Une plongée dans l'Angleterre des années 30
De Joe Wright • Drame • USA • 2h03
Avec James McAvoy, Keira Knightley, Saoirse Ronan...
Adaptation du roman de Ian McEwan "Expiation"
Le film s'ouvre dans l'Angleterre des années 30, une période caractérisée par la liberté des mœurs et l'émancipation de la femme. Celle-ci se coupe les cheveux, fume...
Atonement dépeint la vie de la bourgeoisie, qui n'est d'ailleurs pas plus enviable à cette époque que celle des pauvres paysans. Si c'est aussi un film sentimental, il ne s'agit pas d'un amour « à l'eau de rose » mais d'une passion complexe, une histoire pas comme les autres...
La musique de ce film est une pure merveille. Elle réussit à retranscrire les émotions très fortes des personnages. La répétition d'un certain morceau de piano à chaque moment crucial, accompagné du « tic-tic » de la machine à écrire, est aussi parlante pour l'histoire qu'incitative à verser une larme...
Résumé et synopsis du film Atonement
L'histoire débute en 1935 dans un manoir anglais. Briony Tallis, une fillette de 13 ans passionnée d'écriture, accuse à tort Robbie Turner, le fils de la domestique, d'un crime qu'il n'a pas commis. Cette accusation mensongère va briser la relation naissante entre Robbie et Cecilia, la sœur aînée de Briony. Alors que la Seconde Guerre mondiale éclate, les deux amants tentent désespérément de se retrouver, mais le mensonge de Briony les poursuit inexorablement.
Les personnages principaux d'Atonement
Le premier personnage que l'on découvre est Briony, la petite sœur de Cecilia. C'est une enfant mystérieuse, enfermée dans ses écrits. Elle écrit des pièces de théâtre qu'elle lit à la famille.
Cecilia (Keira Knightley) est l'aînée de la maison qui entretient une relation complexe avec le fils de la domestique, Robbie (James McAvoy), qui travaille comme jardinier.
Même si l'intrigue principale reste centrée sur la relation de Cecilia et Robbie, les autres personnages n'en sont pas moins très présents. Ils ont tous une personnalité forte et interviennent chacun dans le destin des deux tourtereaux.
Le personnage de Briony subit une évolution très particulière. Plus le film nous en apprend sur la sœur de Cecilia, plus on se met à la détester.
Le rôle de Briony est un rôle très ingrat. Cette enfant qui brise la vie d'un couple ne se rend compte de son erreur que trop tard. Ce qui rend Briony encore plus détestable à la fin qu'au début, c'est le fait qu'elle affirme être généreuse parce qu'elle permet encore à Cecilia et Robbie, dans le livre qu'elle a écrit, de vivre les moments qu'ils n'ont pas pu vivre à cause d'elle. C'est un geste qui la rend encore plus écœurante, ajouté à tout le malheur qu'elle a déjà causé dans son entourage.
Distribution complète d'Atonement (Reviens-Moi)
Le casting d'Atonement est l'un de ses plus grands atouts. Voici les acteurs principaux du film :
- Keira Knightley incarne Cecilia Tallis, l'aînée de la famille Tallis
- James McAvoy joue Robbie Turner, le fils de la domestique et amoureux de Cecilia
- Saoirse Ronan interprète Briony Tallis à 13 ans, la jeune sœur dont le mensonge bouleverse tout
- Romola Garai joue Briony à 18 ans
- Vanessa Redgrave incarne Briony âgée, devenue romancière
- Brenda Blethyn est Grace Turner, la mère de Robbie
- Julia West interprète la mère des Tallis
- Patrick Kennedy joue Leon Tallis, le frère aîné
- Juno Temple incarne Lola, la cousine des Tallis
- Benedict Cumberbatch joue Paul Marshall, un ami de la famille
Le film est-il une histoire vraie ?
Non, Atonement n'est pas une histoire vraie. Le film est l'adaptation du roman Expiation (Atonement en anglais) de l'écrivain britannique Ian McEwan, publié en 2001. Cependant, le roman s'inspire du contexte historique réel de la Seconde Guerre mondiale, notamment la bataille de Dunkerque et la retraite des troupes britanniques. L'auteur a mêlé fiction et réalité historique pour créer une histoire universelle sur la culpabilité, le pardon et les conséquences d'un mensonge.
Explication de la fin d'Atonement (Reviens-Moi)
La fin d'Atonement est l'une des plus dévastatrices du cinéma. Attention, cette section contient des spoilers majeurs.
