Brad Pitt reprising his role as Cliff Booth on the set of the new Netflix film.
Cinéma

Brad Pitt : le retour choc de Cliff Booth avec Fincher sur Netflix

Brad Pitt reprend son rôle oscarisé de Cliff Booth dans une suite signée David Fincher, exclusivement sur Netflix. Cette suite nous plonge en 1977 où le cascadeur devient "fixer" pour les studios. Le film réunit Fincher à la réalisation et Tarantino...

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L'annonce a fait l'effet d'une bombe dans le paysage médiatique, provoquant un frisson collectif chez les millions de téléspectateurs du Super Bowl LX. Alors que le monde avait les yeux rivés sur les terrains, c'est sur les écrans publicitaires que l'étincelle s'est produite avec la diffusion inattendue du premier teaser de The Adventures of Cliff Booth. Ce projet, qui semblait relever du fantasme de cinéphile, est bel et bien réel : Brad Pitt reprend son rôle oscarisé de cascadeur expert en arts martiaux, huit ans après les événements de Once Upon a Time… in Hollywood. Le film ne sera pas une simple suite, mais une plongée brutale et nostalgique dans les années 70, signée par le réalisateur visionnaire David Fincher et disponible exclusivement sur Netflix. 

Promotional art for The Adventures of Cliff Booth showing the Hollywood sign.
(source)

Le choc du Super Bowl LX : Cliff Booth débarque sur Netflix en 1977

L'événement a pris tout le monde de court lors de la plus grande soirée télévisée de l'année aux États-Unis. En plein milieu du flux publicitaire du Super Bowl LX, Netflix a largué une bande-annonce aussi sèche que violente, ramenant Brad Pitt sous les traits de l'iconique Cliff Booth. Ce n'était pas une simple annonce de casting, mais une véritable déclaration de guerre artistique et commerciale. L'intrigue est désormais officialisée : nous ne sommes plus en 1969, l'année de la fin de l'âge d'or d'Hollywood et de l'ultime face-à-face avec la famille Manson, mais bien en 1977. Ce saut temporel de huit ans n'est pas anodin ; il marque la transition d'une époque hippie décadente vers une ère plus cynique, celle du blockbuster et de la nouvelle Hollywood. Cliff Booth n'est plus simplement le faire-valoir de l'acteur Rick Dalton ; il devient l'acteur principal de sa propre histoire, dans un Los Angeles qui a radicalement changé, tout comme l'industrie du cinéma.

Un teaser aux allures de retour en arrière

Le teaser diffusé en ce mois de février 2026 est un chef-d'œuvre de montage compressé, distillant en quelques secondes l'essence même du personnage qui a valu à Brad Pitt l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Dès les premières images, l'ambiance est plantée : une musique au rythme nerveux, des coupes rapides et cette atmosphère « grindhouse » si chère à Tarantino, mais filtrée par l'objectif clinique de Fincher. On y voit Cliff Booth dans des moments d'intimité brutale, soignant son genou et son épaule avec une application stoïque, soulignant les années qui passent et les prix à payer pour une vie de cascades. Les plans le montrent en conversation tendue avec un nouveau personnage féminin interprété par Elizabeth Debicki, suggérant une dynamique complexe qui pourrait bien être le moteur narratif du film. Le détail visuel qui a scellé l'adhésion immédiate des fans est sans conteste la fidélité absolue au costume originel : la perruque blonde défraîchie, la moustache impeccable et cette fameuse chemise à fleurs jaune qui est devenue une véritable icône de la pop culture moderne. C'est Cliff Booth, point à la ligne, mais plus vieux, plus usé, et peut-être plus dangereux. 

Brad Pitt reprising his role as Cliff Booth in The Adventures of Cliff Booth film trailer.
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1977 : la nouvelle ère du cascadeur reconverti

Ce glissement chronologique vers 1977 ouvre des perspectives narratives fascinantes pour un personnage qui, à l'origine, était défini par sa fidélité envers une star déclinante. Dans cette nouvelle ère, Cliff Booth évolue. Il ne se contente plus d'être la doublure ou le chauffeur ; il est devenu ce qu'on appelle un « Hollywood studio fixer », un régisseur spécialisé dans la résolution de problèmes épineux pour les compte des grandes majors. Ce changement de statut est crucial : il ne sert plus les divas du cinéma, mais les intérêts financiers et logistiques des studios eux-mêmes. L'année 1977 coïncide avec l'explosion du cinéma de genre et la naissance des grands blockbusters d'été. Dans ce contexte, Booth, avec son ancien code d'honneur et ses méthodes peu orthodoxes, est une anomalie vivante, une relique d'un temps passé qui doit naviguer dans un monde en pleine mutation industrielle. C'est la promesse d'un conflit entre l'ancien et le nouveau Hollywood, avec Cliff pris en étau entre ces deux mondes.

