomas Pynchon : un chantier titanesque

Au cœur de cette machine se trouve un défi scénaristique et visuel monumental : l'adaptation du roman « Vineland » de Thomas Pynchon. Considéré comme inadaptable par une grande partie des spécialistes, le livre est un labyrinthe post-moderne, mêlant histoire américaine, contre-culture des années 60 et satire politique féroce. Paul Thomas Anderson a pourtant relevé le défi en convainquant les studios d'investir massivement dans ce projet complexe, estimant que seule une échelle de production ambitieuse pouvait rendre justice à la densité du texte original.

Le réalisateur a transformé ce chantier littéraire en une prouesse technique remarquable. Le tournage, effectué entièrement en Californie dans des lieux comme Cutten, Eureka et Arcata, a requis une logistique impressionnante entre janvier et septembre 2024. Pour capturer la vaste étendue des paysages américains du Nord et l'énergie frénétique de l'intrigue, PTA a fait le choix audacieux de tourner en VistaVision. Ce format, rare et coûteux, offre une résolution d'image exceptionnelle et permet des mouvements de caméra d'une fluidité qui donne au film son souffle épique caractéristique.

Un casting cinq étoiles qui justifie le budget

Si le budget a pu être validé par les financiers, c'est aussi grâce à un casting qui fait rêver Hollywood tout entier. Paul Thomas Anderson a réuni une distribution cinq étoiles qui agit comme une véritable assurance tous risques pour le succès commercial. En tête d'affiche, Leonardo DiCaprio et Sean Penn, deux monstres sacrés de l'écran américain, s'affrontent dans un duel verbal et physique qui promet l'étincelle à chaque scène. À leurs côtés, on trouve Benicio del Toro, Regina Hall, Teyana Taylor, Forest Whitaker et même Jodie Foster dans un rôle secondaire marquant.

La présence de Leonardo DiCaprio est, à elle seule, un événement. L'acteur, réputé pour son exigence légendaire, aurait touché la somme record de 25 millions de dollars pour endosser le rôle de Bob, le protagoniste tourmenté. Cette rémunération colossale a validé le statut de « film événement » dès l'annonce officielle du projet, garantissant une couverture médiatique planétaire et un intérêt du public massif bien avant la sortie en salle. La présence de Chase Infiniti, jeune révélation qui interprète la fille de DiCaprio, complète ce tableau d'ensemble remarquable.

Extrait du film Une Bataille Après L'Autre avec Leonardo DiCaprio
Extrait du film Une Bataille Après L'Autre avec Leonardo DiCaprio — (source)

Bob contre Lockjaw : DiCaprio et Penn en mode apocalyptique

Au-delà des enjeux budgétaires et des statistiques de récompenses, c'est le cœur du récit qui capte l'attention depuis la sortie. « Une bataille après l'autre » est bien plus qu'une machine à trophées : c'est une histoire poignante, délirante et viscéralement humaine. Sans révéler la fin pour préserver le plaisir de la découverte, il est essentiel de comprendre la mécanique de cette traque haletante qui justifie les accolades reçues par les acteurs. L'intrigue repose sur un ressort dramatique classique mais efficace : un père en quête désespérée de sa fille, entraîné dans un tourbillon de violence absurde.

Paul Thomas Anderson signe ici une œuvre hybride fascinante, située à mi-chemin entre le road-movie psychologique et la tragicomédie survoltée. Le réalisateur nous entraîne des forêts profondes de la Californie du Nord jusqu'aux frontières brûlantes du Mexique, dans une course contre la montre où l'humour le plus noir côtoie la tension la plus insoutenable. Ce mélange des genres, marque de fabrique du cinéaste, permet au public de rire tout en frissonnant, créant une expérience de visionnage unique en son genre.