Dans les dernières minutes du film, on découvre que Briony, devenue une romancière âgée, a inventé la réunion de Cecilia et Robbie. En réalité, Robbie est mort de septicémie à Dunkerque en 1940, et Cecilia a été tuée quelques mois plus tard par une bombe dans le métro londonien. Ils ne se sont jamais revus après la guerre.
Briony avoue avoir écrit une fiction dans son roman, offrant à sa sœur et à Robbie la fin heureuse qu'ils méritaient. Elle explique : « Je leur ai donné leur bonheur, mais je ne peux pas donner cela aux lecteurs. » Cette révélation transforme toute l'histoire : ce que le spectateur croyait être une romance tragique mais finalement rédemptrice devient une histoire de culpabilité incommensurable et de rédemption impossible.
Le message est clair : certains mensonges ont des conséquences irréparables, et l'écriture ne peut pas toujours réparer le mal causé.
La réalisation et la technique cinématographique
La particularité dans la réalisation de ce film, propre à Joe Wright, est de proposer pour quelques scènes du début un doublé de celles-ci. Ces scènes en apprennent long au spectateur sur la pensée de chaque personnage. En clair, le spectateur voit deux fois la même scène – le même dialogue quand il y en a, les mêmes gestes et le même décor – mais selon deux points de vue. Ces scènes sont la clé de la compréhension de l'intrigue.
Mis à part ces indices laissés par le réalisateur, ce film n'est pas une histoire légère, c'est un film qui se regarde avec une certaine attention. Le dénouement nous laisse sur notre faim ; en fait, on en veut encore.
Et on sait que c'est rare pour les films qui durent plus de deux heures ! Pour un peu, on le reverrait bien une deuxième fois.
Mais quand on repense au film, on comprend alors la morale de l'histoire, chacun à sa manière bien entendu. D'ailleurs, cette morale ne s'appuie pas sur la vie de Cecilia et Robbie, comme on pourrait le croire. Il faut réfléchir à l'histoire de Briony en fait. Autre chose que l'on peut remarquer sur ce personnage : malgré le temps qui passe et l'apparence des gens qui change, c'est Briony qui se transforme physiquement le plus.
La morale de l'histoire
La véritable morale de cette histoire, l'idée qu'il faut retenir, est la suivante : il ne faut pas toujours céder à l'impulsivité de son esprit quand on est enfant, d'autant que c'est à cette période de la vie qu'il est le moins fiable. Tout dépend de la façon dont l'enfant est élevé bien sûr, mais il y a des choses qu'un enfant, quel qu'il soit, ne peut pas comprendre. Pourtant, il est très intelligent. Il peut même croire si fort à ses fables qu'il entraîne les autres dans ses erreurs. C'est ainsi que le destin de Cecilia et Robbie se trouve brisé par les dires de Briony, que tout le monde croit.
En réalité, le film dit qu'il ne faut pas mêler la vie d'un enfant et celle d'un adulte. Il y a des choses qu'un enfant ne peut comprendre car justement, il n'est qu'enfant.
Un film récompensé et une collaboration remarquable
Le livre, Expiation, qui n'avait jamais été adapté au cinéma par crainte de ne pas réussir à retranscrire exactement l'état d'esprit de l'auteur, l'est ici formidablement bien par Joe Wright et tous les acteurs qui donnent vie à l'histoire.
Nommé dans plusieurs catégories et vainqueur aux Golden Globes et BAFTA Awards, il représente un travail exceptionnel réalisé par les acteurs, les scénaristes, les maquilleurs et tout le personnel ayant travaillé sur ce projet...
On peut remarquer qu'une deuxième collaboration entre Keira Knightley et Joe Wright (réalisateur d'Orgueil et Préjugés) fait toujours le bonheur des spectateurs et est, artistiquement parlant, un pur bijou. À quand la troisième ?
Pourquoi Atonement mérite-t-il plus de succès en France ?
Dommage qu'en France le film n'ait pas remporté un réel succès au box-office. S'il n'y a que les films d'horreur ou d'action pour faire bouger les gens jusqu'au cinéma, que vont devenir les films avec un vrai message à délivrer tel qu'Atonement ? Peut-on penser que les gens ne savent plus réfléchir ? Ou peut-être ont-ils peur de trop réfléchir, jusqu'à se poser des questions sur leur propre existence ?
Dans ce cas-là, c'est sûr qu'il vaut mieux aller voir des films sans aucun scénario, où l'on voit des gens se faire tuer dans d'atroces souffrances. Cela ne fait pas réfléchir, cela n'a aucune qualité artistique et cinématographique. Ceux qui ont conçu un tel film n'ont aucun mérite, mais au moins, cela plaît à leur semblable ! C'est déjà ça...