Le tandem Pitt-Fincher vs l'ombre de Tarantino

Si le retour de Cliff Booth est une nouvelle en soi, la manière dont ce projet est orchestré constitue un bouleversement encore plus grand pour les aficionados du septième art. Loin d'être une simple production dérivée animée par des seconds couteaux, The Adventures of Cliff Booth réunit deux colosses de l'industrie moderne. D'un côté, Quentin Tarantino, qui signe ici le scénario, confirmant qu'il n'a pas tout à fait dit adieu à cet univers qu'il a bâti avec tant de soin. De l'autre, David Fincher, qui reprend les rênes de la mise en scène. Ce transfert de pouvoir créatif soulève une question fondamentale : comment le style visuel froid, obsessionnel et presque mathématique de Fincher va-t-il s'articuler avec la plume exubérante, sanglante et méta-cinematographique de Tarantino ? C'est un mariage de raison qui sent la poudre, une promesse de cinéma puissant qui ne laissera personne indifférent.

Une réunion attendue depuis L'Étrange Histoire de Benjamin Button

La collaboration entre Brad Pitt et David Fincher est un événement en soi. Il faut se souvenir que leur dernière collaboration remonte à 2008 avec L'Étrange Histoire de Benjamin Button, après avoir façonné ensemble le paysage cinématographique de la fin des années 90 avec des chefs-d'œuvre sombres comme Se7en et Fight Club. Depuis, les deux hommes ont pris des chemins séparés, Fincher explorant les profondeurs psychologiques avec Gone Girl ou les séries télévisées comme Mindhunter, tandis que Pitt oscillait entre blockbusters et cinéma d'auteur. Retrouver ce duo sur un projet tel que celui-ci est une gageure. La vision de Fincher, souvent perçue comme clinique et distanciée, pourrait apporter une gravité inédite au personnage de Booth. On peut s'attendre à une approche plus documentée, plus sombre peut-être, de la violence du cascadeur, contrastant violemment avec l'hommage ludique et colorique qu'en faisait Tarantino. C'est la rencontre de deux mondes : le pulp explosif et le thriller psychologique de haute facture.

Tarantino scénariste, Fincher réalisateur : l'équation dangereuse

La répartition des rôles au sein de cette production est aussi audacieuse que risquée. Quentin Tarantino, bien qu'il ait annoncé sa retraite prochaine, reste profondément impliqué en tant que scénariste, livrant les dialogues mordants et la structure narrative complexe que seul lui sait concevoir. Cependant, en confiant la caméra à David Fincher, il lance un défi immense à son œuvre. Est-ce encore un film « de Tarantino » si l'image n'est pas la sienne ? Ou assiste-t-on à l'acte de naissance d'un nouveau genre hybride, le « Fincher-Tarantino » ? Cette approche permet peut-être de contourner les écueils de la répétition. Fincher, avec sa maîtrise technique redoutable, pourrait servir le script de Tarantino en le dépoussierant de ses tics habituels, offrant une texture visuelle plus moderne et nerveuse. C'est l'ultime carte de visite pour Fincher, prouvant une fois de plus qu'il est capable de maîtriser n'importe quel genre, y compris le pulp californien le plus authentique. Ce The Adventures of Cliff Booth : Pitt et Fincher réunis est sans doute le pari artistique le plus audacieux de l'année. 

Cliff Booth « fixer » : peut-on humaniser une légende du silence ?

Transformer Cliff Booth, figure secondaire et énigmatique de Once Upon a Time… in Hollywood, en protagoniste absolu d'un long métrage constitue un défi narratif majeur. Le charme du personnage résidait dans sa nature mystérieuse, son silence pesant et ses actions qui parlaient plus fort que les mots. Faire de lui le centre d'une intrigue de deux heures risque de briser le charme, de dissiper la magie qui entourait cette force de la nature silencieuse. Comment maintenir l'intérêt du spectateur sur un homme qui refuse de se dévoiler ? C'est le problème central auquel ce film devra répondre pour éviter de devenir une simple anecdote sans âme.

Le défi d'adapter une icône taciturne

Le personnage de Cliff Booth fonctionne par l'implicite. Dans le film de Tarantino, il était l'observateur stoïque, l'ombre protégeant la lumière. Le passer au rang de « fixer » hollywoodien nécessite une évolution du script qui pourrait l'éloigner de ce qui le rendait unique. Selon les premières informations, le scénario tentera d'exploiter son rôle de solutionneur de problèmes pour générer des conflits et des dialogues. Le risque est grand de voir ce taciturne se transformer en un bavard expositif, forçant des explications qu'il n'aurait jamais livrées naturellement. Pour réussir ce tour de force, les scénaristes devront s'appuyer sur l'action et les interactions avec les autres personnages, notamment celui d'Elizabeth Debicki, pour exposer les failles du personnage sans qu'il ait à les verbaliser. L'objectif est de préserver son aura de dangerosité latente tout en le rendant suffisamment complexe pour porter un film entier.