Une traque haletante de la Californie aux frontières du Mexique

L'histoire débute dans l'amertume et la paranoïa. Bob, incarné par un Leonardo DiCaprio méconnaissable, est un ancien révolutionnaire totalement désabusé par l'échec des idéaux des années 60. Il vit en marge de la société, caché avec sa fille Willa, interprétée par la révélation Chase Infiniti. Leur existence précaire bascule brutalement lorsque Lockjaw, l'ennemi juré de Bob, refait surface après seize ans de silence. Ce militaire véreux et impitoyable, campé par un Sean Penn terrifiant, enlève Willa, précipitant Bob dans une traque effrénée à travers l'Amérique.

Ce qui suit est un périple initiatique à travers une nation en décomposition. Bob, paranoïaque et physiquement diminué, doit puiser dans ses dernières ressources pour affronter une organisation militaire puissante et déterminée. La dynamique entre les deux antagonistes est électrique : Bob est le pantin balloté par les vents de l'histoire, tandis que Lockjaw incarne la force brutale et aveugle de l'appareil répressif. Le film oscille sans cesse entre des moments de pure comédie, souvent dus aux maladresses tragiques de Bob, et des séquences d'action d'une violence glaçante.

Tiré du film Une Bataille Après L'Autre avec Leonardo DiCaprio
Tiré du film Une Bataille Après L'Autre avec Leonardo DiCaprio — (source)

DiCaprio en antihéros pantin : contre-emploi génial ou génie ?

La performance de Leonardo DiCaprio constitue sans conteste l'un des piliers du succès critique du film. Ici, loin de l'aventurier héroïque ou du séducteur charismatique auquel le public l'habitude, l'acteur propose un contre-emploi vertigineux. Son Bob est un « pantin désarticulé », un homme brisé par le temps et les déboires, qui avance à travers l'intrigue avec une maladresse touchante et une paranoïa constante. Ce choix de jeu physique, voûté et tremblant, pourrait sembler risqué pour une star de son envergure, mais il s'avère payant à chaque instant.

Cette interprétation audacieuse a conquis la critique française, contribuant fortement à la note exceptionnelle de 4,7 sur 5 sur Allociné. DiCaprio ne joue pas la victimisation facile, mais une forme de tragédie burlesque profondément humaine. On rit de ses mésaventures grotesques, tout en ressentant une compassion sincère pour sa détresse paternelle. C'est cette complexité qui a scellé son succès en France, un pays qui adore voir les stars américaines se déconstruire pour l'art plutôt que de camper des figures héroïques convenues.

Sean Penn, le méchant mythique qui fait peur à Hollywood

Face à la fragilité de DiCaprio, Sean Penn impose une présence spectrale, menaçante et absolue. Dans le rôle de Lockjaw, il n'est pas simplement un antagoniste de plus ; il incarne une figure mythique, presque biblique, du mal absolu. La critique du site Avoir-alire le compare d'ailleurs à Dark Vador, une force de la nature impitoyable qui écrase tout sur son passage. Ce méchant n'a pas la nuance du mal ordinaire : il est le représentant d'une oppression militaire et suprémaciste qui terrifie les protagonistes et le spectateur à égalité.

Penn joue avec une économie de moyens glaçante qui révèle son immense talent. Son regard fixe, sa voix calme et terrifiante, contrastent avec l'agitation nerveuse de DiCaprio. Il est le mur contre lequel Bob va se briser, puis finalement tenter de se reconstruire. En incarnant cette menace militaire qui pèse sur le destin de la famille, Penn apporte au film une gravité indispensable qui empêche le récit de sombrer dans la farce totale. C'est sa performance qui ancre l'histoire dans une réalité politique effrayante, transformant « Une bataille après l'autre » en allégorie moderne de la lutte du faible contre le fort.

Une satire politique qui résonne avec l'Amérique de 2026

Si le film fonctionne comme un divertissement grand public, il brille aussi par sa profondeur intellectuelle et sa résonance avec l'actualité brûlante des États-Unis. En 2026, l'Amérique traverse une période de turbulences politiques et sociales majeures, et le film de Paul Thomas Anderson ne détourne pas le regard. Bien au contraire, il utilise la satire pour décortiquer les maux d'une nation en crise, offrant un miroir déformant mais fidèle de la réalité américaine contemporaine. C'est cette dimension politique qui a tant séduit les intellectuels et les cercles de pouvoir des deux côtés de l'Atlantique.

