
Blade est de retour, et pour changer, les vampires veulent le tuer. Il semblerait que cette fois-ci, ils aient réussi : en manipulant les humains, ils écartent Blade de leur chemin en le faisant arrêter pour meurtre. Mais c'est sans compter sur des apprentis tueurs de vampires qui viendront à la rescousse de ce dernier.

Blade: Trinity : un troisième volet très attendu
Blade: Trinity, troisième volet des aventures de ce vampire hybride, était très attendu par les fans. Je le sais, j'en fais partie.
Il avait d'abord été question que Guillermo Del Toro (Hellboy, 2004) réalise ce troisième opus. Malheureusement, ce dernier tenait beaucoup à son Hellboy et a démissionné. À qui donc allait-on confier la réalisation de Blade: Trinity ?
Beaucoup, en apprenant le nom du réalisateur, David S. Goyer, se sont dit : « Mouais... peut-être. » Il semblait pourtant que ce dernier était le candidat idéal. Pour ceux qui ne reconnaissent pas le nom, cet homme a pondu les scénarios de Blade 1, 2 et 3, Dark City (1998) et The Crow: City of Angels (1996). Il faisait partie des producteurs exécutifs du deuxième Blade et c'est lui qui a écrit, produit et réalisé ce dernier opus ! Ce n'est pas rien.
Donc, tout le monde se disait : « Génial ! Si le scénario est aussi bien que les deux premiers, le film sera déjà à moitié réussi. » Eh bien non ! Le scénario laisse quelque peu à désirer, il a opté pour la facilité et s'en est contenté. C'est bien dommage.
Néanmoins, Goyer maîtrise son sujet (il a d'ailleurs réalisé plusieurs documentaires et making-of sur Blade, c'est un fan) et on le sent. Les acteurs ont pris plaisir à jouer leurs rôles, et ça aussi, on le sent.

Wesley Snipes, Jessica Biel et Ryan Reynolds : le casting
Les dialogues, il faut le dire, ne volent pas très haut (non pas qu'on recherche des paroles métaphysiques, mais quand même !) : le mot « fuck » (je suis allée le voir en VO) est répété au moins une cinquantaine de fois. À défaut d'avoir de très bonnes répliques, on a eu recours au vulgaire.
Qu'à cela ne tienne, les acteurs sont là à la rescousse.
Commençons par Blade, joué par Wesley Snipes. Sans aucune surprise, nous retrouvons l'acteur dans ce rôle. D'ailleurs, ce n'est pas le premier film qu'il joue sous la direction de David S. Goyer, car en 2002 il a tourné ZigZag, aux côtés de Sam Jones III (Pete dans Smallville) et Natasha Lyonne (qu'on retrouve en aveugle dans ce dernier opus). Ç'aurait été dommage de ne pas le retrouver.
Il est là pour jouer les mentors. Le mentor des Nightstalkers (le petit groupe de tueurs de vampires qui l'ont « secouru »). Si lui joue les mentors, c'est parce que le sien, le père d'Abigail, meurt dans cet opus (le réalisateur a avoué que c'était très dur pour lui). Wesley Snipes rend très bien Blade à l'écran, même s'il n'a pas beaucoup de dialogues.

Un an avant même que le film ne sorte, les photos de Jessica Biel, alias Abigail Whistler, circulaient déjà sur le Net. C'est la championne du « t-shirt noué au-dessus du nombril », comme dirait un certain critique que je ne nommerai pas. Il n'empêche que moi, j'y ai cru à son personnage et c'est sympa le truc avec l'arc (ouais, je l'ai trouvé vachement sympa).
Comme je le disais donc, elle campe la fille (hors mariage) de Whistler et elle a choisi de régler son pas sur celui de son père. Et elle est plutôt douée. Ce petit « Alien », comme le dit Hannibal King, adore le tir à l'arc, ne parle pas beaucoup et écoute son iPod lorsqu'elle chasse. C'est un peu Blade au féminin, on a l'impression de revoir Blade durant le premier épisode. Comme lui, elle n'a pas beaucoup de dialogues et n'est pas très loquace.

C'est au fiancé d'Alanis Morissette, Ryan Reynolds, qu'il revient le rôle du bouffon de service (c'est donc lui qui a le plus grand nombre de dialogues). Car si Blade accepte plus facilement « Abby » (c'est quand même la fille de son mentor), il a plus de mal avec Hannibal King, ancien vampire qui parle beaucoup plus qu'il ne le faut et qui a un humour de garçon de 15 ans (sans offenser ceux qui ont cet âge-là, c'est juste une expression).
On pourrait penser que l'humour n'a pas sa place dans ce genre de film, mais il y a vraiment plein de moments où vous ne pourrez pas vous en empêcher (si vous n'avez pas un cœur de pierre). Dans celui-ci, c'est plutôt un « plus », dirons-nous.

Les méchants du film : Dracula et les vampires
Quant au méchant, ceux qui aiment le catch reconnaîtront sans peine (oui, j'aime le catch !) Triple H, qui n'est pas le premier de sa ligue à jouer dans un film fantastique (je ne trouve pas que Blade soit un film d'horreur) : rappelez-vous The Rock (Le Roi Scorpion, Le Retour de la Momie). Son personnage est assez loin de ce qu'on pouvait imaginer (le style de combat reste le même) car ce dernier adore son petit chien de poméranie. Il fait ses premiers pas au grand écran.
Parker Posey (Scream 3, Josie et les Pussycats), l'égérie très délurée des films indépendants américains, joue la méchante. J'ai eu trop l'impression qu'elle avait fumé un truc ! Mais elle est plus drôle qu'elle ne fait peur. Elle est « étonnante » ! Elle joue Danica Talos, la nouvelle chef des vampires, qui, oh surprise, essaie encore de tuer Blade. Elle a sa solution en « Drake », joué par Dominic Purcell.

