
Il y a dix ans, Atom Egoyan revenait sur ses origines dans le faux documentaire Calendar. Avec Ararat, la quête des identités prend la forme de ces brillants dispositifs dont le réalisateur d'Exotica et de De Beaux Lendemains a le secret. Traçant des ponts entre les destins, il travaille les effets d'écho et réfracte son matériau historique dans une multitude de points de vue qui sont à l'opposé de la classique fresque attendue pour un tel sujet.
Avec intelligence et finesse, il mélange petite et grande histoire, l'enquête sur le suicide d'un père et la reconstitution de l'extermination d'un peuple. Le puzzle s'achève sur un point d'orgue flamboyant et émouvant dans lequel les liens de filiation renoués annoncent une communauté renforcée, une humanité retrouvée