Loin d'être un simple conte moralisateur, le film aborde des thèmes sensibles avec une finesse surprenante pour une production de cette envergure. La traque des ex-révolutionnaires par des milices privées n'est pas un simple ressort scénaristique : c'est une allégorie directe de la polarisation extrême de la société américaine actuelle. En montrant ces camps à la frontière mexicaine, véritables prisons à ciel ouvert, le cinéaste fait écho aux débats sur l'immigration et les dérives sécuritaires qui agitent le pays depuis plusieurs années.

L'ICE, les camps à la frontière et l'écho trumpien

L'une des forces du film réside dans sa capacité à faire parler l'imaginaire pour mieux dénoncer le réel. Les camps de détention où sont enfermés les opposants politiques rappellent sinistrement les prisons de l'ère Trump et les politiques de tolérance zéro de l'ICE, la police de l'immigration américaine. Paul Thomas Anderson ne nomme pas directement ces institutions, mais il en reconstitue l'atmosphère oppressante et inhumaine avec une précision chirurgicale. Ces décors, bien que fictifs, résonnent avec les reportages diffusés dans les médias sur les centres de rétention, créant un malaise palpable chez le spectateur averti.

Le surréalisme du récit permet de dire des vérités que le réalisme peine parfois à capturer. En caricaturant la violence des milices suprémacistes et la passivité complice de l'État, le film dénonce la légitimation progressive d'une forme de terrorisme d'État. Les scènes se déroulant à la frontière sont d'une violence visuelle et symbolique forte, rappelant que l'enfermement et la séparation des familles sont des réalités actuelles pour des milliers de migrants. Ce choix de mettre en scène l'horreur à travers le prisme du spectacle blockbuster permet au message de toucher un public très large, bien au-delà des cercles militants habituels.

Paul Thomas Anderson : mener la révolution sans violence si possible

Cependant, le message du film ne se limite pas à la critique sombre et désespérée. Il porte aussi un espoir, une lueur au bout du tunnel. En recevant son trophée du Meilleur Réalisateur aux BAFTA dimanche dernier, Paul Thomas Anderson a prononcé un discours marquant, résumant la philosophie de son œuvre. Il a déclaré que son film faisait écho aux actions récentes de la police de l'immigration aux États-Unis, mais que son intention n'était pas de désespérer le public. « Il faut mener la révolution, sans violence si possible », a-t-il affirmé avec conviction, appelant les spectateurs à « garder espoir » malgré les ténèbres.

Cette déclaration résonne particulièrement dans le contexte actuel, où la colère et la résignation se disputent les esprits. Le cinéaste, à travers l'odyssée pathétique de Bob, suggère que la résistance peut prendre des formes inattendues. Ce n'est pas la force des armes qui triomphe ici, mais la persévérance de l'humain et l'amour filial. En positionnant son film comme une ode à la résilience pacifique, Anderson a su capter l'air du temps, offrant une œuvre qui est non seulement un témoignage sur son époque, mais aussi un guide pour la traverser avec dignité.

4,7 sur 5 et 95 % : quand la critique s'accorde pour encenser le film

Il est rare, voire exceptionnel, de voir un consensus critique aussi large autour d'une production à gros budget. D'habitude, les blockbusters divisent, soumis à la tyrannie du box-office et aux attentes parfois contradictoires des audiences de masse. Mais « Une bataille après l'autre » fait figure d'exception lumineuse. Les chiffres parlent d'eux-mêmes et dessinent les contours d'un triomphe absolu, dépassant les frontières linguistiques et culturelles pour devenir un objet d'admiration quasi universel.