Le vrai méchant, c'est Dominic Purcell (John Doe !) : « Drake » ou Dracula, le premier vampire, celui qui n'a pas besoin de se cacher du soleil. Je dois vous dire que quand j'ai appris ça, je n'en croyais pas mes yeux ! Comment peut-on choisir ce bel apollon pour jouer un méchant ? Je ne vous cache pas que j'aime beaucoup la série John Doe, donc peut-être que je suis un peu subjective sur ce point. Il n'empêche que je n'ai pas cru en son personnage. Il n'a pas l'air si méchant que ça et sa tenue ne l'aide pas. Il est des acteurs parfois qui sont désavantagés par leur plastique parfaite, et je crois que cette fois, c'est le cas. Je ne dis pas qu'il ne peut pas jouer les méchants, je dis juste que ce rôle-là n'aurait pas dû lui incomber. En tout cas, la partie physique du rôle lui va pourtant comme un gant (ils ont d'ailleurs dû remplacer Wesley Snipes pour le combat final par sa doublure à cause, paraît-il, de la force physique du bel Australien !).

Bande originale, combats et effets spéciaux
À défaut de bons dialogues, comme je l'ai déjà dit, la musique est bien : par musique, j'entends non seulement la bande originale qui convient au genre et à la plupart des spectateurs, mais aussi les bruits, sons et musiques « d'ambiance » apposés au film. Le réalisateur les a bien utilisés sans en abuser.
Pour les effets spéciaux, pas beaucoup de surprises. Ils sont aussi satisfaisants que dans les premiers. Je dis oui à la déformation du visage de Drake dans certains moments, pas ragoûtant mais très bien fait.
Les combats sont plus « divers ». Ma scène de combat préférée : la première scène de combat de Jessica Biel (ok, ok, je l'avoue, je suis un peu féministe sur les bords !). Ça va du street fight jusqu'aux arts martiaux et aux combats d'épées, sans compter les fusillades et les courses-poursuites. C'est assez impressionnant (j'ai aimé quoi !).
Le plus avec les nouveaux acteurs, c'est qu'ils ont tous fait la majorité de leurs scènes : je sais (de source sûre) qu'ils n'ont utilisé la doublure de Jessica Biel que quatre fois en tout ! Et il en va de même pour Ryan Reynolds. Ça fait toujours plaisir de savoir que les acteurs se sont vraiment pris au jeu, et se sont vraiment amusés et battus ! Qu'ils ont fait leurs cascades eux-mêmes ! Il n'y en a pas beaucoup qui peuvent en dire autant !
Pour vous dire que David S. Goyer maîtrise bien son sujet et ce qu'il fait (vraiment ! En plus après seulement un seul long métrage à son actif ! C'est pas rien quoi !) mais que seul le scénario (qui est vraiment, mais alors vraiment !) très simple et des dialogues bâclés n'aident pas à décoller.
Cependant, j'ai eu l'impression d'être entrée dans l'univers de Blade, avec son générique à « la BD », du noir, du blanc et du rouge. L'ensemble du film m'a fait me croire plus dans une BD que dans un film (c'est un bon point, je vous promets !)

Verdict final : Blade: Trinity vaut-il le détour ?
En sortant de la salle, je me suis dit que : le scénario est nul, les dialogues sont nuls, mais les acteurs ne le sont pas et la musique, les effets spéciaux et les scènes de combats (sans vous couper le souffle) sont biens. Je vous conseillerai d'aller voir le film donc (n'allez pas le voir si vous n'en avez pas envie). Et je donnais un 10,5 au film.
Comme je suis une fan, je me suis dit que c'était trop sévère. Peut-être avais-je noté sévèrement le film à cause du fait que l'homme assis à côté de moi n'arrêtait pas de bouger dans tous les sens et rigoler, en plus (le comble) c'est qu'il lisait les sous-titres à voix haute ! Je suis donc allée voir le film une deuxième fois, mais non : le projectionniste ne s'est pas trompé de film, ni moi de salle, le film manquait bel et bien de quelque chose.
On a le droit de se demander (surtout vous) si une suite sera alors possible, ou si les aventures de Blade (au grand écran) s'arrêteront là. Il semblerait (ce ne sont que des rumeurs pour l'instant) que deux suites soient envisagées : une classique avec Blade, et une autre avec les nouveaux.
Car comme vous l'aurez remarqué en sortant de la salle (ouais, allez voir le film !), les deux nouveaux, Jessica Biel et Ryan Reynolds, volent un peu la vedette à Wesley. Il semblerait que le public ait tellement aimé ces deux nouveaux personnages qu'il ne paraît pas impossible qu'une suite avec ces deux-là atterrisse sur les écrans.
En attendant, mon préféré demeure le Blade 2 réalisé par Guillermo Del Toro et j'espère pourtant une suite car j'en veux une !
D'ici là, en mars 2005 (si tout se passe bien), j'aurai le plaisir d'aller voir sur les écrans français le dernier film dont David S. Goyer a signé le scénario : Batman Begins, avec Katie Holmes (qu'on ne présente plus) et Christian Bale.