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Cinéma

Ararat

Ararat d'Atom Egoyan explore le génocide arménien avec intelligence. Un film magistral tissant les liens entre histoire intime et Histoire collective.

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Un artiste peint le portrait de sa mère, un metteur en scène tourne le film de sa vie, un adolescent est arrêté par un douanier zélé mais attentif à son récit, une jeune femme s'interroge sur la mort de son père, une conférencière utilise l'Histoire pour oublier la sienne… Une seule chose réunit tous ces personnages : l'ombre du génocide arménien perpétré par les Turcs en 1915.

Pourquoi regarder Ararat d'Atom Egoyan ?

Le film ne se contente pas de raconter les événements historiques de manière linéaire. Il nous plonge plutôt dans la complexité de la mémoire collective et individuelle. À travers une structure narrative en abyme, Atom Egoyan explore comment le traumatisme se transmet de génération en génération. Les personnages ne sont pas de simples témoins passifs ; ils sont tous, à leur manière, en quête de vérité et de réconciliation face à un héritage douloureux. Cette approche multipolaire permet au spectateur de saisir la portée universelle d'une tragédie spécifique.

Une mise en scène complexe et poétique

Dix ans plus tôt, Atom Egoyan revenait sur ses origines dans le faux documentaire Calendar. Avec Ararat, la quête des identités prend la forme de ces brillants dispositifs dont le réalisateur d'Exotica et de De Beaux Lendemains a le secret. Tissant des ponts entre les destins, il travaille les effets d'écho et réfracte son matériau historique dans une multitude de points de vue, à l'opposé de la classique fresque attendue pour un tel sujet. Le cinéaste refuse le manichéisme pour offrir une œuvre réflexive, où le cinéma devient un outil de reconstruction identitaire.

Comment le film lie histoire intime et Histoire ?

Avec intelligence et finesse, le film mêle petite et grande histoire, l'enquête sur le suicide d'un père et la reconstitution de l'extermination d'un peuple. Le réalisateur canadien ose montrer les coulisses du tournage, blurring les frontières entre la réalité et la fiction cinématographique. Ce procédé met en lumière la difficulté de représenter l'indicible. Le puzzle s'achève sur un point d'orgue flamboyant et émouvant, dans lequel les liens de filiation renoués annoncent une communauté renforcée, une humanité retrouvée.

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Stef Paz @pazoom
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