Pour ceux qui douteraient encore de la légitimité de cette domination, un simple tour d'horizon des agrégateurs de critiques suffit à convaincre. De la presse hexagonale aux critiques anglo-saxons, l'unanimité est quasi totale. Ce n'est pas seulement un film qu'on apprécie, c'est un film qu'on admire, qu'on étudie et qu'on veut célébrer. Face à de tels scores, la concurrence aux César 2026 apparaît bien démunie, comme si le verdict avait été rendu bien avant le début de la cérémonie de vendredi.

Le plébiscite de la presse française : une œuvre taillée dans le diamant

En France, l'accueil a été d'une chaleur exceptionnelle depuis la sortie en septembre dernier. Sur Allociné, référence incontournable de la critique cinématographique hexagonale, le film affiche une moyenne spectaculaire de 4,7 sur 5, basée sur 41 critiques de presse professionnelles. C'est un score qui frôle la perfection, témoignant de l'émotion suscitée par la découverte du film dans les salles obscures. Les critiques ne mâchent pas leurs mots, évoquant un « chef-d'œuvre » et une œuvre d'une maîtrise rare.

Le site Avoir-alire résume parfaitement cet enthousiasme en qualifiant le film de « drôle, survolté et totalement ingénieux ». La critique loue la mise en scène virtuose de PTA, capable de maintenir une tension maximale tout en distillant un humour très personnel et décalé. Chaque scène semble être un bijou de précision et de rythme, un signe que le réalisateur maîtrise son art comme peu d'autres le font aujourd'hui à Hollywood. C'est cette capacité à allier le populisme intelligent à la forme la plus aboutie du septième art qui a conquis les plumes les plus exigeantes de l'Hexagone.

Les scores planétaires : Rotten Tomatoes et IMDb alignés

Le phénomène dépasse largement les frontières françaises. De l'autre côté de l'Atlantique, l'accueil est tout aussi triomphal. Sur Rotten Tomatoes, le score atteint les 95 % de critiques positives, basé sur l'analyse de 374 critiques professionnelles. Ce chiffre astronomique signifie que le film est acclamé par la quasi-totalité de la profession américaine, un exploit remarquable pour une œuvre traitant de sujets aussi politiques et potentiellement controversés. Les critiques d'outre-Atlantique saluent la performance des acteurs et la pertinence du sous-texte politique.

Même sur IMDb, la plateforme souvent plus sévère et représentative du grand public international, le film affiche une solide note de 7,7 sur 10. Ces chiffres, mis en parallèle avec ceux des autres nommés aux César, illustrent un écart de popularité et de reconnaissance critique qui joue définitivement en faveur du film de PTA. Alors que ses concurrents peinent parfois à dépasser le cercle des festivals et des cinéphiles avertis, « Une bataille après l'autre » s'est imposé comme un succès planétaire, validé aussi bien par les intellectuels new-yorkais que par le grand public international.

Sortie en France et stratégies de visionnage : le film qui a conquis les salles

Cette conquête critique ne s'est pas faite dans le secret des salles de montage, mais sous le feu des projecteurs d'une stratégie marketing ambitieuse. La sortie en France a été pensée comme un événement majeur, validant le statut de « film événement » que Warner Bros. Pictures voulait donner à sa production phare. Dès son annonce, la machine promotionnelle s'est mise en branle, promettant au public une expérience inoubliable dans les salles obscures.

Pour un film de cette envergure, la simple salle standard ne suffisait pas à rendre justice à l'ambition visuelle du projet. La stratégie s'est orientée vers une immersion maximale pour le spectateur, utilisant les technologies les plus modernes pour sublimer la photographie VistaVision du film. L'objectif était clair : ne pas simplement vendre un ticket, mais vendre une expérience collective, un moment de cinéma total qui marquerait les esprits.

