
Film français (2001) • Aventure, Comédie, Historique, Action
Durée : 1h 34mn
Date de sortie : 18 Septembre 2002
Avec : Lou Doillon, Carole Bouquet, Roschdy Zem, Jean Rochefort, Antoine de Caunes...
Réalisé par : Bernie Bonvoisin
Attention ! Amoureux de Jean Marais et de films de cape et d'épée classiques, passez votre chemin ; ne vous risquez pas à faire une crise cardiaque. En revanche, pour les fans de La cape et l'épée, un feuilleton avec des capes et pis aussi des épées, rien ne vous empêche à première vue de jeter un coup d'œil à ce film. Bon, je dis ça, mais en fait, y'a pas grand rapport avec les Robin des Bois, mais ça ressemble plus à leurs sketchs qu'à Jean Marais, ça, c'est une certitude... Je vous résume brièvement la situation, et pis je vous en dis plus, ok ?
Blanche : de quoi parle ce film culte ?
Au XVIIe siècle après J.-C. (Van Damme bien sûr), le cardinal Mazarin fait régner l'ordre en France, d'une main de fer et sans pitié. Blanche de Péronne, chétive gamine de 14 ans, est témoin du meurtre atroce de ses parents par le capitaine KKK, à la solde de Mazarin. Mais l'un des enrôlés dans cette « milice » effrayante la recueille et l'élève comme sa fille, essayant d'oublier ses anciens « collègues de travail ».
« Vachement plus tard » (citation du film), Blanche, devenue adulte, n'a pas oublié Mazarin et ses anges de la mort, et reste assoiffée de vengeance.
Avec l'aide d'une bande de malfrats, elle va réussir à voler un chargement destiné au cardinal... Dans ce chargement : une mystérieuse poudre rougeâtre, nommée « poudre du diable », et une lettre codée, que seul Bonange, espion au service de Mazarin, peut déchiffrer. Mazarin, apprenant la disparition de son convoi, va comme on s'en doute tout faire pour se le réapproprier et trouver cette Blanche par la même occasion.

Un scénario bordélique mais culte
Eh bé, c'est pas rien que de faire un résumé de ce film, croyez-moi ! L'histoire, comme ça, paraît tenir la route, mais croyez-moi à nouveau, il n'en est rien... Combien de fois passe-t-on d'un plan à un autre, sans comprendre ce que les personnages foutent là ! Car c'est un vrai bordel ce film : on arrive à penser que les scénars de plusieurs films se sont mélangés lors de la tempête de 1999, et que personne ne s'en est aperçu ! Encore moins TF1 et Luc Besson qui ont quand même produit ce film. Patrick Lelay avait dû oublier ses lunettes ce jour-là, et Besson, devenu sourd à cause des crises de Milla Jovovich, a cru qu'on lui proposait une suite au Grand Bleu, c'est la seule explication. Remarque, le piège était alléchant : Jean Rochefort, José Garcia, Carole Bouquet, Gérard Depardieu, Lou Doillon, Antoine de Caunes, j'en passe et des meilleurs...
À m'entendre, on dirait que le film est mauvais, n'est-ce pas ? Pourtant, figurez-vous que j'ai plus ou moins aimé ! Je vais vous expliquer pourquoi...

Le casting : Rochefort et Garcia volent la vedette
À vrai dire, si Jean Rochefort n'était pas présent, je ne vous aurais pas présenté la chose de la même manière. Il y est A-D-M-I-R-A-B-L-E ! Son personnage, quoique déluré (comme tous), est excellent ! Il ajoute ici un nouveau genre à son répertoire. On prend un bonheur incroyable à observer les crises et les sautes d'humeur de Mazarin ; encore plus quand il donne la réplique à un Antoine de Caunes surprenant et grossier au possible.
José Garcia est aussi un gros plus pour cette production. Impossible de ne pas rire quand il interprète un Louis XIV bisexuel, adepte de la sodo-bougie, et pianiste de pacotille. Carole Bouquet fait aussi des étincelles, dans son rôle de reine sadique, maîtresse incontestée du royaume de France, comme de Mazarin !
Les autres acteurs ne sont pas trop mal dans l'ensemble, du moins pour les rôles à caractère comique. C'est plus à Lou Doillon qu'on aura à redire, ou à Roschdy Zem...
Pourquoi le mélange des genres pose problème
Le mélange des genres : voilà où le film se casse la gueule ! Ces deux acteurs par exemple, mais plusieurs sont concernés, ont des rôles sérieux, qui ne vont pas du tout avec ceux précédemment cités ! Heureusement qu'ils ne se rencontrent pas souvent dans le film, mais la transition Versailles – Petite-bourgade-on-ne-sait-pas-où-de-Blanche ne passe pas du tout, et on aurait préféré que Bonvoisin se contente de rester dans le burlesque, sans se risquer à toucher à autre chose... Comme quoi, faire deux choses à la fois est le meilleur moyen de les louper toutes les deux !

Les intentions de Bernie Bonvoisin
« Concernant les puissants, il y a beaucoup à dire, surtout en ce moment. Trop souvent, ces gens osent tout avec une totale assurance. Beaucoup pourraient reprendre à leur compte ce que le Mazarin du film dit sur l'Eglise lorsqu'il s'adresse à Dieu : "J'avais une caisse, j'ai tapé dedans, c'est un acte de raison". Quelle que soit l'époque, l'excès de pouvoir corrompt. J'ai utilisé des images, comme celle du lynchage du duc et de la duchesse de Bretagne. On y découvre la folie de ceux qui se pensent intouchables, qui ont un pouvoir sur la vie des gens. »
— Bernie Bonvoisin, sur ses motivations d'adapter Blanche à l'écran.
Le réalisateur explique par ailleurs avoir voulu faire « un film de genre cape et épée avec Blanche même si la thématique et les dialogues devaient rester contemporains ». Eh ben, en tout cas pour les dialogues contemporains, y s'est pas loupé ! On a l'impression d'entendre le dernier album de NTM par moment : « nique sa mère » réplique le capitaine KKK à Mazarin ; et Mazarin de lui répondre : « Ah, c'est facile de taper sur la famille ». ;-) En revanche, pour la cape et l'épée, on est sceptique ! Mais bon, Gérard Depardieu est tellement marrant lorsqu'il fait le coup de « la botte de shangaï » !

Verdict : un nanard assumé à voir au moins une fois
En clair, amateurs de beaux combats et d'un scénario béton, ainsi que certains catholiques susceptibles (je le suis, ça m'a pas empêché de me marrer), passez une fois de plus votre chemin ! Mais si vous n'avez pas peur de voir toute la cour du roi complètement pétée, égorger à tout va, sur fond de musique techno, ce film PEUT vous plaire.
Dans ce cas-là, n'y allez que pour José Garcia et Jean Rochefort ; et puis certaines expressions devraient devenir cultes. Allez, un bon nanard de temps en temps, ça fait du bien !