Entre nostalgie et investigation : le genre du film noir californien

Pour contourner le mutisme naturel de Booth, il est fort probable que David Fincher oriente le récit vers le genre qu'il maîtrise par excellence : le film noir ou le thriller d'investigation. En tant que « fixer », Cliff Booth pourrait se voir confier des enquêtes, des nettoyages de situations compromises qui rappellent l'ambiance de Chinatown ou le suspense de Seven. Ce changement de ton permettrait d'explorer le passé violent du personnage, notamment l'incident tragique avec son épouse sur le bateau, qui n'était que suggéré dans le premier film. Fincher pourrait utiliser ces éléments sombres pour construire une psychologie plus profonde, utilisant la caméra pour révéler ce que le visage de Pitt cache. Ce ne serait plus simplement une aventure rétro, mais une plongée dans les ténèbres d'une âme meurtrie par le temps et la violence, un terrain idéal pour le réalisateur de Zodiac.

Hollywood à la carte : pourquoi Brad Pitt a signé avec Netflix

Le choix de Brad Pitt de confier ce projet très personnel à une plateforme de streaming plutôt qu'aux studios traditionnels n'est pas anodin. Il marque une évolution profonde de la stratégie des plus grandes stars d'Hollywood, qui n'hésitent plus à troquer la grandeur des salles obscures pour la portée globale et la liberté créative de Netflix. Pourquoi une star de son envergure, qui a conquis les Oscars avec ce même personnage, choisit-elle le petit écran pour sa suite ? La réponse réside dans une mutation industrielle en cours, où les frontières entre cinéma et télévision s'effacent de plus en plus.

De War Machine à The Adventures of Cliff Booth

Ce n'est pas la première fois que Brad Pitt s'aventure sur le terrain de Netflix. On se souvient de War Machine en 2017, une satire militaire où l'acteur incarnait le général Glen McMahon. Bien que ce film n'ait pas reçu les honneurs de la critique au même titre que ses travaux théâtraux, il avait marqué un tournant : celui d'une star qui utilise la plateforme pour explorer des rôles risqués, expérimentaux ou à la tonalité satirique, sans la pression immédiate du box-office du week-end. Avec The Adventures of Cliff Booth, Pitt pousse ce pari plus loin. Il ne s'agit plus d'une expérience isolée, mais d'une suite directe à l'un de ses plus grands succès, confiée au géant du streaming. Cela démontre une confiance totale dans la capacité de Netflix à produire du contenu « prestige » capable de rivaliser avec les plus grandes productions d'Hollywood, tout en offrant à l'acteur une marge de manœuvre créative que les majors plus frileuses auraient peut-être peiné à accorder.

La fin de l'exceptionnalité des salles obscures pour les stars vieillissantes

Brad Pitt reprising his role as Cliff Booth on the set of the new Netflix film.
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Ce choix illustre également une transformation économique du paysage cinématographique. Les stars de la génération Pitt, qui approchent la soixantaine, voient dans le streaming un moyen de rester pertinentes pour la génération Z, un public qui consomme le contenu différemment. Les salles obscures ne sont plus le passage obligé pour la validation du succès artistique. Le « téléfilm de prestige » est devenu le nouvel événement culturel. Pour un acteur de son calibre, signer avec Netflix, c'est s'assurer une visibilité instantanée auprès de millions d'abonnés dans le monde, une exposition que même un blockbuster sorti en 3000 salles ne pourrait garantir de manière aussi immédiate. C'est une acceptation lucide de la nouvelle économie du divertissement, où l'influence et la portée l'emportent parfois sur la grandeur de l'écran.

La censure ironique du trailer : quand Netflix se moque des règles

L'un des aspects les plus fascinants de la promotion de The Adventures of Cliff Booth réside dans le traitement visuel de son teaser. Dans un geste d'autodérision rarement vu à ce niveau de production, Netflix a volontairement flouté, pixelisé et censuré de nombreux éléments de la bande-annonce diffusée lors du Super Bowl. Au-delà du simple clin d'œil humoristique, ce choix esthétique en dit long sur le ton du film et la relation ambivalente que la plateforme entretient avec les règles de diffusion.