Le 26 septembre 2025 : Warner Bros transforme le film en événement incontournable

C'est donc le 26 septembre 2025 que le film a débarqué sur les écrans français, après une avant-première mondiale le 8 septembre au Grauman's Chinese Theatre à Los Angeles. Warner Bros. a mis les petits plats dans les grands, en assurant une large diffusion, notamment en format IMAX. Ce choix a permis au public de bénéficier d'une qualité d'image et de son irréprochable, révélant toute la richesse visuelle de la Californie filmée par PTA avec une amour évident pour les paysages.

Malgré un budget colossal estimé entre 130 et 175 millions de dollars, le box-office mondial s'est élevé à 208,7 millions de dollars. Si, sur le papier, ce chiffre peut sembler modeste pour un blockbuster hollywoodien traditionnel, il représente en réalité le meilleur score de la carrière de Paul Thomas Anderson. Le film a donc réussi un tour de force majeur : être un succès critique planétaire tout en réalisant de solides performances commerciales, sans pour autant sacrifier son intégrité artistique sur l'autel du profit immédiat.

Conclusion : Une récompense qui ne devrait faire aucun débat

En tirant le fil de l'analyse, la conclusion s'impose avec une force irréfutable. Les César 2026 devraient être une formalité pour « Une bataille après l'autre ». Dire que le film est favori serait un euphémisme : il est dans une position de domination absolue, tel un géant face à des prétendants courageux mais objectivement dépassés par l'envergure de l'événement. Donner le César du Meilleur Film Étranger à une autre œuvre constituerait une surprise historique, voire une incompréhension totale au vu des éléments en présence.

La domination de ce film est multidimensionnelle et impressionnante. Elle est artistique d'abord, grâce à la main de maître de Paul Thomas Anderson et à un casting d'exception incarné par un DiCaprio libéré de ses habitudes et un Penn terrifiant de justesse. Elle est critique ensuite, appuyée par des scores statistiques qui laissent peu de place à l'interprétation ou au doute raisonnable. Elle est politique enfin, le film ayant su capter l'air du temps pour devenir le symbole d'une résistance nécessaire et pacifique face aux oppressions de toutes sortes.

Une année sans conteste pour le cinéma étranger

En synthétisant les atouts majeurs de « Une bataille après l'autre », on comprend pourquoi la catégorie Meilleur Film Étranger semble verrouillée avant même la cérémonie. Le réalisateur américain a réussi le tour de force de créer une œuvre populaire sans être simpliste, et exigeante sans être hermétique. Ses six trophées aux BAFTA ont agi comme un sceau de qualité internationale, précipitant son destin vers la statue dorée française avec une force quasi mécanique. Face à cette avalanche de succès, les autres films nommés, malgré leurs qualités indéniables, apparaissent comme les comparses d'une histoire déjà écrite à l'avance.

En fin de compte, récompenser « Une bataille après l'autre » aux César, c'est plus qu'honorer un simple film. C'est saluer une vision du cinéma qui refuse de choisir entre l'art et le divertissement, entre l'engagement politique et le rire sincère. C'est valider le pari fou d'un auteur qui a dépensé près de 175 millions de dollars pour offrir au monde une réflexion poignante sur l'état de l'Amérique contemporaine. Ce vendredi, sous les lustres de la salle Pleyel, si l'on parie sur un nom, ce ne peut être que celui-ci. L'histoire de la 51e cérémonie s'écrira probablement en lettres d'or, avec comme protagoniste unique cette « bataille » qui a tout gagné avant même que le premier trophée ne soit remis.

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Julien Cabot @cine-addict

Je regarde des films comme d'autres font du sport : intensément et quotidiennement. Toulousain de 28 ans, je travaille dans un cinéma d'art et essai la semaine, ce qui me permet de voir gratuitement à peu près tout ce qui sort. Mon appartement est tapissé d'affiches et mon disque dur externe contient 4 To de films classés par réalisateur. J'ai un superpouvoir agaçant : reconnaître n'importe quel film en moins de trois plans. Mon compte Letterboxd est une œuvre d'art en soi, avec des critiques de 2000 mots sur des nanars des années 80.

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