
Le slasher français peut-il rivaliser avec les classiques américains ?
Petit rappel des faits : été 1997, Scream sort sur les écrans. Énorme succès et retour en force du slasher, ce film gore caractérisé par un méchant qui trucide tout le monde. Le problème, c'est que si Scream est un film auto-critique, les productions qui en découlent retombent très rapidement dans les travers et les stéréotypes du genre. Aujourd'hui, le slasher est déjà retombé dans l'oubli. Sauf qu'en France, on s'est dit que si les USA sont les maîtres de ce genre, on devrait pouvoir le faire aussi.
Et voilà donc Promenons-nous dans les bois qui déboule en 2000 : succès relatif (merci la fête du cinéma !), mais sur le plan artistique, tout le monde s'accorde pour dire que c'est raté. Sauf qu'on n'est pas du genre à laisser tomber, et voilà aujourd'hui Brocéliande, LE slasher à la française... Et c'est pire que tout !
L'intrigue : entre archéologie et légendes bretonnes
En résumé : une étudiante en archéologie (super belle, lèvres pulpeuses, gros seins, mais quand même intelligente et qui se la joue boudeuse et inaccessible) débarque à Rennes pour étudier. Ses cours l'emmènent sur le site de Brocéliande, lieu entouré de mystères et de légendes remontant à la nuit des temps. Et c'est alors qu'une série de meurtres débutent sur le campus : gros stress !
(Je continue à raconter, alors ceux qui voudraient voir le film malgré ma critique... bande de sado-maso, vous aimez ça hein ?! détournez votre regard !)
Bref, finalement le meurtrier est le copain de l'héroïne (mon Dieu, quelle surprise ! En même temps, il a un comportement super bizarre, ça laissait planer le suspense !!). Sauf que là, y a un souci... On est à peine à 40 minutes dans le film, reste donc une looooongue heure à combler.
Un scénario qui s'effondre lamentablement
Qu'est-ce que le réalisateur fait alors ? Il enferme les protagonistes dans des souterrains pendant une heure, poursuivis par un monstre tout droit sorti d'Alien, fruit d'un mix entre le méchant et une divinité druidique ressuscitée. De toute façon, à ce stade, toute la salle était déjà en train de se marrer ou de consulter son portable. Bref, à la fin le méchant meurt, l'héroïne gagne, mais tout le monde s'en fout.
Pourquoi cette critique négative n'est pas injustifiée
J'adore le film fantastique, et particulièrement le slasher quand il est bien foutu... J'en veux pour preuve mes critiques de Jason X et de Blade 2 récemment (deux films jouissifs, dois-je le répéter ?!). Scream et Halloween 1 sont également géniaux. Tout ça pour dire que si je détruis ce film, ce n'est pas parce que c'est un film d'horreur... Mais bel et bien parce que ce film est absolument naze.
Ce qui ne fonctionne pas dans Brocéliande
Les acteurs et les dialogues
Des inconnus pour la plupart, mais qui ne savent absolument pas jouer. Recrutés pour leur physique... Les dialogues ? Hallucinants de bêtise, proches de ceux d'une sitcom mais qui se veulent sérieux.
Les décors et la musique
Hummmmm, les pierres en polystyrène qui s'écroulent sont dignes d'un film de série Z datant des années 70. La musique ? À part un rythme tribal assez sympa, le reste est honteusement pompé sur des classiques hollywoodiens qui donnent l'impression que le compositeur a une modestie très relative...
Le scénario et la mise en scène
Laisser courir des personnages pendant une heure dans des souterrains dénote tout de même un manque flagrant d'inspiration. Quant à la mise en scène, on touche définitivement le fond : c'est simple, au bout d'une demi-heure, on s'ennuie déjà à mourir. Plusieurs scènes de combat viennent ponctuer le film : elles sont ridicules, sans aucune chorégraphie et sans musique. Bref, on n'est pas du tout captivé.
Pour un film à suspense, ça commence à faire beaucoup... C'est d'autant plus énervant que la légende de Brocéliande est originale et aurait pu donner lieu à des développements propices au suspense et au gore. Là, en un film, le réalisateur réussit à bousiller un matériau des plus intéressants.
Les (rares) moments drôles du film
Ah si, on peut peut-être trouver ça drôle... Moi, ça m'a pas fait rire, sauf deux fois : quand la blonde se fait couper la tête (ouf ! elle va enfin fermer sa gueule maintenant) et quand un acteur déboule tout paniqué : « Regardez ce que j'ai trouvé » hurle-t-il avant de montrer un mouchoir ensanglanté. Cette scène aurait figuré dans La Cité de la peur, ça ne m'aurait pas étonné...
Verdict : un navet qui devient étalon de mesure
Si l'on peut critiquer des films tels que Souviens-toi... l'été dernier et Urban Legend, je peux vous assurer qu'à côté de ce navet, ces films sont des chefs-d'œuvre. Vouloir concurrencer les pros du film de divertissement n'est pas donné à tout le monde.
Le réalisateur (Doug Headline) est un proche de Christophe Gans, réalisateur du très bon (malgré ses nombreux défauts) Le Pacte des loups... À la place de Headline, je ne m'en serai pas vanté, la comparaison est sans appel. Comment des producteurs ont-ils pu laisser quelqu'un faire un tel film ?!
Je pourrais m'étendre encore longtemps sur cette daube, mais sachez seulement que ce film a malgré tout un grand mérite : en devenant le pire film que j'ai eu l'occasion de voir (que ce soit au ciné, à la télé ou en vidéo), il est désormais et pour longtemps mon nouvel étalon de mesure des films nuls. Comme dirait l'autre : « Toucher le fond, c'est courageux. En redéfinir la profondeur, c'est admirable. »