Des indices cachés derrière les pixels floutés

Chaque élément flouté dans le teaser — qu'il s'agisse d'un doigt d'honneur, d'une cigarette, d'une consommation d'alcool ou de scènes de nudité — fonctionne comme un indice. C'est une déclaration d'intention cinglante : le film sera fidèle, sans compromis, au vice, à la violence et à l'ambiance adultère des années 70. En utilisant cette censure « parodique », Netflix se joue des restrictions du « broadcast » tout en créant un buzz viral immédiat. Cette technique souligne avec ironie la nature même du personnage de Cliff Booth, un homme qui vit en marge des règles et qui ne se conforme pas aux conventions sociales. Ce jeu de cache-cache visuel sert à la fois à contourner les politiques strictes de diffusion du Super Bowl et à attiser la curiosité des spectateurs, qui comprennent qu'ils n'ont pas tout vu. C'est une promesse que la version finale, disponible sur la plateforme, sera intégrale et sans concession.

La réception des fans : entre fureur et engouement sur les réseaux

La réaction sur les réseaux sociaux a été instantanée et mitigée, illustrant la division de la communauté des cinéphiles. Les puristes de Tarantino ont parfois émis des réserves, craignant que ce « spin-off » ne trahisse l'esprit de l'œuvre originale, parlant d'un « syndrome de la suite inutile ». À l'inverse, les fans de Fincher saluent cette fusion explosive comme une expérience inédite, l'occasion de voir le réalisateur appliquer sa rigueur froide à un univers chaleureux et chaotique. Une autre rumeur circule avec insistance : la potentielle, bien que brève, apparition de Leonardo DiCaprio en Rick Dalton. Même si les négociations ont été difficiles, voire infructueuses selon certaines sources, l'espoir de voir ce duo reformé ne cesse de nourrir les discussions en ligne. C'est cette tension entre l'attachement nostalgique au passé et l'excitation pour une nouvelle vision qui alimente la machine à buzz autour du film.

Conclusion : Le mythe survivra-t-il à l'explication ?

En définitive, The Adventures of Cliff Booth représente bien plus qu'une simple suite cinématographique ; c'est un laboratoire à ciel ouvert pour tester l'avenir du cinéma d'auteur à l'ère du streaming. Le pari est audacieux : prendre un personnage dont la force résidait dans le mystère et le silence, et l'exposer pendant deux heures sous la lumière crue de l'investigation menée par Fincher. Il y a un réel risque que la magie s'évapore à force d'explications, que l'ombre devienne trop claire. Pourtant, la promesse d'une esthétique unique fusionnant la précision chirurgicale de Fincher et l'écriture pulp de Tarantino est trop tentante pour être ignorée. Nous sommes en droit d'espérer une œuvre majeure, ou du moins un film d'une ambition technique rare.

Un pari risqué mais nécessaire pour l'industrie

Même si le film devait échouer narrativement, il marquerait symboliquement un passage de témoin crucial. Il incarne la transition entre le cinéma du XXe siècle, celui de Tarantino et des salles obscures, et celui du XXIe siècle, dominé par le streaming et les formats longs de haute qualité. C'est la preuve que les plateformes ne cherchent pas seulement le contenu consumé rapidement, mais sont capables d'investir dans des projets complexes, risqués et visuellement ambitieux. Ce film pourrait bien être le catalyseur qui rapproche définitivement les deux mondes, prouvant qu'une production Netflix peut avoir l'âme d'un film d'auteur classique tout en utilisant les codes modernes de la distribution.

La date de sortie et la stratégie des Oscars

L'industrie murmure qu'une sortie limitée au cinéma pourrait être organisée dans certains pays, notamment pour satisfaire aux conditions d'éligibilité aux Oscars de la saison 2026-2027. Il y a une certaine ironie, presque comique, à voir un film né et élevé par Netflix retourner quémander la validation des temples traditionnels du cinéma. Mais c'est aussi une reconnaissance du talent impliqué. Avec une sortie prévue pour l'été 2026 sur la plateforme, The Adventures of Cliff Booth s'annonce comme l'événement culturel de l'année, une expérience cinématographique qui, qu'elle soit couronnée de succès ou de critiques, restera gravée dans les annales comme le mariage improbable de deux mondes. Si vous avez aimé la tension de The Rip : critique du thriller Netflix avec Damon et Affleck, cette nouvelle aventure de Booth risque de vous envoûter tout autant.

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Julien Cabot @cine-addict

Je regarde des films comme d'autres font du sport : intensément et quotidiennement. Toulousain de 28 ans, je travaille dans un cinéma d'art et essai la semaine, ce qui me permet de voir gratuitement à peu près tout ce qui sort. Mon appartement est tapissé d'affiches et mon disque dur externe contient 4 To de films classés par réalisateur. J'ai un superpouvoir agaçant : reconnaître n'importe quel film en moins de trois plans. Mon compte Letterboxd est une œuvre d'art en soi, avec des critiques de 2000 mots sur des nanars des années 80.

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